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Langues et civilisations
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  Accueil > Colloques > Le berbère dans une perspective typologique
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Programme, résumés et vidéos

Journée d'étude internationale : Le berbère dans une perspective typologique

 

26 octobre 2012
Lacito - CNRS, Villejuif (France)
salle de conférences, rez-de-chaussée du bât. D
Organisée par Catherine Taine-Cheikh et Cécile Lux

 

– Programme – mis à jour le 4 décembre 2012

9h45-10h00 Accueil des conférenciers et du public

10h00-10h40

  • Maarten Kossmann (Leiden University Center for Linguistics, Pays-Bas)
    La dérivation du genre en berbère Aït Seghrouchen de la province de Taza (Maroc) (résumé) (videovidéo)

10h40-11h00 Pause-café

11h00-11h40

  • Mena Lafkioui (Université Milano-Bicocca, Italie & Ghent University, Belgique)
    La topicalisation berbère se distingue-t-elle d'un point de vue typologique ? (résumé) (videovidéo)

11h40-12h20

  • Cécile Lux (CNRS-Lacito)
    La focalisation et ses marques en berbère méridional. Comparaison du tamacheq et du tetserret (résumé) (videovidéo)

12h20-14h20 Déjeuner

14h20-15h00

  • Lionel Galand (Professeur émérite EPHE, Paris)
    Typologie des propositions relatives : les réponses du berbère (résumé)

15h00-15h40

  • Catherine Taine-Cheikh (CNRS-Lacito)
    L'expression de la qualification et de la comparaison en berbère : l'opposition verbo-nominale et ses fluctuations (résumé) (videovidéo)

15h40-16h00 Pause-café

16h00-16h40

  • Lameen Souag (CNRS-Lacito)
    Les déictiques en berbère oriental (résumé) (videovidéo)

16h40-17h20

  • Vermondo Brugnatelli (Université Milano-Bicocca, Italie)
    Typologie du berbère médiéval (videovidéo)

17h20-17h45

Discussion générale, informations sur la publication

17h45 Clôture de la journée par un apéritif

Résumés

Lionel Galand -- Typologie des propositions relatives : les réponses du berbère
     La relative est une proposition subordonnée à un nominal (dit « antécédent ») qu'elle complète. Cette définition impose une double contrainte à une langue pourvue de relatives :
     1) marquer le caractère subordonné de la relative ;
     2) indiquer l'orientation de l'antécédent par rapport à la relative, c'est-à-dire la fonction grammaticale qu'il remplirait si la relative était une proposition indépendante dans laquelle il figurerait.
     Subsidiairement, la langue peut indiquer si l'antécédent, une fois déterminé par la relative, devient défini ou indéfini.
     L'exposé montrera comment quelques parlers berbères résolvent cette problématique.

Maarten Kossmann -- La dérivation du genre en berbère Aït Seghrouchen de la province de Taza (Maroc)
Comme partout en berbère marocain, l’opposition de genre peut être employée en Ayt Seghrouchen pour dénoter des différences de genre naturel et des différences de taille (parmi d’autres). Dans cette communication, nous étudierons (1) les relations qu’entretiennent ces deux valeurs à l’intérieur du lexique, et (2) les facteurs qui permettent dans certains cas d’exprimer un contraste ternaire de taille dans un système de genre qui est, en principe, binaire.
   ad (1). A première vue, il semble que l’interprétation de genre naturel et l’interprétation de taille ont une distribution complémentaire suivant le sémantisme du nom. Le genre naturel est l’interprétation trouvée parmi les animés, tandis que l’interprétation de taille se retrouve chez les inanimés (et les animaux pour lesquels le genre naturel ne joue pas une rôle). Il s’avère, cependant, que cette interprétation doit être précisée : tandis que l’interprétation de genre naturel n’est pas possible avec les inanimés, l’interprétation de taille est possible avec les animés. Ceci est seulement le cas là où il y a suppletion lexicale pour exprimer le genre naturel.
   ad (2) Les interprétations de taille se font à partir d’une forme de base "neutre" (c’est-à-dire, dont le sémantisme dénote une taille non remarquable). Cette base est soit masculine, soit féminine. Les valeurs expressives de taille (masculin : augmentatif, féminin : diminutif) ne sont possibles qu’avec le genre opposé au genre (lexicalement déterminé) de la base "neutre". L’on peut faire un augmentatif à partir d’une base féminine, mais pas à partir d’une base masculine et vice-versa. Il y a donc un système de dérivation ternaire (augmentatif – valeur neutre – diminutif) exprimé par un système morphologique binaire (masculin – féminin).
   Dans plusieurs classes morphologiques, des moyens ont été trouvés pour atteindre à un système morphologiquement ternaire, qui permet d’exprimer les trois valeurs sémantiques.

Cécile LuxLa focalisation et ses marques en berbère méridional. Comparaison du tamacheq et du tetserret
Tetserret et tamacheq, deux langues berbères bien distinctes parlées sur un territoire commun, au Niger, sont dans l'ensemble assez semblables au niveau syntaxique, alors qu'elles diffèrent au niveau phonologique (intonation comprise), morphologique et lexical. Cela se vérifie aussi dans le cas des constructions focalisées.
Ces dernières, bien connues pour le tamacheq, combinent des procédés syntaxiques, morphologiques et intonatifs pour une construction très marquée. En tetserret, on retrouve une syntaxe semblable, mais avec des morphèmes et une intonation différents.
En examinant ces structures plus attentivement, on s'apercevra que la marque morphologique n'est pas la seule utilisée pour marquer le focus, et qu'elle est même un peu marginale : l'intonation et la syntaxe semblent bien être les éléments essentiels pour signaler ces structures, tant en tetserret qu'en tamacheq.
Enfin, on s'intéressera à certaines constructions complexes qui présentent d'importantes similitudes avec les constructions focalisées, et on se demandera dans quelle mesure elles doivent être inclues ou exclues de cette catégorie.

Mena LafkiouiLa topicalisation berbère se distingue-t-elle d'un point de vue typologique ?
Bien que l'existence d'une corrélation exacte (1-1) entre l'intonation et la structure syntaxique et pragmatique de l'énoncé soit encore souvent contestée (à l'exception de Caelen-Haumont, 1994, 2005 ; Fonagy & Fonagy, 1983 ; Martin, 1981 ; Pierrehumbert & Hirschberg, 1990 ; Rossi 1985, 1999 ; entre autres), il existe un certain intérêt à examiner le rôle de l'intonation dans le processus de topicalisation. Cette communication, fondée sur une étude en cours, se veut une analyse contrastive générale du rôle de l'intonation dans le marquage syntaxique du topique dans le discours oral. De ce fait, cette étude cherche à déterminer la position du berbère dans la typologie prosodique de la topicalisation. Je vérifierai, entre autres, s'il est question de marquage du topique par une domination mélodique, par un accent intonatif (accent mélodique) fort progrédient sur la syllabe accentuée ou par une césure intonative (Büring, 1997 ; Féry, 1993 ; Jacobs, 1997, 2001 ; Martin, 1981 ; Rossi, 1985, 1999). Mes premiers résultats soulignent dès lors l'importance de la rupture intonative et de la domination mélodique pour la dislocation intonative du topique berbère (Lafkioui, 2002a, 2010, 2011a, 2011b).

Lameen SouagLes déictiques en berbère oriental
In person-oriented demonstrative systems, the medial distance is associated with the addressee; in several languages, its etymology reflects this, deriving from the fusion of an earlier demonstrative with a locative or genitive in the second person. In Siwi Berber, however, this fusion has left an unusual trace: medial demonstratives show the typologically rare feature of gender/number agreement with the addressee. The result is a four-term person-oriented system (like barely 3% of languages in Diessel's WALS sample), extended equally to pronominal and adnominal demonstratives, locative adverbs, and adverbs of manner. This paper examines the synchronic usage – both spatial and referential – of these terms in a comparative typological perspective, and considers the system's diachronic development in light of comparative Eastern Berber and wider Berber data, along with the possible role of early contact with Arabic.

Catherine Taine-CheikhL'expression de la qualification et de la comparaison en berbère : l'opposition verbo-nominale et ses fluctuations
Selon Dixon ('Adjectives', 1999, p. 4), les langues se laissent répartir en 5 types majeurs en fonction de la manière dont sont traités les adjectifs dans les grammaires.

(1) Il y a une classe ouverte d'adjectifs qui a des propriétés grammaticales très similaires à celles des noms (et en général la fonction prédicative requiert une copule)
(2) Il y a une classe ouverte d'adjectifs qui a des propriétés grammaticales très similaires à celles des verbes (et en général la fonction prédicative ne requiert pas de copule)
(3) Il y a une classe ouverte d'adjectifs qui a des propriétés grammaticales qui sont la somme de celles des noms et des verbes (dans un syntagme nominal, l'adjectif se comporte comme un nom ; comme noyau du prédicat, il se comporte comme un verbe)
(4) Il y a une classe ouverte d'adjectifs qui a des propriétés grammaticales significativement différentes de celles des noms et de celles des verbes
(5) Il y a une petite classe fermée d'adjectifs pour décrire certaines propriétés centrales, les autres propriétés étant décrites par des mots appartenant à la classe des noms ou des verbes.

Dixon ajoute (p. 6) que les langues du type (3) sont rares, mais qu'elles existent, et il précise, en se référant à Basset (1952 : 20–1), que les langues berbères sont de ce type.
Notre propos visera notamment à déterminer si les langues berbères se comportent à l'identique relativement à la question des adjectifs et si toutes ou partie d'entre elles relèvent effectivement du type (3).
Références citées
Dixon, R. M. W. (1999). Adjectives. In K. Brown & J. Miller (eds), Concise Encyclopedia of Grammatical Categories 1-8. Oxford: Pergamon.
Basset, André (1952). La langue berbère. London: Dawsons.

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