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à tradition orale
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Le Lacito : l'image de la semaine en 2010

 

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photo Semaines du 20 décembre 2010 au 2 janvier 2011 to up

arbre

Un mur de racines

S'il est un arbre important en Nouvelle-Calédonie, à plus d'un titre, c'est bien le banian, Ficus prolixa, en kwênyii. L'enchevêtrement majestueux de ses racines aériennes nous donne l'impression que ces arbres magnifiques poussent au-dessus de la terre.
   Outre l'utilisation que les Kanak en font tant dans la médecine traditionnelle que dans diverses fabrications : lignes et filets de pêche, ligatures… à partir de l'écorce des racines aériennes ; flotteur de pirogue ; balle de latex à partir de sa sève pour jouer au cricket…, cet arbre est aussi rattaché au monde des esprits et aux rites funéraires dont il est souvent question dans la tradition orale. C'était dans l'entrelacs de ses racines que l'on déposait traditionnellement les dépouilles des chefs décédés. Et on aime à palabrer à l'ombre de son feuillage. Les oiseaux se plaisent à venir manger les fruits quand c'est la saison et l'on y entend de nuit les roussettes qui viennent les déguster.
    À 70 km au sud de Nouméa se trouve la forêt humide de Prony (cf. photo) où se situe un ancien bagne aujourd'hui en ruine. Des banians majestueux ont pris possession des lieux et leurs racines aériennes emprisonnent parfois jusqu'aux vestiges des bâtiments de la succursale forestière du bagne.

© Isabelle Leblic (CNRS-Lacito, avril 2007)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie, forêt de Prony – Langue : drubéa

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photo Semaines du 6 au 19 décembre 2010 to up

moldavie_roumanie

Une scène de marché à Ocna Şugatag (Maramureş, Roumanie)

Le marché se tient à Ocna Şugatag chaque jeudi. Outre le bétail, les légumes, les fruits et autres denrées alimentaires, on y vend diverses productions locales. Notamment, les femmes viennent y proposer leurs ouvrages. En plus des lourdes couvertures et tentures tissées le plus souvent en laine, on peut voir, ici étalées sur le sol, plusieurs pièces de linge de maison, nappes, chemises, draps, torchons, taies d'oreillers… qui étaient traditionnellement réalisées en chanvre ; sobres s'il s'agissait de vêtement ordinaires, ou brodés de couleurs vives s'il s'agissait de tissus d'ornement ou de vêtements de fête. Une pièce de tissu achevée représentait, il y a encore une trentaine d'années, une année de travail pour les femmes. C'étaient elles qui s'occupaient de semer le chanvre, le récolter, le faire rouir, le teiller, le filer. Le filage du chanvre occupait une partie des mois d'hiver, puis venait le tissage de la toile, qui prenait cinq à six semaines. La toile obtenue devait être traitée. On la faisait bouillir, on la battait puis on l'étendait sur l'herbe pour qu'elle blanchisse. Avec cette toile, la maîtresse de maison confectionnait les torchons, les nappes, les chemises, qu'elle brodait ensuite au gré de sa fantaisie. Les plus beaux spécimens étaient (et sont encore) exposés dans une chambre d'apparat appelée camera de oaspeţi « chambre d'hôtes » réservée aux invités de marque et aux événements festifs. La femme y montrait le résultat de son travail mais aussi son talent et sa créativité.
    À présent la culture du chanvre est plus ou moins abandonnée. Les vêtements et le linge de maison sont le plus souvent achetés… au marché. Le besoin d'argent conduit les femmes à se défaire petit à petit de leurs « trésors ».

© Micheline Lebarbier (CNRS-LACITO, 24 septembre 2009)

Lieu : Europe, Roumanie, Maramureş – Langue : roumain

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photo Semaine du 29 novembre au 5 décembre 2010 to up

adoption

L'adoption dans les sociétés traditionnelles : exemple chez les Kanak de Nouvelle-Calédonie

    À l'occasion de la journée « Adoption et nouvelles parentés-parentalités », au Lacito le 10 décembre 2010.
    Dans les sociétés traditionnelles, la circulation enfantine a souvent lieu en parallèle ou en rappel des alliances.
     En règle générale, deux types principaux de transferts existent : le transfert des droits et obligations parentales, depuis les parents de naissance vers les parents adoptifs, soit momentanément (prêt, gardiennage temporaire) – ce que l'on nomme fosterage, soit définitivement par don ou adoption proprement dite. Ceci se produit soit dans le lignage de naissance, soit dans un autre lignage, ce qui alors induit un changement d'identité en cas de don définitif.
      Entre ces deux pôles, il y a aussi l'attribution de tel enfant à un parent choisi sans changement de domicile ou d'identité ni assimilation de deux personnes par lien d'homonymie.
     Tel est le cas chez les Kanak de Nouvelle-Calédonie où les raisons pour donner ou prendre un enfant sont multiples. On donne une fille pour réconcilier deux lignages suite à un conflit, remplacer une femme que l'on n'a pas pu rendre dans le cycle des alliances. Un garçon sera préféré pour remercier d'un service rendu et éviter l'extinction d'un lignage faute de descendance mâle. Enfin, garçon ou fille seront donnés pour combler l'absence d'enfant d'un couple, rétablir l'équilibre des sexes dans une fratrie, etc. Dans de nombreuses sociétés kanak, il est d'usage de rendre systématiquement un enfant là où on a pris femme. Enfin, on adopte aussi des adultes et c'est là un des moyens d'intégration des "étrangers" dans les sociétés kanak.
     Le parallèle entre l'alliance et l'adoption se manifeste dans le vocabulaire utilisé et les coutumes pratiquées dans ces occasions, que ce soit pour "prendre un enfant/une femme" (pour les preneurs) ou pour "poser un enfant/une femme" (pour les donneurs).

© Isabelle Leblic (CNRS-LACITO,1986)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie, Île des Pins – Langue : kwênyii

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photo Semaine du 22 au 28 novembre 2010 to up

motte

La charpente du logis seigneurial (Guédelon, Bourgogne, France)

     Quelques nouvelles du chantier médiéval de Guédelon concernant tout particulièrement l'avancement du logis seigneurial.
     La charpente de type « chevrons formant fermes » devait comporter au total 47 fermes* en chêne.
     En 2010, les charpentiers, après avoir taillé, assemblé et levé les deux dernières travées de la charpente, ont pu poser sur le lattis les 12 000 tuiles que les tuiliers avaient façonnées et cuites tout au long de la saison.

*La ferme constitue l'élément essentiel d'une charpente. C'est elle qui transmet le poids général de la couverture aux porteurs verticaux (murs, poteaux…). (cf. Wikipedia avec un croquis).
Le CNRTL la définit ainsi : « Assemblage de pièces de bois ou de métal destinées à porter le faîtage d'un toit. ». Le terme est attesté dès 1344 comme terme d'architecture et de charpente. Déverbal de fermer au sens de « attacher, fixer », il est issu du latin classique firmare « rendre ferme, solide ».

© Anne Behaghel-Dindorf (CNRS-LACITO, 25 août 2010)

Lieu : Europe, France, Bourgogne

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photoSemaines du 8 au 21 novembre 2010 to up

fiestamuertos

La Fiesta de los Muertos

    La fête des morts, Fiesta de los Muertos, est probablement la fête religieuse la plus importante du Mexique. Les Mexicains qui sont partis travailler dans les grandes villes, reviennent à cette occasion dans leur village afin de se recueillir sur les tombes de leurs ancêtres. À Santa María Ixcatlàn, les familles se retrouvent au cimetière du village pendant plusieurs heures, le 1er novembre, au coucher du soleil, et le 2 novembre, au lever et au coucher du soleil. Si les ornements des tombes ne sont pas impressionnants, c'est parce que dans chaque maison on dresse des autels pour les morts de la famille; ceux-ci sont décorés de fleurs et de guirlandes, et abondent en fruits, sucreries et boissons. Pendant les trois nuits de la fête – la veille et le jour de la Toussaint, ainsi que le Jour des morts –, les jeunes hommes du village partent sur la montagne chercher un tronc d'arbre qui sera brûlé devant l'église, clôturant ainsi la Fiesta de los Muertos.

© Evangelia Adamou (CNRS-LACITO, 2010)

Lieu : Méso-Amérique, Mexique, Etat de Oaxaca, Santa María Ixcatlán - Langue : ixcatèque

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photo Semaine du 1er au 7 novembre 2010 to up

rethel

Halloween au Moyen Âge ? (Champagne, France)

     Non, ces images n'ont aucun lien avec Halloween (fête correspondant à l'origine au nouvel an celtique, largement adoptée depuis dans le monde anglophone).
     Ces espèces de chauves-souris sont en fait la stylisation de fers de râteaux utilisés comme figures héraldiques (les manches des râteaux ne sont généralement pas représentés dans les armoiries). L'héraldique est un système figuré d'emblèmes familiaux ou "armoiries", peints le plus souvent sur les boucliers ou "écus".
     Ces images sont aussi des "armes parlantes". En effet, le nom de famille "Rethel" a été emblématisé grâce à un fer de râteau. L'explication se trouve dans l'étymologie du mot "râteau" : ce terme apparaît en ancien français, en 1180-90, sous la forme rastel, avec une variante rasteau en 1473, pour prendre ensuite sa forme définitive. L'ancien français avait emprunté la forme rastel au latin rastellus, lui-même diminutif de raster « hoyau, bêche, râteau » (cf. le site du CNRTL).
     Le Dictionnaire de Moyen Français (DMF) fournit même une citation adéquate : « Le conte de Retel, de gueulles a trois rateaux d'or desmanchiez, et chascun de VJ [=6] dens de mesmes, et crie "Retel ! » (LA SALE, J.S., 1456, 191).

© Anne Behaghel-Dindorf (CNRS-LACITO 2010),
avec plusieurs illustrations (de gauche à droite) :
1. ©Archives départementales de la Marne = sceau de Gaucher, comte de Rethel, ADMR 56 H 334/1, personnage vivant déjà en 1244 et décédé en 1262 (fiche consultable ici)
2. dessin d'après document BNF = armes du comte de Rethel, Ms Fr 5230, Armorial Bellenville f°1-17, 1370-1380 (images consultables ici, après avoir entré l'item "Bellenville")
3. ©KB (Pays-Bas) = armes du comte de Rethel, Wapenboek Beyeren f°1v (Beijeren's Wappenbuch), 1405 (page du manuscrit consultable ici)
4. ©mfdudu = armes de la ville de Rethel sculptées dans la pierre, Gare de l'Est à Paris, après 1850 (source de la photographie ici)

Lieu : Europe, France, Champagne-Ardennes – Langue : ancien français

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photo Semaines du 18 au 31 octobre 2010 to up

Udaipur_old

Palais en ruine à Udaipur (Tripura, Inde)

Le temple-en-ruine est un fantasme classique de l'exploration, hier et aujourd'hui. Ici, quelques murs d'un palais d'Udaipur (Tripura, Inde : ne pas confondre avec l'Udaipur du Rajasthan), qui fut au XVIe siècle la capitale des princes locaux, avant que le centre du pouvoir ne soit transféré à Agartala. Si la fascination des ruines vient bien du rapport non hiérarchique entre nature et culture, le linguiste y voit aussi le rapport d'étrangeté entre l'oral et l'écrit. Et si l'écrit tend à symboliser la Culture, aux yeux même des gens de culture orale, reste la douloureuse tension entre "écrire sa langue (orale)" et "adopter la langue (écrite)". Il n'y a jamais eu "trois villes" au Tri-pura, de sorte que certains érudits locaux voient dans ce mot indien une déformation colonialiste du mot kokborok tui-pra « confluent ». Parmi les nombreuses langues de cette région, l'une des plus importantes est en effet le kokborok, la langue (kok-) des Borok. C'est une langue boro-garo, proche du boro, du garo, du dimasa, du rabha, du deuri (deori), du tiwa. Mais à mesure que les princes locaux gagnaient en influence, ils gagnaient en perméabilité et ils "s'hindouisèrent" : ils furent en réalité le fer de lance de la pénétration bengalie, aujourd'hui écrasante et prestigieuse. Ainsi, le palais a accompli son oeuvre ambiguë et morose : aujourd'hui en ruines, il témoigne des laissés pour compte de la course au prestige dont il fut un acteur essentiel.

© François Jacquesson (CNRS-LACITO, 2006)

Lieu : Asie, Inde, Tripura - Langue : kokborok

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photoSemaines du 4 au 17 octobre 2010 to up

sport

Sport à Rangoun

    En birman, langue monosyllabique (la plupart des mots ont une ou deux syllabes) et langue agglutinante, le mot « sport » birman1 /à-gǝ-zà/ est composé de deux morphèmes : birman2 /à/ « libre » et birman3 /gǝ-zà/ « jouer ». On peut alors interpréter /à-gǝ-zà/ comme une activité que l'on pratique quand on a du temps libre, ce que beaucoup de gens aiment faire, d'ailleurs, en groupe pendant les quelques heures libres avant de commencer la journée, celle-ci risquant d'être chargée… Faire du sport collectif est devenu en effet l'activité matinale préférée des Birmans, surtout pendant la saison froide (entre début novembre et fin février). Pour les habitants de Rangoun, l'ancienne capitale du pays (avant l'émergence de la nouvelle capitale Nay-Pyi-Daw en 2005), la grande esplanade du parc public /Pyi-thú ú-yin/ (littéralement birman4 /pyi-thú / « peuple » et birman5 /ú-yin/ « jardin ») qui se trouve au pied de la pagode Shwedagone, s'avère être un lieu idéal pour une telle activité. Il faut noter qu'aujourd'hui en Birmanie, du fait du régime militaire actuel, ce "parc public" est consacré surtout aux cérémonies officielles, sauf quelques heures le matin, ce qui permet aux sportifs amateurs de profiter de son large espace ouvert pour pratiquer diverses activités physiques.
   Sur la photo, on voit au premier plan des jeunes gens qui font de l'aérobic alors qu'au fond on aperçoit aussi des adeptes du taichi. Ces derniers représentent un groupe de gens plus âgés ou ceux qui préfèrent une activité moins vigoureuse – et peut-être plus spirituelle pour les Birmans bouddhistes, une activité propice dans une atmosphère paisible à l'ombre de la pagode Shwedagone

© San San Hnin Tun (CNRS-LACITO, janvier 2010)
Lieu : Asie, Myanmar/Birmanie, Rangoun – Langue : birman

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photo Semaine du 27 septembre au 3 octobre 2010 to up

mercredi

Pays et paysages linguistiques (France)

    Cette image est liée au colloque "Pays et Paysages linguistiques" / "From linguistic landscapes to Landscape Linguistics" co-organisé par le LACITO et les linguistes de l'Université de Brême (Allemagne) les 28 et 29 janvier 2011.
    L'image représente la carte 274 de l'Atlas linguistique de la France publié de 1902 à 1920 par J. Gilliéron et E. Edmont – telle qu'elle est reproduite, avec des couleurs ajoutées, dans Lectures de l'Atlas linguistique de la France de Gilliéron et Edmont. Du temps dans l'espace, publié en 2005 par G. Brun-Trigaud, Y. Le Berre et J. Le Dû.
    Cette carte nous instruit sur de nombreux sujets. D'abord la composition nominale : mercure-di dans le Nord (sauf un point dans les Ardennes) ; au contraire di-mercure dans le Sud et en Bretagne ; enfin mercure seul dans le Centre et les Alpes. Mais elle nous instruit aussi en nous invitant à nous interroger sur la géographie et l'histoire des faits : le statut "relicte" des formes conservées en Ardennes ? le calque ou l'emprunt des formes romanes en breton ? la nécessité de comparer "mercredi" avec les autres noms de jour pour comprendre la refonte partielle de l'étymon latin - où l'ordre dies mercurii / mercurii dies dépend aussi de l'évolution en latin tardif de l'ordre relatif du nom et de son complément, etc. En outre, les zones colorées simplifient une grande diversité de réalisations locales, dont le degré de "granularité" est passionnant à étudier.

© cliché CTHS – texte François Jacquesson (CNRS-LACITO)

Lieu : Europe, France - Langues : breton, français, franco-provençal, occitan

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photoSemaines du 13 au 26 septembre 2010 to up

chine_muli

Les montagnes du comté de Muli, en bordure du haut plateau tibétain

    Les montagnes sont propices à la conservation d'une grande diversité linguistique, autant que botanique, zoologique... Le comté de Muli, à la frontière du Sichuan et du Yunnan, est l'une des régions les plus accidentées de Chine, et l'une des plus riches linguistiquement. Dans la vallée de Xiangjiao (photo) coexistent plusieurs groupes, dont quelques familles de locuteurs d'une langue qui a moins de 400 locuteurs en tout : le lazé. Aucune des quelques personnes lazé avec qui j'ai travaillé n'a connaissance de l'histoire de leur petit groupe; si enclavées soient-elles, les vallées himalayennes ne sont pas à l'abri des bouleversements historiques, et les dernières décennies ont vu la perte d'une bonne part des traditions orales. Il y a une trentaine d'années, lors de la visite d'ethnologues (GUO Dalie et HE Zhiwu), certains Lazé conservaient encore la mémoire de la migration qui avait amené leurs ancêtres, huit générations auparavant, dans la vallée qu'ils occupent actuellement.
    En revanche, la langue lazé continue d'être parlée aujourd'hui. Les données recueillies en 2008 et 2009 ont permis de lever les doutes sur l'appartenance du lazé au groupe des langues naish ; dans l'étude de la phonologie historique de ce groupe de langues, le lazé apporte un témoignage important.

© Alexis Michaud (CNRS-LACITO, 2008)

Lieu : Asie, Chine, Yunnan/Sichuan, comté de Muli, vallée de Xiangjiao – Langue : lazé

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photoSemaine du 6 au 12 septembre 2010 to up

palma

Femme ixcatèque tressant un chapeau de palme

    L'ixcatèque est une langue otomangue en voie de disparition. Elle est actuellement parlée par une dizaine de personnes nées entre 1920 et 1950 vivant dans la municipalité de Santa María Ixcatlán. La municipalité compte aujourd'hui environ 400 personnes et rien ne permet de deviner qu'avant l'arrivée des Espagnols Ixcatlán était un centre important de la zone mixtèque. Lorsqu'en 1522 Ixcatlán passe sous domination espagnole, la population s'élève à 10 000 personnes (Hironymous 2007). Dans les cinquante années suivantes elle est réduite à environ 1200 personnes, déclin qui s'est encore accentué par la suite. La cause probable de cette brutale diminution de la population, outre les maladies importées, est le travail forcé dans les mines qui a provoqué de nombreuses morts et la fuite des populations.
    Actuellement, les habitants de Santa María Ixcatlán pratiquent essentiellement une agriculture vivrière et font de l'élevage. La source principale de revenu pour les familles est la fabrication et la vente de chapeaux de palme (voir la photo), une production qui selon les témoignages anciens remonte à l'époque précolombienne, information citée également dans les Relaciones geograficas de 1579 et de 1778 (Hironymous 2007).

© Evangelia Adamou (CNRS-LACITO, 2010)

Lieu : Méso-Amérique, Mexique, Etat de Oaxaca, Santa María Ixcatlán - Langue : ixcatèque

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photoSemaine du 30 août au 5 septembre 2010 to up

prêtre-chamane

La tenue moderne d'un prêtre-chamane

     Si télévisions et téléphones portables sont courants partout en Chine (pays qui compte le plus grand nombre d'utilisateurs de téléphones mobiles au monde), les appareils photos sont moins répandus dans les petits villages : tout-numériques, ils supposent de posséder aussi un ordinateur, éventuellement une imprimante, objets qui n'ont encore guère fait leur apparition dans les foyers ruraux du Sud-Ouest chinois. La venue d'un enquêteur muni d'un appareil photo fournit donc l'occasion de poser, et, pour les femmes, de revêtir le costume traditionnel. M. Hu, aux côtés de sa femme, a choisi de garder ses vêtements de tous les jours. Dernière personne du village à connaître les rituels de la tradition lazé, qu'il a appris au cours de son adolescence (et a accepté d'enregistrer), il ne se pare de ses attributs de prêtre-chamane qu'à l'occasion des cérémonies.
有城里的朋友来访问,是穿传统服饰拍照的好机会。但照片上的胡先生反倒选择了日常的衣服。因为他虽然有时充任水田人(拉热人,/la˧ze˧/)的巫师,可是与宗教相关的服饰配件不是随便用的,而是在进行宗教仪式中才能穿戴的。

© Alexis Michaud (CNRS-LACITO, printemps 2008)
Lieu : Asie, Chine, comté de Muli, vallée de Xiangjiao – Langue : lazé

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photoSemaines d'août (du 2 au 29 août 2010) to up

Rebecca

Le serviteur d'Isaac découvrant Rébecca au puits (cathédrale de Monreale)

     Certaines scènes de l'histoire des patriarches bibliques ont inspiré les artistes. Celle du serviteur d'Isaac parti chercher une épouse pour son maître, et découvrant Rebecca au puits (Genèse, ch. 24), est une des plus puissantes : le tableau de Poussin (Louvre) en témoigne. L'une des plus anciennes attestations du thème se trouve dans le corpus de mosaïques de la cathédrale de Monreale, près de Palerme (Sicile). Cette partie date du XIIe siècle. On y voit l'étrange fragmentation des couleurs en tons juxtaposés, et l'absence de tout dégradé. Les vêtements, le sol, l'eau ou la cruche que Rebecca penche au dessus de la vasque, toutes les surfaces sont faites de teintes placées côte à côte. Cette représentation abstraite des surfaces, ton sur ton, commence sa carrière au XIe siècle dans les décors des églises byzantines, pour ce qui concerne les mosaïques. Cette façon de faire sera bouleversée au siècle de Giotto, mais continuera de caractériser la culture des icônes. Une des questions posées par le projet sur l'Histoire des couleurs est : ce parti-pris signalétique et sémiotique a-t-il des contreparties dans d'autres aspects de la culture du temps, par exemple dans le langage ?

© François Jacquesson (CNRS-LACITO, 2009)
Lieu : Europe, Italie, Palerme

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photoSemaines de juillet (du 5 juillet au 1er août 2010) to up

watermusic

La musique de l'eau (Gaua, Vanuatu)

     Un petit groupe de femmes du village de Jolap, sur la côte ouest de l'île de Gaua, a inventé une pratique musicale originale : la musique de l'eau. En langue lakon, le nom de cette pratique est wespuang, littéralement "gifler". Les femmes se tiennent dans l'eau – soit une rivière, soit la mer toute proche – debout jusqu'à la taille, et en “giflent” la surface de diverses manières. En fonction de la position et du geste des mains, le contact avec la surface de l'eau produira des sons graves ou aigus, sourds ou légers. Le groupe des musiciennes joue les mêmes gestes au même moment, créant un effet sonore – et visuel – des plus originaux. Plusieurs combinaisons rythmiques et gestuelles ont d'ores et déjà donné lieu à des pièces musicales bien distinctes, comme celles du “dauphin” ou du “serpent de mer”.
    Cette pratique musicale connaît de plus en plus de succès auprès des visiteurs étrangers, et s'est même déjà produite dans certains festivals, jusqu'en Europe. Partout, on présente cette musique de l'eau comme issue de la “tradition” de Gaua. C'est pourtant faux : l'interprète principale, Rowon (à gauche sur la photo), explique en privé qu'elle a elle-même inventé cette nouvelle tradition musicale il y a quelques années, un jour qu'elle faisait la lessive dans la rivière. Elle s'inspirait alors de jeux d'eau similaires qu'elle avait vus, dans son enfance, en son île natale de Merelava, au sud-est de Gaua. Aux yeux des villageois de Jolap, cette musique de l'eau est donc en réalité aussi nouvelle, et fascinante, que pour les voyageurs de passage…

© Alexandre François (CNRS-LACITO, août 2003)
Lieu : Mélanésie, Vanuatu, Îles Banks, côte ouest de Gaua – Langues : lakon, olrat, mwerlap

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photoSemaines du 21 juin au 4 juillet 2010 to up

opinci

Opinci ou cârvulli (Bulgarie)

     Il s'agit de chaussures, de type mocassins, faites en peau tannée de porc. Elle sont appelées opinci et cârvuli en Bulgarie. La dénomination cârvuli, d'origine grecque, est la plus usitée de nos jours. Ce sont des chaussures traditionnelles à la campagne dans les Balkans. Elles étaient utilisées couramment jusque dans les années 1950 et étaient portées jusqu'à l'usure complète.
     Les opinci ou cârvuli présentés sur la photo proviennent du Musée de Blagoevgrad et sont exceptionnels puisqu'ils sont en fer.
     On doit la découverte de ces étranges chaussures à Mme Tzvetana Manava, muséographe etnographe de Pernik. Jusqu'à la publication de son article consacré à l'étude des "cârvuli" en fer (Balgarska etnografia 3 en 1993), cet artefact étonnant n'était connu que dans les contes merveilleux (voir ici le Conte de la fiancée du dragon) et dans quelques chants rituels.
     Au Musée de Pernik, on trouve un seul carvul. Il existe une troisième paire de chaussures paysannes en fer conservée dans le Musée du Paysan de Bucarest (communication personnelle d'Ileana Gaita).
     Ces étranges chaussures en fer étaient encore été fabriquées par des forgerons juste après la première guerre mondiale.

© Assia Popova (CNRS-LACITO, 2008)

Lieu : Europe, Bulgarie, Blagoevgrad - Langue : bulgare

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photoSemaine du 14 au 20 juin 2010 to up

mariee_ingouche

Mariée ingouche

     En Ingouchie, les règles matrimoniales sont toujours très strictes, l'union hors de son groupe ethnique est interdite et l'alliance avec une ou un Tchétchène est admise mais pas toujours bien considérée. Le mariage avec un membre de son teïp (clan patrilinéaire) est interdit également.
     Les cérémonies du mariage sont très importantes en Ingouchie et s'étalent sur plusieurs jours. Aujourd'hui, si le mariage n'est plus un arrangement opéré entre deux familles, le rituel matrimonial reste en vigueur que ce soit dans le déroulement des cérémonies ou dans le costume de la mariée. La ceinture appelée datu tejxkar « ceinture d'argent » qui serre fortement la taille est une pièce très importante de l'habillement féminin et, pour le jour du mariage, elle est d'argent doré, incrustée de pierres précieuses : émeraudes, rubis, jade et surtout les indispensables turquoises, symbole de pureté. De la sous-robe, au col officier, on peut admirer ses fermoirs appelés datu « argent » qui sont constitués de plaques d'argent ornées de perles ou de petites pierres précieuses reprenant le motif ajouré de la ceinture.
     Le premier jour, un cortège emmène la promise dans la famille de son futur mari. En tête, on place les voitures dans lesquelles prennent place les personnes âgées ainsi que les personnes les plus respectées du village, ensuite viennent à pied les hommes mariés d'âge mûr puis les garçons célibataires et enfin les jeunes filles. Trois garçons, choisis au préalable pour leur bonne santé, leur beauté et pour le fait qu'ils ne sont pas orphelins, auront la charge d'entrer dans la chambre de la jeune fiancée pour lui présenter les souhaits traditionnels avant de l'emmener prendre la première place du cortège. Les Ingouche étant convertis à l'Islam depuis le XIXe siècle, c'est le mollah qui donne alors une première bénédiction. La famille de la jeune fille ne prend pas part au cortège, ils font la fête chez eux.
     À son arrivée dans la cour de la maison de son futur époux, la jeune fille reçoit la deuxième bénédiction religieuse. Le mollah lui tend alors un mouchoir de son fiancé et lui expose tous les devoirs qu'elle aura envers lui. Quand elle pénètre dans la maison de son fiancé, plusieurs épreuves l'attendent. En premier, un balai, posé sur le sol, barre l'entrée, elle doit absolument le déplacer si elle veut que l'on sache qu'elle est une bonne ménagère. Puis un enfant vient à sa rencontre, il faut qu'elle l'accueille agréablement mais sans paroles et qu'elle lui donne quelques pièces de monnaie, prouvant ainsi qu'elle sera une bonne mère.
     La fiancée doit rester muette, elle n'a pas encore le droit de parler. Les hommes en profitent, ils s'approchent d'elle, lui soulèvent son voile et font des plaisanteries plus ou moins aimables sur sa personne dans le dessein de la faire parler. C’est nuskalg mot bastit autrement dit « ouvrir la langue de la fiancée ». À ces quolibets, la jeune femme ne répond rien mais tend de menus présents, notamment des mouchoirs de baptiste qu'elle a brodés afin que l'on puisse juger de son degré d'habileté en broderie et en couture. Son trousseau et tous ses biens, sauf quelques valises contenant ses effets personnels, sont exposés à la convoitise de tous. Car il suffit qu'un membre de sa nouvelle famille s'extasie sur un objet pour que la jeune fiancée soit obligée de le lui céder gracieusement.
     Les noces vont durer trois jours pendant lesquels tout le monde s'amuse mais séparément, les femmes d'un côté et les hommes de l’autre. Les femmes ingouches mariées n'ont pas le droit de danser, mais peuvent toutefois regarder les danses des hommes.
     À aucun moment, le fiancé n'apparaîtra. Il a trois jours pour enterrer sa vie de garçon avec ses amis. Après le troisième jour, la cérémonie religieuse se déroule alors puis on crée une certaine intimité pour que les jeunes époux puissent consommer le mariage, la fiancée devant évidemment être vierge.

© texte Françoise Guérin (CNRS-LACITO)
© cliché fait par un photographe professionnel ingouche en 1965, donné ultérieurement à F. Guérin

Lieu : Asie, Russie, Ingouchie - Langue : ingouche

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photoSemaine du 07 au 13 juin 2010 to up

corps-de-garde

Séjour en pays shiwa (Gabon) : 6. abáá « le corps de garde »

     Chez les Fang (Gabon, Cameroun, Guinée équatoriale), le corps de garde est une case destinée aux hommes. Chaque village comporte plusieurs clans et chaque clan a généralement son propre corps de garde. Autrefois, chaque homme du clan construisait une maison pour son épouse et vivait au corps de garde avec les autres membres de son clan (ses « frères »). Les femmes du clan (épouses des membres d’un même clan) apportaient la nourriture au corps de garde pour l’ensemble du clan et éventuellement pour les étrangers de passage.
     C’est au corps de garde que se tiennent les palabres*, c’est au corps de garde qu’on reçoit les étrangers, c’est au corps de garde qu’on éduque les garçons à travers les contes et les légendes, c’est devant le corps de garde qu’on pratique la circoncision, c’est au corps de garde qu’on joue du mvett (instrument à cordes accompagnant des récits guerriers du même nom), c’est le corps de garde qui sert de poste de surveillance pour la protection du village. Il est en effet construit à un endroit stratégique d'où on doit apercevoir les deux extrémités du village et éventuellement donner l'alerte en cas d'attaque extérieure (en temps de guerre et pendant la traite des esclaves).
     En somme le corps de garde est le cœur du village fang.
*Les palabres sont des audiences organisées par le tribunal coutumier pour résoudre un problème concernant des membre de clans différents. On peut également parler de palabre dans le cas de conseils de famille (conseil de clan). Il y a donc palabre intraclanique (conseil de famille) et palabre interclanique (audience).

© Régis Ollomo (CNRS-LACITO, été 2009)
Lieu : Afrique, Gabon, pays shiwa – Langue : shiwa

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photoSemaine du 31 mai au 06 juin 2010 to up

olives

Cabanon à olives, Tawrirt Musa Wamar (Grande Kabylie, Algérie)

    L'olivier est l'un des deux principaux symboles de la Kabylie qui est la plus grande région productrice d'olives en Algérie.
    Les oliveraies sont situées sur des terrains escarpés. Le ramassage des olives a lieu entre septembre et décembre. La cueillette des olives mobilise toute la famille.
    Sur la photo, on aperçoit une cabane faite de quelques planches de bois et d’un toit de tôle. Cette construction est un refuge pour les cueilleurs éreintés et leur permet de se réchauffer, surtout en décembre. C’est aussi l’occasion de travailler en festoyant, et de mettre à l’épreuve le tiwizi, une des obligations du code de l’honneur : les familles ayant achevé leur travail tôt aident leurs voisins dans la cueillette des olives. La solidarité permet de faire face ensemble à une nature hostile et de renforcer les liens sociaux.

© Linda Bellahsene (CNRS-LACITO, mai-juin 2009)
Lieu : Afrique, Algérie, Grande Kabylie – Langue : kabyle

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photoSemaine du 24 au 30 mai 2010 to up

retour-des-champs

Séjour en pays shiwa (Gabon) : 5. Le retour du champ

     Cette photo, prise à Thoo-Effack, village fang du Nord-Gabon, représente une femme revenant le soir de ses activités champêtres.
     La hotte est recouverte d’un pagne car elle comporte des aliments délicats qu'il fallait protéger du soleil, ou des produits que la femme a préféré garder à l'abri des regards.
     La hotte des femmes comporte généralement du bois de chauffage ainsi que les principaux ingrédients du repas du soir.

© Régis Ollomo (CNRS-LACITO, été 2009)
Lieu : Afrique, Gabon, pays shiwa, Thoo-Effack – Langue : shiwa

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photoSemaine du 17 au 23 mai 2010 to up

plume-poisson

Le bal des poissons (La Pedrera, Colombie)

     Chaque année, à la fin novembre, les Indiens Yucuna organisent les danses des poissons (jiña yale) qui durent deux jours et deux nuits. Cette photo représente le bal qui eut lieu près de La Pedrera sur le bas du Caqueta (en Amazonie colombienne) les 18 et 19 novembre 1998. Selon le mythe d’origine de cette fête, ce seraient les poissons qui auraient directement enseigné les danses et les chants de la cérémonie aux Indiens Arewetu (une tribu aujourd'hui disparue) après que ces derniers leur avaient dérobé leur coffret à plumes. Ces plumes, portées par les danseurs, sont considérées comme sacrées et ne peuvent absolument pas être touchées par les femmes ni par les non initiés. Elles sont considérées comme "l'incarnation" des poissons aidant les danseurs à se rappeler leurs chants.
     En dehors des chants propres à la fête, chaque danseur invité doit échanger des dialogues cérémoniels avec les hommes représentant les familles des hôtes et cela à différentes étapes du rituel : à l’arrivée des invités, lors des dons de nourriture et de coca à mâcher, et au moment du départ. Ces dialogues rappellent les règles de la cérémonie : les hôtes doivent offrir nourriture et coca en abondance, tandis que les danseurs doivent exécuter leurs chants et danses exactement comme le faisaient leurs ancêtres, supposés avoir été également invités pour les regarder et les juger. On dit que tout manquement aux règles peut entraîner leur malédiction…

© Laurent Fontaine (CNRS-LACITO, 18 novembre 1998)
Lieu : Amérique du Sud, Colombie, La Pedrera – Langue : yucuna

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photoSemaine du 10 au 16 mai 2010 to up

tagragra

Vue depuis Tawrirt Musa Wamar (Grande Kabylie, Algérie)

     Tawrirt Musa Wamar est situé à 850 m d’altitude. C'est un village de la commune de Aït Mohamed dans la daïra* de Aït Douala, elle-même comprise dans la wilaya** de Tizi Ouzou. Le climat, continental, se caractérise par un été très chaud et un hiver froid.     
     Depuis Tawrirt Musa, on aperçoit un autre village, Tagragra dont la population s'élève à 1000 habitants.
    Tagragra fait partie des nombreux villages perchés sur les hauteurs du massif montagneux bordant l'oued Asif At Âsi. Il est situé en contrebas de Tizi Hibel (un autre village non visible sur la photo) et on aperçoit en arrière-plan la chaîne de montagne Adrar n Jerjer [Djurdjura] dont une partie découpée au sud-ouest est surnommée Thaltat "la main du Juif" (à gauche sur la photo).
     Bergers et paysans pauvres ont une véritable vénération pour la montagne qu'ils personnifient en la prenant souvent à témoin : ils la désignent de l'index en s'écriant : "Aheq adrar ihin" (Je le jure par la montagne là-bas).
     Mais la montagne est aussi synonyme d'âpre labeur : on dit que les habitants, pour obtenir le maximum d'une terre généralement incultivable, allaient jusqu'à s'attacher à une corde pour pouvoir travailler les pentes à forte déclivité. Pour accroître leurs maigres ressources, les paysans partaient se louer à des propriétaires céréaliers : chaque année, ils descendaient des montagnes pour aller faire les moissons en plaine.
     Aujourd'hui, les villages vivent en partie grâce à ceux qui se sont exilés dans les grandes villes algériennes, ou en France ou encore outre-Atlantique.

*daïra : circonscription administrative.
** wilaya : collectivité territoriale ; il y en a 48 en Algérie.

© Linda Bellahsene (CNRS-LACITO, mai-juin 2009)
Lieu : Afrique, Algérie, Grande Kabylie – Langue : kabyle

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photoSemaine du 3 au 9 mai 2010 to up

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Séjour en pays shiwa (Gabon) : 4. Thoo-Effack, un village fang

     Le village Thoo-Effack se situe à une trentaine de kilomètres de la ville d’Oyem (Nord du Gabon). C'est le prototype même du village fang contemporain.
     Nichées dans la forêt équatoriale, les maisons présentent une architecture hybride alliant des matériaux traditionnels locaux à des matériaux occidentaux. Elles sont en terre séchée ou en planches, recouvertes de paille ou de tôle, crépies, imbibées de peinture…
     Le mobilier est composé aussi bien de traditionnels sièges en bois que de fauteuils achetés dans les villes voisines. Certaines maisons sont alimentées en électricité, équipées de postes téléviseurs, de réfrigérateurs, etc.
     Le mode de vie des populations est le reflet de la vie des populations fang actuelles. Elle est partagée entre valeurs traditionnelles et contraintes de la vie moderne.

© Régis Ollomo (CNRS-LACITO, été 2009)
Lieu : Afrique, Gabon, pays shiwa, Oyem – Langue : shiwa

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photo Semaines du 19 avril au 02 mai 2010 to up

tanzanie15

Peinture rupestre (- 3000 av. JC), région de Kolo, Tanzanie

     La région de Kolo, au centre de la Tanzanie, comporte de nombreuses peintures rupestres datant de plus de 3000 ans avant notre ère. Il est difficile d'identifier les auteurs de ces peintures, car de nombreuses ethnies habitent cette région, parlant des langue couchitiques, nilotiques ou bantu, ou encore des langue "à clics" – deux en l'occurrence, le hadza et le sandawe. On suppose que les artistes étaient les ancêtres soit des Hadzabe, soit des Sandawe, car les peintures sont très semblables à d'autres découvertes en Afrique du Sud, réalisées par des groupes de chasseurs-cueilleurs parlant eux aussi des langues à clics.
    La couleur rouge qui a si bien résisté au temps est un mélange d'oxyde de fer et de graisse animale.

© Margaret Dunham (CNRS-LACITO, 2005)

Lieu : Afrique, Tanzanie, région de Kolo

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photo Semaine du 12 au 18 avril 2010 to up

everest

Everest Sumit taken from the Tibetan Autonomous Region, China

The Sherpas are a people of Tibetan origin and cultural affinities. They migrated from eastern Tibet in several different waves in the 16th through 18th centuries, and settled in the present Solukhumbu area of Nepal, south of the Himalayas, near Mt. Jomolangma (Mount Everest).

The Sherpa language belongs to the Tibetic family, which comprises at least 25 languages and more than 200 hundred dialects. These varieties share a common history: they are all derived from Old Tibetan, a language attested at the time of the Tibetan Empire (7th-9th centuries). Within Tibetic, the Sherpa language is comprised of several dialects, named for the areas in which they are spoken: Shorong (Nep: Solu), Pharak, Khumbu, Rolwaling, and Dram.

Sherpa phonology and vocabulary bear many similarities with the Tö and Tsang dialects of the Ü-Tsang or “Central Tibetan” language, which are spoken on the northern side of Jomolangma (Mount Everest). Some Kham influences can also be identified, as well as a few features shared with Dzongkha and Drenjong, two Tibetic languages spoken south of the Himalayas, predominantly in Bhutan and Sikkim. As far as morphology and syntax are concerned, one may also observe similarities with Tö and Tsang, but Sherpa has undergone its own evolution, especially in terms of verb morphology. The influences of the Tö, Tsang, and Kham dialects on Sherpa can be explained by historical factors: the Sherpa migrated from Tibet via Kham (in eastern Tibet) to Tö (in western Tibet) before settling in the present Solukhumbu area.

(See: Tournadre, Sherpa, Chodrak & Oisel, 2009, Sherpa-English English-Sherpa Dictionary with Literary Tibetan and Nepali Equivalents, Vajra pub.; presentation here)

© Guillaume Oisel (CNRS-Lacito, 2007)

Lieu : Asie, Chine – Langue : sherpa

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photoSemaines du 29 mars au 11 avril 2010 to up

incantation

L’incantation du sel végétal

     Chez les Indiens yucuna d’Amazonie colombienne, les soins chamaniques se pratiquent essentiellement au moyen d’incantations – des paroles secrètes censées avoir des effets magiques –, généralement très longues (plus de six heures), d’un genre lexical et syntaxique spécifique, et d’une prosodie particulière (certaines parties sont chantées). Tout en se référant en permanence à la mythologie, les incantations sont à la fois encyclopédiques (du fait qu’elles doivent nommer, décrire et situer tous les éléments de la nature) et poétiques (en raison de leur langage métaphorique).
     Sur cette photo, nous voyons un soigneur en train de réaliser l'incantation d'un « baptême » de sel végétal (jiwi maná), un rituel destiné à assurer la protection d'un enfant, et à la fin duquel on donne un nom à ce dernier en présence de ses parents et de son parrain.
     Comme beaucoup d’autres populations de l’Amazonie, les Yucuna ont réussi à subsister dans cette gigantesque jungle en fabriquant du sel à partir des cendres de différents types de plantes. Ici, le sel a été préparé la veille, puis ajouté à de la viande qui a été bouillie durant la nuit. Le soigneur doit disposer de coca à mâcher en quantité suffisante pour lui-même (sur la photo, dans le pot en plastique blanc à couvercle orange) et de cendres de termitière pour en faire absorber à l’enfant (dans le sac en écorce à côté de la calebasse de bouillon). Il nomme alors tous les maîtres des végétaux et animaux afin que l’enfant puisse manger leurs aliments tout au long de sa vie.
     Le soigneur commença l’incantation vers 8 heures du matin et la termina vers minuit (il ne fit que quelques courtes pauses). Il était dissimulé et isolé du reste de la maisonnée par des paravents, car les femmes et les enfants n’ont pas le droit de le regarder.

© Laurent Fontaine (CNRS-LACITO, août 2009)
Lieu : Amérique du Sud, Colombie, Amazonas, La Pedrera – Langue : yucuna

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photoSemaine du 22 au 28 mars 2010 to up

jumeaux

Séjour en pays shiwa (Gabon) : 3. Jeunes jumeaux makina

     Les populations shiwa ou makina (ce qui signifie « je dis que » en langue shiwa) vivent essentiellement dans la région de l'Ogooué Ivindo, dans et autours des communes de Booué, Makokou et Ovang (nord-est du Gabon).
     Cette photo représente des jumeaux jouant dans la cour.
     Dans la culture shiwa, les jumeaux ainsi que leurs parents (particulièrement la mère) occupent une place privilégiée au sein de la communauté.
    Tout un mystère entoure les jumeaux. Leur naissance donne lieu à des rituels particuliers destinés à leur protection et à celle de leur village.
    La société confère aux jumeaux un caractère quasi sacré et leur mère est particulièrement respectée. Pour les Shiwa, donner la vie est un privilège, donner concomitamment deux vies est sacré.

© Régis Ollomo (CNRS-LACITO, été 2009)
Lieu : Afrique, Gabon, pays shiwa, région de l'Ogooué Ivindo – Langue : shiwa

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photoSemaine du 15 au 21 mars 2010 to up

population

Un mariage chez les Deuri (Inde)

     Les Deuri (ou Deori) sont un groupe "tribal" d'Assam (Nord-Est de l'Inde). Ils sont quelques dizaines de milliers de personnes, dont une partie importante parle la langue deuri (cf. F. Jacquesson, Le deuri, langue tibéto-birmane d'Assam, 2005 ici). Outre leur propre langue, ils possèdent un système de clans régulant les possibilités de mariage. On se marie en blanc, avec turban et parapluie – une coutume qui date de l'Assam des Ahom. Chaque conjoint est accompagné d'un assistant. La photo a été prise à Bordeurigaon, le principal village de cette communauté.
     Un atelier international, intitulé Population et changement linguistique, aura lieu le 26 mars 2010 au Lacito, au Campus CNRS de Villejuif.
      Avec plusieurs invités de grande renommée, cet atelier vise à enrichir les connaissances actuelles sur les multiples relations entre la démographie des populations et le rythme du changement.
      Cette troisième journée d'études poursuit la réflexion menée au Lacito autour des corrélations entre les changements linguistiques et leur contexte social.

© François Jacquesson (CNRS-LACITO, avant 2005)

Lieu : Asie, Inde, Assam, Bordeurigaon - Langue : deuri

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photoSemaine du 8 au 14 mars 2010 to up

pecheurshiwa

Séjour en pays shiwa (Gabon) : 2. Pêcheur shiwa présentant fièrement sa meilleure prise du jour

      En arrière-plan, une femme pilant des noix de palme.
     Cette photo résume assez bien la distribution des taches en pays shiwa : les hommes chassent et pêchent, les femmes cultivent les champs et font la cuisine.
     La pêche est l'une des principales activités des populations vivant sur les rives de l'Ogooué. Si la pêche dans l'Ogooué est essentiellement masculine, les femmes pratiquent, pour leur part, ''la pêche au barrage'', dans les rivières.
     La photo a été prise au village de Linzé, à quelques kilomètres de la commune de Booué.

© Régis Ollomo (CNRS-LACITO, juillet 2009)
Lieu : Afrique, Gabon, pays shiwa, Booué – Langue : shiwa

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photoSemaine du 1er au 7 mars 2010 to up

foireauxlivres

'Book festival' ou 'Salon du Livre' façon birmane

    Le birman est une langue à tradition écrite. Les premiers textes connus datent du XIIe siècle (stèle de Myazedi).
      De nos jours, une distinction existe entre la langue parlée – ou langue vernaculaire – et la langue écrite – ou langue littéraire. En fait, tout document écrit doit l'être en langue dite « littéraire » : discours officiels, écrits administratifs, romans, mais aussi journaux, inscriptions, panneaux de signalisation...
     Quelques exceptions à cette règle : les bandes dessinées, les interviews, les dialogues des textes littéraires et certains romans sont écrits en langue vernaculaire. En effet, les années 70 virent la naissance d'un mouvement littéraire prônant une littérature en langue « parlée » (ou vernaculaire), accessible à un plus grand nombre. Originaire de Mandalay (ville de Birmanie centrale), le mouvement à vocation populaire n'eut pas l'audience souhaitée au sein du grand public, quoique un petit nombre d'auteurs écrivent aujourd'hui encore des romans ou des nouvelles en langue vernaculaire. Nous pouvons noter cependant une évolution récente dans la presse (par ex. journaux de mode) qui s’est considérablement developpée depuis une dizaine d’années ; elle comporte de plus en plus d’articles en langue vernaculaire.
      La distinction entre les deux idiomes – littéraire et vernaculaire – semble avoir été beaucoup plus marquée autrefois, si l’on en croit les témoignages des Occidentaux en poste en Birmanie au XIXe et XXe siècle. La langue littéraire, au contraire de la langue courante, avait en effet très peu évolué entre le XVe siècle et le début du XXe siècle. Cependant l’avènement et le développement des médias (journaux, magazines...) l’ont amenée à se rapprocher de la langue vernaculaire. Aujourdhui, la différence essentielle entre langue littéraire et langue vernaculaire réside dans l'existence d'un double système de particules grammaticales (marques verbales de fin de phrase, marques syntaxiques et connecteurs) généralement distinctes.
      Sur la photo : à Yangon (Rangoun), au bord du lac Kandawgyi, sous un soleil torride, a eu lieu, début janvier, le 'Book festival' ou 'Salon du Livre' birman. Durant une semaine, les éditeurs et libraires de Rangoon avaient la possibilité d'avoir un stand pour présenter et vendre leurs productions. Publications récentes et d'actualité, livres anciens et rares, photocopies d'ouvrages introuvables, il y en avait pour tous les goûts.

© Alice Vittrant (CNRS-LACITO, janvier 2010)

Lieu : Asie, Birmanie/Myanmar, Rangoun – Langue : birman

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photoSemaine du 22 au 28 février 2010 to up

ogooue

Séjour en pays shiwa (Gabon) : 1. L'Ogooué

     La photo est prise à bord d'une pirogue, près du village Agnegeke, à quelques kilomètres de la commune de Booué, au nord-est du Gabon, en ''pays shiwa''.
     Le fleuve Ogooué, le plus long du Gabon, traverse une grande partie du pays. Avant la construction de la route et du chemin de fer, il constituait la principale voie d'accès vers l'intérieur du pays.
     Aujourd'hui les populations shiwa, saké, kota, ndambomo, fang et okandé vivant sur les rives de l’Ogooué y pratiquent la pêche et les compagnies forestières l'utilisent pour transporter le bois.

© Régis Ollomo (CNRS-LACITO, juillet 2009)
Lieu : Afrique, Gabon, pays shiwa – Langue : shiwa

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photo Semaine du 15 au 21 février 2010 to up

konya

Vendeur de bétel (Rangoun)

Le bétel (ou konya konya en birman, comme on le trouve écrit sur les panneaux), est constitué normalement de noix de bétel écrasées et de chaux (ainsi que d'autres petits ingrédients sucrés), le tout enrobé dans une feuille de bétel. On le garde en bouche, on le mâche sans l'avaler et on en recrache un peu de temps en temps, ce qui laisse la bouche et les dents toutes rouges (malheureusement le sol est aussi taché de rouge). On trouve ces vendeurs de bétel à tous les coins de rue. On peut leur acheter d'autres sucreries comme des bonbons, des fruits séchés et même des médicaments (contre le rhume, la toux…. cf. la publicité pour les Coldcap caplets sur la photo).

© San San Hnin Tun (CNRS-LACITO)

Lieu : Asie, Myanmar/Birmanie, Rangoun – Langue : birman

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photo Semaine du 08 au 14 février 2010 to up

mais

Stockage d'épis de maïs au village de Mukli (Népal)

Le riz, le maïs et le millet constituent la base de l'alimentation thulung. Contrairement aux autres céréales, il n'y a pas de terme spécifique pour maïs et les Thulung utilisent le terme makai, emprunté au népali.
La photo montre le système ingénieux qu'ils ont conçu pour conserver le maïs : le support est fabriqué en bambou et garde le maïs en hauteur. Cela le met ainsi à l'abri des insectes rampants, des animaux et de l'humidité du sol.

© Aimée Lahaussois (2000)

Lieu : Asie, Népal, Mukli – Langue : thulung rai

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photo Semaine du 1er au 07 février 2010 to up

nommer

Traces de pas d'un ours blanc dans la neige (Nunavut, Arctique canadien)

     «  Les traces de l'ours constituent une précieuse source d'information sur ses caractéristiques et ses intentions : espèce, sexe, âge, état physique…
      Toutes les nouvelles empreintes sont attentivement examinées pour déterminer leur fraîcheur, en tenant compte des conditions atmosphériques. En premier lieu, il s'agit de décider si la poursuite doit ou non continuer, avec des chances raisonnables de réussir. »

Photo et texte sont extraits de l'exposition « Nommer son milieu naturel », organisée par le Lacito en 1987 : panneau Les animaux et les Inuit.

© Vladimir Randa (1987) – transformation en document numérique : Laurent Venot

Lieu : Amérique du Nord, Canada, Nunavut – Langue : inuktitut

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photo Semaine du 25 au 31 janvier 2010 to up

mukli

Vue depuis le village de Mukli (Népal)

Les Thulung Rai vivent dans les Middle Hills à l'est du Népal, dans la partie occidentale de la région kiranti. On pense qu'ils sont originaires du village de Mukli. Ce dernier est situé sur la pente d'une colline, au point de rencontre des rivières Dudh Kosi (une rivière importante à l'est du Népal dont la source est située au cœur de l'Everest) et Solu Khola.
Les autres villages thulung, Tingla, Deusa, Lokhim, Jubu et Kangel, sont tous situés à quelques heures de marche de Mukli. Ils sont à une altitude peu élevée (aux environs de 1500 m.), parsemés tout au long du versant de la vallée. Chaque maison est entourée de cultures en terrasses, où sont cultivées principalement des céréales comme le riz, le maïs ou le millet.

© Aimée Lahaussois (2000)

Lieu : Asie, Népal, Middle Hills – Langue : thulung rai

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photoSemaine du 18 au 24 janvier 2010 to up

mixtecaalta

Mixteca Alta (Mexique)

     Les derniers locuteurs de l’ixcatèque vivent dans la Mixteca Alta de l’État de Oaxaca (Mexique). L’ixcatèque, langue à tons, n’est connue que par les travaux de R. Weitlainer (1939, non publiés) et ceux de M. T. Fernandez de Miranda (1959, 1961). Récemment, un effort de documentation a été entrepris par M. Swanton (U. de Leiden et U. de Oaxaca, diachronie et lexique) et D. Costaouec (U. Paris Descartes, phonologie et syntaxe). Il est notamment prévu, dans le cadre d’un programme majeur de documentation financé par le HRELP-ELDP, de réaliser 50 h. de vidéo annotée et traduite. Ce programme sera enrichi par des collaborations avec C. DiCanio (Fondation Fyssen et U. Lyon II-CNRS, tonologie), S. Rangel Landa (UNAM, ethnobotanique), N. Johnson (CIESAS, anthropologie) et E. Adamou (CNRS, syntaxe et phénomènes discursifs).

© Evangelia Adamou (CNRS-LACITO, 2009)

Lieu : Méso-Amérique, Mexique, Mixteca Alta - Langue : ixcatèque

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photo Semaine du 11 au 17 janvier 2010 to up

nommer

Nommer son milieu naturel

      « Sous toutes les latitudes, l'homme a toujours vécu dans et par son environnement naturel. Seuls les citadins, de nos jours, ne connaissent plus de la nature dont ils sont issus qu'eux-mêmes et quelques animaux familiers ou des plantes d'appartement exotiques dont le nom même leur échappe. Le reste du monde vit encore à l'heure du chant des coqs, au temps des floraisons.
     Agriculteurs ou éleveurs, chasseurs-cueilleurs, tous ont du milieu naturel qui les entoure une connaissance profonde, indispensable à l'exploitation qu'ils en font, pour leur vie quotidienne. Cette Nature où l'homme est immergé lui fournit sa subsistance et lui permet d'aménager et d'élaborer sa Culture. En revanche, elle exige de lui des attitudes, des comportements, des soins qui suscitent réflexion et conceptualisation. Monde animal et monde végétal proposent des modèles, provoquent des identifications. Projections de l'humain sur la nature ou nature exemplaire, sont les fondements de l'idéologie des sociétés.
     À travers son expression linguistique, chaque société montre comment elle perçoit et conçoit son environnement. Nommer son milieu naturel, c'est révéler ses choix, ses conceptions, l'importance que la société accorde à ce milieu, comment elle l'exploite et l'organise. C'est parfois dévoiler son histoire. »

Dessin et textes sont extraits de l'exposition « Nommer son milieu naturel », organisée par le Lacito en 1987 : panneau Nommer son milieu naturel (introduction).

© texte et image : Yves Moñino (CNRS-LLACAN), 1987 – transformation en document numérique : Laurent Venot

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photo Semaine du 04 au 10 janvier 2010 to up

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Jeunes mariés faisant partie des notables de Liti (= Aivati), Empire ottoman, fin 19e siècle

L’abandon de la variété slave de Liti au profit du grec débute dans les milieux scolarisés et s’amplifie au 20e siècle lors de l’intégration de la région à la Grèce moderne (1912-1913). Ce phénonème n'est pas spécifique à la Grèce mais constitue une tendance générale dans le monde entier.

Aujourd'hui et depuis une vingtaine d'années, les programmes de documentation de langues menacées sont particulièrement développés dans un souci de préserver le patrimoine immatériel de l’humanité.
Le programme ANR-DFG EuroSlav 2010 vise la création d’une base de données électronique pour des variétés slaves, en voie de disparition, situées dans des pays européens non slavophones. Il s’agit notamment de cinq variétés parlées en Italie (slave de Molise ou na našu), en Autriche (croate du Burgenland), en Allemagne (sorabe supérieur courant) et en Grèce (Liti ou našta et Hrisa). Ces variétés ne sont pas de simples dialectes des langues les plus proches pour lesquels il suffirait de signaler les écarts comme des traits archaïques. Elles présentent de nombreuses innovations, voire des phénomènes inattendus pour des langues slaves, et, surtout, elles sont riches en phénomènes dus au contact de langues. Le corpus - associant son, gloses et traduction - sera intégré au programme "Archives orales" du Lacito-CNRS et à la plate-forme du CRDO (Centre de ressources pour la description de l’oral).

Coordinateurs : E. Adamou et W. Breu (Université de Constance)
Participants : G. Drettas (CNRS), L. Scholze (Université de Constance) et S. Pawischitz (Université de Constance).

© Evangelia Adamou (archives familiales, fin 19e siècle)

Lieu : Europe, Grèce, Liti – Langue : nashta

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Accès aux autres années : 2007 - 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013 - 2014 - 2015 - 2016

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