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Corpus koyi raiFiche technique sur le koyi rai
Cette conversation est bâtie sur le scénario fictif d’une rencontre entre deux cousins, l’un habitant les émirats arabes pour son travail, l’autre étant resté dans leur village natal. Ils ne se sont pas vus depuis un certain temps, comparent leurs modes de vie (mentionnant entre autres les difficultés dues à la présence des maoistes dans le village, appelés ‘oncles’) et discutent de leurs projets à court et moyen terme.
Cette histoire raconte une aventure dans la jungle : Phanindra, son grand-père et son frère partent en excursion plusieurs jours, se perdent dans la forêt et, face à la pluie, doivent se réfugier dans une grotte. Affamés, ils préparent de la pâte de millet (voir Recette dela pâte de millet) en la cuisant sur une pierre chauffée et l’accompagnent d’un ragoût de grenouilles.
Cette version du mythe fondateur des Koyis commence à une époque datant d'avant la création de l’homme, quand deux dieux, Ruwahang et Paruhang, vivaient dans les cieux et Ribipma, la femme primordiale, habitait sur terre. Quand Ribipma grandit, elle voulut trouver un compagnon et un rêve lui révéla que si elle escaladait un noyer, son souhait serait exaucé. Elle fit ainsi et le vent la féconda. Elle mit au monde une fille, Nayoma, qui à son tour grandit et elle aussi soupira après un compagnon. Elle fit comme sa mère, grimpa sur le noyer et appela le vent. Sa mère partit, rendue furieuse par son comportement incestueux, et Noyoma tomba inconsciente. Des grives amicales, messagères des cieux, la réveillèrent, et elle se mit en quête du soleil et vit Ruwahang, et tomba amoureuse de lui. Elle demanda aux grives de lui porter le message qu'elle l'aimait, mais quand elles arrivèrent au ciel, Ruwahang était absent et Paruhang, par contre, était là. Elles le convainquirent de descendre sur terre à la place, mais lui, craignant qu'elle n'apprécie pas son apparence, lui envoya un peigne en cadeau. Elle vit le peigne et tomba amoureuse de lui à cause du présent, et les grives le persuadèrent de descendre sur terre. Quand Nayoma le vit, elle fut dégoûtée devant son visage hideux? et le repoussa. Paruhang, en colère, la maudit et fit se désécher toute l'eau de la terre. Quand Nayoma reprit conscience, elle avait très soif, et tout ce qu'elle trouva à boire était un peu d'urine que Paruhang avait laissé au creux d'une feuille d'igname, et elle fut bien obligée de la boire. Quand elle but, elle devint enceinte de tout ce qui existe dans le monde, et l'eau réapparut sur terre. Quand elle donna naissance à tout ce qui existe, Paruhang obligea les perdrix à séparer les humains des autres et coupa leur cordon ombilical. Mais elles se trompèrent et elle éleva ensemble les humains et un certain nombre d'animaux. Des jalousies commençant à se produire entre eux, elle partit vivre dans la jungle avec l'un d'eux, Léopard, mais ils vivaient comme mari et femme et cela leur porta bonheur. Plus tard, Léopard tua sa mère et ses frères trouvèrent le corps. A la même époque, Homme (l'humain mâle parmi les enfants) eut une aventure, tombant amoureux de la fille de Naga, le dieu-serpent. Il descendit dans le monde souterrain pour demander à Naga la main de sa fille et il leur fut répondu qu'ils auraient à cultiver la terre pour vivre. Comme Homme et la fille de Naga ne pouvaient avoir d'enfants, ils cherchèrent à contacter les deux soeurs d'Homme (qui le pensaient mort, suite à sa chute due à l'inanition) : incapable de savoir où elles étaient, il envoya différents animaux, jusqu'à qu'enfin un coq les mettent dans la bonne direction en poussant son cri "kokchulupa" (ce qui est un autre de ses noms). Finalement, Homme eut de nombreux enfants qui constituèrent le peuple de Sungdel [= les Koyis]
Cette recette décrit la préparation de la pâte de millet, fréquemment consommée par les rais au Népal (dero, en népali). La recette fut donnée en réponse à une demande ponctuelle, et n’était donc pas accompagnée d’une mise en pratique.
Phanindra Rai, l’un des meilleurs locuteurs de koyi même parmi les anciens, se présente. C'est le fils d’un chamane, maintenant décédé. Ce dernier lui a appris les chants rituels, qu’il transmet dorénavant aux nouveaux chamanes [Quand nous avons trancrit ce texte, Phanindra a réalisé que l'enregistrement audio n'était pas aussi complet qu'il l'aurait souhaité et a ajouté plusieurs détails (que nous introduirons plus tard dans une version écrite, car il n'y a aucun élément enregistré correspondant)]
L’histoire de Syurime décrit comment les Koyis sont venus s'installer dans les villages de Sungdel et Dipsung.
Abréviations utilisées dans les corpus (en anglais)
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