Connaissez-vous le proverbe «Pas de déjeuner pour le chien noir, pas de dîner pour la fille mariée»? Il est lié à une histoire du temps jadis, qui nous parle des relations au sein de la famille, entre frères et sœurs.
Il était une fois une famille dans laquelle il y avait deux enfants: un frère et sa sœur cadette. Le grand frère est parti chasser sur la montagne, à ce qu’on raconte; et il n’est pas revenu de plusieurs années. Entretemps sa sœur a grandi. On était sans nouvelles du grand frère: où donc habitait-il? N'était-il pas mort là-haut sur la montagne? Un beau jour, la sœur s'est mariée; et précisément ce jour-là, son frère est redescendu des montagnes. Il était à la poursuite de son chien: son chien de chasse avait filé, passé un col, et pris le chemin de la plaine. On aurait dit que le chien était au courant du mariage de la petite sœur. Après un long périple, le chien est arrivé à la maison que la sœur venait de rejoindre pour son mariage. A ce moment-là, les invités étaient en train de prendre place. Le chien a bondi dans la pièce; les gens de la maison, voyant ce chien surgi de nulle part, lui ont lancé: "Sac à puces, sors de là!" On a voulu le chasser, mais pas moyen de le faire partir. Le frère est arrivé lui aussi, suivant la piste de son chien; pendant que chacun s'asseyait, selon le plan de table prévu par les hôtes, lui restait debout, à ce que dit l'histoire. Les convives se sont dit: «[Celui-là], ça doit être un mendiant! Chassons-le donc, mettons-le dehors; et le chien pareil, mettons-le dehors, qu'est-ce qu'il vient faire ici?» Mais le frère restait là, feignant de ne pas comprendre ce que lui signifiaient les regards de travers et les commentaires qu'on faisait sur lui. Faute de parvenir à le faire s'en aller, on lui a désigné une place où s'asseoir, tout au fond, dans la partie la moins noble de la salle.
Pendant ce temps les invités arrivaient en nombre, et on leur désignait une place au banquet. Les hôtes de marque étaient conviés à s'asseoir près du foyer, tandis que les petites gens, eux, se retrouvaient assis au fond. Une fois tout le monde assis, l'heure est venue de commencer à manger. Et là, vous savez, la répartition de la nourriture est une affaire que les hôtes prennent très à coeur! Autrefois, on faisait bouillir un gros quartier de côtes de porc, qu'on découpait ensuite en plein de morceaux. Les gros morceaux étaient pour les hôtes de marque; aux autres invités, on distribuait les petits morceaux. Donc ce jour-là, on a commencé par donner la viande aux personnes importantes; parvenu au fond de la salle, lorsque ç'a été le tour du grand frère de la mariée, on lui a donné un morceau tout vilain, tout riquiqui: des toutes petites côtelettes. Après avoir réparti la viande, après avoir déposé devant chaque convive sa part de viande, on a versé à boire! Pour le vin, même chose: on suit le plan de table, en commençant par les invités assis autour du foyer. On a versé à boire, bol après bol après bol après bol; et à nouveau, c'est tout à la fin qu'on est arrivé au grand frère pour lui donner son bol de vin. A ce moment-là, tout le monde était servi, et les gens s'apprêtaient à boire, à ce que dit l'histoire. Le moment des toasts étaient venus, chacun levait son bol et y allait de sa formule: «A ta santé! - A la tienne!» Chacun s'apprêtait déjà à s'attaquer à la viande et à porter le vin aux lèvres; mais à ce moment-là, le grand frère a lancé à la cantonnade: «Quand y’a pas assez, à quoi bon se mettre à table? Allez le chien, c'est pour toi!» Il a pris son bout de viande, et il l'a jeté à son chien, à ce que dit l'histoire. Il a levé son bol de vin, et il a déclaré: «Quand y’a pas assez à boire, y’a pas de plaisir! Terre noire, bois-moi ça!» et il a répandu le vin par terre.
Un frémissement a parcouru la salle. Les convives se sont interrogés: «Mais qu'est-ce qui lui prend, à cet homme-là? Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Qu’est-ce donc que ce bonhomme ?» Or il y avait parmi les convives une personne qui connaissait l’histoire du frère et de sa sœur; et cette personne-là s'est dit: «Eeeeeeeeh! Mais dites donc... Autrefois, cette jeune femme... elle avait un grand frère! Il est parti habiter sur la montagne, et plusieurs années ont passé; ce gars-là, ça serait-y pas son frère?» Voilà ce qu'il s'est dit. La rumeur s'est répandue et est parvenue aux oreilles de la sœur. Elle est accourue; elle l'a regardé en face; alors, le grand frère s'est détourné, il s'est revêtu de sa cape en feutre, et il a détalé! Sa sœur, le reconnaissant finalement, a essayé de le retenir. Elle l'a empoigné par son vêtement: "Mon frère! Tu es mon frère!" Le frère, lui, il était rempli de colère et d'humiliation. Il avait été traité de façon indigne! A l'endroit d'un aîné, un tel traitement est indigne, et le frère s'en est trouvé vraiment affligé. Il lui a lancé: «Moi, ton aîné, me traiter pareillement, c'est ignorer le savoir-vivre le plus élémentaire!» Elle lui a répondu: « Grand frère, grand frère! Je ne savais pas que tu étais là! Ce sont les autres qui t'ont traité comme un vagabond! Ne sois pas fâché, ce n'est pas ma faute si tu as été traité de cette façon! Pardon!» Elle implorait son pardon; en réponse, il a sorti son couteau, et a tranché le pan de sa cape auquel elle s'agrippait, la faisant s'étaler de tout son long. Elle s'est à nouveau lancée à sa poursuite, et a saisi l'autre pan de son vêtement; il lui a alors lancé: "L'homme à qui ma petite sœur s'est donnée en mariage, je viens d'avoir une belle occasion de faire connaissance avec lui! Ca paraît être quelqu'un de bien minable, pour qu'il m'ait donné si maigre pitance!" et il a à nouveau tranché le bout de vêtement qu'agrippait sa sœur, la précipitant à nouveau par terre. Tous les invités avaient alors compris que c'était son frère; ils se sont mis à sa poursuite, mais n’ont pu le rattraper. La sœur en a été si affligée qu'elle a pleuré toutes les larmes de son corps, et en est morte de chagrin, la main crispée dans un dernier geste en direction de son frère qui s'en était allé.
En chemin, le frère ressassait ce qui venait de se passer: "Eeeeeh bien... comment ma propre sœur a-t-elle pu arriver dans une maisonnée pareille! Comment a-t-on pu en arriver là entre frère et sœur: que ma propre sœur me méprise pareillement! Je suis vraiment un pauvre hère! J'habite sur la montagne, eh oui! et quand j'arrive dans la plaine, je fais l’effet d’une bête sauvage!" Pendant ce temps-là, la mère des deux enfants, qui était présente au repas, faisait reproche à la belle-famille d'avoir pareillement méprisé son fils.
On a procédé à la crémation de la petite soeur, mais son corps ne n'est pas consumé! On a entretenu le bûcher pendant trois jours et trois nuits, mais rien à faire. Alors, les gens sont allés rechercher le grand frère; ils lui ont dit: «Pardon! Votre sœur est morte! Pardon! Venez auprès du bûcher prendre congé de votre sœur, qu'elle puisse quitter ce monde en paix! Nous vous en supplions!» Le grand frère était toujours affligé, mais la colère cédait le pas à la nostalgie de sa sœur; il se disait: «Je dois lui manquer, maintenant que je suis parti en la plantant là!» Alors il a repris le chemin de la vallée, plein de regrets. Il est venu sur les lieux où brûlait le corps de sa petite sœur. Il a tranché un morceau de son feutre, répétant le geste qu'il avait eu le jour où sa sœur se cramponnait à son habit, et il a jeté ce bout de feutre dans les flammes, en disant: «Toi et moi... Moi, ton grand frère, j'ai quitté la maison, et plusieurs années ont passé; que tu ne m'aies pas reconnu, ce n'est pas si surprenant, au fond. Je n’ai pas de mauvais sentiments à ton endroit, seulement à l’endroit de la famille qui t’a prise. Je sais bien que tu es au désespoir; mais aies donc plutôt de bonnes pensées! Maintenant, que [ton corps] brûle et se consume!» Alors le feutre a disparu dans les flammes, et le corps s'est enfin consumé.
Depuis ce temps-là, par chez nous, si une femme quitte sa famille pour se donner en mariage [contrairement à la coutume na qui veut que l'on passe toute sa vie dans la maison où on est né, auprès de sa mère, ses oncles et tantes maternelles, ses frères et soeurs, et ses cousins du côté maternel], voilà ce qu'on en dit: «Pas de dîner pour la femme mariée, pas de déjeuner pour le chien noir!» Pas de déjeuner pour le chien, ça, c'est parce que le chien, dans la journée, pas question qu'on lui donne à manger: il a ses deux repas, le matin et le soir. Quant à la femme qui a quitté la maison pour se marier, si elle revient, pas de dîner pour elle: elle peut passer la journée, mais au soir, elle doit retourner dans sa nouvelle famille. Moi, ma fille, comme elle s'est mariée, eh bien lors de son décès, quand se tiendra le repas funèbre, on devra y aller. Nous autres les Na de la plaine de Yongning, on amène toutes sortes de cadeaux, selon les instructions que la maîtresse de maison donne à chacun. On amène de la viande séchée, et on va participer au repas funèbre. [Le fait d'apporter des cadeaux peut paraître contradictoire avec ce qui est dit ensuite du rite sɯ˧kʰɯ˩, puisqu'en principe la parentèle de la défunte vient les mains vides s'installer à demeure dans la famille du marié, et s'y fait nourrir, en réparation du préjudice subi du fait du départ de la mariée. En réalité, dans les temps qu'a connus la narratrice, on ne jouait pas sérieusement le rôle du frère offensé: dans les exemples qu'elle a vus ou qui lui ont été rapportés, on fait bien semblant d'être courroucé, mais on apporte en fait cadeaux et nourritures comme les autres invités.] En principe, si la défunte est notre sœur et qu'elle a quitté sa maison maternelle pour se marier, eh bien nous, pas question qu'on fasse cadeau de nos provisions, lors de la veillée funèbre! On n'amène rien du tout: on va chez eux se faire nourrir. On dit: «sɯ˧kʰɯ˩! L’oncle est de retour!»; alors tous les gens de la famille du marié doivent se prosterner et implorer pardon. Ceux qui représentent l'oncle, dans le rituel sɯ˧kʰɯ˩, ils suivent le précepte suivant: "Lorsqu'on pratique sɯ˧kʰɯ˩ [le rituel de vengeance lors du décès d'une femme qui a rejoint une autre famille lors de son mariage], on est au crochet des hôtes; lorsqu'on pratique ʈʂo˧kʰɯ˩ [le rituel funèbre ordinaire], on leur donne des cadeaux". Autrefois, on pratiquait ces deux rituels, ʈʂo˧kʰɯ˩ et sɯ˧kʰɯ˩. Quand on va pratiquer le rituel sɯ˧kʰɯ˩, on va réclamer réparation pour les torts subis par la famille. On lance un cri de défi: «A-hi-hi!», et on y va! Si nombreux que soient les gens dans le village, famille et amis, tout le monde se met en route. Lorsqu'on se présente chez la famille du marié, on dit: "sɯ˧kʰɯ˩! L'oncle est de retour!" On les pousse, on les bouscule, pendant qu'ils disent "Pitié! Pitié! Pitié!" Parvenus à la porte de la pièce principale, on lance à nouveau le cri de défi: "A-hi-hi! L'oncle est de retour!" et on donne des coups sur les piliers de la maison (tu sais bien, les piliers comme il y en a ici, chez moi). On donne un coup sur le seuil, puis on se met à frapper les piliers. Boum! Boum!
Moi, c'est de mon aïeule que je tiens cette histoire. Ca fait bien longtemps! Moi, en fait, ce rite je ne l’ai jamais vu. Eh oui! Toi et moi, on est des gens francs et honnêtes, n'est-ce pas! Sur tous les sujets on se dit la vérité. Eh bien c'est ma grand-mère, une femme qui a vécu jusqu'à quatre-vingt-neuf ans, qui m'a raconté tout ça. Autrefois, lorsque quelqu'un mourait, voilà comment les choses se passaient!
When he rushed away, [his] younger daughter cried her eyes out!
The corpse was burnt [on the pyre] for three days and three nights, but it was not possible to burn it up!
jadis, eh bien, … c’était ainsi, à ce qu’on raconte:
从前的话……传说有了这样一件事情(直译:“传说过得这样的”)/传说从前有这样一个故事:
NOTE : Le ton ˥ final de «ainsi», tons: /ʈʂʰɯ˧ni˧˥/: ton ˥ final se déplace jusqu’à la fin du mot phonologique NOTE : D’abord noté /ne/, puis adopté uniformément la notation /i/ pour cette voyelle après les initiales dentales: /ti/, /ni/ etc.; sauf derrière /s/, contexte où il existe un contraste.
(il y avait) une famille, eh bien… c’est comme ça qu’on raconte,
(dans) cette histoire, n’est-ce pas!
有一家人……是这样讲的,这个故事,是吧?
NOTE : le ton de «histoire» se déploie sur le déictique suivant NOTE : d’abord noté: pi˩ ɲi˧; en fait: est le début d’un mot phonologique: pi˧ ɲi˥. Sens: vérifié: est la copule, non le verbe «vouloir, avoir besoin de».
Le chien qui ne reçoit pas de repas à midi… «Le chien ne reçoit pas
de déjeuner; on ne donne pas à dîner à la fille [mariée]!», cette formule, (Note
explicative: il existe un proverbe: «le chien ne reçoit pas de déjeuner; on ne donne
pas à dîner à la fille!» Son sens: «de même que le chien ne reçoit pas de déjeuner
[les chiens ne sont nourris que deux fois par jour: après le petit déjeuner, et après
le dîner], la fille [qui a quitté la famille pour aller se marier] ne reçoit pas de
dîner [si elle s’avise de revenir dans la famille qu’elle a désertée]». Note: le
parallèle entre femme et chien ne doit pas choquer: dans la culture na, le chien n'est
pas un animal vulgaire ou ignoble, c'est au contraire un proche compagnon des humains,
doté d'une grande importance symbolique.
NOTE : tons vérifiés: n’est pas dʑo˩, ds aucun des 2 cas NOTE : au sujet de la notation du proverbe: /kʰv̩˧nɑ˥ ʐo˩ mə˩-ɖɯ˩/: le prédicat ne forme pas un mot phonologique séparé, auquel cas on attendrait …mə˩-ɖɯ˩˥; intégration du prédicat et du sujet à l’intérieur d’un même mot phonologique, caractéristique du discours proverbial, très construit/intégré. NOTE : d’abord noté /*ʐo˧ mə˧-ɖɯ˧/ NOTE : kʰv̩˧nɑ˥: chien noir; ton d7, vérifié; reporté ds combinaisons NOTE : mv̩˧mi˧: ton d1; est un mot ancien, pour «femme»; M23 ne sait pas ce que ça veut dire
pourquoi donc y a-t-il une telle formule (=d’où vient cette formule
proverbiale) ? Il y aurait un chien qui ne reçoit pas de déjeuner...
为什么这样说 ?有一只得不到午饭的狗……(=那个故事啊,讲的有一只中午得不到饭吃的狗……)
NOTE : la locutrice se corrige en: /ʈʂʰɯ˧ni˧˥ pi˧hĩ˧, ʈʂʰɯ˧dʑo˧, …/ NOTE : corrigé en 2011: la formulation correcte est: ə˧tse˧ ʝi˧-zo˥, alors que j'avais noté ə˧tso˧ i˧-zo˥ avec M23; selon la locutrice, cette différence dialectale/idiolectale est bien réelle, chacun a sa façon favorite de prononcer. 'Chaque village a son parler.'
eh bien, c'est une explication au sujet des fratries! (littéralement
: c'est [quelque chose qui] parle des [affaires/relations] des frères et sœurs! =ça
parle des relations entre frères et sœurs)!
那么,讲的是兄弟姐妹(之间)的(关系、事情)!/讲的是兄弟姐妹之间的事情!
NOTE : zo˩no˧: a une dimension phatique, ne veut pas dire littéralement «pour nous, aujourd’hui», «de nos jours» NOTE : la locutrice, qui avait employé un emprunt au chinois: 讲, se corrige en: …bv̩˩ ʐwɤ˩ ɲi˩, employant le mot na pour 'parler/parole'. NOTE : correction du 23 août 2011: la séquence de tons n'est pas mv̩˩zɯ˩-ni˥mi˩-bv̩˩ ʐwɤ˩ ɲi˩ tsɯ˩ mv̩˩: comme on s'y s'attend, l'unité phonologique s'interrompt après le possessif /bv/ et la séquence ǀ ʐwɤ˩ ɲi˩ tsɯ˩ mv̩˩ ǀ forme une unité. La partie qui précède les particules est: /ʐwɤ˩ ɲi˩/, car /ɲi˩/ est ici employé avec valeur de copule, non dans l'emploi que Liberty Lidz décrit comme 'cert_str'.
le grand frère, jadis, il est parti chasser sur la montagne, à ce
qu’on raconte!
年长者的(=哥哥),从前,到深山狩猎去了!
NOTE : déploiement du ton de: ʂæ˧˥; tous les verbes en série y compris la copule constituent son domaine de déplacement. NOTE : F4 indique qu’on peut dire 'aîné' de deux façons: ə˧mv̩˩ (+dʑo˩); ou: ə˧mv̩˧˥ (+dʑo˩). Cela est propre à ce mot: ce n'est pas vrai de tous les tons d4: ex. «tibétain», ʁo˧dzi˩, ne possède pas de variante *ʁo˧dzi˥. (Un temps, noté ə˧mv̩˥ dʑo˩.) La voyelle initiale oscille entre /æ/ et /ɑ/; peut difficilement être interprétée comme /ə/, car «oncle», /ə˧v̩˧˥/, avec un /ə/ devant /v/, est réalisé [ɤ˧v̩˧˥ - ə˧v̩˧˥], non [æ˧v̩˧˥ - ɑ˧v̩˧˥]. L'analyse retenue est donc /æ.mv/.
le grand frère, lui, où (donc) il était parti, (s’il) était mort, (elle) n’en avait aucune nouvelle (littéralement: «(elle) ne le voyait pas»); alors la petite sœur s’est mariée, à ce qu’on raconte.
la sœur s’est mariée; et alors, ce jour-là (le jour du mariage), euh…
l’aîné, alors,
妹妹许给人家了,那么,(庆祝婚姻的)那天……哥哥呢,
NOTE : tʰv̩˧ɲi˧: ce jour-là; vérifié en mars 09: c’est bien /tʰv/; en revanche chez M23 le déictique lointain est /ʈʰɯ/ et non /tʰv/; il dit donc /ʈʰɯ˧ɲi˧/, non /tʰv̩˧ɲi˧/. NOTE : d'abord noté ɑ˧mv̩˥
le chien et le frère ont chassé, chassé; ils sont arrivés haut là-bas
dans la montagne; et [le chien] parvenant au col… (n’est pas: «ils sont parvenus au
col»: c'est d'abord le chien seul qui y parvient; le sujet est en ellipse)
猎狗和哥哥在狩猎,得狩猎,(就)到了深山老林那边,(后来猎狗)到了垭口,
NOTE : faux départ: «l’aîné, les deux…» NOTE : d'abord noté ɑ˧mv̩˧˥ NOTE : d'abord noté ə˧mv̩˥ dʑo˩; tons ə˧mv̩˧˥ dʑo˩ vérifiés en août 2011 NOTE : qo˩qɑ˩-ʁo˩˥: au sommet du col
On aurait dit que le chien était au courant du mariage de la petite
sœur.
妹妹嫁给人那(件事情),(猎)狗像闻到了似的。
NOTE : go˧mi˧ hĩ˧-ki˧-ki˩ tʰv̩˩: 妹妹嫁给人的那个事情, … NOTE : fin relecture du matin du 6 avr. 09 NOTE : sens de /pʰæ.di/: «c’est COMME SI le chien savait que la sœur se mariait»
et le chien, il a marché, marché, marché; depuis le col, il a couru,
couru, couru,
那么,狗走了走了,(一直)要走,(猎狗)从垭口跑了,(一直)要跑,
NOTE : vérifié en août 2011: kʰv̩˩mi˩-ɳɯ˥ et non kʰv̩˩mi˩-ɳɯ˧; la notation comme ton M était dictée par l'interprétation du système tonal selon laquelle le ton post-lexical ajouté après L serait M et non H, interprétation corrigée en 2011.
NOTE : qq hésitations sur les trois premiers tons; ˩ ˩ ˧ ? ˧ ˧ ˥ ? première intuition: les séquences de ˩ initiaux paraissent rares (intuition en fait erronée), et phonétiquement c'est proche de ˧ ˧ ˥, qui colle bien à la phonétique; mais, réanalyse: est en fait ˩ ˩ ˧, rehaussé par l'intonation élevée de début d'énoncé. NOTE : d'abord noté tsɤ˧ʈʂʰv̩˧-kʰv̩˥; confirmé à nouveau en 2011: la voyelle est bien /e/ et non /ɤ/
ces invités, ils ont chassé le chien, mais il n’est pas parti
这些客人赶了(猎)狗(=想让狗走),(可是)狗呢,没走!
NOTE : avait d’abord dicté: …lə˧-di˧˥, mv̩˩tɕo˧ mə˧-hɯ˧, «…mais il n’est pas descendu» NOTE : tons de ʈʂʰɯ.tɕi hors contexte: ʈʂʰɯ˧-tɕi˩; ɖɯ˧-tɕi˧. NOTE : vérifié le 23 août 2011: c'est: /kʰv̩˩mi˩-ɳɯ˥/ et non /kʰv̩˩mi˩-ɳɯ˧/ comme je l'avais noté lorsque je pensais que le ton post-lexical ajouté aux groupes tout au ton L pouvait être soit M soit H.
"Sac à puces!", [lui a-t-on] dit; [mais] il n'est toujours pas parti
(=mais pas moyen de le faire partir); le chien se tenait assis [sans bouger], au
fond.
“狗啊!”(人家又说,但是)狗一直不走,在(房间)后面坐着坐。
NOTE : mə˧-hɯ˧: /hɯ˧/, forme passée de 'aller', est comme /bi˧/ 'aller' et /gv̩˧/ 'se passer', un mot exceptionnel, au ton ˧ en forme de citation mais donnant lə˧-v̩˩-ze˩
Or alors qu'ils s'asseyaient, le grand frère, lui, se tenait debout
dehors, à ce que dit l'histoire.
(他们)坐下来的时候,哥哥呢,在外边站着。
NOTE : d'abord noté: ɑ˩pʰo˩˥ tʰi˧-hĩ˧˥ ǀ -tsɯ˩ ǀ -mv̩˩; note de 2008: phonétiquement, la partie haute du contour de hĩ˧˥ est sur la syllabe suivante; mais la locutrice ne perçoit pas le phénomène comme catégoriel: qd je répète, elle préfère tʰi˧hĩ˧˥ ǀ -tsɯ˩ ǀ -mv̩˩ plutôt qu’un: tʰi˧hĩ˧tsɯ˥mv̩˩ qui colle pourtant mieux à la réalité phonétique. Peut néanmoins être décrit au stade actuel comme un phénomène catégoriel, à mon avis. NOTE : vérifié:
«chassons [ce] mendiant, mettons-le dehors (littéralement:
"jetons-le vers le bas"), chassons [ce] chien, mettons-le dehors! Ce chien-ci,
aujourd'hui, qu'est-ce qu'il fait (=qu'est-ce qu'il vient faire ici)?» ont[-ils] dit;
voilà comment ils ont parlé.
Après, eh bien, vraiment... les gens, eh bien... le grand frère, il ne
partait absolument pas (=pas moyen de le faire s'en aller), [alors] on l'a fait
s'asseoir (=on lui a désigné une place où s'asseoir).
然后呢,人家……(因为)哥哥实在(赶)不走,(所以人家)让他坐下来了(=让给了他一个座位)。
NOTE : d'abord noté ɑ˧mv̩˥ NOTE : /ʂɯ˧tse˥/: est un emprunt au chinois 实在.
S29
tʰi˧-dzi˩-kʰɯ˩, ǀ mæ˧qo˩ dzi˩-kʰɯ˩, ǀ tsɯ˩ mv̩˩.
tʰi
°dur
dzi˩
être_assis
kʰɯ˧˥
°caus
mæ˧qo˩
au_fond
dzi˩
être_assis
kʰɯ˧˥
°caus
tsɯ˧˥
°rep
mv̩˩
°affirm
[Quand] on l'a fait asseoir, on l'a fait asseoir au fond (=on lui a
donné une place tout au fond, dans la partie la moins noble de la salle).
坐下来呢,让(他)在后面坐(=给他的座位在房间的最后面)。
NOTE : ici et dans la suite de la transcription, avais d'abord noté mæ˧qv̩˩, pensant à tort que le mot pour 'queue' et 'au fond' étaient homophones et peut-être même un seul et même mot
Les invités, ils sont tous arrivés, et on les a assis; les petites
gens (ont été) assis au fond (=Les invités sont arrivés en nombre, et on leur a désigné
leur place au banquet; les gens pas importants ont été assis au fond de la
salle).
NOTE : Le terme mæ˧qo˩ est répété; ce n'est pas à proprement parler une réduplication, mais une façon d'insister. NOTE : d'abord noté /tʰi˧ni˧˥/, suivant la prononciation de M23. Le locuteur M23 a simplifié /ʈʂʰɯ˧ni˧˥/ «ainsi» en /tʰi˧ni˧˥/ dans sa prononciation courante; sait restituer un /ʈʰɯ˧ni˧˥/ en prononciation soignée.
une fois parvenu au fond [de la salle], une fois tout le monde assis,
eh bien… (on) va passer au repas! on va commencer à manger! (=l'heure est venue de
commencer à manger)
到了房间最后面,那么,(人家都)坐好了,那么,要吃饭了!要吃饭!
S34
pʰv̩˧ɖɯ˧ ʝi˥-ho˩-ze˩-tsɯ˩ ǀ -mv̩˩!
pʰv̩˧ɖɯ˧-ʝi˥
prêter_attention_à/se_soucier_de
ho˩
°fut/désidératif
ze
°pfvcher
tsɯ˧˥
°rep
mv̩˩
°affirm
[Et ça,] on doit y prêter attention (=La répartition de la nourriture
est une affaire qui demande beaucoup d'attention / que les hôtes prennent très à coeur)
!
NOTE : C'est à partir de cet exemple qu'a été menée l'investigation systématique du comportement tonal du déictique/top après les diverses catégories tonales de noms.
la viande, les côtes de porc, un gros morceau, on le coupait
(littéralement: «on pouvait le couper») en [plein de] morceaux! (=on faisait
bouillir un gros quartier de côtes de porc, qu'on découpait ensuite en plein de
morceaux/tranches) Aux gens importants, on donnait les gros (morceaux);
肉呢,猪排骨呢,大块(地煮)呢,就一块一块一块地切!给贵宾的,是给大块的,
NOTE : vérifié en août 2011: n'est pas tʰi˧-ki˧, comme 'à l'isolée'; analyse: intégration dans un groupe phonologique: ɖɯ˩-hĩ˩ # tʰi˧-ki˧ donne ɖɯ˩-hĩ˩˥ # tʰi(˧)-ki(˧) pour éviter qu'il n'y ait que des tons ˩; puis le ton ˧ de /hĩ˩˥/ se projette sur /tʰi˧/; puis les tons suivants sont arasés en L ? ce n'est pas strictement une analyse de la 'règle du sommet unique' car celle-ci n'interdirait pas une séquence ˧ ˧: tʰi˧-ki˧.
pour les gens importants, on a réparti (=on a commencé par donner la
viande aux gens importants); parvenu au fond [de la salle], quand on est parvenu à son
grand frère (=lorsque ç'a été le tour de son grand frère), [on lui] a donné de la
mauvaise [viande] (=un morceau tout vilain), un petit morceau tout riquiqui.
给贵宾分肉(以后),等轮到了(房间最)后面给哥哥(一份肉)的时候,给了不好的、小小的一块。
NOTE : d'abord noté /*ə˧mv̩˧˥.../, mais en fait ce n'est pas /ə˧mv̩˧˥/ 'aîné' mais /ə˧mv̩˥tɕi˩/ 'tout petit' NOTE : tons vérifiés NOTE : tʰv̩˩-kwɤ˩: d’abord noté /*tʰv̩˩qo˩/ NOTE : /mə˧-ʁɑ˧-hĩ˧ ʂe˧/: de la mauvaise viande
alors, on répartit la viande, [on la] pose [devant chacun des
convives]; ensuite, on verse l'alcool!
那么,肉分出去,放在下面(=在每个宾客的前面),后来就倒酒了!
NOTE : pʰv̩˧˥: le ton se déploie sur /ze/ NOTE : note: ce récit a d'abord été transcrit avec M23; il ne fait pas la différence entre les particules affirmatives /mæ˩/ et /mv̩˩/, alors que F4 les distingue bien. NOTE : lə˧-wo˧-tʰo˥-tɕo˩ veut dire littéralement 'se retourner'; ici, l'expression a le sens de 'ensuite, après'.
On verse le vin; alors, [selon] l'ordre de placement, au groupe des
invités de marque, à nouveau: on verse, bol après bol après bol après bol; et à
nouveau, [c'est le tour du grand frère,] on verse au grand frère un bol de vin. (=Pour
le vin, même chose: on sert les gens les uns après les autres, en commençant par les invités de marque; et c'est tout à la fin qu'on arrive au grand
frère pour lui donner son bol de vin.)
倒酒的话,(按照)座位顺序 ,(先)给(每一位)贵宾倒一碗酒,然后(=最后才)给哥哥一碗酒。
NOTE : kɤ˧kɤ˩: sens: dans l'ordre; avant 2012, pensais que cela désignait l'ordre de placement (à table). NOTE : d'abord noté /ɑ˧mv̩˩/, ici et dans la suite de la transcription; ensuite corrigé en /æ˧mv̩˩/; mai 2012: adopte uniformément la transcription phonologique /ə˧mv̩˩/, avec une voyelle neutre en première syllabe (préfixe des noms de parenté, pour les personnes plus âgées que soi). Phonétiquement: très proche de [æ˧mv̩˩]. NOTE : d'abord noté /*ɖɯ˧-qʰwɤ˧˥ ǀ tʰi˧-pʰv̩˧˥ ǀ -tsɯ˩ ǀ -mv̩˩/; vérifié en août 2011: est bien: /ɖɯ˧-qʰwɤ˧ tʰi˥-pʰv̩˩/.
et alors, [les gens] ayant reçu leur bol de vin (littéralement: "un
bol étant versé [à chacun]"), les gens s'apprêtaient à boire le vin, à ce que dit
l'histoire.
然后,(因为每个人)倒了一碗,那么,人们要喝酒了。
NOTE : d'abord noté /ɖɯ˧-qʰwɤ˧˥ ǀ tʰi˧-pʰv̩˧˥/, c'est-à-dire la réalisation en débit lent; vérifié: est bien /ɖɯ˧-qʰwɤ˧ tʰi˥-pʰv̩˩/
[ils] lèvent [leur bol], maintenant… «Bois donc! [Allez,] je bois!» (="A ta santé! Allez, on boit!") On allait boire (=le moment des toasts était venu); alors, son grand frère, il a levé [son bol de vin, lui aussi]!
alors, on allait s'attaquer à la viande (littéralement "[on] allait
mordre la viande"), on allait manger la viande [et] boire le vin; alors, son grand
frère, lui,
On a levé [son bol de vin] (=on a porté des toasts): chacun a levé
son verre, comme ça; lorsqu'on est arrivé au fond (de la salle), eh bien, le grand
frère, quand on est parvenu au grand frère (=quand ç'a été le tour du grand frère de
porter un toast), le grand frère a parlé ainsi (=voici ce que le grand frère a dit)
:
«Quand il n’y a pas assez à manger, on n’a pas le cœur à manger!/
quand y’a pas assez, à quoi bon se mettre à table! (expression figée/dicton) Chien,
mange donc! (=Allez le chien, c'est pour toi!)» Il a pris [son] morceau de viande,
[et] l'a jeté au chien, à ce que dit l'histoire.
NOTE : tons vérifiés en avril 09 NOTE : ʂe˧ ɖɯ˧-ʈv̩˩: un bout de viande; c'est un morceau de taille supérieure à une bouchée. Ici cela ne désigne pas un gros quartier de viande, sens que peut également avoir ʈv̩˩, mais néanmoins un morceau plus gros qu'une bouchée: toute la portion qui a été donnée au frère.
alors... ce bol de vin, [il] allait le boire, euh... l'ayant pris, [il
a dit]: «quand y’a pas assez à boire, y’a pas de plaisir! Terre noire, bois-moi [ce
bol de vin]!»; ce que disant, il a répandu [le vin] par terre.
NOTE : Pour le locuteur qui reprend le récit avec moi pour sa transcription (M23), il y a bien ici déplacement tonal: pʰv̩˧ tsɯ˥ mv̩˩, non pʰv̩˧˥ | tsɯ˩ mv̩˩. Cette interprétation paraît bien correspondre à la «phonologie de surface», et à la phonétique. NOTE : mə˧-lv̩˩: ne suffit pas; avais d'abord noté: ʈʰɯ˧-gɤ˧ ʈʰɯ˧ mə˧-lv̩˥, du fait du rehaussement intonatif de la 1e syllabe. Notation de la syllabe: hésitation entre rétroflexe, ɭv̩, et simple coronale, lv̩; en nov. 2011 la notation /ɭv/ avait été adoptée du fait que la prononciation est plus en arrière qu'un /l/ dental ou alvéolaire; mais l'articulation n'est pas franchement rétroflexe, plutôt post-alvéolaire. Il n'y a donc pas d'argument de poids pour noter ɭv̩ plutôt que lv̩. Retour à une notation /lv̩/ fin décembre 2011. NOTE : gɤ˧: manquer, 缺乏 NOTE : d'abord noté: no˧ ʈʰɯ˩-hõ˩˥
alors, holà! Qu'est-ce que ça veut dire ? (=les convives
s'interrogent: "Mais qu'est-ce qui lui prend, à cet homme-là?" (Dans cette phrase, la
locutrice utilise un emprunt chinois, 意思::signification; elle se reprend aussitôt et
reformule "en langue na") Qu'est-ce que ça veut dire? [note: phrase sans emprunt
chinois] Dans le temps... "signification" [emprunt chinois], ça c'est du chinois! Ca en
fait, maintenant, on le dit en chinois, n'est-ce pas!
NOTE : vérifié: le ton de dʑo˧ dans: zo˩no˧ dʑo˧... est bien un ton M; sens: serait: 'aujourd'hui, ça existe' NOTE : C'est M23 qui précise qu'il aurait fallu dire: hæ˧ʐwɤ˩ ɲi˩…
Autrefois (=pour revenir à l'histoire), [les gens se sont demandé:] «mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? qu’est-ce donc que ce bonhomme!» Voilà comment ils parlaient [entre eux], les uns après les autres, les invités.
从前(=回到故事),(客人们)这样说:“这是怎么一回事?那是一个什么样的人呢?”
NOTE : tons vérifiés, n’est pas ʐwɤ˩ pi˧ tsɯ˩ mv̩˩ NOTE : ʈʂʰɯ˧-tɕi˥: connaît une forme extrême de réduction phonétique, ressemble à [ɕi˥].
"Eeeeeeeeh! [Mais dites donc...] Autrefois, elle, cette petite
sœur... elle avait un grand frère! Il est allé habiter sur la montagne, plusieurs
années ont passé;
» et alors, lui (=le grand frère), c'est peut-être bien celui qui est
arrivé aujourd'hui ? (=ça serait-y pas le type qui s'est pointé aujourd'hui ?)» Voilà
comment il a pensé (=voilà ce qu'il s'est dit).
那么,这个哥哥,会不会就是今天来的那个人呢?”(那个客人)是这么想的。
NOTE : bɑ˩: ton lexical bas; avec montée et allongement, exprimant la conjecture incertaine. Exemple: mə˧-ɲi˩ bɑ˩ ? ʈʂʰɯ˧ mə˧-ɲi˩ bɑ˩ ? 不是吧?(ressemble à du chinois; mais cela paraît être une simple coïncidence: si c'était un emprunt chinois l'initiale ne serait pas voisée. Le mot n'est pas perçu comme un emprunt.)
alors, il réfléchissait (=voilà comment il réfléchissait); et alors,
la petite sœur, ce que se racontaient les gens… elle a fini par le comprendre, n’est-ce
pas!
NOTE : d'abord noté ə˧mv̩˥; réalisation ə˧mv̩˧˥ vérifiée en août 2011 NOTE : kwɤ˩-tɕɯ˩-lɑ˩: exprime une relation de cause à effet: 'du fait que…' NOTE : sens de zo: vérifié: est bien l'obligatif
Ayant vu sa petite sœur, et s'étant levé, [il a déclaré:]
看了(=认识了)(他)妹妹,起来了以后,(他说了:)
NOTE : phonétiquement: le premier /kwɤ˩-tɕɯ˩-lɑ˩/ est réalisé avec un «pic» sur tɕɯ; intonation expressive/expression de l’intensité du récit à ce point; les tons en «phonologie de surface» sont bien ˩ ˩ ˩
«quand il n’y a pas assez à manger, on n’a pas le cœur à manger
!/quand y’a pas assez, à quoi bon se mettre à table [expression figée/dicton]; allez, le
chien, [ce bout de viande] c’est pour toi! Quand y’a pas assez à boire, y’a pas de
plaisir! Terre noire, bois-moi [ce vin]!»
Il a détalé; alors, sa sœur, se disant: "C'est mon frère", mmh... alors,
(他)跑了,那么,他妹妹呢,说:“(这)是我哥哥!”,然后,
NOTE : /ʈʂʰɯ˧ go˧mi˧-dʑo˥/: le ton haut sur /dʑo/ provient du pronom de 3e personne. En revanche on dirait: /ʈʂʰɯ˧ gi˧zɯ˧ dʑo˩/ 'son petit frère'. Les constructions avec /õ˧˥/ se comportent comme des composés déterminatifs. Les règles tonales d'association pour les pronoms de 1e, 2e et 3e pers. sont différentes de celles observées en composition nominale. NOTE : /õ˧ ə˧mv̩˥/: les tons sont les suivants: déterminant monosyllabique au ton LM; tête disyllabique au ton L#; résultat: ton H#. Le schéma tonal est celui que l'on attend dans un composé déterminatif (paraphrase: 'l'aîné de soi'), mais tel n'est pas toujours le cas pour les combinaisons pronom+nom. D'après les règles observées en composition nominale, il est possible de formuler une hypothèse concernant la forme sous-jacente: c'est ici /ə˧mv̩˩/ et non /ə˧mv̩˧˥/, car cette seconde réalisation donnerait, en composition, un ton MH#: /*õ˧ æ˧mv̩˧˥/. (Note d'août 2012.) Avais d'abord eu des difficultés avec cette expression: lorsque la locutrice répète en détachant les mots, /õ˧˥/ porte son contour lexical MH, ce qui m'avait conduit à noter /*õ˧˥ ə˧mv̩˥ɲi˩ze˩/. Ce n'est qu'à l'été 2011 que j'ai bien confirmé le schéma /õ˧ ə˧mv̩˥/: ni /*õ˧˥ ǀ ə˧mv̩˥/ ni /*õ˧ ə˧mv̩˧˥/ ni /*õ˧ æ˥mv̩˩/.
A l'endroit du grand frère, [selon nos critères, à] nous autres...
pour dire ça en chinois: [il a été] traité de façon indigne! N'est-ce pas! (La
formule entre crochets, proposée par la conteuse lors de la transcription, constitue
selon elle une formulation plus correcte, qui ne recourt pas à l'emprunt.)
对哥哥,其实,(按照)咱们(的标准),用汉语而讲:没好好招待他(=没有合适地对待他),对嘛?
NOTE : tons vérifiés, est bien: hæ˧-ʐwɤ˩ lə˩-po˩-tsʰɯ˩˥ NOTE : en bon na, on dit: /ə˧mv̩˩-ki˩ ʝi˧lo˧ dzɑ˧ ǀ ʐwæ˩˥/! que F4 corrige en: /ə˧mv̩˩-ki˩ ɖɯ˩lo˧ dzɑ˧ ǀ ʐwæ˩˥!/ NOTE : zo˩no˧: a ici un emploi discursif/phatique: 'eh bien', 'en fait'...
Comme [les gens le traitaient] mal, eh bien, le grand frère a été
affligé! (note: emprunt chinois pour "affligé") [Il s'est trouvé] terriblement triste
! (note: utilisation du mot na pour "triste")
«Moi, un aîné, me traiter pareillement, c'est ignorer le savoir-vivre
[le plus élémentaire]!» Ce qu'ayant dit (=après avoir dit ces paroles),
“我这年长的(哥哥),被这样对待,真是一点不懂规矩!”
NOTE : /ɖɯ˧-v̩˧-ki˥/: le classificateur /v̩˧/ a un ton moyen; le ton haut sur le datif ki˥ provient du numéral /ɖɯ˧˥/ en association avec le classificateur au ton moyen. NOTE : La fin de la phrase est très co-articulée/hypo-articulée. J'avaid d'abord noté: /*pi˧-ɲi˩-zo˩/. NOTE : d'abord noté /*ɖɯ˧lo˥/
«Ils ignorent tout savoir-vivre!» Ce qu'ayant dit (=après avoir dit
ces paroles), le grand frère, se drapant dans son vêtement de feutre, s'en est allé à
vive allure.
“真是一点不懂规矩!”说完了,哥哥披着(他的那一大块)毡子跑掉了。
NOTE : note ancienne, erronée: 'tɕi˧˥ se déploie en: tɕi˧-zo˥'; en fait le ton lexical du verbe est bas NOTE : dérivation tonale: pʰo˩+hɯ˧ > pʰo˩-hɯ˩ (le ton du verbe lexical s'impose au verbe grammaticalisé) > pʰo˩-hɯ˩˥ (ajout d'un ton ˥: impossibilité d'avoir un mot phonologique tout au ton bas) > pʰo˩-hɯ˩ ɲi˥ (déploiement du contour sur la syllabe suivante) > pʰo˩-hɯ˩ ɲi˥ tsɯ˩ (tous les tons suivant H sont arasés en L). Cet exemple a été crucial pour l'analyse du ton post-lexical ajouté aux mots morphologiques ne contenant que des tons L: jusqu'en août 2011, l'avais analysé comme un ton M; cet exemple (et tous les exemples similaires) apportent un argument pour son analyse comme H, adoptée en août 2011.
[Elle s'est trouvée] affligée, à ce que dit l'histoire! Elle pleura,
pleura... et en mourut, n'est-ce pas! (=La sœur en fut si affligée qu'elle pleura
toutes les larmes de son corps, et finit par mourir de chagrin)
(她)伤心啊!伤心的呀……(她)哭啊哭,(最终)死掉了,对嘛?
NOTE : phonétiquement, le /mv/ dans tɕʰi˧sɯ˥-tsɯ˩ ǀ -mv̩˩ est proche de: tsɯ˩ mæ˩ NOTE : tons vérifiés, n’est pas pi˧ NOTE : tʰi˧-ʂɯ˧-ɲi˥-ze˩ mæ˩: vérifié: est /mæ/ et non /mv/ NOTE : tons: comme dans les phrases 17 et 42 de la version 1, apparition d'un ton ˥ inattendu.
S70
tʰi˧-ʂɯ˧-ze˧ tsɯ˥ mv̩˩! ǀ tɕʰi˧sɯ˥-ze˩. ǀ
tʰi
°dur
ʂɯ˧
mourir
ze
°accomp
tsɯ˧˥
°rep
mv̩˩
°affirm
tɕʰi˧sɯ˥
affligé
ze
°pfv
Elle est morte, à ce qu'on raconte! [Tellement] elle s'était trouvé
affligée.
Comme elle était morte, eh bien, les gens [se sont dit]: "Eeeeh!"
Tous [les gens présents] ont dit: "Ca doit être son frère!"; ils se sont mis à sa
poursuite, [mais] n’ont pu le rattraper.
NOTE : d'abord noté /*pi˩/ NOTE : d'abord noté zo˩ au lieu de ze˩ NOTE : d'abord noté lə˧-tse˩ mə˧-ɖɯ˧; hésité en août 2011 à noter lə˧-tse˩-mə˩-ɖɯ˩; mais est en fait bien lə˧-tse˩ mə˧-ɖɯ˧; cela correspond à la réalisation soignée par la locutrice, et aussi au fonctionnement phonologique car si l'ensemble formait un seul groupe phonologique, ǀ lə˧-tse˩ +mə+ɖɯ+ɲi+tsɯ+mv ǀ, tous les tons à partir de ...tse˩ devraient être bas (régularité: pas plus d'un sommet par groupe). Or la copule porte ici un ton haut.
Alors, la petite sœur, elle s'est levée, et elle a agrippé [le manteau
de son frère] (Note: "saut en arrière" dans le récit: la conteuse a omis de raconter
comment la sœur essaie de retenir son frère: elle a annoncé que la sœur était morte de
chagrin, avant d'avoir pris le temps de raconter l'épisode où la sœur agrippe le
vêtement de son frère, épisode important pour comprendre la suite du récit et le geste
du frère jetant au bûcher un morceau de son vêtement.)
NOTE : tons vérifiés en août 2011: est bien tʰv̩˧-v̩˧-ɳɯ˩ dʑo˩, et non tʰv̩˧-v̩˧-ɳɯ˧ dʑo˩; l'analyse reste à mener: pourquoi le ton L sur /ɳɯ/ ? NOTE : avais d'abord noté tʰi˧-ʈʂʰv̩˧˥ dʑo˩, pensant que c'était le °top
Le frère a taillé ce morceau du feutre (=le morceau de sa cape en
feutre auquel la sœur s'agrippait), et l'a balancé à terre; alors la petite sœur est
tombée!
哥哥把(他所披的)毡子割了一块、就扔下去了,(这让)妹妹跌倒了!
NOTE : /kʰɯ˧˥/ «jeter, balancer»; avais d'abord noté /*kʰɯ˧/ dans ce contexte; est en fait /kʰɯ˧˥/.
A nouveau, [la sœur] a agrippé ce morceau-là (le frère ayant coupé
l'un des pans de son feutre, elle a agrippé l'autre); le feutre, on pouvait le porter
comme ça (en se drapant dedans), autrefois! (=Comme le frère avait tailladé l'un des
pans du feutre dans lequel il était drapé, la sœur s'est saisie de l'autre. C'est qu'on
portait les pièces de feutre comme ça, dans le temps!
姐姐又抓了毡子的另一部分。在过去,毡子是这样披的!(像披肩一样)
NOTE : ton sous-jacent de /ʈʰɯ˧-gi˧/: vérifié en août 2011 avec F4 NOTE : d'abord noté /*tʰi˧ni˧˥/; est simplement ʈʂʰɯ˧ni˧˥ 'ainsi'. NOTE : d'abord noté /*ʈʂʰɯ˧mv̩˧kv̩˧mæ˥/
Le feutre (=cette pièce de vêtement), eh bien, aujourd’hui, on dit «
se draper d’un feutre», en chinois! Le feutre... on s’habille d’une pièce (de feutre)
comme ça (la conteuse fait le geste de se draper d'un vêtement).
[La sœur s'est agrippée] à ce pan du vêtement, et elle lui a dit:
"Grand frère! Je ne savais pas que tu étais là! Aujourd'hui, tu étais là; ce sont les
autres qui ont fait [ainsi] (=ce sont les autres qui t'ont traité comme un
vagabond/c'est la faute des autres gens)! Ne sois pas fâché, ce n'est pas moi qui ai
fait ça (=je n'ai pas fait exprès de te traiter de façon indigne/ce n'est pas ma faute
si tu as été traité de cette façon)! Pardon!"
[Elle lui demandait] pardon, [eh bien] le frère[, en réponse,] a
taillé [le deuxième pan de son vêtement en feutre, auquel elle se tenait agrippée]! /
Comme elle implorait pardon, il taillada le second pan de son vêtement!
"L'homme à qui ma petite sœur s'est donnée [en mariage], eh bien,
celui-là... je l'ai vu (=voilà que j'ai eu une occasion de faire connaissance avec lui)
! Eh bien... Ca paraît être quelqu'un de bien pauvre (pour qu'il m'ait donné si peu à
manger)!"
Elle s'est agrippée à son feutre, [essayant de saisir] son bras; alors
[le frère] a coupé un pan du feutre dont il était drapé, et l'a jeté!
她抓住他哥哥的披风,想抓住他的胳膊,然后哥哥干脆割了一大半毡子,扔掉了!
NOTE : note ancienne: 'M23 avait d’abord dicté ʈʂʰɯ˧pʰo˧bi˥ ʈʂʰv̩˩; est ss doute la «phonologie de surface», la réalisation [ʈʂʰɯ˧pʰo˥bi˩] étant due à des facteurs intonatifs?' Réponse: la 'phonologie de surface' est bien: ʈʂʰɯ˧-pʰo˥-bi˩ ʈʂʰv̩˩.
S81
go˧mi˧ ǀ tʰi˧-ʈwæ˧ tsɯ˥ mv̩˩. ǀ
go˧mi˧
petite_sœur
tʰi
°dur
ʈwæ˧˥
tomber
tsɯ˧˥
°rep
mv̩˩
°affirm
La petite sœur est tombée (=Ce faisant, il a renversé sa sœur/ sa sœur
s'est trouvée jetée au sol).
妹妹就跌(到地上)了。
NOTE : pour M23, le passage phonétique de ˧˥+˩ à ˧+˥ est catégoriel: ʈwæ˧tsɯ˥… et non ʈwæ˧˥, tsɯ˩…)
(elle) agrippe ce bras-là (=elle cherche à le saisir par l'autre bras)
; (il) coupe aussi ce pan-là [=il coupe un second pan de son vêtement, par lequel elle
essaie de lui saisir le bras], et le jette; [sa sœur] tombe (=alors sa sœur s'effondre
à nouveau au sol).
她(又想)抓另只(胳膊),(那么哥哥)又切掉(毡子的)另一边、扔下去,(妹妹就又)跌(到地上)!
NOTE : d'abord noté ʈʂʰɯ˧-kʰwɤ˧ ɖɯ˧-hæ̃˧-tʰi˥-kwɤ˩ (erreur sur le ton de kʰwɤ˥)
Alors, comme elle se mourait, eh bien... la petite sœur, elle est
morte de chagrin! Comme elle était morte, le grand frère s'en est allé, à ce que
raconte l'histoire!
于是,她死了,就……妹妹伤心死了!(她)死了,那么,哥哥走了!
NOTE : d'abord noté lə˧-ʂɯ˥; erreur de ma part, ou différence tonale entre M23 et F4? NOTE : d'abord noté go˧mi˧ dʑo˧
Il est parti, parti... et alors [en chemin il a ressassé ce qui venait de se passer]: "Eeeeeh ben... Ma propre petite sœur, elle, voilà qu'elle a rejoint une famille pareille! (=Comment ma sœur a-t-elle pu arriver dans une maisonnée pareille!) Nous autres (=entre gens de la famille)... ma propre sœur m'a vu, et... elle m'a terriblement méprisé!
NOTE : /õ˧ go˧mi˥-ʈʂʰɯ˩-dʑo˩/: d'abord noté /-ʈʂʰɯ˩-/, puis corrigé à tort en /*õ˧ go˧mi˥ ǀ ʈʂʰɯ˧-dʑo˩/ NOTE : d'abord noté /*õ˩ do˩˥/ NOTE : /wo˧ɻ̩˩ ǀ go˧mi˧ ǀ õ˧ do˧˥/: sens vérifié: n'est pas 'j'ai vu ma propre sœur' mais '[ma] petite sœur m'a vu'.
Me voilà bien pauvre! / Je suis vraiment un pauvre hère! J'habite
sur la montagne, eh oui!
我(确实是)非常穷(的那种人),住在深山!
NOTE : phrase sur laquelle repose l'établissement du ton lexical de /õ˧˥/, précédemment noté /õ#˥/: le ton était déduit du comportement en composition, faute d'attestation dans laquelle ce mot constituerait un groupe phonologique à lui seul.
S87
hṽ̩˧nɑ˩-ni˩gv̩˩ ɲi˩-ze˩! ǀ
hṽ̩˧nɑ˩
fauve
ni˩gv̩˩
comme
ɲi˩
°cop
ze
°pfv
On me considère comme une bête sauvage! (littéralement: Me voici
devenu comme une bête sauvage!)
Alors, les gens... [La mère des deux enfants, qui assistait au repas,
a dit:] "Vous avez méprisé mon fils!" Le grand frère, ça l'a affligé; comme il était
parti ainsi (=parti précipitamment et en colère), l'aîné, eh bien,
NOTE : d'abord noté õ˧dzɯ˧ki˧: õ˧dzɯ˧ki˥ dzɑ˧ʝi˧ze˩; M23 peine à comprendre; simplifie en: õ˧-ki˥ dzɑ˧-ʝi˧-ze˩; glosé par: 对待不好, 自己小看 NOTE : pi˩: tons vérifiés, n'est pas pi˧; a ici valeur de °top NOTE : M23 propose une autre formulation pour dire «affligé»: /lə˧-kʰõ˧-ʈʰv̩˧/; pas pris le temps d'analyser cette expression dont ma 1e transcription ne correspond pas bien aux syllabes autorisées par la phonotactique du na.
NOTE : tons vérifiés; mais: avais d'abord noté lə˧-qæ˧˥ dʑo˩, est en fait lə˧-qæ˧˥ dʑo˧.
S92
so˩ɲi˩-so˩hɑ̃˧ qæ˩ tsɯ˩ mv̩˩! ǀ
so˩ɲi˩-so˩hɑ̃˧
trois_jours_et_trois_nuits
qæ˧˥
brûler
tsɯ˧˥
°rep
mv̩˩
°affirm
On l’a brûlée pendant trois jours et trois nuits! (=On a entretenu le
bûcher pendant trois jours et trois nuits!)
三天三夜(一直都在)烧!
NOTE : on peut dire soit: ǀ so˩ɲi˩-so˩hɑ̃˧ qæ˩ tsɯ˩ mv̩˩! ǀ soit: ǀ so˩ɲi˩-so˩hɑ̃˧ ǀ qæ˧ tsɯ˥ mv̩˩! ǀ Sur l'enregistrement, ainsi que lors de la reprise en août 2011, c'est la première solution qui est préférée par F4. NOTE : phonétiquement, le
The corpse was burnt [on the pyre] for three days and three nights, but it was not possible to burn it up!
On brûle [le corps] pendant trois jours et trois nuits; on le brûle,
[mais] impossible de le consumer (=mais impossible de faire en sorte qu'il se consume)!
alors, on la brûlait, mais il était impossible de la consumer; alors,
les gens se sont retournés vers le grand frère (=ils sont allés rechercher le grand
frère); ils lui ont dit:
«Pardon! Votre sœur est morte! Pardon! Donnez donc une explication
à votre sœur (=Venez auprès du bûcher prendre congé de votre sœur, qu'elle puisse
quitter ce monde en paix)! Pardon (=nous vous implorons)!»
NOTE : dicté par M23: ɖɯ˧-njɤ˧: un jour entier; ʈʂʰɯ˧ tsʰi˧ɲi˧ ɖɯ˧-njɤ˧ lo˧ ʝi˧. «il/elle a travaillé toute la journée aujourd’hui.»; pas reconnu par F4, qui utilise uniquement: ɖɯ˧-ɲi˥ '(toute) une journée'. NOTE : Dans le passage supprimé: no˧ ɖɯ˧-njɤ˥… lə˧-wo˧˥, j'avais d'abord noté: lə˧-wo˥; corrigé en août 2011 par analogie avec les autres cas. NOTE : ɖɯ˧-kʰwɤ˥ tʰi˧-lɑ˩-ɻ̩˩: tons vérifiés soigneusement en août 2011, ce n'est ni tʰi˩-lɑ˩-ɻ̩˩ (tous les tons abaissés en tons bas) ni tʰi˧-lɑ˧-ɻ̩˥ comme on s'y attendrait si ces trois syllabes formaient un groupe à elles seules. Il s'agit bien du même verbe que pour dire 'frapper', lɑ˧˥; ce qui donne tʰi˧-lɑ˧-ɻ̩˥; c'est dans ce contexte-ci, suivant kwɤ˧pɤ˧ ɖɯ˧-kʰwɤ˥, que les tons sont modifiés. NOTE : kwɤ˧pɤ˧ lɑ˧˥: traduit par M23 comme: 教育
alors, le grand frère, il était affligé; à nouveau [il a ressassé ce
qui s'était passé]: «Ca ne va pas [du tout, cette affaire-là]! C'est ma propre sœur;
<elle souffre pour moi (emprunt chinois), son coeur...> je lui manque terriblement
[maintenant que je suis parti en la plantant là]!»
NOTE : selon M23: serait: pi˧-ni˩ tsɯ˩ mv̩˩, et non ... ɲi˩; ce serait le même /ni/ que dans /ʈʂʰɯ˧ni˧˥/ «ainsi». Mais ce passage est corrigé par F4 en août 2011: est: pi˧-ɲi˥ tsɯ˩ mv̩˩, très affecté phonétiquement par les facteurs intonatifs (fin de phrase). NOTE : tons vérifiés NOTE : La conteuse emploie d'abord un emprunt chinois: 心痛, 'avoir de la compassion, avoir pitié de', littéralement 'avoir le coeur qui souffre'; elle essaie ensuite de trouver un équivalent en na, et se lance dans un calque: elle traduit 心 'coeur', /nv̩˩mi˩˥/, puis elle se rend compte qu'y ajouter le verbe pour 'souffrir' ne donnerait rien de bon en na; elle s'interrompt alors et part dans une autre direction: elle adopte une reformulation en 'bon na'. NOTE : d'abord noté ə˧mv̩˥ dʑo˩ NOTE : actance: participants soigneusement vérifiés: le frère songe d'abord à la sœur qu'il imagine se rongeant les sangs pour lui; alors à son tour (phrase suivante) il a une grande nostalgie de sa sœur. NOTE : fin de la transcription du 26 mars 09 avec M23
[Comme] il avait une terrible nostalgie de sa sœur, il est [re]parti
(=il a repris le chemin de la vallée, pour retrouver sa sœur).
(哥哥开始)非常想念(他的妹妹),(所以)他出发了(又从高山走下去)。
NOTE : sens vérifié: c'est ici le grand frère à qui sa sœur manque, qui veut la revoir. NOTE : d'abord noté ...pi˧-zo˩ tʰi˩˥; corrigé avec F4 en août 2011
ǀToi... nous autres... eh bien, [moi, ton] grand frère, [je suis]
parti, et plusieurs années ont passé; que tu n'aies pas reconnu ton frère, c'est [bien]
compréhensible (=il n'y a rien là de si surprenant au fond);
NOTE : d'abord noté /no˧… ɳɯ˧/, /ɑ˧mv̩˧˥/, /kʰi˧˥/, /ɑ˧mv̩˧/, avec M23 NOTE : /ə˧zɯ˩/: phonétiquement proche de [ɔ˧zɯ˩] NOTE : bæ˧-ze˩: glosé par M23 comme: 可以原谅的, ça peut se pardonner; équivalent auquel je parviens en août 2011 en discutant avec F4: plutôt du côté de: c’est compréhensible, (可以)了解.
» C’est à l’endroit de la famille qui t’a prise (traduction plus
littérale: 'qui est venue te chercher'; c'est-à-dire la famille qui l'a emportée lors
de son mariage) que j’ai de mauvaises pensées.
“我是对娶你的那一家(才)有不好的(意见、想法)。
NOTE : d'abord noté /*tʰi˧-ʑi˥-ki˩/, avec M23 NOTE : tons vérifiés en août 2011 NOTE : /hĩ˧ ʂe˩/: épouser quelqu'un, prendre une épouse
S104
no˧-ki˧ dʑo˩, ǀ mə˧-fv̩˧-di˩ ǀ mə˧-dʑo˧. ǀ
no˩
°2sg
ki
°dat(/all)
dʑo˩
°top
mə
°nég
fv̩˧
content
di
°nmlz.purp
mə
°nég
dʑo˧
y_avoir°existentiel
» A ton endroit, je n’ai pas de mauvaises pensées.
» Tu es contrariée… (emprunt chinois) Aies donc de bonnes pensées!
Maintenant, que [ton corps] brûle et se consume!» Voilà comment il a parlé, à ce que
dit l'histoire.
“你心烦……(你要)高兴(不要不甘心)!现在,(你的身体)要烧了、要化了!”传说哥哥是这样讲的。
NOTE : vérifié: n’est pas tsɯ˩ mæ˩ NOTE : ss doute lə˧-qæ˧-lə˥-mv̩˩; qʰæ˧˥: sens à voir
Comme [il] avait jeté [ces deux bouts de feutre] sur [le corps de] sa
petite sœur, la petite sœur, à cet instant, eh bien... elle brûla et fut consumée
!
由于(他)把那两块毡子扔到妹妹(的身体)上,妹妹(的尸体)在那个时刻就烧化了!
NOTE : d'abord noté lə˧-qæ˧-lə˥-se˩; le second /lə/ est rehaussé phonétiquement par anticipation du ton bas suivant et aussi par l'effet du ton montant qui précède
Si une femme se marie (=quitte sa famille pour se donner en mariage),
eh bien... autrefois, voilà ce qu'on [en] disait (littéralement: "on en parlait comme
ça"):
如果女人要嫁出去,在过去,(人家)是这么讲(这件事情)的:
NOTE : d'abord noté avec M23: pi˧-hĩ˧-ɲi˥ mæ˩; mais vérifié en août 2011 avec F4: il n'y a pas ici de /hĩ/.
La femme, celle qui est partie se marier, eh bien, elle s'est mariée,
si elle revient, pas de dîner pour elle (littéralement: [elle] ne peut pas obtenir de
dîner)!
«Pas de dîner pour la femme mariée, pas de déjeuner pour le chien
noir!», il existe ce conte! (=Il y a cette histoire qui raconte pourquoi il n'y a «pas
de dîner pour la femme mariée, pas de déjeuner pour le chien noir!»)
NOTE : tons: le ton ˥ de /kʰwɤ/ se promène jusqu’à la fin du mot phonologique, ne s'arrêtant que sur la première 'particule' NOTE : d'abord noté /*æ˧ʂæ˧tə˧mv̩˩/
Moi, la petite sœur de Dashi [fils aîné de la locutrice], [après qu'elle s'est] mariée, [lorsqu'elle] mourra, eh bien, envers cette famille-là (=la famille qu'elle a rejointe lors de son mariage), nous autres, les Na de la plaine de Yongning, quand se tiendra le repas funèbre, eh bien, on devra y aller!
NOTE : vérifié: /ɲi/ ici n'est pas le verbe 'vouloir/avoir besoin de' NOTE : avais noté comme /*ɬi˧di˩-di˩mi˩-nɑ˩ ǀ ʈʂʰɯ˧-dʑo˩/: mauvais découpage syntaxique (note de juillet 2012) NOTE : d'abord noté *pi˧-zo˧ NOTE : d'abord noté bi˧-zo˧-kv̩˥-mæ˩; corrigé en août 2011 en: bi˧-zo˧-kv̩˧˥ mæ˩; vérifié à plusieurs reprises NOTE : tɕʰi˩tʰv̩˩˥: partager un repas avec toute la famille, à l'occasion d'un décès
on amène toutes sortes de cadeaux (littéralement: "tous les
cadeaux"), on amène diverses choses (littéralement: "on amène des choses"); [chaque
membre de la famille reçoit les instructions de la maîtresse de maison, et s'exécute en
lui disant:] "c'est toi qui décides!" On amène du lard/de la viande de porc conservée au
sel et au salpêtre (琵琶肉), euh... on amène des choses; [Ceci peut paraître
contradictoire avec ce qui est dit du rite sɯ˧kʰɯ˩, puisqu'en principe la parentèle de
la défunte vient les mains vides s'installer à demeure dans la famille qu'avait rejointe
la femme, et s'y fait nourrir. En réalité, dans les temps qu'a connus la narratrice, on
ne jouait pas très sérieusement le rôle du frère offensé: dans les exemples qu'elle a
vus ou qui lui ont été rapportés, on fait bien semblant d'être courroucé, mais on
apporte en fait cadeaux et nourritures comme les autres invités.]
Alors, nous autres, quand quelqu'un meurt (=quand quelqu'un d'entre
nous meurt), s'il s'agit d'une sœur qui s'est mariée (=d'une femme qui a quitté sa
maison maternelle pour se marier), eh bien nous, pas question qu'on leur offre de notre
lard! (=pas question qu'on leur fasse cadeau de nos provisions!)
On n'amène rien du tout! On va chez eux se faire nourrir!
什么也不拿!(就是)去他们那边吃他们的(=让他们给饭吃)!
NOTE : /ze˩/: réalisé phonétiquement comme zo; effet de l’intonation, dont la pression est ici considérable NOTE : tons vérifiés: est: po˧ mə˧-bi˧ et non po˧-mə˥-bi˧ ni po˧˥ mə˧-bi˧
on dit: «sɯ˧kʰɯ˩! L’oncle est de retour!»; alors [la famille
qu'a rejointe la femme lors de son mariage] doit se prosterner, [ils] implorent tous
pardon et se prosternent.
Alors, ceux qui représentent l'oncle (=les membres de la famille dont
on a pris la fille), dans le rituel 'sɯ˧kʰɯ˩', [ils suivent le précepte suivant:]
"Lorsqu'on pratique 'ʈʂo˧kʰɯ˩' [rituel funéraire], on est au crochet des hôtes/on se
fait servir (littéralement: «on mange les hôtes»)!" [Ah non, pardon:] "Lorsqu'on
pratique 'sɯ˧kʰɯ˩' [rituel de vengeance lors du décès d'une femme qui a rejoint une
autre famille lors de son mariage], on est au crochet des hôtes! (Explication: la
narratrice fait ici un lapsus, puis se corrige: il faut dire /sɯ˧kʰɯ˩ dʑo˩ ǀ hĩ˧
dzɯ˧/, car la coutume est la suivante: /ʈʂo˧kʰɯ˩ dʑo˩, ǀ hĩ˧ hwɤ˥; ǀ sɯ˧kʰɯ˩ dʑo˩, ǀ
hĩ˧ dzɯ˧!/ "Lorsqu'on pratique 'sɯ˧kʰɯ˩', on est au crochet des hôtes; lorsqu'on
pratique 'ʈʂo˧kʰɯ˩', on leur donne des cadeaux".)
Pour le rituel 'ʈʂo˧kʰɯ˩', on participe à la veillée funéraire (=les
gens qui viennent pour 'ʈʂo˧kʰɯ˩', ils participent à la veillée)! Autrefois, il y avait
les rituels ʈʂo˧kʰɯ˩ et sɯ˧kʰɯ˩.
Eh bien, quand on va pratiquer le rituel sɯ˧kʰɯ˩ (=quand on va
réclamer réparation pour les torts subis par la famille), on lance un cri de défi: «
A-hi-hi!», et on y va!
Quel que soit le nombre de gens dans le village (=si nombreux que
soient les gens dans le village/dans la parentèle au sens large), quand les amis vous
accompagnent (=quand tout le village se met en route, famille et amis),
Lorsqu'on se présente chez cette famille (la famille qu'a rejointe la
femme lors de son mariage), on dit: "sɯ˧kʰɯ˩! L'oncle est de retour!" [Alors, eux,
ils] se prosternent, tous [les hôtes] se prosternent, n'est-ce pas!
[On] pousse les hôtes (les gens de la famille qu'a rejoint la fille)
par ci, on les pousse par là! On les jette par ici (=on les bouscule), ces gens qui se
prosternent!
Alors, les gens (=les hôtes) disent: "Pitié! Pitié! Pitié!" (note:
l'expression /ʁɑ˧-ze˧/ est employée quand on s'adresse à des personnages importants;
l'expression /ʁɑ˩mi˧/ est utilisée au quotidien pour dire "merci"); tandis que [les
membres de la famille de la défunte, venue réaliser le rite sɯ˧kʰɯ˩] les bousculent de
ci, de là;
然后,人家(=婆家人)说:“请发慈悲!”,而(娘家人)一直推搡他们,
NOTE : tons vérifiés, est bien ʁɑ˧-ze˧ et non ʁɑ˩-ze˧
Alors, les piliers, les piliers de la maison... [Tu sais bien,] chez
Ama [terme par lequel la narratrice se désigne elle-même] il y en a, bien sûr, n'est-ce
pas! Mmh (=oui)!
那个,柱子、家里的柱子……(你知道吧,)阿妈家(这边)就有,对嘛?啊。
NOTE : d'abord noté /*sɯ˧kʰɤ˩/ NOTE : au lieu de tʰi˧-di˩-mə˩-di˩, on aurait aussi pu dire: tʰi˧-di˩ mæ˩! (en employant la particule finale affirmative mæ˩)
On frappe les poteaux; on donne un coup par ici, on frappe un coup
sur le seuil!
要打柱子:这边打一下,那边打一下,
NOTE : on pourrait aussi dire: ɖɯ˧-dɑ˧-tʰi˥-dɑ˩; c'est aussi ce que dicte M23 à la réécoute: …ɖɯ˧-dɑ˧-tʰi˥-dɑ˩. NOTE : kʰi˧bɤ˧ sɯ˩ ɖɯ˧-dɑ˧˥: sens indiqué par m23: «on commence par frapper le seuil un coup»; /sɯ/ signifierait: 先; pour la partie suivante, 后, on peut employer: wɤ˩˥
Boum! Boum! On frappe sur les piliers; [les hôtes disent:] "Pitié!
Pitié!", ils se prosternent!
砰!砰!地敲打柱子。(婆家人)说:“请发慈悲!”,叩头!
NOTE : tons vérifiés: est bien: /ɬo˧pv̩˥-ti˩-kv̩˩ ǀ -tsɯ˧˥ ǀ -mv̩˩/; la particule /tsɯ/ n'est pas abaissée au ton L. Première analyse: un ton 'de frontière' à la fin du groupe se porte sur /tsɯ˩/; en fait: début d'un nouveau groupe tonal. Avant 2012: avais noté /*...tsɯ˧-mv̩˩/. NOTE : fin transcription 30 mars 09, cf balise sur enregistrement.
Le rôle de "frère", eh bien... la sœur... ceux qui sont ses "frères",
eh bien, c'est à l'endroit des hommes (=des garçons) qu'elle emploie ce terme! (=Quant
au terme de "frère", une femme l'emploie à l'égard des hommes.)
哥哥或弟弟呢……(对)一个女的来说,“兄弟”,就是她对男人的称呼!
S143
tʰi˩˥, ǀ ə˧mv̩˧-go˧mi˥, ǀ mv̩˩zɯ˩-ni˥mi˩ ǀ pi˧. ǀ
tʰi˩˥
alors
ə˧mv̩˧-go˧mi˥
aîné_et_cadette
mv̩˩zɯ˩-ni˥mi˩
frères_et_sœurs
pi˥
dire
Voilà ce qu'on dit: "aîné et cadette", "frères et sœurs". (=Voilà
pourquoi il y a plusieurs façons de désigner les frères et sœur en langue na.)
or quand une sœur se marie, on fait le rite «sɯ˧kʰɯ˩»!
如果有姐妹结婚,(在她去世时)要去做《斯克》仪式!
S145
ɑ̃! æ˧ʂæ˧ dʑo˩ ǀ ʈʂʰɯ˧ni˧˥ ǀ ʐwɤ˩-kv̩˩˥ ǀ -mv̩˩!
ɑ̃
°interjection
æ˧ʂæ˧
autrefois
dʑo˩
°top
ʈʂʰɯ˧ni˧˥
ainsi
ʐwɤ˩
parler
kv̩˧˥
°abilitive
mv̩˩
°affirm
Eh! Dans le temps, voilà comment on racontait! (=Voilà ce qu'on
disait dans le temps!)
嗯!在过去,是这样讲的!
NOTE : d'abord noté /*dʑo˧/ NOTE : d'abord noté /*mæ˧/; F4 indique clairement que c'est en fait la particule /mv̩˩/ et non /mæ˩/. NOTE : tons vérifiés: la partie haute de /kv/ se projette sur /mæ/'; mais en fait: situation compliquée: on peut aussi dire: ʐwɤ˩ kv̩˧ mv̩˩
Eh bien, moi, Ama… [c'est] mon aïeule [qui m']a raconté [tout cela]! il y a bien longtemps! (Note: la narratrice se désigne elle-même, en rapport avec son
interlocuteur, comme Ama, "mère/maman", et ajuste en fonction les termes de parenté, les
faisant remonter d'une génération. C'est ainsi que sa grand-mère est appelée
"arrière-grand-mère", c'est-à-dire en employant le terme qu'emploieraient les enfants de
la narratrice. La narratrice n'a jamais connu son arrière-grand-mère. La diversité d'emplois du mot na /ə˧si˧/ rappelle celle du mot français "aïeule", qui désigne, au sens littéral, la grand-mère, mais est également employé pour le membre le plus âgé d'une famille, ou pour un ascendant plus éloigné. La traduction "aïeule" est donc systématiquement employée en français lorsque le terme renvoie à la grand-mère de la narratrice.)
Toi et moi, on est des gens francs et honnêtes, n'est-ce pas! De
quelque sujet qu'il s'agisse, on sait parler vrai/on se dit la vérité (=On dit tout de
façon véridique)!
咱们是实事求是的人,对嘛?什么事情都说得很实在!
NOTE : La locutrice a simplifié l'expression chinoise 实事求是, 'être réaliste, aller droit aux faits', en quelque chose comme 求是求. NOTE : tons vérifiés à plusieurs reprises: est bien: gɯ˧-ʐwɤ˧-zo˧-kv̩˧˥ ǀ mv̩˩, et non: ...-zo˧-kv̩˥ mv̩˩ NOTE : d'abord noté phonétiquement: ɔ˧zɯ˩ NOTE : d'abord noté /*...-kv̩˥mæ˩/
C'est grand-maman, mon aïeule, une [femme] qui a
vécu jusqu'à quatre-vingt-neuf ans (littéralement: "une femme de quatre-vingt-neuf"),
qui [m']a raconté [cela]! Il y a bien longtemps; [elle me l'a raconté] à moi!
Autrefois, voilà comment ça se passait! C'est comme ça que ça se passait!
是祖母,我祖母,(活到)八十九岁的那位女士讲过的!在很早以前,给我(讲的)!在过去,就是这么过的!
NOTE : tons vérifiés, à nouveau en 2011 avec F4 NOTE : d'abord noté: ʐwɤ˩tɕi˩kv̩˩ mæ˧! ə˧ʝi˧-ʂɯ˥ʝi˩! njɤ˧ki˥!
[Lorsque] quelqu'un mourait, voilà comment les choses se passaient
(littéralement: 'c'est ainsi qu'[on] fait), voilà comment on en parle (littéralement:
"on parle comme ça")! C'est ça qu'on en dit / Voilà ce qu'on peut en dire!
人去世,要这么做的,是这样讲的!(只)能这样讲的!
NOTE : d'abord noté: ʐwɤ˩kv̩˩mæ˧ NOTE : vérifié: est bien ici mæ˩ et non mv̩˩