Je raconte maintenant une histoire arrivée jadis à un jeune homme tcherkesse et qui a été racontée par la femme, aujourd’hui disparue, de mon oncle maternel. Il y avait, jadis, dans une famille, un garçon adoptif qu’ils avaient élevé eux-mêmes comme leur propre fils. Alors, lorsqu’il y eut un djegou dans un autre village, ce garçon-là, le garçon adoptif, et le propre fils de la famille s’en allèrent tous deux au djegou et, lorsqu’ils arrivèrent dans (ce) village lointain, leurs camarades (leur dirent) : " Comment ? Il y a ici, ce soir, ce djegou, et pourquoi n’as-tu pas amené avec toi celle qui habite avec toi et que tu nommes ta soeur ? N’aurait-elle pas jeté un coup d’oeil à ce djegou ? Est-ce que cela se fait ? Quoi ?! " lorsqu’ils lui eurent dit " Soit, alors " dit-il et il mit sur un cheval le garçon adoptif qui était venu en sa compagnie au village et il le renvoya à la maison pour qu’il ramenât avec lui sa soeur cadette. Quoi qu’il en soit, il revint au village (et dit) à la maison : " Voici ce qui s’est passé, quand nous sommes arrivés au village, ils ont voulu que tu viennes aussi pour jeter un coup d’oeil au djegou, je suis donc venu te chercher. Ton frère aîné m’a envoyé ici, il faut absolument que tu viennes " lorsqu’il lui eut dit la jeune fille dit " d’accord ", elle s’habilla et, avec ce garçon adoptif, ils montèrent ensemble sur un cheval et se mirent en route pour venir au village. En route, le garçon adoptif qui conduisait cette jeune fille eut de mauvaises pensées à son égard. Ayant décidé de commettre son forfait dans un cimetière, lorsqu’ils arrivèrent à un cimetière il tourna vers là-bas, et, quand il se mit à y entraîner la jeune fille par la force la jeune fille lui dit : " Je ne pourrais pas faire une chose pareille Ce n’est pas digne de toi, non plus ; tu as grandi dans notre maison, tu es comme notre fils, comme mon frère. Puisque c’est ainsi, ce que tu fais est inconvenant, c’est honteux! " lorsqu’elle lui eut dit et que l’autre, ne l’écoutant pas, l’eut complètement coincée, il la traîna de force dans le cimetière. Et lorsque les choses commencèrent à aller vraiment mal pour elle, la jeune fille tira le poignard que le garçon portait à son flanc et, pendant qu’ils luttaient, elle le lui enfonça dans le ventre et le tua. Elle le tua donc, il était là, étendu ; et, pendant qu’elle restait dans le cimetière ne sachant pas que faire, les autres, son frère et les habitants du village, qui étaient réunis là-bas, (dirent) : " Ils ne sont pas revenus, que leur est-il donc arrivé ? " et, ne sachant pas ce qui s’était passé, ils montèrent sur leurs chevaux et se mirent en route pour aller les chercher. En venant, leur route passait le long du cimetière, et là " Celui qui, ce soir, ira porter cette pierre dans ce cimetière et la posera sur cette tombe, cette tombe longue, et en reviendra, est un homme courageux. En es-tu capable ? Qui le fera, qui pourra le faire ? " lorsqu’ils se mirent à bavarder entre eux de la sorte, en disant pêle-mêle " toi! ", " moi! " les uns aux autres, quoi qu’il en soit, le frère aîné de la jeune fille, ayant l’intention d’entrer dans le cimetière, d’y déposer cette pierre, pour leur montrer -- se disait-il -- qu’il n’avait pas peur, entra (enfin) dans le cimetière. Lorsqu’il entra dans le cimetière, il faisait une nuit obscure, il faisait noir, il était impossible de voir ou de distinguer qui que ce soit, aussi la jeune fille qui se tenait là, à côté du mort, en entendant venir quelqu’un, en entendant un bruit de pas, coupa avec le poignard le bras du mort qui gisait là et le lança vers celui qui approchait. Lorsqu’elle l’eut lancé, le frère aîné de la jeune fille, qui ne savait ni qui avait lancé (l’objet), ni ce qui s’était passé, souleva et regarda la (chose) lancée et vit un membre, un bras d’homme ! [26] " Qu’est-ce que ceci ? " dit-il et lorsque, tout en (y) réfléchissant en lui-même, il s’approcha (encore) un peu, (la jeune fille) trancha l’autre bras aussi et le lança dans sa direction.
[28] La bravoure, sa parole donnée aussi, et la crainte que ses amis ne se moquent de lui (firent qu’)il s’approcha de nouveau. [27] Lorsque, de nouveau, il s’approcha un peu, la jeune fille coupa cette fois-ci la tête du mort et la lui lança également. [29] Quand (la jeune fille) eut lancé cela aussi, et que le garçon, s’étant un peu avancé, fut plus proche, il souleva la tête et la reconnut. [30] " Oh, Oh ! Il se passe ici quelque chose ! Je reconnais cette tête ; qu’est-ce qui a bien pu se passer dans le cimetière ? " dit-il. [31] Quoi qu’il en soit, lorsqu’il appela, sa soeur reconnut sa voix. [32] Lui-même ayant aussi reconnu la voix de sa soeur, ils se rejoignirent et, quand il eut dit à sa soeur : " Qu’est ceci ? Que s’est-il passé? " [33] elle lui raconta brièvement et très exactement ce qui s’était passé. [34] " Voilà ce qui s’est passé " lorsqu’elle lui eut dit (en finissant son récit), il fit asseoir la jeune fille sur le cheval et ils sortirent du cimetière. [35] C’est ainsi que les Tcherkesses racontèrent, c’est ainsi qu’on raconte sous forme de légende combien c’est mauvais, selon eux, de rencontrer un homme aussi méchant.
Je raconte maintenant une histoire arrivée jadis à un jeune homme tcherkesse et qui a été racontée par la femme, aujourd’hui disparue, de mon oncle maternel.
Alors, lorsqu’il y eut un djegou dans un autre village, ce garçon-là, le garçon adoptif, et le propre fils de la famille s’en allèrent tous deux au djegou et, lorsqu’ils arrivèrent dans (ce) village lointain, leurs camarades (leur dirent) :
" Soit, alors " dit-il et il mit sur un cheval le garçon adoptif qui était venu en sa compagnie au village et il le renvoya à la maison pour qu’il ramenât avec lui sa soeur cadette.
Quoi qu’il en soit, il revint au village (et dit) à la maison : " Voici ce qui s’est passé, quand nous sommes arrivés au village, ils ont voulu que tu viennes aussi pour jeter un coup d’oeil au djegou, je suis donc venu te chercher.
la jeune fille dit " d’accord ", elle s’habilla et, avec ce garçon adoptif, ils montèrent ensemble sur un cheval et se mirent en route pour venir au village.
Ayant décidé de commettre son forfait dans un cimetière, lorsqu’ils arrivèrent à un cimetière il tourna vers là-bas, et, quand il se mit à y entraîner la jeune fille par la force
S12
pṡaṡe.m qˀə;rə.y.ˀ˚a.ɣ : “ mə.r se s:fe.ṡˀe.n.ew zə-g˚e:re.p ;
la jeune fille lui dit : " Je ne pourrais pas faire une chose pareille
Et lorsque les choses commencèrent à aller vraiment mal pour elle, la jeune fille tira le poignard que le garçon portait à son flanc et, pendant qu’ils luttaient, elle le lui enfonça dans le ventre et le tua.
Elle le tua donc, il était là, étendu ; et, pendant qu’elle restait dans le cimetière ne sachant pas que faire, les autres, son frère et les habitants du village, qui étaient réunis là-bas, (dirent) :
" Ils ne sont pas revenus, que leur est-il donc arrivé ? " et, ne sachant pas ce qui s’était passé, ils montèrent sur leurs chevaux et se mirent en route pour aller les chercher.
" Celui qui, ce soir, ira porter cette pierre dans ce cimetière et la posera sur cette tombe, cette tombe longue, et en reviendra, est un homme courageux.
En es-tu capable ? Qui le fera, qui pourra le faire ? " lorsqu’ils se mirent à bavarder entre eux de la sorte, en disant pêle-mêle " toi! ", " moi! " les uns aux autres,
quoi qu’il en soit, le frère aîné de la jeune fille, ayant l’intention d’entrer dans le cimetière, d’y déposer cette pierre, pour leur montrer -- se disait-il -- qu’il n’avait pas peur, entra (enfin) dans le cimetière.
la jeune fille qui se tenait là, à côté du mort, en entendant venir quelqu’un, en entendant un bruit de pas, coupa avec le poignard le bras du mort qui gisait là et le lança vers celui qui approchait.
Lorsqu’elle l’eut lancé, le frère aîné de la jeune fille, qui ne savait ni qui avait lancé (l’objet), ni ce qui s’était passé, souleva et regarda la (chose) lancée et vit un membre, un bras d’homme !
[26] " Qu’est-ce que ceci ? " dit-il et lorsque, tout en (y) réfléchissant en lui-même, il s’approcha (encore) un peu, (la jeune fille) trancha l’autre bras aussi et le lança dans sa direction.
[34] " Voilà ce qui s’est passé " lorsqu’elle lui eut dit (en finissant son récit), il fit asseoir la jeune fille sur le cheval et ils sortirent du cimetière.
[35] C’est ainsi que les Tcherkesses racontèrent, c’est ainsi qu’on raconte sous forme de légende combien c’est mauvais, selon eux, de rencontrer un homme aussi méchant.