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à tradition orale
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Lacito : les images en 2012

 

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photo 22 octobre 2012 to up

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Cavaliers touaregs, Agadez (Niger)

Le 26 octobre 2012 a eu lieu au CNRS (Villejuif), la Journée d'étude internationale sur "Le berbère dans une perspective typologique".

   La journée d'étude réunira des linguistes berbérisants spécialistes d'aires géographiques variées et de différents domaines linguistiques. Lors de cette rencontre, ils ont été invités à envisager les langues berbères dans une perspective typologique.

   Plus d'informations sur la page de présentation.

© Cécile Lux (août 2009)

Lieu : Afrique, Niger, Agadez - Langue : berbère (tamasheq)

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photo 1er octobre 2012 to up

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Détail d'une monnaie âdi que l'on montre à la famille
en présentant la coutume[1] préparée (Baala, vallée de Po). -- À droite, étui du âdi (Goa)

   Pour les Kanak, la notion de richesse est souvent d'ordre symbolique et elle se concrétise dans l'accumulation de pouvoirs rituels, de relations d'alliance (matrimoniale ou politique) et de biens réservés aux échanges. Ces biens sont constitués essentiellement par les ignames, les taros, la monnaie traditionnelle, etc., c'est-à-dire « tout ce que le Kanak possède par son travail et pour les échanges ». Et, dans les représentations des richesses kanak(2), la monnaie de coquillage kanak, âdi en paicî, est un présent coutumier des hommes et cèmwäu, la jupe de fibre, présent coutumier des femmes, est considérée comme son épouse. C'est la raison pour laquelle nous considérons en français le mot âdi comme masculin. Aujourd'hui, les femmes ne disposent plus de jupe de fibre et donnent aussi des âdi dans les coutumes.
   Les monnaies de coquillage sont des colliers de perle de coquillage, d'os de roussette, enfilés sur un cordon généralement en poils de roussette tressés. On peut décomposer rapidement la monnaie en trois parties : la tête dite ubé – "tressage de la tête de la monnaie", partie noire, en haut, avec les cheveux –, le corps et les pieds, dans une analogie au corps humain qu'elle est censée symboliser. Il existe différentes sortes de monnaie âdi, avec des valeurs et des usages particuliers, liés à leur longueur, leur couleur et aux matériaux utilisés dans leur fabrication, comme par exemple :
   -- le âdi duu ou monnaie noire, la plus valorisée de tous les âdi ;
   -- le âdi tara ou « monnaie couteau », nom de la monnaie que l'on donne pour ouvrir une nouvelle alliance
   -- le âdi tuu ou monnaie avec une conque marine lisse dite tuu (Charonia tritonis, Linné, 1758).
   Les âdi sont toujours rangés et conservés dans un étui ou une enveloppe, en posant toujours le pied de la monnaie dans l'étui pour finir par la tête. Jadis ces étuis étaient en écorce de bourao (Hibiscus tiliaceus, Linné) et étaient fermées par un cordon de poils de roussette. Aujourd'hui, la laine remplace souvent les poils de roussette.
   La monnaie âdi est un objet qui concentre en lui l'essence même de la culture kanak. Et, pour cette raison, elle est utilisée dans toute cérémonie coutumière, notamment celles liées au cycle de vie (naissances, mariages, décès). À Ponérihouen, à la naissance d'un enfant, l'oncle maternel ne lui souffle pas dans l'oreille, comme il est souvent écrit (cf. Leenhardt). Il y a juste la coutume faite par les paternels aux tontons avec le puwâro-wâro et la monnaie âdi qui a pour objet de prévenir les oncles utérins qu'ils ont un nouveau neveu pour qu'ils s'occupent par la suite de sa vie sociale. Ce que donnent les paternels aux maternels à la naissance d'un enfant, c'est le o-göri-ôômââ kêê, litt. // préfixe instrumental | long | souffle | son, le sien //.

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(1) En français local, le mot "coutume" recouvre plusieurs notions qui dérivent toutes du sens général donné à ce mot :
-- le code traditionnel transmis oralement ou la civilisation kanak,
-- les cérémonies coutumières
-- les présents qui sont échangés, lors des cérémonies ou dans toute autre circonstance, notamment quand on arrive chez quelqu'un, le geste coutumier étant alors fait pour ne pas courroucer les ancêtres et les esprits du lieu.
(2) Les richesses kanak comprennent tous les présents donnés à l'occasion d'une coutume, comme c'est le cas pour les âdi, les nattes ou les jupes de fibres, en association avec les ignames, taros, bananes.
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© Isabelle Leblic (26 octobre 2008 & 13 février 2002)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie, Ponérihouen – Langue : paicî

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photo 17 septembre 2012 to up

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Journée de la citoyenneté à Balaar, le 24 septembre 2011

Le 24 septembre est une journée très marquante de l'histoire du peuple kanak. Ce fut en effet le 24 septembre 1853 que fut proclamée la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par le contre-amiral Febvrier-Despointes au nom de la France. Cette proclamation eut lieu à Balade (Balaar en langue vernaculaire, le nyelâyu), un village situé sur la côte au nord-est de la Nouvelle-Calédonie. Lors de cette cérémonie en 1853, le drapeau français fut hissé et 21 coups de canon tirés en présence de quelques centaines d'habitants kanak et de leurs chefs. La célébration qui eut lieu en 2011 n'est plus en l'honneur du jour qui marque le début de la colonisation française sur cette île et finalement de l'acculturation progressive de ses habitants. Elle célèbre maintenant des valeurs différentes dont celle de la reconnaissance des droits du peuple autochtone kanak et plus encore, cette journée pose la question d'une citoyenneté nouvelle à créer avec les autres communautés présentes sur le territoire calédonien dans un pays de plus en plus en marche vers l'indépendance. Le 24 septembre 2011, le drapeau kanak fut hissé pour la première fois à côté du drapeau français devant la mission de Balade (premier lieu où sont arrivés James Cook puis les missionnaires et enfin les premiers colons français).
   On peut ainsi voir sur la photo l'église de Balade sur une hauteur en arrière-plan. Un peu plus sur la droite, derrière des coutumiers et hommes politiques assis en contrebas, se trouve un monument en pierre marquant le "carré", le lieu même où le contre-amiral a pris possession de l'île. Un groupe de danseurs en pagnes (faits de fibres de bourao teintes) viennent tout juste d'effectuer une danse représentant la case traditionnelle symbolisant l'unité de la maison et ses habitants. Des femmes et des hommes les ont rejoints à la fin, en portant des drapeaux kanak et un long tissu (manou), et chantent en nyelâyu. La journée a été rythmée par des échanges et discours de la part des délégations et représentants coutumiers venus de toute la Nouvelle-Calédonie ainsi que des autorités territoriales. Ce fut aussi l'opportunité de débattre quant à la signification d'être kanak actuellement, mais aussi plus généralement calédonien, ainsi que des perspectives et défis à venir. Comme lors de fêtes culturelles, des danses, des expositions, des activités et repas traditionnels étaient organisés tout au long de la journée.
   Cette célébration à Balade en 2011 peut être mise en parallèle avec un extrait du Préambule de l'accord de Nouméa de 1998, accord issu du combat politique mené par les Kanak pour la réappropriation de leur identité : « Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée "Nouvelle-Calédonie", le 24 septembre 1853, elle s'approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d'Europe et d'Amérique, elle n'établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l'année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux. Or ce territoire n'était pas vide. »

© Aurélie Cauchard (CNRS-Lacito, 24 septembre 2011)

Lieu : Océanie, Nouvelle-Calédonie, Balade – Langues : caac, nyelâyu

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photo 10 septembre 2012 to up

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Les « informateurs »

Tous les linguistes et anthropologues de « terrain » savent qu’on ne fait rien sans ceux qu’on appelle les informateurs (ou -trices). Le vocabulaire anglo-saxon, qui véhicule volontiers une sorte de mauvaise conscience, a abandonné le mot de informant pour des concepts comme "expert local". Le mot "informateur", en français, n’est pas très beau non plus.  Mais de toute façon, l’important ici n’est pas dans le mot, mais dans la personne.
   Les journalistes aussi, qui souvent par nécessité changent de terrain comme de chemise, utilisent des experts locaux (dont parfois des linguistes comme nous), qu’ils appellent des fixeurs : ces gens qui connaissent le quartier et vous indiquent qui interviewer. On leur donne la pièce. Il en va tout autrement pour nos informateurs, à qui en général il est très difficile de donner la pièce, parce qu’ils préfèrent l’amitié. C’est du moins mon expérience en Inde.
   Les linguistes de terrain savent qu’un terrain se construit, souvent sur plusieurs années– au cours desquelles on devient "moins bête" et on connaît mieux les gens. La relation qu’on sait construire avec ses "informateurs" privilégiés est au cœur du métier – et c’est quelque chose qu’il est difficile d’enseigner aux étudiants.
   Le portrait ci-dessus est celui de Biphul Chandra Deori (décédé en 2011). Après que j’avais fini mon premier long terrain chez les Deori d’Assam, il m’a reçu chez lui à Guwahati. C’était un personnage important, mais il était à la retraite. Nous nous sommes ‘pris d’amitié’ l’un pour l’autre et nous avons revu ensemble, mot par mot, pendant d’innombrables longues séances, le lexique que j’avais collecté et qu’il a enrichi de diverses façons. C’était un ami.

© François Jacquesson (CNRS-Lacito, 2006)

Lieu : Asie, Inde, Assam – Langue : deori

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photo juin-juillet-août 2012 to up

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Un des derniers connaisseurs de la langue na de Yongning : Mme Latami Dashilame

     Dans sa jeunesse, mon professeur de langue moso (na) de Yongning, Mme Latami Dashilame, a été l'un des acteurs d'un documentaire-fiction au sujet des gens de Yongning et de leur structure familiale inhabituelle (Le mariage 'A-zhu' chez les Naxi de Yongning《永宁纳西族的阿注婚》). Plus tard, l'un de ses fils est devenu ethnologue, et de nombreux collègues ont rendu visite à sa mère. Elle a vu la culture des Na de Yongning devenir un objet de curiosité, et sa promotion dans l'industrie touristique, dont elle mesure les bons et les mauvais côtés. Ces expériences ont ébranlé certaines croyances que lui avaient transmises ses aînés, par exemple la foi bouddhiste. Elle pratique chaque jour les rituels, mais n'a plus entièrement foi dans la réincarnation. Les récits qu'elle a bien voulu enregistrer reflètent cet entre-deux : comment elle suspend sa croyance en un univers symbolique qui demeure néanmoins le sien.

cliché @Qin Qing (秦晴), 2012 -- texte ©Alexis Michaud (CNRS-Lacito, 2012)

Lieu : Asie, Chine, Yunnan, Yongning – Langue : na

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photo 12 mai 2012 to up

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Le crabe de cocotier, animal roi des îles Torrès (Vanuatu)

     Les îles Torres, au nord du Vanuatu, sont célèbres dans tout le pays pour héberger en abondance un animal, le crabe de cocotier (Birgus latro). Ce crustacé terrestre (krab kokonas en bislama, gutut en langue hiw) se nourrit presqu'exclusivement de noix de coco ; c'est d'ailleurs avec la chair de coco qu'on les appâte pour les attraper, lors des traditionnelles séances nocturnes de chasse dans les montagnes. Ses dangereuses pinces, suffisamment puissantes pour craquer l'épaisse coque des noix de coco, ainsi que ses dimensions parfois imposantes, ont fait de lui un personnage dangereux des contes traditionnels, comme ici à Hiw. Aujourd'hui, l'animal constitue un mets de choix non seulement auprès de la population locale, mais aussi dans la capitale Port-Vila, où de nombreux restaurants touristiques proposent sa chair délicate pour des prix comparables à ceux des homards et langoustes.
     Excepté les saisons où il est protégé pour éviter la surexploitation, les petits avions qui traversent l'archipel comptent souvent des crabes de cocotier à bord : ce commerce avec les restaurants apporte désormais aux îles Torres une part importante de leurs revenus économiques.

© Alexandre François (CNRS-Lacito, août 2007)

Lieu : Océanie, Vanuatu, îles Torrès – Langues : hiw, bislama

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photo 6 février 2012 to up

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Maison traditionnelle du Maramureş (Nord de la Roumanie)

Le Maramureş est une région où abondent de vastes forêts de sapins, de chênes et de hêtres (encore préservées de nos jours). Les maisons traditionnelles, posées sur des fondations de pierres sèches, étaient entièrement construites en bois. On peut voir les tuiles en bois qui recouvrent le toit (dont certaines demandent à être remplacées). La galerie extérieure court sur deux ou trois côtés de la maison, on s'y repose en été, on y entrepose divers denrées, oignons, pommes de terre, plantes aromatiques ou encore bois pour l'hiver… On y fait sécher le linge. C'est aussi un excellent poste d'observation…

© Micheline Lebarbier (CNRS-Lacito, 2009)

Lieu : Europe, Roumanie – Langue : roumain

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photo 23 janvie 2012 to up

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La porte de Thembang

Le village fortifié de Thembang (lat. N 27°20'27", long E 92°23'16") se trouve dans l'Himalaya oriental, un peu au-dessus des 2000 m. C'est un des villages les plus orientaux du domaine d'une langue de type tibétain qu'on trouve aussi dans l'est du Bhoutan, puis à Kalaktang et Dirang, au nord-ouest du pays des Sherdukpen.
    Les Sherdukpen de Rupa (qui parlent une langue tibéto-birmane aussi, mais toute différente) et les "Monpa" de Thembang se considéraient autrefois avec intérêt et se mariaient entre eux. Puis un conflit est né – une plaisanterie très douteuse, dit-on, en serait l'origine – et les troupes de Rupa sont venues assiéger Thembang, ce qui n'était pas une petite affaire. Le chef de la troupe sherdukpen était du clan Musobi, selon l'usage, et il avait fait apporter un canon, emprunté au roi d'Assam. Les boulets ont écrasé une maison, mais une flèche empoisonnée a atteint le guerrier musobi. Il allait laver sa blessure dans le torrent en bas quand il fut capturé, et tué. Son squelette se trouve encore sous une dalle du sol de la Porte nord d'accès à Thembang (cf. photo). Encore aujourd'hui (comme nous l'ont raconté les Musobi de Rupa), les Sherdukpen du clan Musobi refusent de se rendre à Thembang, afin de ne pas offenser les restes de leur ancêtre.

© François Jacquesson (CNRS-Lacito, 2 janvier 2012)

Lieu : Asie, Inde, Arunachal Pradesh, région du West Kameng, Thembang – Langues : sherdukpen, monpa de Dirang

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photo 9 janvier 2012 to up

crepuscule

Pêche au crépuscule (Nunavut, Canada)

Au Nunavut (Arctique canadien), pendant les mois d'été, la pêche à iqaluk (omble chevalier, Salvelinus alpinus), à la cuiller ou au filet, fait partie des occupations préférées des habitants des campements éparpillés sur le territoire. Elle est pratiquée sans distinction de sexe ou d'âge, avec grande assiduité.
   La photo montre une jeune femme gardant son enfant au chaud dans un vêtement à capuche appelé amauti dont la coupe rappelle la tenue traditionnelle (que l'on peut retrouver sur une photo ancienne ici).
   Le poisson est consommé crû, bouilli, séché, plus rarement grillé, sur place mais aussi partagé au retour au village.

© photo : Vladimir Randa (CNRS-LACITO, 5 août 2011)

Lieu : Amérique du Nord, Canada, Nunavut, région d'Igloolik – Langue : inuktitut

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