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Lacito : l'image de la semaine en 2007

 

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photo Noël 2007 (du 24 décembre 2007 au 6 janvier 2008) to up

peaudours

Peau d'ours, dans le bassin Foxe, au nord de la baie d'Hudson, Nunavut, Canada

Lorsqu'ils ont capturé un ours polaire, les Inuit prélèvent la peau qui, avant d'être utilisée comme matelas ou comme matériau pour la confection des vêtements, ou avant d'être vendue, doit être travaillée. En premier lieu, elle est séchée, côté poils à l'abri du soleil – c'est ce que l'on voit sur la photo. Ensuite, les femmes la grattent afin d'enlever la graisse et de l'assouplir.
   La peau d'ours a des qualités spécifiques : chaude, elle est également imperméable.

© Vladimir Randa (CNRS-LACITO, 1997)

Lieu : Amérique du Nord, Canada, Nunavut – Langue : inuktitut

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photo Semaine du 17 au 23 décembre 2007 to up

tabac

Champ de tabac (montagnes de Rhodopi, Thrace, Grèce)

Dans les montagnes rhodopéennes, presque chaque famille cultive le basma, variété orientale de tabac. La culture du tabac était une source de richesse importante au XIXe siècle. Aujourd'hui subventionnée par la Communauté européenne, elle n'est plus qu'une ressource secondaire pour les familles. Nécessitant une main-d’oeuvre importante, la récolte du tabac et sa préparation en vue d'être mis en serres sont l’occasion pour la famille et le voisinage de se retrouver.

© Evangelia Adamou (CNRS-LACITO, 2007)

Lieu : Europe, Grèce, Thrace – Langue : pomaque

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photo Semaine du 10 au 16 décembre 2007 to up

lahlap

Ecole de Lahlap, Motalava (Vanuatu)

Jusqu'à son indépendance en 1980, l'archipel du Vanuatu était connu sous le nom de Nouvelles-Hébrides. Il s'agissait d'un condominium franco-britannique, exemple unique au monde de région administrée conjointement par les colonisateurs français et anglais. Aujourd'hui encore, le Vanuatu indépendant tente de préserver la connaissance des deux langues officielles du pays, le français et l'anglais, en leur réservant un sort en principe égalitaire. Il arrive parfois qu'un même village enseigne les deux langues à égalité : ainsi, dans l'île de Motalava (îles Banks, nord du Vanuatu), l'école anglophone [photo] ne se trouve qu'à une centaine de mètres de l'école francophone. Il est fréquent qu'une même famille envoie ses enfants dans les deux écoles, afin d'accroître leurs chances futures de succès scolaire.
   Cependant, dans ces zones rurales où le mode de vie est resté largement traditionnel, anglais et français n'existent guère que dans le cadre scolaire. Les langues que l'on parle quotidiennement dans les villages sont les diverses langues mélanésiennes : dans l'île de Motalava, on parle le mwotlap. Ces langues vernaculaires diffèrent d'une île à l'autre, voire d'un village à l'autre : au total, le Vanuatu en compte plus d'une centaine, véritable mine d'or pour les linguistes. Enfin, si un locuteur d'une de ces langues rencontre une personne originaire d'une autre île, il ne lui parlera ni en anglais ni en français, mais en bichelamar (bislama) – un pidgin à base d'anglais, né au XIXe siècle, qui sert de langue véhiculaire à travers tout l'archipel.

© Alexandre François (CNRS-LACITO, juillet 2003)

Lieu : Océanie, Vanuatu (ex Nouvelles-Hébrides) – Langues : mwotlap, bislama

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photo Semaine du 3 au 9 décembre 2007 to up

toit_structure

Détail de la construction d'une charpente de case ronde traditionnelle à Gélima, commune de Canala, Nouvelle-Calédonie

En Nouvelle-Calédonie kanak, la case est souvent présentée comme le symbole de l'organisation sociale, du prestige, de l'unité et de l'accueil des chefferies qui composent l'univers social traditionnel. D'ailleurs, dans la plupart des langues, le même mot signifie à la fois case et clan.
   Si le poteau central représente le chef, les poteaux tout autour sont les divers lignages composant une chefferie, et les "gaulettes" entre les poteaux représentent les liens tissés entre les lignages. Le travail de tous est nécessaire à sa fabrication et est le gage de l'unité. Le prestige se manifeste autant dans la position de la case sur les allées – celle de l'aîné ou chef se trouvant en haut – que par la taille de la case – celle du chef étant plus grande et plus haute, pour être vue de tous et de partout. La case est aussi le lieu d'accueil par excellence, celui où tout arrivant déposera son présent coutumier en signe de respect des maîtres du lieu (et de leurs ancêtres et esprits totémiques).
   Autrefois, lors du décès d'un grand chef, sa case était brûlée et disparaissait donc avec lui.

© Isabelle Leblic (CNRS-LACITO, juillet 1985)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie – Langue : xârâcùù

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photo Semaine du 26 novembre au 2 décembre 2007 to up

marquises

Défense du patrimoine culturel et naturel aux Îles Marquises (Polynésie)

Cette île, Nuku Hiva, est la plus grande et la plus septentrionale des cinq îles que compte cet archipel.
   Au centre de la photo, la baie et le village d'Hatiheu. Le domaine foncier de cette commune à la population réduite à un peu plus de 300 habitants groupés en trois villages côtiers : Hatiheu, Aakapa, Anaho, était entièrement occupé comme en témoignent les nombreux sites archéologiques (paepae) aujourd'hui enfouis sous la végétation tropicale.
   Cette dépopulation correspond à celle que connut, à la suite des premiers contacts avec l'extérieur (baleiniers, trafiquants de tous ordres), l'ensemble de l'archipel. Estimée à environ 100.000 habitants, à la fin du XVIIIe siècle, le peuplement se réduisait à un peu plus de 3000 âmes au début du XXe siècle
   Aujourd'hui, les 7000 Marquisiens qui résident dans l'archipel avec les 8000 autres, parents ayant émigré à Papeete, forment une population très soudée, extrêment fière de sa culture multiforme (danse, chants, sculptures, etc). Cette identité très forte apparaît dans la promotion de la langue, domaine qui échoit à la dynamique Académie marquisienne. Les variantes surtout lexicales entre les parlers des îles du Nord et celles du Sud, loin d'être un handicap, fournissent l'occasion de joutes oratoires : on se complaît à rire des particularités du dialecte de son interlocuteur, chacun habitant la plus belle île et jouissant de la plus belle langue.
   Face au danger d'uniformisation du monde, des cultures, des sites naturels, les Marquisiens font mieux que se défendre. Tous les quatre ans, a lieu le festival des arts des îles Marquises, avec un mini-festival intermédiaire. La très longue préparation de ces manifestations de renommée mondiale assure à la culture une pérénnité certaine que renforce aujourd'hui l'enseignement de la langue.
   Sans cesse aux aguets pour prévenir tout ce qui pourrait mettre à mal leur patrimoine culturel et naturel, les Marquisiens font feu de tout bois. Il y a quelques années, lorsque le Club Méditerranée envisagea de s'installer dans la baie d'Anaho (juste au-dela des collines, à droite sur la photo), leurs élites ressortirent le traité de cession signé en 1834, entre le Roi de France et le roi Lotete de l'île de Tahuata ; il y est stipulé que l'intérieur des terres appartient de façon inaliénable aux familles marquisiennes, à l'exception d'une bande côtière de 12 mètres environ, connue par tout un chacun comme étant les "40 pieds du Roy". A ce jour, aucun bungalow, aucune construction ou barrière n'ont été tolérés, seule la nature prime. Lorsque les terres domaniales furent cédées par la France au gouvernement autonome de Polynésie, les politiciens tahitiens dont les ancêtres ont vendu la plus grande partie de leur littoral, ont voulu déclarer cette spécificité marquisienne caduque. Les élus marquisiens contactèrent alors l'un des ténors du barreau de Paris, connu pour sa défense de par le monde de causes perdues.
   Malgré le recul des politiciens tahitiens, la méfiance à leur égard fit que les Marquisiens ont présenté un dossier pour que leur "paradis naturel" soit inscrit en 2008 au patrimoine de l'UNESCO.

© Jean-Michel Charpentier (CNRS-LACITO, 23 avril 2006)

Lieu : Océanie, Îles Marquises – Langue : marquisien

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photo Semaine du 19 au 25 novembre 2007 to up

guedelon

Fenêtre médiévale reconstruite à l'identique, Guédelon, en Bourgogne (France)

Sur le site de Guédelon, on peut lire :
   « Ils ont retrouvé un site sauvage, une ancienne carrière boisée, un paysage de l'An Mil. Avec cette pierre et ce bois, ils bâtissent un château fort dans le respect des techniques du 13e siècle. »

© Anne Behaghel-Dindorf (CNRS-LACITO, août 2007)

Lieu : Europe, France – Langue : ancien français

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photo Semaine du 12 au 18 novembre 2007 to up

bonzes

École de bonzes en Birmanie

Située sur la route entre la ville de Heho (aéroport) et le lac Inle, non loin de la ville de Nyauwng Shwe, cette école de bonzes fait partie d'un monastère très important. Les jeunes bonzes, âgés de huit à 20 ans sont environ 200 à être formés. La construction est sur pilotis à cause de la proximité du lac.

© Maurice Coyaud (CNRS-LACITO, 9 décembre 2002)

Lieu : Asie, Birmanie – langue : birman

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photo Semaine du 5 au 11 novembre 2007 to up

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Flèches faîtières de cases traditionnelles :
1. à Hienghène
(nord-est de la Nouvelle-Calédonie) (I. Bril)
2. à Canala
(région xârâcùù, sur la côte est) (C. Moyse-Faurie)

Les flèches faîtières fixées au sommet des cases traditionnelles sont des sculptures, le plus souvent en bois de houp (Montrouziera cauliflora Panch., Clusiacée), symbolisant l'ancêtre du clan. Le style des flèches faîtières varie selon la région de Nouvelle-Calédonie.

© Isabelle Bril et Claire Moyse-Faurie (CNRS-LACITO)

Lieu 1 : Océanie, Nouvelle-Calédonie, Hienghène – Langue : nemi

Lieu 2 : Océanie, Nouvelle-Calédonie, Canala – Langue : xârâcùù

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photo Semaine du 29 octobre au 04 novembre 2007 to up

narthiang_megalithes

Mégalithes de Nartiang (Meghalaya), Inde

La partie orientale de l'état indien du Meghalaya est le pays des Khasi (au sens large). La région est habitée par des groupes de populations de langues mon-khmer - les plus occidentales des langues mon-khmer connues. C'est aussi un pays de mégalithes. On en trouve très souvent, isolés ou plus souvent en groupes, avec à la fois des pierres dressées et des tables. Le plus connu et le plus impressionnant de ces groupes de mégalithes est celui de Nartiang. Selon le chercheur Philippe Ramirez, membre du projet "Brahmapoutre", ces groupes mégalithiques sont souvent associés à des marchés.

© François Jacquesson (CNRS-LACITO, 2006)

Lieu : Asie, Inde, Nartiang

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photo Semaine du 22 au 28 octobre 2007 to up

liti

Démolir les maisons, oublier sa langue (Liti, au nord de la Grèce)

Démolir les maisons, oublier la langue des anciens : tel est le chemin vers la modernité dans le village de Liti, à 10 km de Salonique au nord de la Grèce.
   Il n’y a plus que des personnes âgées de plus de 70 ans pour connaître encore le nashta, langue slave du Sud, parlée dans ce village depuis le VIe siècle, comme l’atteste la source byzantine Les Miracles de Saint Démétrius qui mentionne Liti et ses habitants slaves.
   De même, il ne reste plus que quelques vieilles maisons en adobe, caractéristiques de la tradition architecturale locale. Les murs sont construits en briques de terre liées par du mortier de terre, isolant de façon naturelle aussi bien de la chaleur que du froid. Les briques sont faites de terre argileuse mélangée avec des fibres (paille, poils d’animaux). Dans les habitations, à un ou deux étages, un soubassement en pierre réhausse la construction d’environ 0,5 mètre afin de la protéger de la pluie et des infiltrations. Une ceinture en bois, apparente ou non, au niveau des portes et des fenêtres sert de protection contre les séismes. Les habitations sont généralement couvertes de chaux, blanche ou bleue*.

*Sur les techniques de fabrication de l’adobe et le savoir-faire de Liti, voir les travaux de Georgia Bei, ingénieure civil et chercheure à l’Université de Salonique.

© Evangelia Adamou (CNRS-LACITO, 2007)

Lieu : Europe, Grèce, Liti – Langue : nashta

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photo Semaine du 15 au 21 octobre 2007 to up

lion

Shishi odori "danse du lion" (Uwajima, Japon)

Parmi les nombreuses fêtes religieuses célébrées au Japon, celle de la "danse du lion" met en scène un masque de lion. Un homme porte le masque attaché au-dessus de sa tête, le corps caché par un tissu rouge. Il est accompagné de joueurs de tambour. Dès que les joueurs commencent à tambouriner, la danse peut commencer.
   Shishi désigne ici le masque du lion, appelé à Kyûshû masque du tigre. Le même terme sert aussi à désigner les masques de cerf ou de sanglier dans le nord de Honshû. Il est à noter qu'il n'y a ni tigre ni lion au Japon.

© Maurice Coyaud (CNRS-LACITO, octobre 1972)

Lieu : Asie, Japon, Uwajima

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photo Semaine du 8 au 14 octobre 2007 to up

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Pêche à l'épervier (2), Nouvelle-Calédonie

Les techniques de pêche traditionnelles en Nouvelle-Calédonie, telles qu'elles sont présentées par les pêcheurs kanak et par les documents de la fin du XIXe siècle, recourent à trois types d'engins : le filet, la sagaie et la ligne. Avec les techniques implantées en Nouvelle-Calédonie depuis la colonisation, les pêcheurs kanak appliquent aujourd'hui cinq principes techniques : le leurre, le piège, le poison, l'arme et la capture à main nue. L'épervier, filet d'importation européenne classé dans les techniques de piégeage, est depuis de nombreuses années couramment utilisé et même fabriqué par les pêcheurs kanak. Il sert, entre autres, à capturer les amorces pour d'autres pêches ou bien il est employé pour la pêche vivrière quotidienne.
   Le pêcheur, après avoir parcouru le platier à pied à la recherche d'un banc de poisson, lance son épervier sur ceux repérés. Lorsqu'il est lancé sur l'eau, il s'ouvre au-dessus de l'eau et est entraîné par ses plombs et la force du lancer pour retomber vers le fond en emprisonnant les poissons comme sous une cloche. Puis, le pêcheurs le tire hors de l'eau en faisant attention de garder les poissons pris au piège.

© Isabelle Leblic (CNRS-LACITO, décembre 1983)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie – Langue : kwênyii

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photo Semaine du 1er au 7 octobre 2007 to up

epervier

Pêche à l'épervier dans une baie du nord de l'île des Pins (tribu de Kaacii), Nouvelle-Calédonie

Le pêcheur, avec l'épervier (filet) sur l'épaule, parcourt le platier à pied à la recherche d'un banc de poissons.
   Une fois celui-ci repéré, il lance son épervier pour l'attraper.
   Parmi les différentes techniques de pêche pratiquées par les pêcheurs kanak, la pêche à pied à l'aide de l'épervier est une technique quasi quotidienne qui permet d'approvisionner la famille proche en produits de la mer, pour l'alimentation de tous les jours. C'est une pêche qui peut être pratiquée par tous les habitants du bord de mer, contrairement à celle qui vise les espèces valorisées dans les échanges coutumiers entre produits de la terre et produits de la mer, réservée alors aux seuls membres des clans pêcheurs.
   Il nous faut noter qu'en Nouvelle-Calédonie, en effet, poissons et viandes sont considérés comme les condiments qui doivent accompagner toute "vraie nourriture" que sont les ignames, taros et bananes pour l'essentiel.

© Isabelle Leblic (CNRS-LACITO, décembre 1983)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie, Île des Pins – Langue : kwênyii

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photo Semaine du 24 au 30 septembre 2007 to up

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Portage du manioc (Boca de Acre, État de Acre, Brésil)

Les Apurina vivent à la frontière entre le Brésil et la Bolive. Leur langue fait partie du groupe Arawak. C'est une population amazonienne de chasseurs-cueilleurs qui, après avoir été sédentarisés, sont devenus des agriculteurs.
   La photo présente un Apurina portant du manioc dans une "hotte" traditionnelle et il est intéressant de noter que la façon de porter des lourdes charges s'apparente à celle des Pygmées d'Afrique centrale.

© Laurent Venot (CNRS-LACITO, 2001)

Lieu : Amérique du Sud, Brésil, Boca de Acre – Langue : apurina

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photo Semaine du 17 au 23 septembre 2007 to up

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Préparation du pain au Karakalpakstan

Le Karakalpakstan est une partie "autonome" de l'état d'Ouzbékistan, en Asie centrale. Pour une part importante, ce territoire comprend le sud de la mer d'Aral et le delta de l'Amou-daria. C'est un pays souvent plat, ponctué de roselières et de marais, sableux et venteux. Les maisons (parfois très jolies) sont en terre et en roseau ; les yourtes existent encore, mais sont souvent réservées à des usages rituels ; elles aussi ont des murs de paille et roseau – ce qui est une grande rareté en Asie centrale, où les parois des yourtes sont en feutre.
   La langue des Karakalpaks, qu'on nomme simplement karakalpak, est très proche du kazak : c'est une langue turke. Ces deux femmes font des galettes de pain, qui vont être cuites dans le four circulaire : on applique les disques de pâte sur les parois intérieures du four, elles restent collées le temps de la cuisson, selon une technique très répandue. Les galettes qui sont posées à droite sont cuites. On les appelle non (le mot est d'origine persane, prononcée à la façon ouzbèke) ou bien lepiochka (façon russe).
   Le petit objet en forme de sceau posé près des deux femmes permet d'imprimer dans la pâte molle un motif décoratif particulier.

© François Jacquesson (CNRS-LACITO, 2003)

Lieu : Asie, Ouzbékistan, Karakalpakstan – Langue : karakalpak

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photo Semaine du 10 au 16 septembre 2007 to up

banquise

"Pause-café" lors d'une chasse aux mammifères marins au mlilieu de la banquise disloquée à la mi-août (bassin Foxe, au nord de la baie d'Hudson, Nunavut, Canada)


© Vladimir Randa (CNRS-LACITO, 1997)

Lieu : Amérique du Nord, Canada, Nunavut – Langue : inuktitut

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photo Semaine du 3 au 9 septembre 2007 to up

pomaque

Femme pomaque au foulard (Grèce)

La photo de cette femme pomaque est prise en Grèce, dans un village des montagnes rodhopéennes. Elle est citoyenne grecque et membre de la minorité musulmane de Thrace (Traité de Lausanne, 1923).
En tant que femme mariée elle doit porter le foulard et le manteau en public. Les couleurs vives du foulard, ses ornements et la façon de le nouer sont caractéristiques du village mais témoignent aussi de l’âge et du statut social de cette femme. Les codes vestimentaires traditionnels sont de plus en plus transgressés par les jeunes femmes.
   Sa langue première est le pomátsko « pomaque », langue slave du sud, qu’elle pratique dans la vie quotidienne. Le pomaque n’étant pas enseigné, elle a suivi l’école primaire minoritaire de son village en turc et en grec mais n’a pas poursuivi sa scolarité, situation fréquente jusqu’aux années 2000.
   Il est très courant depuis plusieurs années de ne pas transmettre le pomaque aux enfants mais le turc, pour des raisons de prestige social et de choix politique et identitaire. Le grec, en tant que langue de l’Etat, reste dans tous les cas une langue importante chez les hommes et plus largement chez les jeunes..

© Evangelia Adamou (CNRS-LACITO, 2007)

Lieu : Europe, Grèce – Langue : pomátsko ou pomaque

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photo Eté 2007 (15 juillet à fin août 2007) to up

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Pêche au miikwa par encerclement avec un filet mobile (Île des Pins, Nouvelle-Calédonie)

Parmi les pêches importantes traditionnelles, il en est une à l’île des Pins : la pêche au miikwa (Chanos chanos Forsskål), poisson-lait, appelé « thon » en français local. Cette pêche est saisonnière. Elle se déroule en général de mars à octobre ; selon les années, elle peut commencer et se terminer à des dates variables, en fonction du moment où les bancs de miikwa « montent » sur les récifs de l’île et en repartent à la fin de la saison.
   Cette pêche coutumière rassemble les pirogues de plusieurs clans pêcheurs. À la saison du miikwa, les pêcheurs partent en mer, chaque clan sur sa pirogue avec sa moitié de filet collectif, uu-mââ, fabriqué par les clans à partir des fibres de la liane de magnania, xaré (Pueraria lobata, légumineuses, papilionacées) à la recherche des bancs de poisson-lait. Une fois le banc repéré, deux pirogues, après avoir attaché ensemble leur portion de filet, effectuent un mouvement enveloppant face au banc de poissons qui arrive vers elles, de façon à l'encercler (ce qui se dit vùtûûê).
  Sur la photo, les pêcheurs sont descendus sur le platier (haut-fond corallien), au sein du filet, pour ramasser un à un les poissons prisonniers et les charger à bord des pirogues et des bateaux.
Une fois de retour à terre, les prises étaient traditionnellement présentées à la chefferie avant d'être distribuées à l'ensemble de la population de l'île en échange de produits de la terre, ou bien mises de côté en vue d'une cérémonie coutumière où les clans pêcheurs étaient chargés d'apporter les produits de la mer en complément des ignames et autres produits de la terre fournis par les clans maîtres des cultures.

© Isabelle Leblic (CNRS-LACITO,1983)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie, Île des Pins – Langue : kwênyii

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photo Semaine du 9 au 15 juillet 2007 to up

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Pilier sculpté, Dimapur (Nagaland), Inde

Les piliers sculptés de Dimapur, l'ancienne capitale des Dimasa, sont un mystère pour l'archéologue, l'historien d'art, et l'historien tout court. Il y en a plusieurs dizaines rassemblées en files. On ne sait pas à quoi ils servaient, et on ne connaît rien de semblable.
   Les chroniques anciennes des Taï-Ahom d'Assam nous disent que leur roi Suhum prit la ville de Dimapur et la détruisit en 1536. Les piliers sont donc antérieurs et, avec quelques autres pierres sculptées, témoignent d'un art et d'une culture aujourd'hui disparus.
   Les Dimasa ont alors été repoussés vers les collines du sud, où ils vivent encore de nos jours, en particulier dans la région de Haflong (district des North-Cachar Hills, au sud de l'Assam). Ils parlent le dimasa, langue proche du boro et du kokborok. Mais si la langue des Dimasa est proche de beaucoup d'autres langues tibéto-birmanes de la région, les piliers de Dimapur sont uniques.

© François Jacquesson (CNRS-LACITO, 1998)

Lieu : Asie, Inde, Dimapur – Langue : dimasa

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photo Semaine du 2 juillet au 8 juillet 2007 to up

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Les deux rives du pays na (Yunnan, Chine)

Le territoire où habite actuellement le peuple na (aussi appelé naxi, moso) est divisé par une frontière naturelle, le fleuve Yangtsé. Au fil des siècles, les Na vivant sur l'une et l'autre rive ont connu une évolution culturelle divergente, les uns empruntant au Tibet voisin sa religion et d'autres traits culturels, les autres plus directement influencés par les dernières dynasties chinoises, Ming et Qing. La photographie a été prise en un point de la vallée du Yangtsé où ces deux univers culturels se font face. Le cliché est pris du village de /fv̩˥kʰo˧/ (Fengke en chinois), sur la rive droite du Yangtsé, rattaché à la préfecture de Lijiang (fortement sinisée). Les habitants soulignent qu'à /fv̩˥kʰo˧/ on pratique le mariage (la mariée rejoignant la maisonnée de son époux), à la différence des Na de l'autre rive, qui jusqu'à date récente ne pratiquaient pas le mariage (mais des visites des amants aux amantes, système peu courant, et célèbre parmi les ethnologues). Cette différence frappante, tenant à une coutume dont on imagine aisément les malentendus qu'elle génère, et qui est aujourd'hui devenue argument touristique, peut masquer certaines proximités qui au contraire passionnent le linguiste : le dialecte na de /fv̩˥kʰo˧/ est sur bien des points proche de celui qui est parlé sur la rive opposée, signe d'une origine commune doublée de contacts qui n'ont sans doute jamais été totalement interrompus.

© Alexis Michaud (CNRS-LACITO, 2004)

Lieu : Asie, Chine, Yunnan – Langues : na, naxi

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photo Semaine du 25 juin au 1er juillet 2007 to up

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Église syriaque catholique à al-Tabqah (Syrie)

Al-Tabqah est un petit village d'environ 11 000 habitants, situé à quelques centaines de mètres du barrage de l'Euphrate, à la frontière de la Syrie et de l'Iraq. Il s'est constitué progressivement pour accueillir la main d'œuvre nécessaire à la construction du barrage. À la fin des travaux, la population fut encouragée à demeurer sur place (exonération de charges d'éléctricité, d'eau …). Les habitant d'al-Tabqah, originaires d'Iraq, étaient arrivés en Syrie au début du XXe siècle et s'étaient d'abord installés dans la région de Khabour (nord-est de la Syrie). Ils se composent d'Assyriens et de Chaldéens. Tous les habitants d'al-Tabqah ont pour langue maternelle le soureth, un dialecte néo-araméen oriental qui a ses propres sous-variétés régionales. Cette langue est enseignée à l'école primaire en même temps que l'arabe, langue officielle du pays.

© Samia Naïm (CNRS-LACITO, 2004)

Lieu : Moyen-Orient, Syrie, al-Tabqah – Langue : soureth

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photo Semaine du 18 au 24 juin 2007 to up

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Maison traditionnelle (Marginea, jud. Suceava, Moldavie, Roumanie)

Cette maison présente un bel exemple de la richesse de l’architecture traditionnelle roumaine où l’on peut apprécier le souci du décor, les couleurs gaies de la façade et de la galerie extérieure. Chaque province de Roumanie, a dans ce domaine, ses caractéristiques propres à l’intérieur desquelles les artisans locaux ont chacun laissé libre cours à leur créativité. Le bois a toujours eu un rôle essentiel dans l’économie villageoise. A la fois combustible (on voit à droite un billot et un tas de bûches fraîchement coupées) et matériau de construction, c’est également un élément de décoration qui est, selon les régions, utilisé de façon variée. Ici, le toit est entièrement constitué d’ardoises en bois, facture que l’on retrouve également plus à l’ouest, dans les toits des maisons traditionnelles du Maramureş.

© Micheline Lebarbier (CNRS-LACITO, avril 2006)

Lieu : Europe, Roumanie, Moldavie – Langue : roumain

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photo Semaine du 11 au 17 juin 2007 to up

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Barrières sculptées (rivage de saint Maurice, Île des Pins, Nouvelle-Calédonie)

L'île des Pins, située au sud de la Grande Terre de la Nouvelle-Calédonie, appartient à l'aire drubéa-kaponé. Ses habitants parlent le nââ kwênyii, l'une des 28 langues kanak de Nouvelle-Calédonie. Son organisation sociale, plus proche en certains points de celle des îles Loyauté et assez différentes de celle de la Grande Terre que l'on connaît mieux, est sans doute plus hiérarchisée autour d'une chefferie imposante, souvent entourée de barrières faites avec des troncs d'arbre plantés en terre tout autour.
   La photo présente la barrière faite à l'endroit où les missionnaires ont débarqué à l'île des Pins dans les années 1840. Pour commémorer cet événement, les Kwênyii ont érigé un monument, qui sert aussi de monument aux morts pour ceux d'entre eux qui ont péri sur les champs de bataille européens pour défendre "leur nation" pendant les deux grandes guerres.
   Cette barrière reprend la forme de celle entourant la grande chefferie, mais étant sculptée, cela lui donne face à la mer un aspect tout à fait particulier.

© Isabelle Leblic (CNRS-LACITO, 2007)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie, Île des Pins – Langue : kwênyii

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photo Semaine du 4 au 10 juin 2007 to up

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Montagnes ouldémés (monts du Mandara, Nord-Cameroun)

Le territoire ouldémé, situé dans une région de savane arbustive, est inséré dans la bordure du plateau central des monts du Mandara, exclusivement habités par des populations de langues tchadiques. C’est un « massif-presqu’île », bien individualisé par la présence de deux vallées où coulent les mayo ouldémé et plata. Il a l’aspect d’une forteresse, tant les pentes sont fortes et tant ses habitations, logées traditionnellement sur les promontoires rocheux, sont invisibles quand on en fait le tour. Les divers lignages y ont accès par des sentes attitrées au travers de plaques rocheuses fortement inclinées et entaillées de marches par endroits. Le reste du terrain est occupé par des terrasses de culture pour le mil et des lieux sacrés mêlés à l’habitat. Plusieurs enclos de parents proches se regroupent, offrant l’aspect de petites grappes de toits. Chaque lignage s’approprie une petite unité morphologique : versant, croupe, arête, où sont disséminés les « hameaux ». À l’intérieur du territoire lignager, un principe hiérarchique, pratiquement tacite, préside à son occupation : les plus âgés se réservent les lieux les plus élevés où pointent les rochers sacrés ; les plus jeunes s’installent en contrebas. De nos jours s’amorce une descente dans les vallées.

© Véronique de Colombel (CNRS-LACITO)

Lieu : Afrique, Cameroun, mont du Mandara – Langue : ouldémé

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photo Semaine du 28 mai au 3 juin 2007 to up

tarasag

La pêche collective à la liane (côte nord-est de l'île de Gaua, îles Banks, Vanuatu)

Cette technique traditionnelle de "pêche à la liane" est employée dans divers endroits de l'Océan Pacifique, du nord du Vanuatu à la Polynésie, en passant par Fiji où elle est connue sous le nom de yavirau.
  Confectionnée à l'aide de longues lianes mises bout à bout et étoffées à l'aide de palmes de cocotier, cette sorte de filet géant peut être long de plusieurs centaines de mètres. Le jour de la pêche collective, tout le village se réunit sur le récif, à marée descendante, et déploie la liane de façon à former un immense cercle autour du lagon. Quand la marée est basse, le poisson se retrouve prisonnier sur le récif corallien, dans quelques centimètres d'eau, et retenu par l'épaisseur des feuilles de cocotier. Les femmes alors frappent l'eau pour ramener les poissons vers les hommes, qui les abattent à coups de flèches ; les plus petits sont attrapés à la main par les enfants.

© Alexandre François (CNRS-LACITO, août 2003)

Lieu : Océanie, Vanuatu, île de Gaua – Langue : mwerlap, nume

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photo Semaine du 21 au 27 mai 2007 to up

agartala

Le palais d'Ujjayanta, à Agartala, capitale de Tripura (Inde)

L'imposant palais de la ville d'Agartala, capitale de l'état indien du Tripura, est un bon exemple de style anglo-indien tardif. Il a été construit au début du XXe siècle par une compagnie anglaise pour le raja de l'état en principe indépendant du Tripura. Comme les autres états princiers de l'Inde anglaise, l'état du Tripura sera absorbé dans l'Inde indépendante après 1947. La famille du raja cédera alors le bâtiment à l'Etat, qui en fera le siège de l'Assemblée des députés. Ce bâtiment ne se visite qu'avec une autorisation spéciale.
   La dynastie des Manikia a régné sur ce pays, frontalier du puissant Bengale, depuis le XIIIe siècle et plus tôt encore si l'on en croit la chronique classique en bengali, dite Râjmâla (une édition en est consultable au Centre de Documentation A.-G. Haudricourt). Son ancienne capitale, dont le palais est de nos jours en ruines, se trouvait plus au sud, à Udaipur. Les raja ont été rapidement influencés par le Bengale, comme le montrent l'archéologie et l'étude des monnaies. L'un des ces rajas s'est illustré en recevant à plusieurs reprises Tagore (Rabindranath Thakkur), alors inconnu. L'influence bengalie s'est accrue lentement au cours du XXe siècle et les groupes "tribaux" sont maintenant très minoritaires dans l'état, même celui des Borok.
  François Jacquesson s'est rendu deux fois au Tripura pour étudier la langue des Borok, le kokborok. Il a été aidé dans cette entreprise par un groupe très dynamique de Borok soucieux de maintenir leur culture et leur langue.

© François Jacquesson (CNRS-LACITO, 2006)

Lieu : Asie, Inde, Agartala – Langue : kokborok

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Accès aux années suivantes : 2007 - 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013 - 2014 - 2015 - 2016

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