|
Légende, des fleurs de laiteron de Pwöpaat. Elles sont chez elles. "Descendons à la rivière pour y chercher de quoi manger" disent-elles. Elles prennent leur épuisette, dévalent et arrivent au ruisseau de Hê-wii-jèiu. Elles y font leur pêche, pêchent ainsi jusqu'à ce que la nuit tombe. Puis elles remontent, tirent au passage quelques taros pour compléter la marmite, et rentrent à la maison. Elles passent à la flamme leurs belles anguilles, les enveloppent dans des feuilles de taro et mettent le tout à cuire sur le feu. Quand la marmite est prête et toute fumante, Sur le mont Hîîgo, la sorcière A-wii-dèlè-apulip regarde vers leur habitation, et elle aperçoit leur feu. Aussitôt elle accourt. Elle parvient sur les hauteurs qui dominent le hameau, et leur crie : "Fleurs de laiteron de Pwöpaat, qu'est-ce que vous nous mijotez de bon? Ne serait-ce pas des fleurs de laiteron? Ou bien des fruits de Ficus proteus ?" Elles cessent de parler, et s'exclament :"Aï! C'est la voix de quelqu'un ce qu'on entend!" La sorcière descend, et vient se poster un peu plus bas. Elle recommence : "Fleurs de laiteron de Pwöpaat, qu'est-ce que vous nous mijotez de bon? Ne serait-ce pas des fleurs de laiteron? Ou bien des fruits de Ficus proteus ?" Elles gardent le silence. Alors la sorcière descend et vient se poster juste à l'entrée. Elle leur dit : "Mes petites-filles! Ne pourrais-je avoir du feu? - On vient juste de préparer une petite marmite, amène-toi!" Elle entre et s'asseoit près de l'entrée. Elles retirent la marmite du feu, et cherchent des assiettes. La sorcière leur demande : "eh! qu'est-ce que vous cherchez ? - Eh bien, nous cherchons des assiettes pour servir la marmite!" Elle leur répond : "Oh! Mais vous vous donnez bien du mal, tenez, j'ai tout ce qu'il faut...!" Et elle étale un de ses gros seins. Aussitôt, les deux filles prennent à poignées les crevettes, les anguilles, et tout ce qu'elles ont préparé. Elles fourrent ça dans la mamelle de la sorcière ; elle engloutit le tout dans sa poitrine, et leur dit : "Venez donc, on va sortir pour manger dehors au frais." Elles sortent toutes les trois. Comme les deux filles sont un peu à la traîne, la sorcière détale et regagne la montagne. La voilà partie. Les filles s'exclament : "Eh! Mais elle s'est emparée de nos beaux tubercules et de nos beaux poissons et elle a fichu le camp!" L'une ajoute :"Bien sûr, et toi gourde, qui lui donnait tout! Heureusement, il y a ce que j'ai laissé!" Elle va chercher les quelques morceaux restants et elles se consolent avec. Elles finissent de manger. Elles vont se coucher. Le lendemain matin, l'une dit : "Eh bien, il ne nous reste plus qu'à retourner chercher d'autres poissons et d'autres tubercules." Elles prennent leur épuisette et redescendent vers la rivière . Elles arrivent à Hê-wii-jèiu. Elles y font leur pêche, puis reviennent. Elles remontent chez elles, passent au jardin chercher de quoi accompagner leur pêche, puis elles rentrent à la maison. Elles passent à la flamme leurs anguilles, terminent cette première besogne, puis les enveloppent dans des feuilles de taro. Elles posent la marmite sur le feu, et font cuire leur nourriture. Quand la marmite est prête et toute fumante, L'autre là-haut fait encore son apparition et crie comme l'autre fois : "Fleurs de laiteron de Pwöpaat, qu'est-ce que vous nous mijotez de bon? est-ce une marmite de fleurs de laiteron, ou une marmite de fruits de Ficus ?" Elles se taisent, et la sorcière descend se poster derrière la maison. Elle recommence : "Fleur de laiteron de Pwöpaat, qu'est-ce que vous nous mijotez de bon ? est-ce des fleurs de laiteron, ou bien des fruits de Ficus?" Les deux filles ne disent rien, et la sorcière est maintenant tout près de l'entrée : "Mes deux petites filles ! Ne pourrais-je avoir du feu ? - Entre donc, on se prépare une petite marmite !" Elle entre dans la case et s'asseoit. Les deux filles cherchent les assiettes, "Qu'est-ce qui vous manque ?" leur demande-t-elle, - On cherche les assiettes, - C'est malcommode, leur dit-elle, moi j'ai ce qu'il faut." Elle étale un de ses gros seins et les deux filles vident dedans le contenu de la marmite. Elles sortent les anguilles et les crevettes enveloppées dans des feuilles, et les tubercules qu'elles ont préparé. Elles mettent tout ça dans le gros sein de la sorcière. Et celle-ci leur dit : "Sortons dehors, on va manger au frais." Elle passe devant, mais, à peine sortie, elle déguerpit. Elles arrivent derrière et s'exclament : "eh! mais elle a tout pris et elle a encore fichu le camp!" Celle qui a gardé de la nourriture ajoute : "pendant que tu lui donnais tout, moi j'ai laissé ça de côté." Elles s'asseoient et commencent à manger, mangent puis s'étendent pour dormir. Elles dorment jusqu'au matin. et se disent : "ressortons chercher du poisson et des tubercules." Elles redescendent en vitesse dévalent jusqu'au ruisseau de Hê-wii-jèiu ; elles y pêchent, puis reviennent, remontent et passent par leurs jardins, déterrent des taros puis reprennent leur chemin. Elles arrivent chez elles et passent à la flamme leurs anguilles. elles prennent leurs tubercules et les font cuire. Au cours de la pêche l'une d'entre elles a ramassé deux cailloux blancs de rivière, et les a ramenés dans le panier de crevettes. Arrivées chez elles elles mettent la marmite sur le feu; elles font cuire leur nourriture. L'une prend les deux cailloux et les pose sur le feu. La marmite est prête et toute fumante. La sorcière arrive encore là-haut pour crier : "Fleurs de laiteron de Pwöpaat, qu'est-ce que vous nous mijotez de bon?" est-ce des fleurs de laiteron, ou bien des fruits de Ficus proteus ?" Puis elle descend et arrive derrière la maison, et recommence : "Fleurs de laiteron de Pwöpaat, qu'est-ce que vous nous mijotez de bon ? est-ce des fleurs de laiteron ou bien des fruits de Ficus proteus ?" Mais les deux filles ne disent mot. La sorcière vient se poster juste dans l'entrée. "Mes deux petites-filles! Je voudrais bien un peu de feu!" Elles lui répondent : "Entre donc, on prépare justement une petite marmite!" La sorcière rentre et s'assoit. Les deux filles retirent la marmite du feu, et commencent à servir la nourriture. Elles la déposent dans le gros sein de la sorcière. Elles vident la marmite complètement. L'une ajoute : "Il nous faut encore retourner ces deux bouts d'igname qui ne sont pas bien cuits." Et la sorcière, impatiente : "Donnez, donnez toujours, on va s'en débrouiller!" L'une des filles retire les deux cailloux brûlants à l'aide d'un bout de bois. Puis elle les enveloppe, s'en saisit et les jette dans la mamelle de la sorcière. Celle-ci emballe les cailloux avec le reste, s'apprête à prendre le large, mais elle sent que ça la brûle, sa grosse mamelle brûle et grésille, elle s'agite comme un diable, elle gigote, se convulse... et finit par crever. Les deux filles reprennent alors toute la nourriture, l'entassent à part dans une grande assiette, puis l'une déclare : "Voilà! nous allons faire un sort à celle qui s'amusait à nous dérober nos parts de tubercules et nos poissons!" Elles partent chercher du bois et préparent le four. Elles déposent la sorcière au milieu de tout ce qu'elles s'apprêtent à cuire. Elles attendent que les bouts de bois aient brûlé puis prennent les morceaux de viande et les déposent dans le four. Elles enterrent le four. Elles mangent alors tranquillement les parts de tubercules et les poissons mis de côté. Bon, elles soulèvent ensuite la couverture du four, et déclarent : "Que se lèvent les esprits de ceux qui furent tués et mangés, et les esprits du sol, pour que nous mangions cette bonne femme!" Les esprits apparaissent et les uns dévorent les gros morceaux de viande, d'autres se contentent des pierres du four. D'autres encore mâchent les écorces qui servaient à recouvrir le four. Ceux qui ne trouvent plus rien mangent les charbons de bois brûlés. Bien, Après quoi tous ces esprits rentrent sous terre, et les deux filles restent dans leur maison. Il n'y a plus de maître là-haut sur le mont Hîîgo, alors qu'il a un patron ici à Pwöpaat. Terminé, à ton tour, à toi de faire la réponse!
|