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Colloque "Steppes" - Workshop Steppes
29-30 septembre et 1er octobre 2007, Porquerolles (Var, France)
coord. F. Jacquesson


– Titles & Abstracts – (3 October 07)

  • Bendezu-Sarmiento, Julio - La notion de « liens culturels » dans l’espace sépulcral, le recrutement et les pratiques funéraires différentielles dans les nécropoles Andronovo et Saka du Kazakhstan (II-Ier millénaires av. J.-C.)

  • Bührer-Thierry, Geneviève - Les Hongrois en Europe : derniers "envahisseurs" venus des steppes ? / Hungarian Peoples in Europe : the last Invaders coming from the Steppe?

  • Cao, Guangshun - The Mongol Empire in China and the Mongolian Influence on Chinese Language

  • Chugunov, Konstantin & Maria - D'Est en Ouest : les premiers nomades d'Eurasie et l'aube des cultures scythes

  • Léonard, Jean-Léo & Djordjevic, Ksenija - Langues turco-mongoles, langues ouraliennes et peuplement des steppes : le damier des voyelles

  • Lienhard, Thomas - L'expansion des Slaves en Europe comme sous-produit de la migration des peuples ? / The Slavic expansion in Europe as a result of the great migrations? (6th-9th Centuries)

  • Peyraube, Alain - Languages in contact  in Northwestern China: Convergence, mixed languages or linguistic area?

  • Pohl, Walter - The Role of Steppe Peoples in Early Medieval Europe

  • Rapin, Claude - Du Syr-darya à l’Hindoukouch : migrations et sociétés sédentaires dans l’Asie centrale antique / From Syr-darya to Hindukush: migrations and sedentary societies in ancient Central Asia

  • Schiltz, Véronique - Des obstacles à la bonne connaissance des steppes

  • Svantesson, Jan-Olof - The steppe seedbed of languages

  • Thierry, François - Monnaie et nomadisme. Quelques questions sur la monétarisation des sociétés türkes (VIe-Xe siècles)

  • Yu, Hsiao-jung - The Manchu's Rule over China and the Attrition of Manchurian Language

 

Geneviève Bührer-Thierry - Les Hongrois en Europe : derniers "envahisseurs" venus des steppes ? / Hungarian Peoples in Europe : the last Invaders coming from the Steppe? toup
Les Hongrois s’inscrivent dans la longue tradition des peuples de la steppe qui ont abouti dans le bassin des Carpates, les Huns au Ve siècle et les Avars au VIe siècle notamment. Mais, si on excepte les Mongols de Gengis Kahn au XIIIe siècle qui firent des incursions mais ne s’installèrent pas en Europe, ils représentent aussi pour le continent européen les « envahisseurs » les derniers arrivés. Enfin, ils forment jusqu’à aujourd’hui un remarquable isolat linguistique en Europe centrale.
Le but de ma communication sera d’une part de réfléchir à partir des sources médiévales – et notamment de la chronique de Réginon de Prüm, le premier texte occidental décrivant les Hongrois - à la manière dont on conçoit l’identité des Hongrois en Occident et de montrer que ces éléments ont été repris par l’historiographie hongroise médiévale elle-même.
D’autre part, je voudrais soulever le problème de l’identification des peuples de la steppe à leur mode de vie : les Hongrois sont unaniment considérés comme « nomades » et donc comme « barbares », dans la mesure où la civilisation se réfère d’abord à l’Etat romain et à ses descendants. C’est leur capacité à s’adapter aux conditions « étatiques » qui règnent en Occident vers l’an mil qui leur permet de continuer à exister en tant que groupe constitué, c’est-à-dire reconnu comme tel par les autres. Or ce groupe caractérisé comme « hongrois » ne se réfère pas à une identité « ethnique », mais à une construction imaginée de l’extérieur et peu à peu .

Guangshun Cao - The Mongol Empire in China and the Mongolian Influence on Chinese Language toup
The Mongols’ takeover in China was completed under Chinggis Khan’s ablest grandson, Khubilai (1215-1294), who became Great Khan in 1260. Khubilai named his dynasty as “Yuan” (‘the First Beginning’) and the Yuan dynasty lasted approximately 100 years.
The Mongols were markedly different from the Chinese, not only in language but also in social status, customs, food, and culture. Chinese were considered the third and fourth class people. And the ruling class adopted a policy to remain separate from Chinese life with separate systems of law for Chinese and for Mongols. As the ruling house, the Mongols instituted the Mongolian language as the official language. In order to foster communication between Chinese and Mongolians, a new form of language emerged during this period— Yuan baihua, or “Mongolian Chinese”. It is a mixed Chinese and Mongolian language.
Unlike other mixed languages that contain one level of linguistic features from one or the other language, Yuan baihua appears to have varying degrees of Mongolian influence depending on the status of the speakers. That is, there are more Mongolian characteristics preserved in the Yuan baihua of the nobles than in the speech of the non-noble classes. This Yuan baihua became extinct not long after the Mongols lost their power to the Chinese. No trace of this “Mongolian Chinese” can be found in the documents and texts of the subsequent dynasties, the Ming and Qing dynasties.
Language contact is closely tied to social factors. The situations of different societies in different historical time periods as well as the attitudes of an ethnic group towards the other can affect the various degrees of influence of one language toward another. Even though the Mongols controlled China for almost one century, their attitudes and policy towards Chinese could be one of the main reasons that led to the extinction of the Yuan baihua.

Konstantin & Maria Chugunov - D'Est en Ouest : les premiers nomades d'Eurasie et l'aube des cultures scythes toup
On s'accorde aujourd'hui à considérer que la culture des premiers nomades est d'abord illustrée à l'est des steppes. Mais définir les axes culturels et génétiques, mettre en évidence les foyers d'innovation, retracer les trajectoires de diffusion exige des repères chronologiques sûrs, en Asie comme en Europe.
Premier repère, le kourgane d'Arjan 1, dans le nord de la Touva, est bien daté du tournant IXe-VIIIe siècle av. n.è. Autrement dit, pour la chronologie de la partie européenne des steppes, l'époque pré-scythe. Il témoigne de transferts culturels nord-sud précoces dans les steppes dès le tout début du Ier millénaire av. n. è.
Autre site-repère, la tombe «royale» d'Arjan 2, étudiée en 2000-2004 par la mission centrasiatique du musée de l'Ermitage conjointement avec l'Institut archéologique allemand, datée de la seconde moitié du VIIe siècle av. n. è. Les riches trouvailles d'Arjan 2 posent nombre de questions qui mettent en jeu notre appréhension des processus culturels et historiques, non seulement dans les Saïan et l'Altaï, mais sur toute l'aire des cultures nomades de l'Eurasie. Elles sont en effet sensiblement contemporaines des premiers objets d'or et d'argent anciennement découverts dans les plus anciens kourganes scythes, au nord du Caucase. Or, à côté de traits proche-orientaux, la similitude de certains motifs avec ceux des nomades d'Asie est grande. Les points communs concernent surtout les éléments de ce qu'on appelle la «triade scythe»: armes, harnachement et art. Parenté qui s'explique par la perméabilité croissante de la steppe aux innovations plus que par une communauté d'origine des peuples qui l'occupent. Définir le territoire originel de la migration d'un peuple exige d'isoler des traits spécifiques et de les dépister ailleurs, dans des cultures contemporaines ou antérieures. A.A. Kovalev a su ainsi cerner la question de l'origine des Scythes d'Hérodote. D'après lui, les barrettes de mors à têtes de bélier ou en forme de sabot caractérisent le mors scythe. Un autre élément scythe (statues de pierre) s'est répandu au sud-ouest de l'Altaï depuis le Bronze ancien.
Des traits caractéristiques de la première culture scythe ont pu se former ailleurs. Qu'on songe à la trouvaille, dans l'Ordos et au nord, d'objets de style animalier datés par des inscriptions chinoises du tournant IIe-Ier mill. av. n.è. L'aire proche-orientale a également eu une grande influence sur la formation de la culture scythe.
Pour en revenir à Arjan 2, les trouvailles remettent en cause l'idée de l'antériorité du rôle de la partie occidentale de la steppe dans la métallurgie du fer et attestent d'une très grande maîtrise de l'orfèvrerie.
D'autres questions devront encore attendre leur réponse. Ainsi le témoignage d'Hérodote sur certains usages des Scythes n'est-il pas confirmé dans l'aire de diffusion de l'ethnos scythe, alors qu'on en trouve l'écho dans la zone orientale de la diffusion des tribus de type scythe. Peut-être ce phénomène repose-t-il sur une communauté de culture existant à l'époque du Bronze et qui aurait été à l'origine de nombre des traditions des nomades au début de l'âge du Fer. Ces traditions ont pu perdurer longtemps sur les lieux de leur origine, tandis qu'elles ne parvenaient plus dans les steppes européennes que sous le biais de récits traditionnels.

Jean Léo Léonard & Ksenija Djordjevic - Langues turco-mongoles, langues ouraliennes et peuplement des steppes : le damier des voyelles toup
Cette communication sera conçue comme complémentaire de celle annoncée par Jon Olof Svantesson, et tentera d’opérer une synthèse à vaste échelle sur le peuplement des steppes et de leurs périphéries de toundra et de taïga à travers le prisme des systèmes vocaliques des langues turco-mongoles et ouraliennes (volgaïques et permiennes). Les auteurs représenteront les cycles vocaliques ou Vowel Shifts à l’aide de damiers à 25 cases, répartis sur l’Eurasie centrale et ses périphéries septentrionales proches, afin de rendre compte de la diversité des aires linguistiques, mais aussi de leurs liens logiques et implicationnels, de leurs relations probables de transitivité ou d’isolement, d’expansion ou de récession, selon un modèle de dynamique géolinguistique. Ces damiers seront ensuite assemblés en modules schématisés à des fins d’analyse géolinguistique. Le tableau ci-dessous représente une des matrices possibles parmi tant d’autres pour ces langues, composée de 25 cases (5 ordes x 5 séries), en fonction des critères de labialité (labial versus étiré), de position (avant versus arrière ou palatal versus vélaire) et d’aperture (haut, -ATR, moyen et bas). Dans la taxinomie applicable à ce type de langues, la labialité est le critère dominant, suivi par trois types de position linguale : + avant, - avant, + arrière.

matrice

Dans la mesure où une importante fluctuation est observable selon les traditions de recherche et de notation des voyelles dans ces langues, selon qu’on se fonde sur les descriptions structuralistes de la période soviétique ou russes contemporaines (Yarceva & alii, 1997) ou sur des références occidentales (Poppe, 1955, Svantesson & alii, 2005 pour le mongol, Johanson & Csató, 1998 et Wiik, 1985 pour les langues turques), notre approche ne cherchera pas à imposer un point de vue unique et une configuration définitive de la population de damiers vocaliques. Ces damiers seront rassemblés en modules, comme ci-dessous pour les langues mongoles (Bur = buriat, Dag = dagur, etc.) :
damier1

En ce sens, il s’agira d’une démarche liée à l’empirisme critique, qui ne prend rien pour acquis dans la description des langues, et envisage une pluralité de scénarios plausibles en fonction de la falsifiabilité des données disponibles. Nous verrons apparaître derrière les bases de données et les grandes synthèses empiriques récentes (Haspelmath & alii, 2005 ; Ladefoged & Maddieson, 1996) la complexité des phénomènes réels et des distributions spatiales – d’où les dangers d’un certain réductionnisme empirique. Par ailleurs, derrière les configurations de damiers d’une cinquantaine de langues observées à travers notre grille phonologique de 25 cases, les chercheurs de diverses disciplines historiques et géographiques pourront voir se dessiner des aires culturelles, des aires de contact, des tropismes et des lignes de séparation, des ligues ou des confédérations (cf. Gousset, 1965). Ces figures schématiques contribueront à signaler des pistes de recherche dans le champ de recherches sur la diffusion des langues dans l’espace (Nettle, 1999) et la dialectique que cette diffusion entretient avec la densité des réseaux démographiques et sociolinguistiques à l’échelle de l’Eurasie (Jacquesson, 2003).

Vowel systems in Mongolian languages. Data according to Swantesson & alii, 2005 :

damier2

 

Références
Gousset, René (1965). L’empire des steppes : Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Paris : Payot.
Haspelmath, Martin & alii (2005). The World Atlas of Language Structure, Oxford  : Oxford University Press.
Jacquesson, François (2003). « Linguistique, génétique et la vitesse d’évolution des langues », BSL : Paris, t. XCVIII-1, pp. 101-121.
Johanson, Lars & Csató, Eva (1998). Turkic Languages, London : Routledge.
Ladefoged Peter & Maddieson Ian, (1996). The Sounds of the World’s Languages : Oxford-Cambridge, Blackwell.
Nettle, Daniel (1999). Linguistic Diversity, Oxford : Oxford University Press.
Poppe, Nocholas (1955) Introduction to Mongolian Comparative Linguistics, SUS : Helsinki.
Svantesson Jon Olof, Tsendina Anna, Mukhanova Karlsson Anastasia & Franzén Vivan (2005). The Phonology of Mongolian, Oxford : Oxford University Press.
Wiik, Kalevi (1985). Vokaalisointu : altalaiset kielet, Turku : Department of Phonetics.
Yarceva, V. N. & alii (1997). T’urskie Yazyki (Languages of the World : Turkic Languages), Indrik (Académie des Sciences de Russie, Institut de Linguistique) : Moscou.

Thomas Lienhard - L'expansion des Slaves en Europe comme sous-produit de la migration des peuples ? / The Slavic expansion in Europe as a result of the great migrations? (6th-9th Centuries) toup
On posera ici la question des facteurs qui ont abouti à l'apparition d'un ensemble slave, puis de plusieurs groupes slaves en Europe au début du Moyen Âge. Le corpus humain envisagé se fonde sur un critère minimaliste : on prend en considération l'ensemble de ceux que les sources du VIe-IXe siècle ont appelés “ Slaves ”. Il s'agira donc d'abord de décrire les étapes de ce phénomène de dénomination : d'abord distinction entre les autres groupes ethniques et les Slaves, ces derniers ce voyant au contraire attribuer une homogénéité, puis distinctions internes entre les divers sous-ensembles de cette catégorie (Serbes, Croates, etc.). Dans un deuxième temps, on essaiera de déterminer les causes de cette catégorisation : les Slaves présentaient-ils déjà, au moment de leur apparition comme tels dans les sources occidentales, des facteurs de cohérence sociale suffisamment forts (et suffisamment distincts) pour appeler nécessairement une catégorie ethnique spécifique, autrement dit les auteurs francs auraient-ils seulement “ découvert ” une identité déjà bien établie ? A y regarder de près, ni les critères archéologiques, ni les données politiques, ni les éléments religieux ne semblent rendre légitimes, pour une première époque, de telles distinctions. Au contraire, les critères de l'identité slave (unité religieuse, cohérence stratégique, continuité dynastique, etc.) semblent ne s'être cristallisés que lorsque ces groupes sont entrés dans une phase de relations actives avec les Occidentaux, plus exactement lorsqu'ils sont devenus des objets de conquête (religieuse ou politique) pour ces derniers, c'est-à-dire dans la seconde moitié du IXe siècle. On peut donc risquer l'hypothèse selon laquelle ces mêmes Occidentaux auraient, au moins en certaines occasions, délibérément façonné des ensembles ethniques dans des groupes qui, auparavant, étaient relativement indistincts, cela à des fins de classification et de contrôle. Il restera donc à étudier, dans une dernière partie, les intérêts précis que pouvaient avoir ces voisins occidentaux à pratiquer une telle politique, et les moyens dont ils disposaient pour ce faire. Il faut préciser enfin qu'en raison de l'ampleur du sujet exposé, on ne pourra procéder que par le biais d'exemples, mais que ceux-ci paraissent représentatifs pour un corpus qui a été entièrement examiné par ailleurs.

Alain Peyraube - Languages in contact  in Northwestern China: Convergence, mixed languages or linguistic area? toup
The Qinghai-Gansu border region in China (western part of Qinghai province, southern part of Gansu province) contains several languages descended from at least four different language taxa: Sinitic, Tibeto-Burman (Amdo Tibetan), Turkic, Mongolic.
Given the frequent contacts and intermarriage of Han (Chinese) peoples and Altaic and Tibetan peoples since the beginning of our era, it is highly likely that large scale linguistic interference would have occurred at a very early date.
However, if we look at the linguistic features of this region as a whole, we find that what has happened diachronically could not simply be the result of normal tendencies for any pair of languages in intense contact to have exerted heavy influence on one another, but, rather, an overall pattern of structural convergence among these languages.
Taken individually, most of the region’s languages do not seem to conform to the given typological profile of their language family, for each has a set of linguistic features which seem to be drawn from more than one source, historically. Moreover, if we compare the structural features (especially syntactic features) of the languages throughout the region, we find that these are shared by most of the local language varieties. Thus, there appears to bea regional typological coherence, which we can consider to be a prototypical Sprachbund, or linguistic area.
This paper will examine some characteristic syntactic properties of the following languages: Hezhou [or Linxia] (Sinitic), Salar and Western Yugur (Turkic), Monguor [or Tu or Tuzu], Eastern Yugur, Baonan and Santa [or Dongxiang (Mongolic), Amdo Tibetan, as well as two Sinitic (?) languages known to be mixed languages : Tangwang and Wutun.
An answer to the following main question will be tentatively suggested in the conclusion: do we really have a Qinghai-Gansu linguistic area?

Walter Pohl - The Role of Steppe Peoples in Early Medieval Europe toup
The paper will focus on several general and methodological issues that may establish lines of comparison across space and time, and will mainly use the examples of the early medieval Huns, Avars, Bulgars and Magyars in Europe. Topics will include:

  1. The plurality of the medieval ‘universe of the steppe’, which provided space for very different forms of nomadism or sedentary life. We also have to distinguish between nomadism as an economic practice and the highly specialized steppe warriors on horseback who were a dynamic force of political organisation.
  2. The shifting forms of identity of steppe peoples, who could generally change allegiance faster than sedentary populations, and who seem to have drawn from a limited stock of prestigious names.
  3. The extraordinary capability of steppe riders to control and integrate wide spaces and the people moving within them, which required both sophisticated forms of communication and efficient ways of control.
  4. The specific dynamic of steppe empires that built on these skills, and could unleash a tremendous expansionary spin. However, when expansion stopped, these empires often collapsed (for instance, the Hun empire after Attila), or had to adapt to a different environment (as Bulgars or Magyars successfully did).
  5. The contact between steppe peoples and sedentary civilisations is not simply a ‘clash of cultures’ but a complex exchange that fulfilled basic needs in both systems. Contrary to stereotypes, Huns or Avars were no ruthless plunderers but followed carefully calculated rhythms of war and peace, of plunder and treaties.
  6. In this process of communication, a dialectic of ‘othering’ and self-identification could transfer sedentary perceptions into self-images of steppe peoples (for instance, the appropriation of the apocalyptic identification with the biblical Gog and Magog).
  7. Still, the fact that most of our written sources come from outside descriptions and stereotypes constitutes a major methodological problem.

Claude Rapin - Du Syr-darya à l’Hindoukouch : migrations et sociétés sédentaires dans l’Asie centrale antique / From Syr-darya to Hindukush: migrations and sedentary societies in ancient Central Asia toup
Cette communication portera sur la Transoxiane, lieu obligé de contacts directs entre le monde de la steppe et les civilisations sédentaires. Ce phénomène qui concerne l’histoire de la Sogdiane et de la Bactriane depuis la protohistoire sera illustré par les fouilles d’ensembles urbains, de fortifications et de nécropoles datant de la fin de l’Age du Fer ancien aux débuts de notre ère. Les événements historiques correspondants concernent la conquête de l’Asie centrale par Darius Ier en réaction à des invasions nomades (fin du VIe s. av. J.-C.: voir notamment le site urbain de Koktepe près de Samarkand), la conquête d’Alexandre le Grand en 329-327 av. J.-C. (avec la fondation d’Alexandrie Extrême à la frontière des territoires scythes), les heurts entre les royaumes hellénistiques et divers peuples nomades provenant du monde de la steppe et du Sinkjang (voir, par exemple, le site hellénistique d’Aï Khanoum), enfin, après le tournant de notre ère, la rivalité entre peuples nomades sédentarisés (les Kouchans) et non sédentarisés (Scytho-Sarmates-Ases-“Kangju”) de part et d’autre de la muraille sogdienne des Portes de Fer de Derbent en Ouzbékistan.
In this paper devoted to Transoxiana, the importance of contacts between the steppic world and the sedentary societies from the 2nd mill. B.C. and its role concerning the links between East and West will be discussed. This phenomenon will be illustrated by the excavations of urban settlements, fortifications and necropolises dating back to the early Iron Age until the turning of our era. The main historical events revealed by these discoveries are the conquest of Central Asia by Darius I at the end of the sixth century B.C. as a reaction against nomadic incursions into the north-east frontier of the Achaemenid empire (see the urban site of Koktepe near Samarkand), the Macedonian conquest of Alexander the Great (who founded his Alexandria the Furthest at the frontier of the Scythians), the thread of various nomadic peoples along the frontiers of the Graeco-Bactrian kingdom (see, for example, the city of Ai Khanum), and, from the beginning of our era, the rivalry between the sedentarised Kushans (whose empire extended from the right bank of the Oxus as far as Mathura in India) and the Kangju (Scytho-Sarmatians or Ases) who extended their power north of the Sogdian Iron Gates near Derbent in Uzbekistan.

Jan-Olof Svantesson - The steppe seedbed of languages toup
In my talk, I will take up the question of the spread of languages from the Eurasian Steppe and the relation of the languages of the Steppe to the languages in neighbouring areas.
I will refer to Johanna Nichols, who regards the Eurasian Steppe as a 'Spread zone' from which languages have spread towards the west in several waves: Uralic, Indo-European, Iranian, Turkic, Mongolic, and, finally, in the reverse direction, Russian.
In relation to this, I will discuss the old problem of areal vs. genetic relationship between languages, to what extent structural similarities between languages reveal a common descent or are due to areal influence. In particular, I will take up two phenomena, vowel harmony and the use of lexical tones, which are relevant to this area, and have often been involved in this discussion. One example of this is that the use of lexical tone has recently even been connected to the presence of specific human genes.

François Thierry - Monnaie et nomadisme. Quelques questions sur la monétarisation des sociétés türkes (VIe-Xe siècles) toup
Les sources historiques anciennes présentent les premières sociétés türkes des VIe-VIIe siècles (sous les Ruruan, puis durant les khanats des Gök-Türks, des Türks Orientaux et des Türks Occidentaux) comme des sociétés nomades à l’économie prémonétaire. Le sont-elles vraiment ? On constate en effet que dans ces khanats, d’une part, la monnaie continuait à circuler, et, d’autre part, que des khagans, tekin ou khans türks ont soit « marqué » la monnaie en circulation, soit émis des monnaies à leur nom. Ces pratiques montrent que le caractère nomade de ces peuples et prémonétaire de l’économie « pastorale » a été largement surestimé et qu’on doit déjà penser un processus de sédentarisation partielle des hordes et monétarisation, partielle aussi, de l’économie. Dans cette évolution, quel est le rôle des Sogdiens et quel est le rôle des Chinois ?
Cette évolution est très nette dans la deuxième phase des khanats türks aux viiie-ixe siècles, avec les émissions des Türgesh et des Ouïghours qui sont le fait des khagans et qui nécessitent une infrastructure (ateliers, ouvriers, fours, approvisionnement en métal, etc.) qui renvoie à la constitution de capitales comme Tokmak ou Ordubalik. Qui dirige ces ateliers ? Qui les fait fonctionner ?
Si la production de monnaies n’a pas un rôle économique déterminant dans les khanats puisque la monnaie d’argent sassanide et la monnaie de bronze chinoise permettent de fournir la société en moyen de paiement, le rôle de propagande est fondamental. Comment les Türks ouïghours ont-ils réussi à jouer un rôle financier majeur dans la société chinoise à la fin de l’empire Tang. C’est toute l’image du barbare nomade qui se trouve invalidée.

Hsiao-jung Yu - The Manchu's Rule over China and the Attrition of Manchurian Language toup
According to the China 1990 China census report, there were approximately one hundred thousand Manchus in China, but only less than one hundred people residing in the Manchus Village in Sanjiazi (in Qiqiha’er, Heilongjiang Province) could be considered native speakers of the Manchu language and these people were all quite old. Unless a new generation of native Manchu speakers carries the language onward, the Manchu language will soon become a dead language.
The Manchus sprang from Jurchen tribes, a Tungusic language group and the founders of the Jin dynasty (1122-1234). In 1635, Huang Taiji, the son of the founder of the Manchu State—Nurhachi, renamed his people as Manzhou or Manchus. And he named his dynasty the Qing dynasty in the following year, 1636.
The Manchus occupied all of China from 1644 to 1911 A.D. Both Manchu and Chinese were the two official languages in the imperial court. However, there was a significant shift among the Manchus from being monolingual Manchu speakers (before 1660’s), to being bilingual Manchu and Chinese speakers (1660’s- 1790’s), and then to monolingual Chinese speakers (after 1790’s). 
The number of Manchus totaled at most two percent of the population of their empire. The success of the Manchus controlling most of the immensely populous Chinese region as legitimate holders of the imperial power for two hundred and sixty-seven years was due to its imperial policy towards the Chinese, its acceptance of Chinese culture, customs, intermarriage and so on. This extensive convergence of Manchus in many integral aspects of Chinese culture led to the convergence of Manchus and Chinese groups. As a result of this convergence, there are very few, if any, genuine Manchu language native speakers can be found in the world.

 

 

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