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Langues et civilisations
à tradition orale
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Lacito : les images du Lacito en 2013

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photo 5 décembre 2013 to up

kanak   kanak2

  Ancêtres kanak à Paris (musée du quai Branly, octobre 2013)

À l'occasion de l'exposition KANAK. L'art est une parole, qui a été inaugurée au musée du quai Branly le 14 octobre 2013, une importante délégation des aires coutumières de Nouvelle-Calédonie s'est déplacée à Paris pour ouvrir l'exposition en effectuant, le dimanche 13 au matin, dans le hall du musée, une cérémonie coutumière afin de permettre aux visiteurs de découvrir les représentations matérielles de leurs ancêtres qui ont traversé l'espace et le temps et tous les objets exposés. Les paroles prononcées lors de cette cérémonie et les gestes qui les accompagnent sont une adresse aux ancêtres kanak. Elles ont donc ici pris la forme d'un discours de deuil, récité en xârâcùù par Damas Patrice Moasadi, enquêteur culturel à l'adck/Centre Tjibaou.
     La cérémonie coutumière a commencé par l'arrivée de la délégation kanak en musique, et au son de la conque utilisée pour appeler les clans à se réunir et rendre les esprits favorables (ce que l'on voit ici sur la photographie). La délégation est venue ainsi « porter le respect » aux ancêtres qui sont là, dans l'exposition. Elle a fait face aux représentants du musée du quai Branly, considérés, dans cette cérémonie coutumière de deuil, comme les personnes qui accueillent. Car, dans toute cérémonie, il y a les invités – assimilés aux maternels – et les maîtres de la maison – les paternels – qui accueillent et sont les premiers à recevoir des présents. Puis un des Kanak, armé d'une sagaie, a reproduit l'attaque faite par l'un des maternels dans les cérémonies de deuil (photo de gauche). Un autre déclame un discours généalogique de deuil en langue xârâcùù. Un tel discours retrace les liens entre la personne décédée et ses paternels et maternels au sens large, soit les lignages des maîtres de la maison et des invités réunis pour cette cérémonie. Cette partie s'est terminée par le lancement de la sagaie dans un bac de terre. Octave Togna, sénateur coutumier de l'aire drubéa-kaponé, a pris ensuite la parole au nom de la délégation pour dire bonjour, ce qui a clos l'entrée des invités dans la cérémonie.
     Stéphane Martin, président du musée du quai Branly, y répond par quelques paroles de bienvenue.
     Puis les échanges de présents coutumiers proprement dits ont commencé ; les Kanak de la délégation ont déroulé leurs présents (nattes, étoffes et une monnaie de coquillages) et Armand Goroboredjo, sénateur coutumier de l'aire paicî-cèmuhî, a pris la parole (en français puis en paicî) pour accompagner leur geste. Il fut suivi par Rival Jawa dit Ako, de l'aire ajië-arho, qui prononça une parole dans sa langue " pour les ancêtres qui ne sont plus là ". Emmanuel Kasarhérou en traduit la teneur. Puis les maîtres de la maison ont étalé sur la natte leurs présents (étoffes, livre, JSO) et Emmanuel Kasarhérou, représentant le musée et donc les maîtres de la maison, a répondu en ajië à la délégation. Durant ce discours, il tenait dans sa main droite une monnaie kanak – enveloppée dans une étoffe – symbolisant les ancêtres décédés présents dans l'exposition, qu'il donna ensuite à la délégation.
     Ensuite, la délégation s'est rendu vers l'exposition pour nouer des " manous ", étoffes de tissu coloré, sur les effigies représentant les huit aires coutumières kanak qui sont exposées à l'entrée (photo de droite). Ce geste, accompagné comme il se doit de paroles, a été effectué en signe de respect envers les ancêtres. La délégation a parcouru ensuite toute l'exposition en musique, ce " bruit " étant adressé aux ancêtres.

© Isabelle Leblic (CNRS-Lacito, 13 octobre 2013)

Lieu : Europe, France, Paris, musée du quai Branly (Exposition "Kanak. L'art est une parole")

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photo 8 juillet 2013 to up

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Rencontre avec les Esprits de la forêt (îles Torrès, Vanuatu)

Une promenade dans les hauteurs de Toga, l'une des îles Torrès au nord du Vanuatu, peut conduire à une rencontre singulière avec les Esprits. Au beau milieu de la forêt se dressent de mystérieux mégalithes sculptés, hauts d'environ 1 m, et que la langue lo-toga nomme dule [t̻ʉlə]. Bien davantage qu'une simple statue, le dule est la manifestation terrestre, sous les traits d'un rocher anthropomorphe, d'une divinité de l'île. À ce titre, ces pierres sont encore craintes de nos jours, et l'on ne s'en approche qu'avec prudence. Jusqu'à une époque récente, chaque mégalithe servait d'autel sacré sur lequel on déposait les offrandes aux esprits, lors de rites de sorcellerie dont les anciens gardent encore le souvenir.
     Enfin, on relate un autre usage étonnant de ces autels de pierre, propre au système ancien de chefferie par grades, dit huqe [hʉkʷə]. Chaque fois qu'un homme initié était intronisé à un grade supérieur, il devait se soumettre à une épreuve de bravoure et d'adresse : juché debout sur le sommet du mégalithe, l'impétrant devenait soudain la cible de flèches acérées tirées par ses compagnons, qu'il devait esquiver sans perdre l'équilibre. S'il survivait à cette cruelle épreuve, le nouveau dignitaire avait fait la preuve de son pouvoir divin – son "mana" – fondement de sa légitimité dans son nouveau statut.

  • Article récent d'A. François, traitant des pierres sacrées (à lire ici, cf. haut de la page 222).

© Alexandre François (CNRS-Lacito, 17 juillet 2007)

Lieu : Océanie, Vanuatu, îles Torrès, île Toga – Langue : lo-toga

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photo 6 mai 2013 to up

pain-et-compagnie pain-et-raisins-secs four-a-pain-vu-de-l-exterieur reserve-fagot-pour-four-a-pain cheminee-four-a-pain palmeraie tissage-de-palmes bateau-bois-palmier tissage-tressage-palmes maison-en-palmes lit-en-palmes

clicchaque miniature peut être agrandie en cliquant dessus ; cliquer à nouveau sur la "pop-up" pour la masquer.

Le pain et sa cuisson à Sanaa (Yemen)

     Le pain occupe un rôle central dans l'alimentation des habitants de Sanaa, comme ailleurs sur les hauts plateaux yéménites. À l'ouest du pays, en Tihama, plaine côtière qui longe la mer Rouge, c'est le riz qui se substitue au pain.
     À Sanaa, on trouve une grande variété de pains (certains sont confectionnés à des occasions particulières, naissances, mariages, fêtes…), mais il en est deux, l'un à base de farine de froment (malūʒ bərr), et l'autre à base de farine d'orge (malūʒ ʃʕajr) qui, associés au plat emblématique de Sanaa et de sa région, la saltah (à base de farine de fenugrec, ħilbah), constituent l'essentiel du repas de midi, le principal repas de la journée. Traditionnellement, le pain était préparé à la maison dans le four à pain, tannūr, qu'on peut encore trouver dans d'anciennes demeures, où il trône dans la cuisine traditionnelle, dajmah, encastré dans un massif de maçonnerie.


Photo 1. Façade extérieure d'une maison noircie par la fumée qui s'échappe par les jours hauts placés dans la cuisine, située de préférence côté nord et nord-est.
Photo 2. Un four à pain traditionnel avec une hotte qui achemine la fumée vers des cheminées.
Photo 3. Un four traditionnel encastré dans un massif de maçonnerie. .
Photo 4. Les deux principales variétés de pain : froment à gauche, malūʒ bərr et orge à droite, malūʒ ʃʕajr

© Samia Naïm (CNRS-Lacito)

Lieu : Moyen-Orient, Yemen, Sanaa – Langue : arabe yéménite

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photo 8 avril 2013to up

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Poétique et jeu de pouvoir au carnaval de Trinidad

Le calypso est de la parole chantée ; la forme est née dans les villes de Trinidad vers la fin du dix-neuvième siècle. Depuis plus d'un siècle désormais le calypso est une des composantes des fêtes de carnaval. Les chansons dont les styles oratoires et musicaux n'ont cessé de se transformer tout au long du dernier siècle, et encore aujourd'hui, se présentent sous la forme de courts récits moraux, parfois grivois, de commentaires politiques, ou de joutes d'insultes improvisées. Les textes et les performances scéniques constituent d'excellentes sources pour l'ethnographie linguistique. Leur analyse permet de montrer, par exemple, que les changements de rythme de la parole chantée, et de leur encadrement musical, opèrent comme des indices de contextualisation de véritables actes de langage et permet de problématiser la question des sens qui sont ainsi communiqués ouvertement ou indirectement.

© Bertrand Masquelier (CNRS-Lacito, janvier 2008)

Lieu : Amérique du Sud, Caraïbes, Trinidad – Langue : anglais de Trinidad

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photo 25 mars 2013 to up

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Organiser des ateliers d'écriture chez les Yucuna

Au sein de la population de langue yucuna (environ un millier de locuteurs), la mythologie n'est plus connue que par une toute petite minorité d'anciens, principalement des guérisseurs (qui sont moins d'une dizaine aujourd'hui).
      Ne pouvant noter, transcrire et traduire, seul, cet héritage oral millénaire, suffisamment rapidement avant que ne disparaissent ces derniers narrateurs, j'ai décidé en 2002 de distribuer des cahiers et des stylos à tous les Yucuna sachant quelque peu écrire en langue yucuna (grâce aux écoles bilingues créées par les linguistes du Summer Institute of Linguistics depuis la deuxième moitié des années 80) et acceptant de rédiger (en yucuna et en espagnol) les récits qu'ils connaissaient, ou de les recueillir auprès de leurs anciens. La quarantaine de cahiers qui me sont revenus m'ont rapidement fait prendre conscience de la grande inégalité qui régnait, d'une part, en matière de connaissance de la mythologie et, d'autre part, dans la maîtrise de l'écriture (aussi bien en yucuna qu'en espagnol).
      Après avoir ainsi identifié les meilleurs narrateurs et rédacteurs, j'ai finalement décidé en 2006 de concentrer quasi exclusivement mon travail avec ces derniers pour recueillir un maximum de textes suffisamment exploitables pour envisager d'être publiés, ce qui m'a permis aussi de minimiser les coûts (car tous les narrateurs et rédacteurs demandaient à être rémunérés, au nombre de pages ou d'heures d'enregistrement).
      Sur la photo, quatre hommes mâchent la coca autour d'une table dans une maloca (grande maison traditionnelle). Tout au fond, le vieux soigneur Mario Matapi (décédé en juin 2011) est assis dans son hamac dans la pénombre. Il est en train de dicter l'Histoire des trois frères blancs* à l'homme à sa gauche, qui saisit le texte sur un Alphasmart 3000.**
      En face de cet homme, César Matapi transcrit le mythe d'origine (Karipú Lakena) en l'écoutant sur le magnétophone MiniDisc qui m'avait permis de l'enregistrer auprès de Mario.
      Au premier plan, Edilberto Yucuna est un soigneur qui a transcrit pour moi bon nombre des mythes de son père, Milciades Yucuna. L'ordinateur portable n'est pas assez autonome pour pouvoir y saisir des récits dans un lieu manquant d'électricité (même si l'éclairage est ici assuré par un panneau solaire que j'avais installé dans la maloca). L'ordinateur n'est là que pour en montrer l'utilisation aux indigènes, et pour stocker les informations recueillies avec l'Alphasmart lorsque le support mémoire de ce dernier est saturé.
* FONTAINE Laurent, 2008, Récits des Indiens yucuna de Colombie. Textes bilingues. L'Harmattan, p. 112-136.
**L'Alphasmart 3000 est un terminal de saisie particulièrement résistant et autonome, permettant de stocker et de transférer des données sur un ordinateur, ou de les imprimer au moyen d'une imprimante externe (c'est Jean-Pierre Caprile qui me l'avait conseillé).

© Laurent Fontaine (CNRS-Lacito, août 2006)

Lieu : Amérique du Sud, Colombie, La Pedrera – Langue : yucuna

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photo 22 février 2013 to up

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Salut Grand Frère... (hommage à Gaby Moentéapo)
[photo : retour des champs pour préparer la cuisson des prémices d'ignames]

Gabriel Téâ Auru Mwâtéapöö dit Gaby est décédé mercredi 20 février 2013 à Nouméa à 68 ans et est enterré aujourd'hui, vendredi 22 février, par un curieux pied de nez du calendrier puisque c'est aujourd'hui la sainte Isabelle ! Par cette image, je veux lui rendre un dernier hommage.
     Gaby était mon "grand frère", Ciè en paicî.
     J'ai rencontré Gaby à la suite des événements de 1984. Militant kanak de la première heure, il avait fondé en 1974 avec Déwé Görödé et Élie Poigoune le "Groupe 1878" qui préfigura en partie le Palika (parti de libération kanak) dont il fut membre actif durant de nombreuses années.
     Gaby a eu un parcours très particulier, en quelques mots ici, infirmier, militant indépendantiste dans l'ADSPPK (association Développement d'une santé pour le peuple en Kanaky), avec auparavant un court passage dans les institutions de la région Nord (dont il avait démissionné, préférant garder sa liberté de pensée et d'action).
      C'est par lui que je suis arrivée un beau jour de septembre 1989 à Ponérihouen, chez ses parents, dans la vallée de Cäba. Je travaillais à cette époque sur le développement économique en milieu kanak : il a été mon premier "guide" dans les vallées de Ponérihouen avant de me laisser chez ses parents, sans que ceux-ci ne soient forcément très contents de m'avoir sur les bras. Ce fut pourtant le début d'une relation très profonde avec toute la famille, à tel point que son père André Mêcêrè me dit un jour, quelques années après, que j'étais désormais sa fille et que je devrais m'appeler désormais Isabelle Mwâtéapöö, ce que m'a confirmé Gaby bien des années après en m'associant à la présentation d'une coutume de deuil de la famille. C'est en hommage aussi à Caa André que mon fils porte le nom de Mêcêrè. En 1989, après m'avoir laissée dans la famille à Cäba, Gaby était reparti à Nouméa pour l'ADSPPK et c'est donc Caa André qui m'a guidée par la suite dans les vallées pour continuer mes enquêtes de parenté.
      Gaby était ce qu'en d'autres temps et d'autres lieux on aurait appelé un "honnête homme". Il lisait énormément et avait une culture à faire pâlir bon nombre de personnes. Et comme son père, il était une mémoire vivante sur la tradition et l'histoire paicî. Il écrivait aussi beaucoup, tant jadis dans les journaux militants Andi ma Dhô, journal du Groupe 1878, puis dans Kanak, journal du Palika, que plus récemment des poèmes et des chansons. Il jouait aussi de la guitare et composait des mélodies pour accompagner ses chants.
      Il était revenu vivre chez lui, après le décès de son père, avec sa soeur Marthe et ses deux neveux, Céu et Patou, qui avaient été adoptés par leur grand-père André.
      Il va nous manquer comme à tous ses proches, et c'est aussi une perte pour le pays kanak.

© Isabelle Leblic (CNRS-Lacito, 23 mars 2007)
Lieu : Océanie, Ponérihouen, vallée de Po, Baala - Langue : paicî

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photo 12 février 2013 to up

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Maison sherdukpen

Cette maison se trouve à Rupa, le bourg principal de l’ethnie sherdukpen, mais on trouverait des maisons semblables aussi à Thungre ou dans de plus petits villages. Les Sherdukpen, qui sont un peu moins de 5000, occupent une dizaine de villages dans le couloir traditionnel de communication entre Assam et Tibet, sur le flanc oriental du Bhoutan, entre 1500 et 2000 m d’altitude. Voir sur le site Brahmaputra.
      Chez les Sherdukpen, les maisons nobles étaient tout en pierres, comme encore aujourd’hui certains dzong (forteresses) de la région, par exemple à Dirang qui en possède un bel exemple. Mais les maisons "en trois parties" sont plus répandues : on y voit une "cave" en pierre, où se réfugient les animaux domestiques ; une partie pour les humains, en bois, normalement faite de grosses planches ajustées sans clou ; et un " grenier" (zo) en nattes de jonc où l’on grimpe par une poutre crantée, et où l’on entrepose les réserves, notamment les grains.
      En fait, notre mot de cave n’est pas bon, puisque rien n’est creusé dans le sol : c’est au contraire la maison habitable qui est surélevée, comme en Assam les maisons tribales sur pilotis (voir ici). En revanche, le mot grenier, dérivé de "grain", est parfait.

© François Jacquesson (janvier 2013)

Lieu : Asie, Inde, Bhoutan - Langue : sherdukpen

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