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Lacito : les images du Lacito en 2014

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photo 25 août 2014 to up  saline

Les salines des tapirs (Colombie)

Les salines d'Amazonie (mawari en yucuna ; salado en espagnol) se rencontrent dans la forêt dense des zones interfluviales. Elles sont riches en minéraux (calcium, magnésium, sodium et potassium) indispensables à l'alimentation des tapirs, pécaris et autres animaux (Lozanno Barrero 2006). En dépit de leur aspect boueux et marécageux, beaucoup d'Indiens d'Amazonie les considèrent comme des lieux sacrés. Pour les Yucuna, chaque saline est généralement un lieu d'habitation des tapirs, une maloca (grande maison plurifamiliale traditionnelle) dans laquelle ces animaux, perçus comme des maîtres de la forêt, boivent du guarapo («alcool d'ananas») pour s'enivrer comme les humains. En été, quand le niveau des rivières est bas et que les lieux pour s'abreuver en pleine forêt se font rares, les chasseurs ont de fortes chances de rencontrer des tapirs dans les salines, surtout s'ils les y attendent la nuit, perchés dans un arbre. Tout chasseur yucuna garde secret la localisation des salines qu'il connaît, car il ne souhaite pas que d'autres personnes viennent décimer ou faire fuir les animaux. Les chasseurs et leurs familles prennent des précautions pour ne pas devenir la proie de la malédiction des tapirs. Ils ne peuvent pas trop en tuer, et les femmes ayant leurs règles ne doivent pas s'approcher des salines, car elles pourraient les souiller (Fontaine 2010 : §60-64).
     Certains guérisseurs yucuna énumèrent dans leurs incantations les lieux de toutes les salines entre l'Araracuara, La Pedrera et le haut Mirití-Paraná (soit un territoire d'environ 40 000 km2). Ils sont les seuls à pouvoir encore réciter de mémoire les noms des nombreux esprits tapirs habitant chacun de ces endroits en suivant l'ordre des cours d'eau (Fontaine 2011). Ces incantations permettent de soigner différentes maladies dans lesquelles les tapirs sont supposés être impliqués (rapt de l'âme, diarrhée, douleurs corporelles).
Références :
-- Lozanno Barrero Carolina María, 2006, Características químicas de salados utilizados por dantas (Tapirus Terrestris Linneo, 1768) en el sureste amázonico colombiano, Tecnogestión 3(1). (ici)
-- Fontaine Laurent 2010 «Agents» ou «patients» ? De l'agentivité des chamanes yucuna d'Amazonie colombienne, Ateliers du LESC 34.(ici)
-- Fontaine Laurent 2011 Les cours d'eau dans les incantations chamaniques des Indiens yucuna (Amazonie colombienne), Journal de la Société des Américanistes 97(1):119-149.

© Laurent Fontaine (CNRS-Lacito, novembre 2013)

Lieu : Amérique du Sud, Colombie, La Pedrera – Langue : yucuna

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photo 29 avril 2014 to up  bomdila

Un plurilinguisme «orienté» au nord-est de l'Inde

La famille réunie ici devant sa maison à Bomdila (Arunachal Pradesh, Inde) comprend le père, qui est un Sherdukpen né à Rupa (voir Dollfus et Jacquesson 2013), et ses deux enfants, avec la fille de sa fille. Ce père, fonctionnaire aux statistiques, a voyagé au gré des postes qu'il occupait. Etant en poste à Shillong, il a épousé une femme du groupe des Khasi, où la matrilinéarité est importante (voir Ramirez 2014). Lui, parle sherdukpen, khasi, hindi, anglais et assamais. sa femme parle khasi, hindi et anglais. A la maison, on parle surtout hindi, avec une bonne dose d'anglais et un peu de khasi. Les enfants parlent principalement hindi entre eux, et la petite-fille hindi seulement, avec un peu d'anglais et peu de khasi. Ainsi, le parler sherdukpen du père s'est effacé chez sa descendance mais, à terme, le khasi maternel se perdra aussi. Toutefois, le fils a écrit un intéressant PhD sur les coutumes de l'ethnie paternelle, parce qu'il devenait curieux de ce qui s'éloignait de lui. Il a fait chez les Sherdukpen son enquête en langue hindi, et la thèse est écrite en anglais.

© François Jacquesson (CNRS-Lacito, 8 janvier 2014)

Lieu : Asie, Inde, Arunachal Pradesh, Bomdila – Langues: anglais, assamais, hindi, khasi, sherdukpen

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