« Même si Saoussoroko n’est plus parmi nous, nous trouverons toujours ce que T’ha nous destine », disent les Nartes.
Les valeureux Nartes enfourchent leurs chevaux, se préparent, et partent en chemin. Ils parcourent monts et vallées, mais ne trouvent rien.
Le froid pétrifie les Nartes. Le froid presse les Nartes.
– Ô Yemes, as-tu le Feu ? Ourzamas, as-tu le Feu ?
– Narsan-Djatch, as-tu le Feu ? Achamaz, as-tu le Feu ?
– Pataraz, as-tu le Feu ? Yacharokor, as-tu le Feu ?
Parmi les cavaliers, personne n’avait le Feu.
Le froid pétrifie les Nartes. Le froid presse les Nartes.
Le fainéant, le nécessiteux, décline sa complainte : « Pourquoi suis-je parti ? Pourquoi me suis-je mis dans ces ennuis ? »
Longeant les parois des passages montagneux, Saoussoroko arrive.
« Saoussoroko, notre fils et Kan », dirent les Nartes, « Saoussoroko, notre lumière, ton arme est la lance, ta cotte de maille recouvre ton sein, l’éclair se reflète sur ton heaume, ton épée jaillit toute seule pour frapper, ton bras est une masse d’armes, ton caractère est libre et insouciant. Nous sommes sans recours. Qui nous apportera le Feu ? Saoussoroko va-t-il y aller ? Si Saoussoroko n’y va pas, personne parmi nous ne peut y aller. »
« Que T’ha ne me fasse pas mentir aux Cieux », dit Saoussoroko, « si je mens, que la terre engloutisse mon corps . Je n’ai pas le Feu, mais puisque je ne l’ai pas, je vais le chercher. »
Saoussoroko enfourche vivement son cheval Tkhoji et monte sur la montagne Haram .
Il se tourne de tous côtés et voit une large vallée de flammes jaillissantes.
Il court, saute, et y arrive. Il descend de cheval et épie le Feu.
« Eh, mon habile Tkhoji », dit Saoussoroko, « toi que les coursiers les plus rapides ne peuvent rattraper, c’est le Feu du géant. Le géant dort, blotti autour du Feu. Comment peut-on lui voler le Feu ? »
« S’il en est ainsi, Saoussoroko », dit Tkhoji, « s’il en est ainsi, homme brun aux yeux d’acier, s’il en est ainsi, cavalier redoutable, le plus exceptionnel des cavaliers, monte sur mon dos. J’imiterai de mes sabots la démarche du chien. J’imiterai de mes sabots la démarche du chat. Je plierai mes antérieurs et nous volerons un tison. »
Saoussoroko monte à cheval. Tkhoji se faufile comme un chat. Il guette comme un chat. Il approche le Feu du géant. Saoussoroko tend la main vers un gros tison, mais n’en attrape qu’un petit. Une braise tombe sur le géant.
Le géant se dresse et compte ses tisons. Il en manque un. Le géant pousse un hurlement et, sans bouger de sa place, attrape le voleur du Feu malgré les sept jours de route qu’il avait déjà parcourus dans sa fuite.
« Ô cavalier des Nartes », dit le géant, « où est Saoussoroko ? Dis-moi où il est. Si tu ne me le dis pas, je te mangerai tout cru. »
« Et pourquoi me mangerais-tu ? » dit Saoussoroko, « je le connais de nom, je ne l’ai jamais vu. »
« Si tu as de ses nouvelles », dit le géant, « si tu connais son comportement, apprends-moi ses exploits . »
Saoussoroko est frappé par T’ha, il ne sait comment tuer le géant.
Il dit : « Je n’ai jamais vu Saoussoroko, mais d’après ce que j’ai entendu, il chauffe le soc de la charrue au rouge, il l’avale par la bouche et le recrache comme de la nourriture. »
« Apprends-moi ce jeu, » dit le géant.
Saoussoroko lui fit faire comme il le dit.
« Ce jeu m’a débarrassé de mes démangeaisons », dit le géant, « et m’a donné faim. Ô fils des Nartes, ce jeu est étonnant. Si Saoussoroko en connaît de plus intéressant, apprends-le moi. »
Saoussoroko est frappé par T’ha, il ne sait comment tuer le géant.
« Celui que l’on appelle Saoussoroko », dit ce dernier, « se met au pied de la montagne. On porte une lourde pierre d’ambre au sommet de la montagne et on la laisse rouler vers lui. De son front, il la fait rebondir encore plus haut. »
« Apprends-moi ce jeu », dit le géant.
Le géant se lève d’un bond et se tient au pied de la montagne. Saoussoroko lâche la pierre d’ambre qui dévale la montagne en sifflant. Le géant la frappe de son front et la fait rebondir encore plus haut. Il retombe sur son séant et reprend ses esprits.
« Ce jeu est étonnant », dit-il, « si tu en connais de plus intéressant, apprends-le moi. »
Saoussoroko est frappé par T’ha, il ne sait comment tuer le géant.
« Attends, attends, géant », dit Saoussoroko, « il reste un jeu. On fait traverser à celui que l’on nomme Saoussoroko les sept mers, on le plonge au plus profond, là où ses pieds ne touchent pas le fond sans que l’eau n’entre dans sa bouche. On le laisse dans l’eau profonde. Pendant sept jours et sept nuits, on le laisse geler. Il brise la glace de ses épaules, et, les glaçons retombant de son corps, il retraverse les sept mers. »
« Apprends-moi ce jeu », dit le géant, « si tu ne me l’apprends pas, je te mangerai. »
Ils font ce que le géant demande. Le géant supporte l’épreuve sans peine, il commence à bouger et à fissurer la glace durcie.
« Reste, reste, géant », dit Saoussoroko, « j’ai oublié quelque chose. »
Saoussoroko répand alors le contenu de sept chariots d’orge autour du géant, l’entoure de la glace formée en sept jours et sept nuits, et aménage une coulée d’eau .
« Bouge à présent, géant », dit Saoussoroko.
Le géant essaie de bouger, mais n’y parvient pas. Il essaie, mais il est figé. Il essaie, mais il ne peut rien faire. Saoussoroko dégaine son épée et s’avance vers lui.
« Où vas-tu, Saoussoroko, » dit le géant, « penses-tu que je ne t’aie pas reconnu ? »
« Je viens te sortir de là », dit Saoussoroko.
« Pourquoi as-tu dégainé ton épée ? » dit le géant
« Je m’en sers comme d’une canne », dit Saoussoroko
« J’ai su que tu étais Saoussoroko », dit le géant, « en voyant tes jambes arquées , et j’ai compris ce que tu voulais me faire. »
« Pfft » siffla le géant, en repoussant de son souffle Saoussoroko d’une demi-journée de marche. Le cheval ailé de Saoussoroko le ramena, et il entreprit de couper la tête du géant.
« Le sabre que tu portes », dit le géant, « ne peut couper les os d’un géant. Mon épée est dans ma malle », poursuivit-il, « ouvre-la et prends l’épée. Si tu coupes ma tête de cette épée, fais une ceinture de mes intestins pour prouver à tous que tu m’as bien tué ».
Le petit Tkhoji recule. Il court vers la porte de la caverne du géant et dit : « Saoussoroko le brun, méfie-toi des mensonges du géant. Assieds-toi derrière la malle. Si tu sors la dague du géant, frotte-la d’abord sur la glace de loin. Sors les intestins du géant du bout de la dague, et jette-les sur l’arbre au bord de l’eau. Si je mens, tu le sauras bien ensuite. »
Saoussoroko suivit les conseils de Tkhoji. Il libéra l’âme du géant , sortit ses intestins du bout de la dague et les jeta sur le plus gros arbre. Le plus gros arbre en fut immédiatement coupé .
Saoussoroko retourna auprès du Feu.
Il rentra chez les Nartes avec le Feu. Il alluma un grand Feu pour les Nartes.
Ce fut l’événement le plus heureux qui advint jamais aux Nartes.
S1
Саусырыкъо тхэмытыми,
Même si Saoussoroko n’est pas parmi nous,
S2
Тхьэм къытитрэ дгъотын, - аIошъ,
nous trouverons ce que T’ha nous donne, disent les Nartes.
S3
нарт лIыхъухэр мэшэсы,
Les braves Nartes montent leurs chevaux,
S4
зэкIэшасэшъ къыдэкIы.
ils se préparent et partent.
S5
Къушъхьэ-лъашъхьэр къаухьэ,
Ils parcourent montagnes et vallées,
S6
КъаIэкIахьи щымыIа,
mais ils ne trouvent rien
S7
ЧъыIэм нартхэр регъэза,
le froid pétrifie les Nartes,
S8
Нартхэр чъыIм ефыза.
le froid serre les Nartes.
S9
- О Имыс, машъIо уиIа? Орзэмэс, машъIо уиIа?
– Ô Yemes, as-tu le Feu ? Warzamas, as-tu le Feu ?
S10
Нэсрэн-жакI, машъIо уиIа? Iащэмэз, машъIо уиIа?
Narsan-Djatch, as-tu le Feu ? Achamaz, as-tu le Feu ?
S11
Пэтэрэз, машъIо уиIа? Ещэрыкъор, машъIо уиIа?
Pataraz, as-tu le Feu ? Yacharokor, as-tu le Feu ?
S12
Шыу купым зы нэбгыри, МашIо иIэу хэмыт.
Parmi les cavaliers, personne n'a le Feu.
S13
Нартхэр чъыIэм егъалIэ,
Le froid pétrifie les Nartes,
S14
Нартхэр чъыIэм ефызы.
le froid serre les Nartes.
S15
Егъэзыгъэу фэмыфым,
Le paresseux, nécessiteux,
S16
Тхьэусыхэр егъэщы:
décline sa complainte :
S17
«Сыд пае сыкъежьи, Мы лэжьаем сыхахьи?!..»
« Pourquoi suis-je parti ? Pourquoi me suis-je mis dans ces ennuis ? »
S18
ХэкIыпIэхэм яусэу,
Longeant les parois des sorties,
S19
Саусырыкъо къэсыжьы.
Saoussoroko arrive.
S20
– Саусырыкъоу тикъан,
– Saoussoroko, notre Kan « fils adoptif »,
S21
Саусырыкъоу тинэф,
Saoussoroko, notre lumière,
S22
пчымэIуфэр зиащъу,
ton arme est la lance,
S23
ащъор зиджэнэкокI,
ta cotte de maille recouvre tes genoux,
S24
ПчыкIэр зипэIо щугу,
l'éclair est le haut de ton couvre-chef,
S25
ешыгуаор зичат,
ton épée jaillit toute seule,
S26
пызыкъутырэр зиIапшъ,
ton bras est une masse "casse-tête",
S27
губгъо-тIыбгъор зикIуъкI,
ton caractère est libre et insouciant,
S28
ХэкIыпIэнчъэ тыхъугъ!
nous sommes sans recours !
S29
Хэт мэшIуахьэ тфэкIона?
Qui va nous apporter le Feu ?
S30
СаусырыкъотфэкIонба?
Saoussoroko va-t-il y aller ?
S31
СаусырыкъотфэмыkIомэ,
Si Saoussoroko n’y va pas,
S32
тфэкIожьшъуни тхэмыт
personne parmi nous ne peut y aller.
S33
– Мыуашхъор ситхьамыгъэпцI
– Que T’ha ne me fasse pas mentir aux Cieux ,
S34
сыпцIыжьмэ сыпхырыгъэз,
si je mens, que la terre m'engloutisse,
S35
МашIо сшIынэу симыI,
je n’ai pas le Feu,
S36
сымыIэми къэсхьын!
mais si je ne l’ai pas, je vais le chercher.
S37
И тхъожъые зыреедзи,
Il se jette sur son Tkhoji,
S38
ХьэрамIуашъхьэ дэкIуае,
monte sur la montagne Haram,
S39
Лъэныыкъохэм зегъазэ,
il se tourne de tous côtés,
S40
МашIо гъозыр къыдихэу
des flammes jaillissantes
S41
ТIокIэжъ горэ елъэгъуа.
voit une large vallée.
S42
Малъэшъ-мапкIэшъ къынэса,
Il court, il saute, il y arrive,
S43
Лъэсы зешIышъ еплъакIуа
il descend de cheval et épie le Feu.
S44
– Ей, си тхъожъыежъ,
– Eh, mon habile Tkhoji,
S45
Чъэрхэр зыкIэмыхьах,
que les coursiers les plus rapides ne peuvent rattraper,
S46
Мыр иныжъым имашIу,
c’est le Feu du géant,
S47
Ышъхьэрэ ылъэрэ зэгъэкъугъэ,
sa tête et ses pieds se touchent,
S48
Гузэгум машIор илъыжь!
au milieu il y a le Feu !
S49
Ежь иныжъыр мэчъые,
Le géant, lui, dort,
S50
Сыдэущтэу машIор шIотхьын?
comment peut-on lui voler le Feu ?
S51
– Армэ, Саусырыкъу,
– S’il en est ainsi, Saoussoroko,
S52
Армэ, лIы къопцIэ гъучъын,
s’il en est ainsi, homme brun aux yeux d’acier,
S53
Армэ, емынэ шыу,
s’il en est ainsi, cavalier redoutable,
S54
Шыумэ ямышъогъу,
le plus exceptionnel des cavaliers,
S55
Сэ сакIыбы къешэс!
monte sur mon dos !
S56
Сэ сишы лъэ макъээ
Le bruit de mes sabots
S57
Хьэ лъэ макъэ зезгъэшIын.
j’imiterai la démarche du chien.
S58
Сэ сихьэ лъэ макъэ
Le bruit du pas de chien
S59
Чэтыу лъэ мъкъэ зезгъэшIын,
j’imiterai la démarche du chat,
S60
Фэлъэ-шIуалъэ зезгъэшIынышъ
je descendrai sur mes genoux
S61
Зы пхъэцIакIэ къэттыгъун!
et nous volerons un tison !
S62
Саусырыкъо къэшэсы.
Saoussoroko monte à cheval.
S63
Чэтыу ушъыкIэу мэушъа,
Tkhoji se faufile comme un chat,
S64
Чэтыу шэкIуакIэу мэшакIуа,
il guette comme un chat,
S65
Иныжъ машIом екIуашъа,
il approche le Feu du géant,
S66
ПхъэцIэкIэ иным къытеIа,
il tend la main vers un gros tison,
S67
ПхъэцIэкIэ макIэр къепхъуата,
attrape un petit tison,
S68
Зы тэп иным тефэжьа!
une braise tombe sur le géant !
S69
Мо иныжъыр къэтIысы,
Le géant se dresse,
S70
ИпхъэцIакIэ епчъыжьы
il compte ses tisons,
S71
ИпхъэцIакIэ къыщэкIа.
il en manque un.
S72
Мо иныжъыр къэкIыи,
Le géant pousse un hurlement,
S73
Зыдэщысым къимыкIэу
sans bouger de sa place
S74
Мэфибл гъогу хигъэкIыгъэу
malgré les sept jours de route
S75
МэшIотыгъур къеубыта.
il attrape le voleur du Feu.
S76
– О нартхэм яшъуа,
– Ô cavalier des Nartes,
S77
Саусырыкъо тэ щыIа?
où est Saoussoroko ?
S78
ЗыдэщыIэр сэгъашIэ,
Fais-moi savoir où il est,
S79
ЗыдэщыIэр къэмыIомэ
si tu ne me dis pas où il est,
S80
ЗэрецIынэу усшхын
je te mangerai tout cru.
S81
– Сыд пае сыпшхына,
– Pourquoi me mangerais-tu ?
S82
ЫцIэ къаIоу зэрэсшI,
Je connais son nom,
S83
егъашIэми слъэгъугъэп.
je ne l'ai jamais vu.
S84
– Икъэбар къыоIугъэмэ,
– Si tu as de ses nouvelles,
S85
ИзекIуакIэ о ошIэмэ,
si tu connais son comportement,
S86
ИджэгукIэ сэгъэшIэ!
apprends-moi son jeu !
S87
Саусырыкъо тхьэм еукIи,
Saoussoroko est frappé par T’ha,
S88
Иным иукIыкIэ емышI!
il ne sait comment tuer le géant !
S89
– Саусырыкъо слъэгъугъэп,
– Je n’ai jamais vu Saoussoroko,
S90
АIоу зэрэхэсхыгъэмкIэ:
mais d’après ce que j’ai entendu :
S91
Цобэз шIобзэр егъэплъа,
il chauffe le soc de la charrue au rouge,
S92
ЫжэкIэ ретIупщэха,
il l’avale par la bouche,
S93
ЫхэкIэ ретIупщыжа
et le rejette de bas.
S94
– А джэгукIэр сэгъашIа!
– Apprends-moi ce jeu !
S95
ЗэриIуагъэу къыфешIа
il lui fait comme il a dit.
S96
– Ехъо-еплъыр схифыгъа!
– Ça m’a débarrassé de mes démangeaisons !
S97
Сышхэн фае сишIыгъа!
Et m’a donné faim !
S98
О нартхэм яшъауа,
Ô fils des Nartes,
S99
Мыри джэгукIэ шIагъу,
ce jeu est étonnant,
S100
Нахь шIагъо ешIэмэ сэгъашIэ!
s'il en connaît de plus étonnant, apprends-le moi !
S101
Саусырыкъо тхьэм еукIи,
Saoussoroko est frappé par T’ha,
S102
Иным иукIыкIэ емышI!
il ne sait comment tuer le géant !
S103
– Саусырыкъо зыфаIор
– Celui que l’on appelle Saoussoroko
S104
Къушъхьэ лъапэм мэуцуа,
se met au pied de la montagne,
S105
Къушъхьэ шыгум дахьыешъ
on porte au sommet de la montagne
S106
Амбрэ мыжъор къатIупща
une pierre d’ambre et on la laisse rouler vers lui,
S107
НэтIапэкIэ къеожьа,
il la frappe de son front,
S108
Нахь лъэшыжьэу дедзыя!
il la fait rebondir encore plus haut !
S109
– А джэгукIэр сэгъашIэ!
– Apprends-moi ce jeu !
S110
Мо иныжъыр зыщэлъа,
Le géant se lève d’un bond,
S111
Къушхьэ лъапэм къэуцуа,
il se tient au pied de la montagne,
S112
Амбрэ мыжъор пэжъужъо.
la pierre d’ambre en sifflant.
S113
Саусырыкъо къетIупща,
Saoussoroko lâche,
S114
НэтIапэкIэ къеожьа,
la frappe de son front,
S115
Нахь лъэгэжьэу дефыя,
la fait rebondir encore plus haut,
S116
КIыбыкIэ къытыридзагъэ
il retombe sur son séant,.
S117
Къэущыжьышъ къэтIыса:
reprend ses esprits et s'assoie :
S118
– Мыр джэгукIэ шIагъошъ
– Ce jeu est étonnant,
S119
Нахь шIагъо ешIэмэ къысаIу!
si tu en connais de plus étonnant, dis-le moi !
S120
Саусырыкъо тхьэм еукIи,
Saoussoroko est frappé par T’ha,
S121
Иным иукIыкIэ емышI!
il ne sait comment tuer le géant !
S122
– Зэгу, зэгу, иныжъ,
– Attends, attends, géant,
S123
Зы джэгукIэ къэнагъ.
il reste un jeu.
S124
Саусырыкъо зыфаIорэр
Celui que l’on nomme Saoussoroko,
S125
Хы къочъибл зэпращы,
ils le font traverser les sept mers,
S126
Нахь куум ращэкIы,
ils le mettent au plus profond,
S127
Ылъэ ычъэ нэмысэу,
ses pieds ne touchent pas le fond,
S128
Ыжэ псыр дэмыоу,
et l’eau n’entre pas dans sa bouche,
S129
Псы куушхом хагъэты,
ils le laissent dans l’eau profonde,
S130
Чэщ-мэфиблэ егъэщты,
il gèle pendant sept jours et sept nuits,
S131
КъеIшъ плIэIукIэ къекъутэ,
il brise la glace de ses épaules,
S132
Мылы къатхэр пыблэблэу
les glaçons retombant de son corps,
S133
Псы къочъиблым къекIыжьы!
il retraverse les sept mers !
S134
– А джэгукIэр сэгъашIэ,
– Apprends-moi ce jeu,
S135
КъэсэмгъэшIмэ усшхын!
si tu ne me l’apprends pas, je te mangerai !
S136
ЗэриIуагъу къыфешIа,
Ils font ce qu'il demande,
S137
Зи шIомышIэу зиIэтэу,
il supporte sans peine,
S138
Мылмы пытэр ыгъачэу
en fissurant la glace durcie,
S139
Мо иныжъыр къежьагъа!
le géant commence à bouger !
S140
– Щыт, щыт, иныжъа!
– Reste, reste, géant !
S141
Щыгъупшагъэ сфэхъугъ!
J’'ai oublié quelque chose !
S142
ХьамцIый кухьибл кIеутэ,
Il répand le contenu de sept chariots d’orge autour,,.
S143
Чэщ-мэфиблэ ячъыIэ решIэкIы,
l’entoure de froid de sept jours et sept nuits,
S144
Псы кIэгъэлъадэ фешIыжьы.
et ménage une coulée d’eau.
S145
КъеIэ, иныжъ,- къыреIо.
Bouge, géant,– lui dit-il.
S146
КъеIэ шъхьае – сысыжьрэп,
Il essaie – mais il ne bouge pas,
S147
КъеIэ шъхьае – хъыежьрэп,
il essaie, mais il est figé,
S148
КъеIэ шъхьае джы хъужьрэп!
il essaie, mais il ne peut rien faire !
S149
Саусырыкъо ичатэ къырехы,
Saoussoroko dégaine son épée,
S150
ЖэхэкIуатэу еублэ.
et s’avance vers lui.
S151
–Тыдэ укIорэ, Саусырыкъу?
– Où vas-tu, Saoussoroko ?
S152
– УкъэсымышIагъэу огугъа?
– Penses-tu que je ne t’ai pas reconnu ?
S153
– Укъхэсхыжынэу сыкъэкIо!
– Je viens te sortir de là !
S154
– сыд пае уичатэ ихыгъ?
– Pourquoi as-tu dégainé ton épée ?
S155
– Бэщ папкIэу зыкIэсэгъаIэ!
– Je m’en sers comme d’une canne !
S156
–УзэрэлъэкIэпIащэмкIэ
– En voyant tes jambes arquées,
S157
Узэрэ- Саусырыкъор къэсшIагъ,
j’ai su que tu étais Saoussoroko,
S158
Джы къысэпшIагъэр сфэнаф!
j’ai compris ce que tu m’as fait !
S159
«Пыф» еIошъ ар къепщэ,
« Pfft » siffle le géant,
S160
ЩэджэгъуъкIоу IуелъэсыкIы.
il le repousse d’une demi-journée de marche.
S161
Тамэ тетыщъ къэсыжьы;
Le cheval ailé le ramène ;
S162
ШъхьэшIохыным фежьагъэу
et il entreprend de couper la tête.
S163
Мо иныжъым къыреIо:
Le géant lui dit :
S164
- О уисэшхоу мы пIыгъым
– Le sabre que tu portes .
S165
иныжъ къупшъхьэ пигъущтэп.
ne coupe pas les os d’un géant.
S166
Сэ сичатэ сипхъуантэ
Mon épée est dans ma malle
S167
Къызэтечи къыдэх,
Ouvre-la et sors-la,
S168
АщыкIэ сшъхьэ о зышIопхкIэ,
si tu coupes ma tête avec cette épée,
S169
СызэрэуукIыгъэр къырашIэу
pour preuve que tu m’as tué,
S170
СкIэтIэй бгырыхы зыфэшI!
fais une ceinture de mes intestins !
S171
Тхъожъые цIыкIур зэкIачъэ,
Le petit Tkhoji recule,
S172
Иныжъ унапчъэм Iолъадэ:
il court vers la porte du géant :
S173
– Саусырыкъоу лъы къуапцI,
– Saoussoroko le brun,
S174
Иныжъым ипцIы фэсакъ!
méfie-toi des mensonges du géant !
S175
Пхъуантэм ыужкIэ къэтIыс,
Assieds-toi derrière la malle,
S176
Иныжъым исэ къыдэпхмэ-
si tu sors la dague du géant,
S177
Мылым чыжьэкIэ рыгъачъ.
frotte-la d’abord sur la glace de loin.
S178
СапэкIэ кIэтIэир къыхэхи
Sors les intestins du bout de la dague,
S179
Псы гъунэм Iут чъыгым еупцI,
et jette-les sur l’arbre au bord de l’eau,
S180
Сэ сэпцIымэ етIанэ къэпшIэн!
si je mens, tu le sauras bien ensuite !
S181
Тхъожъые ипсалъэ рэгъуазэ,
Saoussoroko suivit les conseils de Tkhoji,
S182
Иным ыпсэ Iуегъэзышъ,
il fit sortir l’âme du géant,
S183
СапэкIэ кIэтIэир къыхехы,
sortit ses intestins du bout de la dague,
S184
Ныхы чъыгышхом реупцIэкIы,
les jeta sur le plus gros arbre,
S185
Ныхы жъыгышхор зэпегъэзы!
le plus gros arbre fut coupé !
S186
Къегъазэшъ машIом къекIужьы,
Il retourna auprès du Feu,
S187
МашIор къехьышъы къэкIожьы!
il rentra avec le Feu,
S188
МэшIошхо нарт шыумэ афешIы.
Il alluma un grand Feu pour les Nartes.
S189
Нахь гушI уагъо нартыжъмэ къямыкI у!
Ce fut l’événement le plus heureux qui advint jamais aux Nartes !