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  Accueil > La recherche au Lacito > Conférences et exposés au Lacito

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Conférences et exposés au Lacito (certains sous forme de vidéo)

 

En 2015

  • 28 avril 2015 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé de François Jacquesson sur Le pronom indéfini, stratège secret du langage (présentation Powerpoint ici)
    Résumé
    Nous présenterons les propriétés des divers types de pronom indéfini dans le système des autres pronoms auxquels ils sont liés, principalement l'interrogatif et le déictique, en nous appuyant sur quelques langues bien connues. Nous examinerons ensuite dans plusieurs contextes culturels et linguistiques le cas des formules légales « celui qui a commis X, il fera Y » (ou : quel que soit celui qui a fait cela, il lui sera fait ceci) qui permet de comparer des énoncés comparables et des fonctions homologues à travers des langues et des cultures très diverses. Nous verrons qu'il est impossible de produire une règle (en mathématique, physique, en grammaire ou en droit) sans la notion et le fonctionnement d'un pronom indéfini, lequel met alors en jeu une logique de corrélation qui, centrale au plan cognitif, est aussi au cœur de la morphosyntaxe des langues.

  • 21 avril 2015 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposé de René Lacroix sur Quand les marques d'accord reprennent un fonctionnement anaphorique : le cas du français,
    -- Résumé
    Ce qu'on peut appeler, au sens large du terme, accord du verbe recouvre trois types de phénomènes. Tout d'abord, les marques de personne peuvent être en distribution complémentaire avec le syntagme nominal dont elles représentent le même argument sémantique. En arabe littéraire, par exemple, le patient du verbe « frapper » peut être représenté par un SN, comme en (1), ou par un suffixe verbal, comme en (2). En revanche, la cooccurrence du suffixe et du SN n'est pas possible (*ḍaraba-hu r-raʒulu l-kalba). 
    (1) ḍaraba                      r-raʒul-u                        l-kalb-a
         frapper.acp.s3sm   def-homme.sg-nom   def-chien.sg-acc 
         « L'homme a frappé le chien. » 
    (2) ḍaraba-hu                           r-raʒul-u
         frapper.acp.s3sm-o3sm   def-homme.sg-nom 
         « L'homme l'a frappé. » 
    Dans un second type de langue, les marques de personne sont toujours présentes sur le verbe, que le SN correspondant apparaisse dans la proposition ou non. C'est le cas dulatin, où l'on peut dire puer clama-t (enfant crier-s3s) « l'enfant crie », ou simplement clama-t « il crie ». Enfin, dans un troisième type de langue, les marques verbales sont toujours présentes et la proposition contient obligatoirement un SN coréférent. Ainsi, en allemand, la phrase er sing-t (il chanter-s3s) « il chante » est grammaticale, ce qui n'est pas le cas de *singt. Le français est généralement considéré comme appartenant à ce dernier type (Creissels 2006, Haspelmath 2001, Siewierska 1999, 2006, Spencer et Luís 2012). Ces trois types de langue représentent différentes étapes d'un chemin de grammaticalisation dont le dernier stade, selon certains auteurs, serait celui qu'illustrent l'allemand et le français.
    Dans cet exposé, je voudrais tout d'abord proposer une autre analyse du français, qui semble relever du type 2 et non du type 3. C'est ce qui apparaît si l'on prend en compte non pas seulement les désinences verbales, mais également les pronoms conjoints (je, tu, il...), que plusieurs tests suggèrent de considérer comme des affixes.
    Dans un second temps, j'aimerais montrer que l'histoire du système verbal du français illustre une évolution particulièrement rare au niveau des langues du monde. Dans cette langue, en effet, les désinences, qui fonctionnaient autrefois comme de pures marques d'accord (type 3), ont retrouvé un fonctionnement anaphorique (type 2). L'histoire du français montre donc que l'évolution du fonctionnement des marques d'accord se fait selon un schéma cyclique et non linéaire. 
    L'exposé sera également l'occasion de présenter les données du laze, langue caucasique du sud offrant un système complexe de marquage de la personne, et de déterminer où se situe cette langue dans la typologie tripartite évoquée ci-dessus.
    -- Abréviations
    acc : accusatif ; acp : accompli ; def : défini ; nom : nominatif ; o3sm : indice d'objet, 3ème personne singulier masculin ; sg : singulier ; s3sm : indice de sujet, 3ème personne singulier masculin 
    -- Références
    Creissels, Denis. 2006. Syntaxe générale, une introduction typologique, volume 1. Lavoisier. 
    Haspelmath, Martin. 2001. The European linguistic area: Standard Average European. In: Haspelmath, Martin, Ekkehard König, Wulf Oesterreicher et Wolfgang Raible (éds).Language typology and language universals, volume 2. Walter de Gruyter.
    Siewierska, Anna. 1999. From anaphoric pronoun to grammatical agreement marker: Why objects don't make it. Folia Linguistica 33/2, p. 225-251. 
    Siewierska, Anna. 2004. Person. Cambridge University Press. Spencer, Andrew et Ana R. Luís. 2012. Clitics. An Introduction. Cambridge University Press.

  • 14 avril 2015 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Exposé de Cécile Leguy (Paris 3-Lacito) sur Les proverbes sont-ils des métaphores ?
    Résumé
    En quel sens peut-on parler de métaphore dans le discours proverbial ? Les énoncés proverbiaux sont-ils métaphoriques en eux-mêmes, ou bien est-ce lors de l’énonciation qu’un énoncé peut être métaphorique ? A partir de l’exemple du proverbe, nous interrogerons la dimension énonciative de la métaphore.
    Références
    -- CHARBONNEL Nanine et KLEIBER Georges (eds), 1999, La métaphore entre philosophie et rhétorique, Paris, PUF. 
    -- CONENNA Mirella et KLEIBER Georges, 2002, « De la métaphore dans les proverbes », in Balibar-Mrabti et Conenna (eds), Nouvelles approches de la métaphore, Langue française n°134, Paris, pp. 58-77. 
    -- LEGUY Cécile, 2005, « A propos de la communicabilité du dire proverbial. Réflexion sur l'aspect métaphorique des proverbes », in Baumgardt et Derive (dir.), 2005, Paroles nomades. Ecrits d'ethnolinguistique africaine (publié en hommage à Christiane Seydou), Paris, Karthala, pp. 99-113. 
    -- MESCHONNIC Henri, 1976, « Les proverbes, actes de discours », Revue des Sciences Humaines, T. XLI, n°163, pp. 419-430. 
    -- PRANDI Michele, 2002, « La métaphore : de la définition à la typologie », in Balibar-Mrabti et Conenna (eds), Nouvelles approches de la métaphore, Langue française n°134, Paris, pp. 6-20. 
    -- RICŒUR Paul, 1975, La métaphore vive, Paris, Seuil. 
    -- TAMBA Irène, 2000, « Le sens métaphorique argumentatif des proverbes », Cahiers de praxématique n°35, Montpellier, pp. 39-57. 

  • 24 mars 2015 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé de Catherine Taine-Cheikh sur (In)définitude et assymétrie morphosyntaxique en arabe
    Résumé
    Dans un certain nombre de parlers arabes, l'opposition entre le défini et l'indéfini repose entièrement sur l'emploi – ou non – de l'article (a)l du défini, tandis que d'autres parlers présentent certains usages d'un (ou de plusieurs) article(s) indéfini(s) – qu'il s'agisse de vestiges de l'ancien article de l'indéfini en (v)n ou de morphèmes divers (wāḥəәd, ferd, ši...) grammaticalisés dans un nouvel usage.
    En dépit de ces différences, la plupart des variétés de l'arabe ont maintenu (au moins dans ses grandes lignes) la distinction entre deux types de marquage de la définitude :
    i) le marquage 'unique' du syntagme d'annexion (complément de détermination nominal), du type
              øN1 + øN2          vs          øN1 + (a)l-N2
    ii) le marquage 'redoublé' du syntagme de qualification (complément de détermination adjectival, avec 'accord en définitude'), du type
             øN1 + øN2          vs          (a)l-N1 + (a)l-N2
    Cette règle a une portée très générale, dont les effets se retrouvent aussi bien dans la construction des numéraux (pour l'expression des noms comptés) que dans la syntaxe des propositions relatives. C'est ainsi qu'on a en principe les mêmes structures de relative, indépendamment du caractère défini ou non du nom-tête, dans les exemples suivants (Badawi, Carter & Gully, Modern Written Arabic. A Comprehensive Grammar, 2004 : 491) :
             • ṭabībatun ˀamrīkiyyatun / lā yabdū ˤalā wajhihā ˀayyu taˤbīrin
             'an American doctor / on whose face no expression appears'
             • al-ṭabībatu l-ˀamrīkiyyatu llāti / lā yabdū ˤalā wajhihā ˀayyu taˤbīrin
             'the American doctor [the one] / on whose face no expression appears'
    Il arrive cependant que le parallélisme soit rompu, soit facultativement (avec le relatif indéfini ma en arabe littéraire — Badawi & al., op. cit. : 510), soit obligatoirement (avec le relatif lli dans le dialecte ḥassāniyya). Ces cas particuliers concernent toujours le pronom résomptif d'objet.
    Mon exposé portera sur ce type de phénomènes (dans l'ensemble des dialectes arabes) et abordera, outre la question du pronom 'de rappel' des relatives :
    – celle des numéraux (passage d'une structure à une autre en fonction du caractère défini ou non du syntagme)
    – celle de la négation (présence ou non d'un second élément en fonction du caractère défini ou non de l'objet)
    – celle de l'ordre SV(O) ou VS(O).
    Il s'agit d'une synthèse exploratoire

  • 23 mars 2015 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposé d'Aurore Tirard (INALCO, LACITO) sur La polydéfinitude en romani d'Albanie 
    -- Résumé
    L'article défini du romani est un morphème libre qui occupe en principe la première place dans le syntagme nominal (Matras 2002:165-166). Cependant, il est grammaticalement correct d'employer deux articles définis identiques pour déterminer un nom-tête unique – à l'instar de l'accord en définitude des langues sémitiques (Rubin 2005:83) et de la « polydéfinitude » (Kolliakou 2004) du grec moderne (Lekakou & Szendrői 2012). Contrairement aux premières mais comme en grec, il s'agit d'un phénomène à caractère purement optionnel, présent à notre connaissance principalement dans les variétés d'Albanie, de Grèce, de Hongrie, de Roumanie et de Serbie. 
         Pour des raisons structurelles et pragmatiques, le phénomène n'est pas fréquent dans la langue spontanée : pour pouvoir l'étudier, nous avons conçu une expérience linguistique qui permette son émergence et son étude systématique. Elle a été réalisée lors d'une mission de terrain monolingue dans une famille rom en Albanie.
         Après avoir présenté cette expérience et ses résultats, nous verrons que deux types de facteurs influencent ce phénomène : des variables 'internes', d'ordre linguistique (ordre des constituants, statut de l'information), mais également des variables 'externes', d'ordre socio-linguistique (genre, âge, niveau d'éducation, militantisme linguistique). Il s'agira notamment de déterminer quels individus emploient cette structure et quelle est la part de la variation libre.
    -- Références
    Kolliakou, D. (2004). "Monadic definites and polydefinites: their form, meanning and use". Journal of Linguistics, vol. 40, pp 263-333. 
    Lekakou, M. & K. Szendrői. (2012). "Polydefinites in Greek: Ellipsis, close apposition and expletive determiners". Journal of Linguistics, vol. 48, pp 107-149. 
    Matras, Y. (2002). Romani: A Linguistic Introduction. Cambridge: Cambridge University Press. 
    Rubin, A. D. (2005). Studies in Semitic grammaticalization, Harvard Semitic Studies, vol. 57. Winona Lake, Indiana: Eisenbrauns.

  • 10 mars 2015 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Discussion générale autour de plusieurs textes en vue de préciser plus finement ce qu'est une métaphore en anthropologie linguistique.
    Articles en français : 
    Jocelyn Benoist"Les métaphores sont des expressions comme les autres", Archives de Philosophie, 2007/4 Tome 70, p. 559-578 (ICI via Cairn)
    Anne-Marie Diller "Cohérence métaphorique, action verbale et action mentale en français", Communications, 53, 1991. Sémantique cognitive. pp. 209-228. (sur Persee)
    Patricia Schulz (1) "Le caractère relatif de la métaphore", Langue française. N°134, 2002. pp. 21-37. (sur Persee)
    Patricia Schulz (2) "Le caractère relatif et ambigu du concept traditionnel de métaphore et la construction du sens lexical", Semen [En ligne], 15, 2002 
    Francis Zimmermann "Lévi-Strauss et l'illusion des explorateurs", Archives de Philosophie, 2003/1 Tome 66, p. 33-48 (ICI via Cairn)
    Article en anglais :
    Peter Seitel : "Haya metaphors of speech", Language in Society, Vol. 3, No. 1 (Apr., 1974), pp. 51-67. (ICI via jstor)

  • 24 février 2015 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé de Christiane Pilot Raichoor sur L'expression de l'indéfinitude en badaga
    Résumé
    Le contraste de définitude n'a pas d'expression systématique dans les langues dravidiennes. C'est le plus souvent le contexte discursif qui permet de déterminer si un terme ou une expression sont définis ou non. Il existe néanmoins diverses stratégies pour signaler l'indéfinitude. L'usage du numéral 'un' est l'une des plus communes. On présentera ses emplois en badaga ainsi que ceux de quelques autres quantifieurs. On notera aussi, comme dans beaucoup d'autres langues, l'apport du marquage de l'objet dans la détermination de la définitude. Probablement plus caractéristique des langues dravidiennes est l'usage étendu de particules : notamment =ū conjonctif et =ō disjonctif en badaga, pour le marquage de l'indéfinitude. On observera leurs différences d'emploi et leurs combinatoires avec les expressions nominales et les pronoms (interrogatifs/indéfinis) ainsi que leur interaction avec la négation qui supplée à l'absence d'indéfinis négatifs (type : 'personne', 'rien'). Outre la variété des stratégies utilisées, on notera que le marquage de l'indéfinitude n'est pas restreint aux éléments nominaux.

  • 9 février 2015 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposé de  Claudine Chamoreau (CNRS – CEMCA / SeDyL-CELIA) sur Prédominance du marquage sur le dépendant et développement d'une attirance sur la tête en purepecha  
    -- Résumé
    En purepecha (isolat parlé à l'ouest du Mexique), les relations sont généralement marquées sur le dépendant : le génitif apparaît sur le possesseur, il y a un système de cas et de postpositions, les arguments sont indiqués par des enclitiques de seconde position, etc. A côté de cette prédominance du marquage sur le dépendant, il existe trois contextes dans lesquels le purepecha montre des caractéristiques d'une langue à marquage sur la tête (Nichols 1986) : l'absence de marque pour la troisième personne du singulier (et parfois pour la première personne du singulier), le suffixe objet de troisième personne du pluriel et le suffixe applicatif – encodant un bénéficiaire ou un possesseur – apparaissent sur le prédicat. Récemment, la position des enclitiques personnels montre des variations puisqu'ils peuvent apparaître sur le prédicat. Dans cet exposé, j'examinerai les différents types de marquage et montrerai la complexité de leur coexistence. De plus, je discuterai deux explications complémentaires pour les variations de position des enclitiques personnels. Ces variations semblent relever, d'une part, d'une attirance sur la tête (Chamoreau 2014) – tendance dont les prémices sont attestées au XVIème siècle, et qui rappelle des stratégies connues dans d'autres langues, notamment les langues romanes (Vincent 2001) – et d'autre part de l'influence de l'espagnol, langue en contact avec le purepecha. 
    -- Références
    Chamoreau, Claudine. 2014. Enclitics in Purepecha: Variation and split localization. In Jean-Léo Léonard & Alain Kihm (eds). Patterns in Meso-American Morphology. 119-143. Paris: Michel Houdiard Editeur. 
    Nichols, Johanna. 1986. Head-marking and dependent marking grammar. Language 62 (1): 56–119.
    Vincent, Nigel. 2001. Latin. Martin Harris and Nigel Vincent (eds). The Romance Languages. 26-78. Oxford: Oxford University Press.

  • 27 janvier 2015 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé de Marc Antoine Mahieu sur l'expression de l'indéfini en inuktitut
    Résumé
    L'inuktitut, et plus généralement les dialectes inuit, ne grammaticalisent pas le contraste de définitude : le locuteur n'est pas contraint d'indiquer si les expressions nominales qu'il emploie ont un référent précis et identifiable par l'allocutaire ou, au contraire, un référent quelconque et/ou dont l'allocutaire n'a pas déjà une connaissance. Mais de quels moyens le locuteur d'inuktitut dispose-t-il pour marquer l'indéfini quand il le souhaite ? La réponse à cette question paraît moins simple que ne le suggère le traitement habituel de la diathèse verbale et du système casuel. L'exposé présentera les données pertinentes, ainsi qu'une analyse possible des principaux mécanismes en jeu et de leur évolution probable. Il s'intéressera en outre à l'expression de la quantité indéfinie, qui peut passer par des structures relativement analytiques (sous influence occidentale ?).

  • 13 janvier 2015 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Exposé de Vladimir Randa (Lacito) sur Dire autrement : usage des termes de substitution chez les Inuit de l'Arctique canadien (exemple de la « langue chamanique »).
    Résumé :
    Chez les Inuit, l'une des pratiques langagières qui régissaient autrefois l'usage de la parole dans différents contextes de la vie des individus et de la société tout entière, consistait à utiliser, pour des raisons d'ordre idéologique et rituel, des termes de substitution pour nommer des réalités aussi diverses que la faune, les parties anatomiques, les entités invisibles, la parenté, les objets usuels, les éléments du milieu naturel… Bien qu'identifiée de longue date au sein du stock lexical commun de la langue inuit, cette terminologie spécifique n'a pas reçu de la part des ethnologues et des linguistes l'attention qu'elle méritait. Qualifiée par les premiers ethnographes de « langue chamanique », elle ne fut en aucun cas réservée aux seuls chamanes. Les documents dont on dispose se répartissent entre les listes de termes « chamaniques », établies dans une perspective comparative entre différents groupes et dialectes, le plus souvent en l'absence de toute indication sur le contexte de leur utilisation, et les fragments du discours, parfois contextualisés, disséminés dans les ouvrages ethnographiques. 
    Je m'attacherai à présenter les différents types de constructions lexicales et sémantiques utilisées dans le cadre des stratégies d'évitement et de substitution linguistiques et m'interrogerai sur leur éventuel caractère de métaphore. 
    Pour finir, je ferai une incursion dans le registre poétique que représentent les chants personnels pisiit, qui se caractérisent par un recours à des procédés analogues.

En 2014 toup

  • 9 décembre 2014 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Exposé de Laurent Fontaine (Lacito) sur Les métaphores des Yucuna d'Amazonie colombienne.
    Résumé
         Dans mon exposé, je tenterai de dresser un aperçu général de l'usage des métaphores chez les Yucuna. Je commencerai par présenter un certain nombre de métaphores propres à la grammaire yucuna (notamment les métaphores spatiales). Puis je passerai en revue quelques grands thèmes métaphoriques récurrents (la chasse, l'abattage en forêt, la sexualité). L'emploi des métaphores sera examiné au sein de différents genres de parole (récits, conversations, dialogues cérémoniels, incantations) et dans des situations variées (plaisanteries entre hommes, diagnostics chamaniques, etc.).

  • 2 décembre 2014 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé de Maurice Coyaud sur la formation de l'indéfini dans différentes langues du monde
    Résumé
    Dans bien des langues, indéfinis et interrogatifs du type "quiconque, etc." semblent faits sur les mêmes souches; Par hypothèse, je dirais que ces indéfinis ("quantificateurs universels") sont formés sur des interrogatifs. En grec ancien, tis avec accent haut signifie" qui?", tis non accentué signifie "quelqu'un" (quantificateur existentiel). 
         Me limitant aux quantificateurs du type "quiconque, n'importe quoi, n'importe où, n'importe quand, n'importe comment", j'ai distingué six types de formations par adjonction à un interrogatif de : 1) un mot signifiant "aussi, même"; 2) "même si"; 3) par redoublement; 4) adjonction d'un mot signifiant "vouloir"; 5) adjonction d'un mot signifiant "ou"; 6) adjonction d'un mot signifiant "être au subjonctif".

  • 24 novembre 2014 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposés de :
    Benjamin Touati (Paris-4, LACITO) sur How would one set about investigating the use of gender and/or classifiers in reference tracking? 
    et de
    Agnès Henri (INALCO, LACITO) sur Démonstratifs et deixis: Identifier et repérer les entités et les procès en mwerlap (Vanuatu)

  • 3 novembre 2014 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé d'Anne Daladier sur L'indéfini en war
    Résumé
    Les différentes formes d'expression de l'indéfini en war (pnaric-war-lyngam, austroasiatique) présentent plusieurs aspects typologiques intéressants. D'une part elles utilisent plusieurs des stratégies notées par Haspelmath (1997). Elles peuvent faire intervenir le cardinal 'un', les pronoms interrogatifs (avec pronoms de troisième personne ou déictiques spatiaux et temporels variés), l'absence « d'article » ou des expressions existentielles, en particulier dans le cas d'indéfinis négatifs. Ces aspects se retrouvent dans le groupe PWL et dans différents groupes austroasiatiques, notamment dans les langues munda avec des variantes sur l'expression de l'indéfini avec des interrogatifs re-dupliqués ou combinés à une particule emphatique. 
    D'autres aspects intéressants sont plus particuliers au war et au pnaric (pnar et khasi) où l'expression de l'indéfini fait intervenir une opposition indéfini/ défini non conventionnelle. Comme dans de nombreuses langues, le war (comme le pnaric et contrairement au Lyngam) réutilise ses pronoms personnels de troisième personne comme sortes d'articles préposés aux noms. Cependant en war (comme en pnaric) ces éléments ne sont pas spécifiquement « définis » mais plutôt des sortes de classifieurs de genre/ nombre. Leur interprétation référentielle ou non dépend des constructions. L'expression de l'indéfini spécifique avec le cardinal 'un' fait aussi intervenir ces éléments. En war, l'indéfini a une relation avec l'expression nuancée du nombre et du genre.

  • 21 octobre 2014 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Exposé d' Alexandre Djoupa (Lacito) sur «Bien manger la langue» en fagauvea (Ouvéa, Nouvelle-Calédonie).
    Résumé
         Le titre de cet exposé a été choisi en référence à une expression idiomatique kai fagamalieina de muna «lit. bien manger la langue» que les personnes âgées emploient pour qualifier un individu qui maîtrise les tours de la langue. À distinguer d'une figure légèrement différente mais avec un sens diamètralement opposé kai-na de puku-muna «manger les mots» qui elle au contraire indique que l'on mange les mots, c'est-à-dire que l'on bafouille et donc que l'on ne sait pas parler. De cette personne qui manie la langue avec brio, il existe aussi d'autres tournures permettant de la qualifier parmi lesquelles nous avons relevé l'énoncé qui suit. 
              E mūmū de puku-muna i dona ngutu
              aspect être tendre le segment-langue prép. sa bouche 
              Les mots sont attendrissants venant de lui. (Lit. Les mots sont tendres dans sa bouche.) 
         L'intitulé illustre assez bien les rapprochements métaphoriques qu'effectuent de nombreuses langues entre le domaine de l'ingestion alimentaire et celui des notions associées à la parole du simple fait qu'ils sont reliés par le même organe «la bouche». Il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour observer cette homologie : en français, boire les paroles de qqn., vomir des insultesraconter des saladesne pas mâcher ses motsruminer qqch. ; en anglais to spill the beans «rapporter, révéler un secret» (Lit. Renverser les haricots.), bad-mouthing someone «médire, critiquer» ; en russe, mettre des nouilles dans les oreilles… 
         Dans cette étude, la notion de trope empruntée à C.C. Dumarsais sera abordée sous l'angle du rapport étroit qui relie certaines figures aux non-dits qui conditionnent leur genèse et leur mode de production. Par trope, Dumarsais (1730 : article IV-14-15) y entend tous les tours de figure par lequel un mot perd son sens littéral. Par extension, nous y incluons également les formes d'expression non-verbales mais codées. En fagauvea, mais également dans nombre de langues océaniennes, la notion de tabou a une telle importance dans les rapports quotidiens entre individus, que l'on observe qu'elle est souvent à l'origine de nouvelles formes d'expression verbale ou non verbale qui permettent de les contourner. À Ouvéa, le tabou qui frappe certains domaines particuliers génère fréquemment l'apparition de nouvelles formes d'expression grâce auxquelles l'énonciateur peut y déroger. Dans cette perspective, le trope sera donc envisagé comme un moyen ingénieux auquel recourt le locuteur pour déjouer la censure de la conscience.

  • 3 octobre 2014 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposé d'Olivier Le Guen (CIESAS, Mexico) sur Analyse multimodale du langage spatial chez les Mayas yucatèques (Mexique)
    – Résumé
    En général, dans la plupart des études concernant l'influence du langage sur la cognition, le langage parlé (speech) est toujours l'unique canal considéré. Dans le domaine de l'espace, les études conduites chez les Mayas yucatèques (Mexique) qui ont eu pour but de déterminer le cadre de référence préféré dans cette communauté n'ont pas généré de consensus (Bohnemeyer & Stolz, 2006; Levinson, 2003 vs. Le Guen, 2006, 2009). 
         Dans cette présentation, je considère une analyse multimodale du langage qui comprend le langage parlé et les gestes, et montre comment le cadre de référence spatial préféré chez les Mayas yucatèques est uniquement détectable à travers l'analyse des gestes co-verbaux. 
         Une série de tâches expérimentales compare la connaissance du sens des termes spatiaux, les performances dans des tâches non-verbales et la production gestuelle entre les hommes et les femmes. Les résultats montrent qu'il existe une forte différence entre hommes et femmes dans la connaissance des termes spatiaux mais des performances similaires et un usage préférentiel du cadre de référence géocentrique dans des tâches non-verbales. Finalement, dans une tâche de localisation spatiale les participants ont utilisé des stratégies variées dans le langage parlé, mais malgré cela, tous ont fait un usage systématique du cadre de référence géocentrique dans la production de leurs gestes spatiaux. 
         Je montrerai comment l'information présente dans les gestes est inclue tant syntaxiquement que sémantiquement au langage parlé, et ce de façon obligatoire en maya yucatèque. 
    olgDeux locuteurs yucatèques en grande discussion (photo © O. Le Guen)
    -- Références
    Bohnemeyer, J., & Stolz, C. (2006). Spatial reference in Yukatek Maya: a survey. In S. C. Levinson & D. P. Wilkins (Eds.), The Grammar of Space (pp. 273–310). Cambridge: Cambridge University Press.
    Le Guen, O. (2006). L'organisation et l'apprentissage de l'espace chez les Mayas Yucatèques du Quintana Roo, Mexique, Unpublished Ph.D dissertation Thesis. Université Paris X-Nanterre. 
    Le Guen, O. (2009). Geocentric gestural deixis among Yucatecan Mayas (Quintana Roo, México). In G. Aikaterini & K. Mylonas (Eds.), 18th IACCP Book of Selected Congress Papers (pp. 123–136). Athens, Greece: Pedio Books Publishing.
    Le Guen, O. (2011). Speech and Gesture in Spatial Language and Cognition Among the Yucatec Mayas. Cognitive Science, 35(5), 905–938.
    Levinson, S. C. (2003). Space in language and cognition : explorations in cognitive diversity. Cambridge: Cambridge University Press.

  • 23 septembre 2014 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé de Lameen Souag sur Des origines kašées : L'histoire et la polyfonctionnalité d'un déterminant indéfini en arabe algérien
    Résumé
    En arabe algérien, un mot kaš sert à plusieurs fonctions, très incomplètement décrites : déterminant indéfini irréel, prédicat existentiel indéfini interrogatif, adverbe marquant l'incertitude, et (sans restriction à l'indéfini) partie du négateur existentiel. La comparaison avec les documents anciens et avec les autres parlers arabes maghrébins permet de montrer que ce mot est une innovation relativement récent. La reconstruction de son histoire explique sa polyfonctionnalité et révèle une grammaticalisation qui tendait à rendre explicite la composition sémantique de l'indéfini. Il y a des raisons de soupçonner que le contact avec le kabyle aurait joué un rôle dans ce développement, à partir d'une ressemblance phonétique accidentelle ; mais la distribution résultante de kaš se distingue aussi nettement du berbère que du reste de l'arabe maghrébin.

  • 10 juin 2014 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé d'Isabelle Bril sur Encodage des noms et pronoms indéfinis dans quelques langues austronésiennes
    Résumé
    Après quelques rappels terminologiques sur les notions d'indéfini en relation avec le statut référentiel et la spécificité, il sera donné un aperçu de quelques stratégies d'encodage de l'indéfini dans diverses langues austronésiennes (noms nus, articles indéfinis, pronoms indéfinis ou pronoms à choix libre, etc.), ainsi que leur relation avec le mode realis ou irrealis. On verra en particulier que les indéfinis spécifiques ont tendance à être corrélés avec le mode realis, à l'opposé des indéfinis non-spécifiques qui sont corrélés au mode irrealis. 
    Parmi les stratégies fréquemment employées pour les pronoms indéfinis, on relève l'usage de prédications existentielles, de pronoms interrogatifs, de noms ontologiques, ce qui fait des langues austronésiennes des langues "mixtes" dans la typologie d'Haspelmath (1997). Les pronoms à choix libre y ajoutent des stratégies telles que la réduplication, des marqueurs de distributivité, de pluralité, de disjonction, etc.

  • 10 juin 2014 - Séminaire "Métaphore(s)"
    exposé d'Anaïs De Haas sur Métaphores franco-tahitiennes : des modalités singulières de malentendus et d'inclusions culturelles
    Résumé
    On propose une analyse croisée de deux corpus distincts : d'une part, les métaphores utilisées par les navigateurs français, en avril 1768, pour décrire Tahiti et les événement qui s'y déroulèrent lors de leur escale ; d'autre part, certaines analogies utilisées par les Polynésiens, en 2014, pour rapprocher ou distinguer les usages et rituels «des temps anciens» de ceux qui viennent des Européens. En considérant ces métaphores qui opèrent des traductions interculturelles comme de singulières et heuristiques «mécompréhensions» (Roy Wagner), on soutiendra l'hypothèse qu'elles sont les indices de différente manières d'«englober l'univers entier dans son propre schème culturel» (Marshall Sahlins).

  • 6 juin 2014 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposé der Marc-Antoine Mahieu (Inalco - Lacito) sur Polysynthèse, système aspecto-temporel et suffixes itératifs de l'inuktitut
    Résumé
    Cet exposé vise à présenter clairement plusieurs caractéristiques essentielles de l'inuktitut, langue inuit (eskimo-aléoute) de l'Arctique oriental canadien. Il s'appuie sur les données recueillies au Nunavik et aborde successivement trois questions de spécificité croissante. 
    • La première concerne le statut de la polysynthèse. Il est courant de présenter ce phénomène comme définissant un type, mais ce type réunit des langues très différentes. Comment définir le sous-type représenté par l'eskimo, y compris sur le plan diachronique ?
    • La deuxième question porte sur le système aspecto-temporel de l'inuktitut. Bien moins connu que celui du groenlandais, tout indique qu'il en diffère nettement. L'objectif est de mettre à jour ses propriétés principales en détruisant quelques idées fausses.
    • Enfin, l'exposé se concentrera sur une donnée aussi patente que peu étudiée : la multiplicité des suffixes à valeur purement ou principalement itérative en inuktitut. Il s'agit à ce stade d'en établir une première liste exhaustive. Mais peut-on y dégager un ordre ?

  • 19 mai 2014 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Exposé de Benjamin Touati sur Étude de la définitude et de la référentialité en sakao
    Résumé
    Le sakao est un dialecte de la langue wanohé parlée par quatre mille locuteurs au nord-est de l'île d'Espiritu Santo, Vanuatu. Cet exposé se veut une description précise de l'indéfini en sakao. En plus d'une forme nue du substantif, dont nous expliquerons dans un premier temps les valeurs, ce dialecte présente cinq façons différentes de marquer l'indéfini : 
    Substantif=NUM, Subst=ke-NUM, Subst=i-NUMt-Subst-i-NUMt-Subst 
    L'enjeu sera de classer ces différentes marques, dont la plupart sont composées d'un numéral associé à un autre morphème. Après avoir montré qu'il était possible de faire une répartition assez nette entre les procédés utilisés au realis d'une part (les formes 1 et 2) et à l'irrealis d'autre part (les formes 3 à 5), nous nous attacherons à comprendre, pour chacun des groupes, en quoi les différentes marques s'opposent les unes aux autres.

  • 16 mai 2014 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Exposé de Manon Capo sur Métaphores, formules et situations d'enquête. Exploration de quelques "paroles" de l'histoire en pays paicî (Nouvelle-Calédonie)
    Résumé
    Dans le cadre de mon enquête ethnographique à Bayes, l'histoire était fréquemment évoquée à mon adresse par le recours à des « formules », soit des énoncés laconiques attachés à des lieux, personnes et groupes du passé. Ces formules étaient souvent des noms (le toponyme Câba, qui signifie « pépinière des clans »), et parfois des ersatz de récit (c'est lui qui a arrêté les guerres de religion), des citations mémorables (« tu manges des pierres, toi ? »), des métaphores (le koâ -« bateau »-, c'est l'histoire de mon clan). Ces réalisations langagières diverses ont en commun de fonctionner comme des étiquettes qui encapsulent de manière très économique l'histoire complexe d'un lieu, d'un chef, d'un clan, etc. 
    Par une comparaison avec le fonctionnement de la métaphore (qui donne à saisir un objet dans les termes d'un autre), j'explorerai ce procédé d'étiquetage dans la construction de la référence et ses implications sur la communication entre locuteur et auditeur(s). 
    En adossant les énoncés produits dans le cadre de l'enquête à des formes locales de rappel du passé, j'élargirai la réflexion à la transmission de l'histoire que contribue à mettre en œuvre l'usage des formules.

  • 6 mai 2014 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposé de Alexandre François sur Le marquage de l'objet en hiw (Vanuatu): Variation et réanalyse 
    Résumé
    Le hiw, langue océanienne du Vanuatu, présente un ordre SVO, ainsi qu'un Marquage Différentiel de l'Objet (MDO) : un objet [+humain] [+spécifique] y sera introduit par un morphème /i/, contrastant avec zéro pour les autres types d'objets (ex. Hapet yëar i Sipo 'Hapet cherche Sipo'). Mais le statut de cette marque /i/ est morpho­logiquement ambigu : s'agit-il d'une préposition, une marque de cas portée par le SN objet? ou bien d'un suffixe sur le verbe ? d'un clitique ? Différents tests donnent des conclusions différentes, favorisant tantôt l'hypothèse d'un clitique, tantôt celle d'un suffixe verbal, ou encore d'une préposition introduisant l'objet. À cela s'ajoute un certain degré de variation entre verbes, et aussi, pour un même verbe, une variation entre locuteurs. Dans cet exposé, je montrerai que la situation complexe du hiw s'explique en partie par un processus de réanalyse en cours : un ancien suffixe verbal, tout en fonctionnant encore comme un suffixe pour une vingtaine de verbes, se trouve actuellement en cours de réanalyse, notamment auprès des plus jeunes générations, qui le traitent désormais comme une préposition.

  • 4 avril 2014 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposé de Lameen Souag sur L'emprunt de syntagmes en berbère : ses causes et ses effets
    -- Résumé
    L'emprunt de syntagmes est souvent négligé dans l'étude du contact linguistique, mais il est parfois néanmoins une source de changement syntaxique. Ainsi, l'emprunt des syntagmes <numéral + mesure> en berbère a souvent introduit des règles productives de l'arabe, comme en siwi. Or un cas semble aller plus loin : dans le parler des Beni-Snous, l'emprunt des syntagmes <numéral + nom> a été décrit comme général pour tous les numéraux au-dessus de dix (Destaing 1907). Ce phénomène, refusé par les monolingues, n'a aucun parallèle connu sauf le « bilingual suppletion » que Matras (2012) décrit en domari. Une recherche plus approfondie montre que ce phénomène est assez variable mais statistiquement réel, et que dans les deux cas il peut être expliqué comme l'effet d'une interférence chez les bilingues – en vertu de la «Embedded Language Island Hypothesis» formulée par Myers-Scotton (1997:250). Si c'est bien ce phénomène d'interférence qui explique l'emprunt sélectif de tels syntagmes dans les cas de contact moins intensif, on peut en déduire quelques prédictions sur la typologie des langues qui empruntent les syntagmes <numéral + nom>.
    -- Références
    Destaing, Edmond. 1907. Etude sur le dialecte berbère des Beni-Snous. Paris: Ernest Leroux.
    Matras, Yaron. 2012. A grammar of Domari. (Mouton Grammar Library 59). Berlin: De Gruyter.
    Myers-Scotton, Carol. 1997. Duelling Languages: Grammatical Structure in Codeswitching. Oxford: Oxford University Press.

  • 25 mars 2014 - Séminaire "Typologie de l'indéfini"
    Présentation rapide de la thématique par Samia Naïm, puis exposé sur L'Indéfini dans des dialectes arabes.

  • 11 mars 2014 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Exposé d'Anne Behaghel-Dindorf sur "Je terrasse qui m'agace", devises "chantantes" et armes parlantes
    Résumé
    Les devises en relation avec les patronymes mais aussi en relation avec des éléments graphiques comme les armoiries, les cimiers et les badges.

  • 28 février 2014 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Exposé de Camille Simon (doctorante, Paris III) sur Structure du syntagme nominal en amskad et en salar (Tibet)  
    -- Résumé
    L'aire linguistique Amdo, située dans l'ouest de la République Populaire de Chine (provinces du Qinghai et Gansu), est une union linguistique comprenant dix à quinze langues, appartenant à trois familles distinctes : sino-tibétaine, turcique et mongolique (Janhunen 2007). Les locuteurs de salar, langue turcique, et des dialectes d'agriculteurs du tibétain de l'Amdo partagent une longue histoire de contact. Elle débute au quatorzième siècle, lorsque les Salars s'installent en Amdo (Dwyer 2007: 3-4) et prennent pour épouses des femmes tibétaines de la vallée de Wimdo. Isolé pendant plusieurs siècles des autres langues de sa famille, le salar a développé des traits typologiques qui la distinguent des autres langues de sa famille, en particulier sous l'influence du tibétain de l'Amdo, mais aussi des autres langues présentes dans la région. Les dialectes tibétains d'agriculteurs, parlés dans la région, et qui constituaient la lingua franca régionale jusqu'aux années 1950, apparaissent moins comme la cible des copies linguistiques que comme langue modèle. Dans cette présentation, il s'agira de mettre en évidence les catégories grammaticales indexées dans le syntagme nominal, en salar et en tibétain de l'Amdo. Nous nous demanderons quelles sont les similitudes générales, et les différences des deux familles de langue, dans ce domaine. Nous verrons ainsi dans quelle mesure les caractéristiques du SN dans ces deux langues sont caractéristiques des familles turciques et tibétiques respectivement ou bien sont attribuables à un effet de convergence au sein de l'aire linguistique Amdo. Dans le second cas, nous mettrons en lumière les mécanismes de copie qui amènent à la reproduction des catégories originellement absentes dans l'une ou l'autre des deux langues. 
    -- Références
    Dwyer, A. M. (2007) Salar: A Study in Inner Asian Language Contact Processes. Part I: Phonology. Wiesbaden: Harrassowitz.
    Janhunen, J. (2007) Typological interaction in the Qinghai Linguistic Complex. Studia Orientalia vol. 101 (pp. 85-103).

  • 11 février 2014 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Exposé de Bertrand Masquelier sur Métaphore et non-dit : réflexions à propos de chansons qui ne sont pas grivoises, litteralement, mais sont entendues comme telles

  • 10 février 2014 à 10h - Dans le cadre du Labex EFL –Opération RT1– et du Lacito :
    zeitounExposé d'Elizabeth Zeitoun, spécialiste des langues austronésiennes, Academia Sinica de Taiwan sur An overview of Saisiyat morphology
    au CNRS-Lacito, Centre A.-G. Haudricourt (Villejuif), salle 311
    Résumé en anglais (en pdf)
    Références choisies
    -- 
    Kaybaybaw, Ya’aw Kalahae’. 2009. A Morphological and Semantic Study on Word Formation in Saisiyat. M.A. thesis. Hsinchu: National Hsinchu University of Education. [in Chinese]
    -- Li, Paul Jen-kuei. 1978. A comparative vocabulary of Saisiyat dialects. Bulletin of the Institute of History and Philology 49.2: 133-199.
    -- Yeh, Marie Mei-li. 1991. Saisiyat Structure. Hsinchu: National Tsing Hua University MA thesis.
    -- Yeh, Marie Mei-li. 2000. A reference grammar of Saisiyat. Series on the Formosan languages, 2. Taipei: Yuanliou Pub. Co. [In Chinese]
    -- Zeitoun, Elizabeth. 2001. Negation in Saisiyat: another perspective. Oceanic Linguistics 40.2: 125-134.
    -- Zeitoun, Elizabeth and Chen-huei Wu. 2005. Saisiyat reduplication revisited. Concentric: Studies in Linguistics 31.2: 31-56.
    -- Zeitoun, Elizabeth and Chen-huei Wu. 2006. Reduplication in Formosan languages. In Chang, Yung-li, Lillian M. Huang and Dah-an Ho (eds.) Streams converging into an Ocean: Festschrift in Honor of Prof. Paul Jen-kuei Li on His 70th Birthday, 97-142. Language and Linguistics Monograph Series W-5. Taipei: Academia Sinica.
    -- Zeitoun, Elizabeth, Tai-hwa Chu and Lalo a Tahesh Kaybaybaw. 2010. More on reduplication in Saisiyat. Paper read at the 6th anniversary commemoration of the establishment of the Institute of Linguistics, Academia Sinica, March 1, 2010. Taipei: Academia Sinica.
    -- Zeitoun, Elizabeth, Tai-hwa Chu and Lalo a Tahesh Kaybaybaw. 2011. ki as a marker of coordination and comitativity in Saisiyat. Language and Linguistics 12.1:77-107.
    -- Zeitoun, Elizabeth, Tai-hwa Chu, and Lalo a Tahesh Kaybaybaw. Forthcoming. A Study of Saisiyat Morphology. MS

  • 29 janvier 2014 à 10h - Dans le cadre du Labex EFL –Opération RT1– et du Lacito :
    zeitounExposé d'Elizabeth Zeitoun, spécialiste des langues austronésiennes, Academia Sinica de Taiwan sur Internal and external relationships of Rukai revisited
    au CNRS-Lacito, Centre A.-G. Haudricourt (Villejuif), salle 311
    Résumé en anglais :
    Rukai is spoken across southern Taiwan and forms a small communalect among the Formosan languages, both in terms of population and diffusion of the language It includes only six dialects (Tanan in the east (Taitung County), Budai and Labuan in the south (Pingtung County), Maga, Mantauran and Tona in the north (Kaohsiung City) but differs from other Formosan languages by its overall linguistic and cultural complexity:
    (1) the geographical dispersion of the Rukai dialects reflects the linguistic break that divides the communalects both internally and externally. Internally, phonological variations are found in the various villages where Budai is spoken. Externally, though belonging to the same language, the South-Eastern [Budai, Labuan and Tanan] and Northern dialects [Maga, Tona and Mantauran] are, to some extent, mutually unintelligible. This mutual unintelligibility seems to result not so much from language change in itself but from two factors: (i) having learned Chinese as their first language, speakers are losing command of their native language; (ii) they tend "to [culturally and linguistically] identify themselves with their local community rather than with all other speakers of the same language, so that certain peculiarities of their communalect tend to become an emblem of that identification [...]" (Ross 1988:8). These two factors might be regarded as intertwined in which case (ii) might either be viewed as a consequence of (i), but we might as well posit that it is the actual social organization of the Rukai that has produced such drastic linguistic variation.
    Mutual unintelligibility among the Rukai dialects raise the question whether they should be treated as different dialects of the same language or whether they should be viewed as distinct but genetically closely related languages. Shelley (1979) argues, for instance, that they should not be regarded as belonging to the same language subgroup but should be viewed as a set of three distinct languages, (i) Tanan, Labuan and Budai, (ii) Maga and Tona and (iii) Mantauran. In my opinion, however, there is no reason (linguistically or culturally speaking) why these six dialects should be regarded as belonging to different linguistic groups.
    (2) Rukai displays syntactic features not found in the other Formosan languages. All the dialects lack the focus system that generally characterizes the Formosan as well as the Philippine-type languages, where the morphological marking on the verb fulfill the grammatical coding of the subject.
    The internal and external relationships of Rukai remain very controversial but very few studies (see Li 1977 & 1996 and Zeitoun 1995) have attempted to map the phonological and morpho-syntactic resemblances and differences of these dialects thoroughly. It seems that no agreement can be reached so long as no relevant data is given for comparative purposes. 
    The present talk represents the first attempt to achieve an extensive comparison of a Formosan linguistic group synchronically, in an attempt to reconstruct the morpho-syntax of the proto-language from which they are derived from, based on a new subgrouping hypothesis. I will summarize the different views that have been proposed on both the external and internal relationships of Rukai, and discuss my own hypothesis regarding the position of Mantauran within this language family. My talk will end with a number of reconstructions. 
    Références choisies
    -- Ross, Malcolm D. 1988. Proto-Oceanic and the Austronesian Languages of Western Melanesia. Canberra: Pacific Linguistics
    -- Shelley, George. 1979. Wudai Rukai, the language, the context and its relationships. Ph.D dissertation, Hartford University.
    -- Li, Paul Jen-kuei. 1977. The internal relationships of Rukai. Bulletin of the Institute of History and Philology 48.1:1-42.
    -- Li, Paul Jen-kuei. 1996. The pronominal systems in Rukai. In Reconstruction, classification, description: Festschrift in honour of Professor Isidore Dyen, ed. by Bernd Nothofer, 209-230. Hamburg: Abera Verlag.
    -- Zeitoun, Elizabeth. 1995. Problèmes de linguistique dans les langues aborigènes de Taiwan. Ph.D. dissertation, Université Paris 7 René Diderot.
    -- Zeitoun, Elizabeth. 2007. A Grammar of Mantauran Rukai. Language and Linguistics Monograph Series, No. A4-2. Taipei: Academia Sinica.

  • 14 janvier 2014 - Séminaire "Métaphore(s)"
    Exposé d'Isabelle Leblic avec Julia Ogier-Guindo sur Paroles kanak et métaphores

En 2013 toup

  •  19 décembre 2013 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    exposé du Professeur Paul Heggarty (Department of Linguistics, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, Leipzig) sur A Case-study in the Failing of the Family Tree Model - Unlocking a new Classification and Reconstruction for Quechua, and a new (Pre)History for the Andes
    -- Résumé en anglais
    Our greatest surviving link to the speech of the New World before European conquest is, by number of speakers, the Quechua language family, spread from southern Colombia to north-west Argentina. Early classifications drew a Quechua 'family tree' based on two deep primary branches, dubbed QI vs. QII. These, and further sub-branches within QII, were also then taken to support corresponding migrations in Andean prehistory. Many classificatory criteria and intermediate dialects fail to align neatly on a QI~QII split, but have been invoked only to argue for alternative branching structures, still wedded to the tree model. Recent quantitative analyses, however — of both traditional data and my own comparative fieldwork data — yield no basic binary split, and a more continuum-like picture instead. 
    Ultimately, the case for a QI~QII split is founded on just one key criterion, supposedly unchallengeable. To mark first person subject and possessor, prototypical QI lengthens the final vowel of the verb or noun stem; QII, meanwhile, has no vowel length, and instead suffixes [ni  ] to most verbs, and [j  ] to nouns. How did such radically different forms arise? From an ancestor with vowel length, or without? For all the hypotheses proposed, there has been no progress for decades on this issue, so fundamental to the case for QI~QII. That, indeed, is precisely the stumbling-block: conceiving of solutions framed only within a QI~QII 'tree'. Lesser-known Quechua varieties in fact register a range of variant first person markings, intermediate between the prototypical ones. And they are not inconveniences to downplay and explain away, but the key to solving the conundrum. As soon as one prioritises sound changes that are phonetically natural, rather than ones that align with preconceptions of a sharp split, a very different reconstruction of first person emerges, entailing also a revised phoneme inventory for Proto-Quechua. With it, a raft of other outstanding puzzles, hitherto presumed unconnected, also start falling into place, and unravel the QI~QII 'split' still further. A new, dialect continuum model likewise rewrites the prehistory of Quechua expansion and divergence, and the correspondences with archaeology. Population movements in the Spanish colonial era, it turns out, conspired to give the impression of a deep QI~QII split that never really was. 
    -- Publications sur Academia.edu.

  • 6 décembre 2013 - Séminaire "Métaphore(s)" (séance d'ouverture du séminaire)
    Exposé de Sylvie Mougin sur Les métaphores conceptuelles du français
    Résumé
    L'exposé présente la théorie des métaphores conceptuelles de Lakoff et Johnson en l'illustrant à partir du français et de l'anglais, en particulier des métaphores relatives à la parole.

  • 22 novembre 2013 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    exposé de Yekaterina García sur La part de subjectivité dans le choix de ser et estar dans des constructions adjectivales en espagnol spontané du Mexique (présentation de la thèse qu'elle vient tout juste d'achever sur l'espagnol du Mexique)
    -- Résumé
    Il a été observé dans la variation diatopique mexicaine de l'espagnol une certaine variation libre des verbes copules ser et estar avec certains adjectifs, notamment en langue spontanée. Nous avons testé certains types de contextes pour confirmer lesquels sont plus susceptibles d'avoir une variation plus libre avec une tâche contextualisée de préférence comparative entre locuteurs espagnols et mexicains. Les résultats nous montrent que la variation interne concernant le choix de la copule est plus importante parmi les locuteurs mexicains que les espagnols. Nous décrivons ensuite nos données empiriques en explicitant la possible motivation de la présence d'une copule ou de l'autre dans les occurrences peu "standard" -déviantes- mais courrantes dans cette variété de l'espagnol. Nos données empiriques nous montrent que la distinction des types de prédicats de Milsark (1974), reprise par Carlson (1977), en termes d'Individual Level Predicates et de Stage Level Predicates, très utilisée pour expliquer l'opposition entre ser et estar en espagnol, ne peut pas s'appliquer à toutes les occurrences observées. Il apparaît en effet un suremploi de la copule estar dans des contextes réservés à ser. La variation libre ainsi observée ne peut s'expliquer qu'en prenant en compte plusieurs facteurs d'analyse, comme le registre de langue, la modalisation de l'énonciation et la focalisation du locuteur vis-à-vis de l'entité référée.11 octobre 2013 - Séminaire du Lacito : Problèmes d'analyse et de comparaison des langues
    exposé de Pablo Kirtchuk sur Mode pragmatique, mode grammatical : la Hiérarchie Interne d'Énoncé (HIE) en hébreu et ailleurs
    -- Résumé en anglais
    Through examples in Hebrew (classical and late Biblical; Mishnaic; Contemporary) as well as Arabic, Quechua, Spanish, Badaga, Basque and English I point at: (a) the iconic correlations between intonation-prosody and pragmatic constituent order as far as UIH is concerned; (b) those factors and their linguistic expressions precede and override grammatical forms and roles, not the other way round; (c) hence grammar is not the starting point of speech, i.e. that the grammar-first hypothesis is dead wrong and therefore (d) UIH implies no dislocation; (e) the relative importance attributed to each part of the utterance, as well as its communicative and expressive values, depend first and foremost on the speaker's intention, idiosyncrasy, state of mind, context, relative urgency etc.; a corollary is that (f) we are dealing neither with In(formation) as such nor with Str(ucture) as such since the communication mode we are dealing with is pragmatic, not grammatical. Structure in linguistics is structuralist- and generative-connoted (respectively: 'la langue comme structure'; 'surface / deep structure'). Now UIH is not about grammar, i.e. rules, i.e. structure, but about efficient, context-bound, dialogic and real-time communication. As for 'information', an increase of UIH importance corresponds to an increase of subjectivity and decrease of objectivity: inasmuch as UIH gains in subjectivity, 'information' as such loses relevance and is negotiated between parties, not given a priori. Hence the more intense is the phenomenon under study, the less relevant is the term InStr. This analysis is part and parcel of LUIT: Language – a Unified and Integrative Theory, which I've been developing ever since 1987 when I noticed the importance of Deixis in Pilagá (Guaykurú ; Amerind), presented in my PhD (1993) then my HDR (1994) and in a first sketch of LUIT published in 2007. It considers language not as a list of elements belonging to distinct domains but as a multi-dimensional puzzle, and proposes a hopefully coherent and consistent model thereof. Some conclusions are that grammar is but a part of language, and not the most important one, and, more specifically, that in the dichotomies deixis - conceptualization, parole vs. langue, discourse vs. grammar, non-segmentals vs. segmentals, diachrony vs. synchrony, iconic vs. symbolic, pragmatics vs. morphosyntax, communication vs. catergorization, it is the first element that primes, precedes and is more central than the second, at the opposite of the claims of classical structural linguistics and its apotheosis with generative grammar, to our day. Now Language being the defining property of Homo sapiens sapiens, a theory of language is a theory of our species.
    -- Référence
    KIRTCHUK Pablo. 2008. LUIT : Language, a Unified and Integrative Theory. Ms., 100 p. (lien)

  •  28 octobre 2013 - Dans le cadre de son séjour en France au Lacito :
    malcolmExposé du Professeur Malcolm Ross (Australian National University and Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology) sur Typologising contact-induced changes in grammatical constructions
    10h-12h, Maison de la Recherche de Paris III, 4 rue des Irlandais, salle de conférence 
    Résumé en anglais :
    There is now an extensive literature on contact-induced change in grammatical (i.e. morphosyntactic) constructions. Since Harris & Campbell's (1995) and Prince's (1998) seminal work on the topic, a number of attempts have been made to typologise contact-induced morphosyntactic changes (Johanson 2002, Aikhenvald 2003, Sakel & Matras 2008). All of these are useful in different ways. This talk proposes yet another typology, based on the degree to which and manner in which a construction is altered as a result of contact. 
    Contact-induced changes are often classified according to whether they are a result of bilingual copying or as a result of rapid language shift entailing incomplete second-language learning. Although the two categories of contact can often be distinguished on the basis of their linguistic outcomes, I suggest that their morphosyntactic outcomes are generally indistinguishable and offer a reason for this. In the belief that progress in contact linguistics can only be made by examining cases where we have a good understanding of (i) the changes that have occurred, (ii) the sociolinguistic circumstances of contact, and (iii) the language from which a construction has been 'copied', illustrations of contact-induced morphosyntactic change will be offered from Colloquial Upper Sorbian (Scholze) and Irish English (Harris 1991, Hickey 2010). 
    Références
    -- Aikhenvald, Alexandra Y., 2007a. Grammars in contact: A cross-linguistic perspective. In Alexandra Y. Aikhenvald & R.M.W. Dixon, eds, Grammars in contact: A cross-linguistic typology, 1–66. Oxford: Oxford University Press. 
    -- Harris, Alice C. & Lyle Campbell, 1995. Historical syntax in cross-linguistic perspective. Cambridge: Cambridge University Press.
    -- Harris, John, 1991. Conservatism versus substratal transfer in Irish English. In Peter Trudgill & J.K. Chambers, eds, Dialects of English: Studies in grammatical variation. London: Longman. 
    -- Hickey, Raymond, 2010. Contact and language shift. In Raymond Hickey, ed., The handbook of language contact, 151–169. Oxford: Wiley--Blackwell.
    -- Johanson, Lars, 2002. Structural factors in Turkic language contact. Richmond, Surrey: Curzon.
    -- Prince, Ellen F., 1998. The borrowing of meaning as a cause of internal syntactic change. In Monika S. Schmid, Jennifer R. Austin & Dieter Stein, eds, Historical linguistics 1997: Selected papers from the 13th International Conference on Historical Linguistics, Düsseldorf, 10-17 August 1997, 339-362. Amsterdam: John Benjamins. 
    -- Sakel, Jeanette & Yaron Matras, 2008. Modelling contact-induced change in grammar. In Thomas Stolz, Dik Bakker & Rosa Salas Palomo, eds, Aspects of language contact: New theoretical, methodological and empirical findings with special focus on Romancisation processes, 63–87. Berlin: Mouton de Gruyter. 
    -- Scholze, Lenka, 2008. Das grammatische System der obersorbischen Umgangssprache im Sprachkontakt. Bautzen: Domowina-Verlag.

  • 16 octobre 2013 - Dans le cadre de son séjour en France au Lacito :
    malcolmExposé du Professeur Malcolm Ross (Australian National University and Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology) sur The role of preadolescents and adolescents in contact-induced change: intentionality and effect
    10h - 12h, Centre Haudricourt, CNRS à Villejuif, salle de conférence 
    Résumé en anglais :
    This talk addresses the question, Who is responsible for contact-induced change in circumstances where children are growing up bilingually? Pace conventional wisdom, infants' innovations usually don't last beyond infancy, and adults' capacity to innovate is restricted. However, preadolescent children can learn complex linguistic structures and can create new complex structures from messy input, and there are cases where it is reasonably clear that preadolescents have initiated contact-induced change. Their role in innovation goes some way towards explaining two things: first, how complex languages can remain more or less unchanged from one generation to the next; and second, how new complexities arise in certain contact situations. Intentionality plays a role in these changes in the sense that preadolescents and adolescents seek to identify either with each other (in which case innovations may persist) or with adults (in which case innovations will not be further transmitted).

  • 20 juin 2013 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    exposé de Karell Marchand (doctorante EPHE) sur Les propositions complétives régies par des verbes de perception: exemples australiens et papous
    -- Résumé
    Dans beaucoup de langues du monde, les arguments propositionnels régis par les verbes de perception semblent se comporter différemment des autres constructions complétives : soit par la possibilité d'employer plusieurs constructions, soit par une stratégie particulière, soit par les deux. Les langues australiennes et papoues illustrent parfaitement ce problème en mettant en jeu un grand panel de stratégies (marquage spécifique du verbe, possibilité d'une construction relative, infinitive ou nominalisée…) : il s'agit donc d'étudier ces différentes stratégies et de tenter d'expliquer la spécificité de ces complétives régies par les verbes de perception.
    -- Référence
    ​NOONAN, Michael. 1985. Complementation. In Language Typology and Syntactic Description, vol. 2, edited by T. Shopen. Cambridge: Cambridge University Press. Pp.42-140

  • 4 juin 2013 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    exposé d'Ergin Öpengin (doctorant Paris III & University of Bamberg) sur Topic-marking constructions in Central Kurdish
    L'exposé était en anglais.
    -- Résumé
    In this presentation, I intend to present a preliminary corpus-based analysis of topicalisation in Central Kurdish (CK), a western Iranian language spoken in Iranian and Iraqi parts of Kurdistan. I will illustrate topic-marking constructions and the way person marking is used to distinguish topics from other elements. 
    There are mainly two types of topicalisation in CK. In the first one, an additive enclitic =īš (a clausal and adnominal conjunction) is employed, parallel to the topic-marking elements in languages such as Xibe (Jang and Payne 2012) and Amharic (Demeke and Meyer 2008), as well as a number of Nakh-Dagestanian languages. Subjects, direct objects and some prepositional oblique arguments can be topicalised in this manner. Because intonation break and word order are prime candidates for differentiating topics from other elements, these should logically provide a good way for distinguishing between the two functions of the additive clitic, namely grammatical conjoining vs topicalisation. However, the subject of past-tense transitive constructions in CK is believed to have grammaticalized from a hanging-topic (Bynon 1979), which makes the test difficult (i.e. via clitic placement, etc.). I will make a proposal on this problem, relying on Chafe (1976). 
    In the second type of topic-marking, an adnominal possessor expressed by bound forms (clitic or affixal person markers) is further expressed as a fronted NP (free pronoun or a noun); this is similar to the oblique argument topicalisation mentioned above, except that in this type there is no intonation break following the topic. This is a typical topiccomment construction. 
    Three main questions will be investigated in this presentation: (a) how to differentiate between a clausal conjunction function of additive =īš from its topicaliser function, especially when the argument is not copied in the clause; (b) how to distinguish a topic from a focused argument or a subject when there is no intonation break following the sentence-initial element; (c) and finally, how to determine when a topicalised element is clause-external, given that generic subjects (of past-transitive constructions) and topics respond in the same way to the placement of clitic subject-markers. 
    -- Références
    BYNON, Theodora. 1979. The ergative construction in Kurdish. Bulletin of the School of Oriental and African Studies, 42 (2): 211-224. 
    CHAFE, Wallace. 1976. Givenness, Contrastiveness, Definiteness, Subjects, Topics, and Point of View. In Charles N. Li (ed.), Subject and Topic. New York: Academic Press. p. 25-55. 
    DEMEKE, Girma A. and MEYER, Ronny. 2008. The enclitic -mm in Amharic: re-assessment of a multifunctional morpheme. Linguistics 46(3): 607-628.
    JANG, Taeho and PAYNE, E. Thomas. 2012. Topic marking and the construction of narrative in Xibe. In Pirkko Suihkonen, Bernard Comrie and Valery Solovyev (eds.)Argument structure and grammatical relations. Amsterdam: John Benjamins. p. 51-176.

  • 24 mai 2013 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    exposé d'Evangelia Adamou (Lacito) sur Exploring language contact effects on the expression of focus
    -- Résumé
    The present study explores the ways in which language contact may affect the expression of focus. Evidence is provided from ongoing research on two unrelated languages, Romani (Indo-European, Greece) and Ixcatec (Oto-Manguean, Mexico). The study is based on natural data, including conversations and narratives, and on elicited data collected with the tasks of the Questionnaire on Information Structure (Skopeteas et al. 2006). The analysis indicates that the intensity of language contact correlates to language contact effects at the level of information structure. On the one hand, the long-term, intensive and extensive contact with Turkish (Adamou 2010) has affected Thrace Romani through addition of new focus marking strategies, such as stress shift and the use of the focus particle da, while sharing with both Turkish and Greek a L+H* accent on the focused constituent (Arvaniti & Adamou 2011). On the other hand, the abrupt shift of Ixcatec speakers to Spanish has probably contributed to the weakening of Ixcatec's focus particle na2 and the reinforcement of prosodic marking (Adamou 2012). 
    -- Références
    ADAMOU, E. 2010. Bilingual speech and language ecology in Greek Thrace: Romani and Pomak in contact with Turkish. Language in Society 39/2: 147-171. 
              – 2012. La expresión de foco en ixcateco. Coloquio sobre lenguas otomangues y vecinas 5, Oaxaca (México), Centro Académico y Cultural San Pablo. 
    ARVANATI, A. & E. ADAMOU. 2011. Focus Expression in Romani. In M. Byram Washburn et al. (eds). Proceedings of the 28th West Coast Conference on Formal Linguistics, 240-248. Somerville, MA: Cascadilla Proceedings Project. 
    SKOPETEAS, S., I. FIEDLER, S. HELLMUTH, A. SCHWARZ, R. STOEL, G. FANZELOW. 2006. Questionnaire on Information Structure. Potsdam: Audiovisuelles Zentrum der Universität Potsdam und sd:k Satz Druck GmbH Potsdam.

  • 19 avril 2013 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    exposé d'Alexandre Djoupa (post-doctorant Lacito) sur L'expression linguistique de l'espace en fagauvea (Ouvéa, Kanaky – Nouvelle-Calédonie)
    -- Résumé

         Cette étude portera sur l'expression linguistique de l'espace en fagauvea, l'une des deux langues austronésiennes de l'île d'Ouvéa, parlée par quelques 2000 locuteurs. Il s'agit de présenter les différents moyens d'expression dont dispose le locuteur pour faire état d'une localisation ou d'une orientation. Depuis les travaux pionniers sur l'espace de F. Ozanne-Rivierre (1994, 1997), on sait que la plupart des langues austronésiennes, comme par exemple le malgache ou le némi, tendent à privilégier certains repères géocentriques – axe des vents, topographie du lieu – par rapport aux repères anthropocentriques (voir aussi François 2003, 2004, ss presse). Les locuteurs océaniens n'utilisent pas – ou alors très rarement – les termes de latéralisation (gauche ou droite) pour localiser. 
         Nous verrons que le fagauvea n'échappe pas à ces principes. Dans une première partie, nous proposons de passer en revue les principales catégories syntaxiques mobilisées dans le discours pour gérer l'espace. Dans une deuxième partie, nous présenterons les principaux cadres de référence (au sens de Levinson, 1996, 2003) utilisés dans l'île d'Ouvéa. Enfin, en troisième partie nous parlerons des possibles interconnexions que reflètent certaines structures syntaxiques entre le domaine de l'espace et d'autres domaines d'expression dont entre autres ceux de la possession ou de la comparaison. 
    -- Références

    FRANÇOIS, Alexandre. 2003. Of men, hills and winds: Space directionals in Mwotlap. Oceanic Linguistics 42-2: 407-437. Dec 2003. Honolulu: University of Hawai'i Press.
              – 2004. Reconstructing the geocentric system of Proto Oceanic. Oceanic Linguistics 43 (1), 1-32. June 2004.
              – sous presse, The ins and outs of up and down:Disentangling the nine geocentric space systems of Torres and Banks languages. In The Languages of Vanuatu: Unity and Diversity, ed. by A. François, S. Lacrampe, S. Schnell & M. Franjieh. Studies in the Languages of Island Melanesia. Canberra: Asia Pacific Linguistics Open Access.
    LEVINSON, Stephen, 1996. Frames of reference and Molyneux's question: Crosslinguistic evidence. In Language and space, P. Bloom, M. Peterson, L. Nadel & M. Garrett (eds). Cambridge, MA: The MIT Press. p.109-170.
              – 2003, Space in Language and Cognition. Explorations in Linguistic Diversity, Cambridge: Cambridge University Press.
    OZANNE-RIVIERRE, Françoise. 1987. L'expression linguistique de l'orientation dans l'espace : quelques exemples océaniens, Cahiers du Lacito 2, p. 129-155.
              – 1994, L'orientation dans l'espace à travers les langues kanak, Cahiers des conférences de l'Agence de développement de la culture kanak, Nouméa : ACDK-CDP.
              – 199a7. Spatial references in New Caledonian languages. In Referring to space : Studies in Austronesian and Papuan Languages, G. Senft (ed.). Oxford : Clarendon Press, p. 83-100.
              – 1997b. Systèmes d'orientation : quelques exemples austronésiens. In Diversité des langues et représentations cognitives, C. Fuchs & S. Robert (eds), Paris/Gap : Ophrys, p. 81-92..

  • 22 mars 2013 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    exposé de Patrycja Matera sur Les syntagmes prépositionnels ablatifs (od/ot, z/s, iz + GEN) en polonais et en russe : Emplois spatio-temporels et causatifs
    Résumé
         Récemment, il a été observé que les propositions avec un verbe anticausatif se combinent avec des syntagmes prépositionnels de cause ("from-phrases": Kallulli 2006, 2007 ; Kayne 2006 ; Schäfer 2008). Les enjeux de cette observation se sont révélés multiples : les constructions passives et les constructions anticausatives ont pu être mises sur le même plan. En effet, les premières se caractérisent par une possible présence d'un SP agentif (demoted agent: Malchukov and Siewierska 2011) qui dans la voix active occupe la place de l'argument externe et les secondes sous sujettes à une alternance comparable si l'on s'accorde sur le fait qu'il existe un lien entre une construction causative et anticausative (Haspelmath 1993). Nous avons observé (Matera 2012) que ce constat pouvait être tenu également pour les propositions impersonnelles en polonais et en russe à une différence près, à savoir que les propositions impersonnelles se combinent avec la cause prépositionnelle surtout lorsqu'il est impossible d'exprimer la cause par un SN au nominatif.
         Notre attention portera ici seulement sur un aspect de cette dernière observation à savoir sur la nature précise des syntagmes prépositionnels. Nous passerons en revue les occurrences où le SP a une lecture spatio-temporelle et nous les comparerons aux emplois causatifs. D'un point de vue typologique, le russe et le polonais présentent des similitudes en ce qui concerne leurs emplois spatio-temporels mais divergent sur un point très important et révélateur en ce qui concerne l'emploi causatif. Le polonais, contrairement au russe semble distinguer les emplois où le SN régi par la préposition est un déverbal, en leur réservant la préposition od, des autres. Le fait que le SN dans les syntagmes prépositionnels de cause est un déverbal en polonais constitue le socle de notre future réanalyse des expressions de cause prépositionnelle.

  • 22 février 2013 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    exposé d'Alexandre François sur On est tous pareils: Syncrétisme pronominal et référence impersonnelle dans les langues de Vanikoro
    Résumé
    L'île de Vanikoro, à l'extrême Est des îles Salomon, héberge une langue polynésienne et trois langues mélanésiennes: le teanu (600 loc.), le lovono (4 loc.) et le tanema (1 loc.). Ces trois dernières langues sont atypiques dans le contexte océanien, dans leur lexique autant que leur grammaire. Une de leurs originalités est la structuration de leur paradigme de pronoms sujet, fondée sur des syncrétismes réguliers pour les nombres non-singulier: d'une part, syncrétisme de 1.Excl avec 2, d'autre part syncrétisme de 1.incl avec 3. Je propose d'illustrer et formaliser ce système typologiquement original, autour d'une notion de "dislocutivité".
        Une seconde caractéristique du système, indirectement liée à la précédente, est l'existence d'une marque pronominale à valeur générique ou impersonnelle – sorte d'équivalent du fr. on, rarement grammaticalisé dans les langues océaniennes. Je tenterai de répondre à la question: ce pronom impersonnel, dans les langues de Vanikoro, doit-il être rattaché à la 1e personne, ou à la 3e ?

  • 11 janvier 2013 - Séminaire du Lacito : Problèmes d'analyse et de comparaison des langues
    Exposé de Lameen Souag sur L'intonation en korandjé
    Résumé
    Le korandjé est une langue songhay géographiquement très isolée, parlée à plus de 1000 km de ses plus proches parents, et transformée par son contact avec le berbère et l'arabe. Bien que les effets du contact soient évidents dans son lexique, sa grammaire et sa phonologie segmentale, le développement historique de son système intonationnel est plus difficile à comprendre. Au niveau de la prosodie lexicale, la perte de ton phonémique est probablement un résultat de l'influence berbère. Quant au niveau de la phrase, l'intonation n'a jamais été étudiée pour le korandjé, et demeure peu décrite pour le songhay en général. Cet exposé propose d'expliquer les formes et les fonctions de l'intonation phrasale en korandjé dans le cadre ToBI, et les comparer avec ceux en zarma (songhay) et arabe marocain.

En 2012 toup

  • 19 décembre 2012
    conférence du Prof. Guglielmo Cinque (Univ. de Venise) sur
    Cognition, Typological Generalizations and Universal Grammar
    Résumé :
    In this talk, I would like to discuss two puzzles. One revolves around the fact that of all the concepts that populate our system of thought only a limited number receives a grammatical encoding in the languages of the world (the exemplification will include Mood/Tense/Aspect morphemes and related adverbs, as well as nominal modifiers). The other puzzle rests on the fact that of all mathematically possible orders of constituents (in the nominal phrase and in the clause) only a subset is actually attested. Neither limitation appears to follow naturally from cognitive, historical, cultural, processing, or other factors; which makes it at least possible to think of them as forced upon us by Universal Grammar, perhaps as a consequence of how it crystallized at some distant point of the evolution of our species.
    videoVidéo en Flash (792 Mo ici)

  • 7 décembre 2012 - Séminaire "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues"
    Mise en place du nouveau séminaire du LACITO. Coordination : A. François, A. Henri et B. Touati.
         Exposé de Benjamin Touati (doctorant Paris IV-Lacito) sur :
    Particules énonciatives : comment y voir clair ? Topicalisation, focalisation et marques cadratives en sakao (Vanuatu)

  • li 21 novembre 2012
    Conférence du Prof. Charles LI, professeur émérite à l'Université de Californie à Santa Barbara, et chercheur invité au Collegium de Lyon, sur
    Cognition, the Whorfian hypothesis and language complexity. A perspective from the Chinese spatial metaphor for time.
    Contacts : Martine Mazaudon et Hilary Chappell
    Résumé :
    The conference will examine issues in cognition, the Whorfian Hypothesis and language complexity from a synchronic description and a hitherto uncharted diachronic account of the linguistic as well as conceptual metaphors for PAST and FUTURE. Currently, how do Chinese people conceptualize the past and the future? In the past, how did Chinese people conceptualize the past and future? What is the dominant metaphor for PAST and FUTURE in the Chinese language presently and in the past? In what way do answers to these questions shed light on complexity?
    brevesTexte de présentation en pdf.

  • 3 mai 2012
    haigconférence du Prof. Geoffrey HAIG (u. de Bamberg) sur
    "Alignment in discourse: the discourse basis of ergativity revisited"
    Résumé :
    In a pioneering piece of research, Du Bois (1986) suggested that cross-linguistically, natural connected discourse exhibits a characteristic pattern in the way syntactic arguments are realized, called Preferred Argument Structure (PAS): While transitive subjects are overwhelmingly expressed via pronouns or zero, intransitive subjects and transitive objects cluster together in that they are significantly more frequently full NPs. Du Bois claimed that PAS in discourse effectively mirrors ergative alignment in morphosyntax (cf. Dixon 1996, Du Bois 2003a, 2003b). In this paper, the claims regarding a universal preference for ergative structures in discourse are re-evaluated, based on data from natural spoken discourse from seven typologically and genetically diverse languages (Haig et al 2011). It is suggested that the ergative bias in discourse is in fact an artefact of the way the data has been analysed (Haspelmath 2006), and in fact languages vary quite significantly in this respect. Furthermore, our data demonstrate that the best predictor for lexical vs. pronominal/zero expression of arguments is not syntactic function, but animacy (cf. Everett 2009). Once animacy is taken into account, natural discourse does in fact reveal characteristic patterns, but they are better seen as split-intransitive rather than ergative.
    videoVidéo en Flash (490 Mo ici)

  • 13 février 2012
    lichtenberkDans le cadre de son séjour au Lacito,
    Frank Lichtenberk (Université d'Auckland, Nouvelle-Zélande)
    a donné une conférence en anglais
    le lundi 13 février 2012 sur le thème suivant :
    "Apparition et disparition des classificateurs possessifs en austronésien"
    Résumé :
       De nombreuses langues austronésiennes font une distinction grammaticale entre les constructions possessives aliénable et inaliénable ; elles font aussi des distinctions supplémentaires au sein de la possession aliénable, ces dernières se font précisément par le biais de classificateurs possessifs.
       L'existence de ce contraste aliénable et inaliénable dans les langues austronésiennes a parfois été attribuée au contact avec des langues non-austronésiennes (papoues) (Klamer et al. 2008). Par ailleurs, le développement des classificateurs possessifs est interne à l'austronésien. On peut considérer que l'apparition des classificateurs possessifs a une motivation fonctionnelle : ils caractérisent plus précisément la nature de la relation entre possesseur-possédé (e.g. l'eau comme boisson ou l'eau utilisée dans un certain but par le déterminant-possesseur). Toutefois, dans quelques langues, l'ancien système de classificateurs possessifs a disparu, et avec lui, les distinctions grammaticales signalant des types de relations possesseur-possédé.
       On interrogera ce faisant le bien-fondé de certains types d'explication du changement linguistique : motivations internes et externes et motivations fonctionnelles. Les contacts de langues ont eu pour résultat le développement du contraste aliénable-inaliénable en austronésien, qui a constitué le stade préparatoire de nouvelles distinctions dans la catégorie aliénable. Tandis que l'apparition de distinctions au sein de la possession aliénable peut avoir une explication fonctionnelle, il n'y a en revanche aucune explication fonctionnelle évidente qui explique leur disparition dans certaines langues.
       On discutera en outre de certains parallèles entre les langues austronésiennes et d'autres groupes langues.
    Référence
    Klamer, Marian, Ger Reesink and Miriam van Staden. 2008. East Nusantara as a linguistic area. In Pieter Muysken (ed.), From linguistic areas to areal linguistics, 95–149. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins.
    videoVidéo en Flash (145 Mo ici)

En 2011 toup

  • 16 décembre 2011
    conférence du Professeur Josephat M. Rugemalira (Dpt of Foreign Languages & Linguistics, University of Dar es Salaam), sur Inflection and Derivation in the Mashami* Noun Class
    à l'invitation des linguistes africanistes du Lacito travaillant sur le thème "Énonciation et linguistique africaine" (présentation des interventions en pdf)
    *Le mashami ou kimachame est un dialecte chagga parlé dans la province du Kilimanjaro en Tanzanie.

  • 12 décembre 2011, conférences de Linguistique Générale et Finno-Ougrienne, dans le cadre du Projet franco-estonien Questions and Answers Pairs in Estonian and French compared with some other languages (IIIe Atelier International du Projet ISTY 2 : QAPEF PHC (Partenariats Hubert Curien) Université de Tartu - Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle - CNRS LACITO)
    Helle Metslang (université de Tartu, Estonie) - Types of question markers in Estonian in comparison with some other languages
    European languages are characterized by the formation of general questions by means of inversion, in which case the verb is placed at the beginning of the sentence. […]
    Krista Mihkels (université de Tartu, Estonie) - Other-initiated repair in Estonian conversation: a multi-modal perspective
    When people talk together they frequently encounter problems of hearing, speaking and understanding. […]
    Plus d'informations dont les résumés complets (pdf)

  • 23 septembre 2011, Journée "Jeunes chercheurs du Lacito"
    Agnès Henri - La particule mo en sungwadia: problèmes de catégorisation
    Après avoir exposé rapidement quelques aspects typologiquement intéressants du sungwadia , langue parlée au centre-nord vanuatu, j'aborderai plus précisément les problèmes soulevés par la particule mo. Ce morphème, facilement identifiable dès l'abord comme un outil relativant, présente néanmoins des spécificités morpho-syntaxiques originales pour une langue de cette sous-famille, et on repère en outre des emplois intrigants.
    Frédéric Pain - Le khmèr de Trà Vinh, delta du Mékong, un dialecte khmèr de type 'Cardamomes'
    Outre le Royaume du Cambodge où il est utilisé en tant que langue nationale, le khmèr est également utilisé par des populations minoritaires khmèrophones dans le sud-est de la Thaïlande et dans le delta du Mékong au Vietnam. Nous nous concentrerons sur le dialecte khmèr parlé à Trà Vinh, delta du Mékong, Vietnam. À priori, le khmer du Vietnam devrait attester des caractéristiques du khmèr central en ce sens où il se situe dans le couloir fluvial reliant Phnom Penh à la Mer de Chine méridionale. Cependant, nos recherches montrent que ce dialecte présente des caractéristiques uniquement attestées dans le dialecte du Massif des Cardamomes, région relativement isolée, insalubre, sur le versant maritime du Cambodge. Nous démontrerons cette appartenance à l'aire dialectale des Cardamomes en étudiant l'évolution de phonèmes du khmèr moyen en oppositions de paires registrales dans les trois dialectes khmèr principaux, à savoir le khmèr central, le khmèr de Surin et le khmèr des Cardamomes.
    San-San Hnin-Tun - Étude des particules énonciatives en birman : une approche de la linguistique de corpus
    En birman (langue tibéto-birmane), les morphèmes dits "particules" s'emploient avec une fréquence très élevée, notamment dans le discours oral. Traditionnelement, elles sont décrites selon leurs fonctions grammaticales. Toutefois, cette définition ne couvre pas le fait que les Birmans se servent souvent des particules pour exprimer également des fonctions énonciatives. Je propose donc une approche pragmatique m'appuyant sur un vaste corpus du birman parlé contemporain. L'analyse se fait à l'aide d'un logiciel de concordances qui permet de mieux cerner les régularités de l'emploi des particules en contexte et au-delà du niveau sententiel.
    Yordanka Kozareva - L'aspect grammatical et ses manifestations dans les traductions en français de textes littéraires bulgares
    La question de l'aspectualité en bulgare a été envisagée sous l'angle de la possibilité de ses manifestations en français. Les orientations principales de cette étude ont été guidées par la conviction du rôle fondamental de la traduction pour la compréhension des mécanismes régissant les langues. L'approche théorique a nécessité la description de paradigmes temporels : l'aoriste et le parfait en bulgare, le passé simple, l'imparfait et le passé composé en français. Un certain nombre de procédés orthonymiques ont été considérés et illustrés afin de souligner l'importance, lors de la constitution de l'écriture de la traduction, de l'expérience référentielle, et de l'omniprésence, dans l'esprit des traducteurs, d'une conception jugée correcte et naturelle de s'exprimer.
    La revue des notions théoriques autour du temps et de l'aspect a permis de mettre en lumière le traitement des imperfectifs secondaires, fondamental pour l'appréhension de l'aspect. Texte original et traduction attestent également de différentes visions des procès mais le choix de l'une ou de l'autre représentation ne constitue pas un obstacle à la réception sans aspérités du texte traduit. Cette divergence de représentations démontre que l'existence d'oppositions aspectuelles en bulgare est rarement prise en compte par le traducteur. L'examen du parfait a constitué une ouverture vers l'analyse de valeurs médiatives dont l'expression est, dans une langue comme le bulgare, fortement intégrée dans la morphologie verbale.

  • 1er juin 2011
    – exposé de Kirill Sidorov (doctorant au Lacito) – Traits définitoires des classes aspectuelles de Vendler. Articulation entre aspect grammatical et aspect lexical en russe.
       En s'appuyant sur l'article de S. Tatevosov, 2004, « The parameter of actionality », l'exposé sera consacré à la problématique de la nature des traits qui définissent les classes aspectuelles de Vendler dans les langues en général et de l'articulation entre deux types d'aspect – aspect 'grammatical' et aspect 'lexical' – en russe.
    – exposé de Lorena David (doctorante au Lacito) – Les relatives libres et les corrélatives du roumain
    Cet exposé a pour objet de présenter la problématique des relatives libres à travers les langues et en particulier la problématique des relatives libres du roumain.
    En s'appuyant sur des données venant de l'anglais, du roumain et du français nous commencerons par nous interroger sur leur statut catégoriel (elles ont une double nature – leur syntaxe interne est celle d'un CP et leur comportement syntaxique est celui d'un DP) et par définir leur propriétés sémantico-syntaxiques, tout en évoquant les similarités et les différences qui existent entre ces constructions syntaxiques et les questions indirectes et les relatives restrictives, desquelles elles ont été tour à tour rapprochées.
    Pour ce faire, on rappellera quelques notions essentielles : matching effects, corrélation, pied-piping effects, preposition stranding, hiérachie d'accessibilité à la relativisation etc.
    Dans un deuxième temps, nous esquisserons une typologie des langues (matching/partiellement non-matching /totalement non-matching et leurs sous-classes : langues matching qui obéissent à la contrainte d'identité catégorielle vs. casuelle ; langues non-matching dont le pronom relatif porte uniquement le cas requis par le verbe de la matrice vs. le verbe de l'enchâssée et langues, comme le roumain, qui construisent des relatives libres introduites par un pronom portant tantôt le cas du verbe de la principale, tantôt celui de la relative).
    En effet, les données du roumain permettront d'évoquer les différentes analyses qui ont été proposées pour la description des relatives libres et de montrer les stratégies utilisées par cette langues afin de résoudre les conflits casuels (recours à la corrélation, aux pronoms résomptifs etc.) et de vérifier l'hypothèse selon laquelle il existerait une hiérarchie casuelle (dressée sur la base du caractère marqué des cas d'une langue) et des principes propres à chaque langue, qui régissent le cas réalisé sur le pronom relatif et le cas supprimé lorsqu'il y a des situations de case mismatch.

  • 11 mai 2011
    exposé de Yordanka Kozareva (post-doctorante du Lacito) – L'aspect grammatical et ses manifestations dans les traductions en français de textes littéraires bulgares
       La question de l'aspectualité en bulgare a été envisagée sous l'angle de la possibilité de ses manifestations en français. Les orientations principales de cette étude ont été guidées par la conviction du rôle fondamental de la traduction pour la compréhension des mécanismes régissant les langues. L'approche théorique a nécessité la description de paradigmes temporels : l'aoriste et le parfait en bulgare, le passé simple, l'imparfait et le passé composé en français. Un certain nombre de procédés orthonymiques ont été considérés et illustrés afin de souligner l'importance, lors de la constitution de l'écriture de la traduction, de l'expérience référentielle, et de l'omniprésence, dans l'esprit des traducteurs, d'une conception jugée correcte et naturelle de s'exprimer.
       La revue des notions théoriques autour du temps et de l'aspect a permis de mettre en lumière le traitement des imperfectifs secondaires, fondamental pour l'appréhension de l'aspect. Texte original et traduction attestent également de différentes visions des procès mais le choix de l'une ou de l'autre représentation ne constitue pas un obstacle à la réception sans aspérités du texte traduit. Cette divergence de représentations démontre que l'existence d'oppositions aspectuelles en bulgare est rarement prise en compte par le traducteur. L'examen du parfait a constitué une ouverture vers l'analyse de valeurs médiatives dont l'expression est, dans une langue comme le bulgare, fortement intégrée dans la morphologie verbale.

  • mufweneSalikoko S. Mufwene, professeur à l'université de Chicago,
    au Lacito mercredi 4 mai 2011.
    Son exposé, en français, sur "L'émergence de la complexité dans le langage" a été suivi d'un débat ouvert sur le développement linguistique et la diversité des langues.

  • 8 avril 2011, Journée des Doctorants du Lacito
    Benjamin TOUATI – « Description du sakao, langue océanienne du nord Santo (Vanuatu) » (Sorbonne, dir. A. Lemaréchal)
    Serenah TOMBA – « La devise dans la société punu du Gabon : états des lieux, perspectives méthodologiques et premiers résultats » (INALCO, dir. O. Issa et U. Baumgardt)
    Patrycja MATERA –  « La diversité des expressions non-nominatives en russe et en polonais » (Sorbonne Nouvelle, co-dir. G. Rebuschi & L. Nash)
    Idrissia ED-DAHBY – « Bilinguisme et mélange de langues dans la presse écrite marocaine » (Sorbonne Nouvelle, dir. M.M. J. Fernandez-Vest)
    Norbert MTAVANGU – « La contribution des Francais à l'étude du swahili; cas de Charles Sacleux » (INALCO, dir. O. Issa)
    Alexandre DJOUPA – « Le rôle des déictiques en fagauvea (Ouvéa, îles Loyauté) » (INALCO, dir. C. Moyse-Faurie)
    Jirasak ACHARIYAYOS – « Le rôle des particules énonciatives dans la structuration informationnelle en thaï » (Sorbonne Nouvelle, dir. M.M. J. Fernandez-Vest)
    Hiromi KOMAGATA – « Passif et thématisation en japonais » (Sorbonne Nouvelle, dir. M.M. J. Fernandez-Vest)

  • 18 mars 2011
    présentation par le professeur Claude Hagège de son livre Adpositions.
    Description (tirée du site de l'éditeur) :
    This pioneering study is based on an analysis of over 200 languages, including African, Amerindian, Australian, Austronesian, Indo-European and Eurasian (Altaic, Caucasian, Chukotko-Kamchatkan, Dravidian, Uralic), Papuan, and Sino-Tibetan. Adpositions are an almost universal part of speech. English has prepositions; some languages, such as Japanese, have postpositions; others have both; and yet others kinds that are not quite either. As grammatical tools they mark the relationship between two parts of a sentence: characteristically one element governs a noun or noun-like word or phrase while the other functions as a predicate. From the syntactic point of view, the complement of an adposition depends on a head: in this last sentence, for example, a head is the complement of on while on a head depends on depends and on is the marker of this dependency. Adpositions lie at the core of the grammar of most languages, their usefulness making them recurrent in everyday speech and writing. Claude Hagege examines their morphological features, syntactic functions, and semantic and cognitive properties. He does so for the subsets both of adpositions that express the relations of agent, patient, and beneficiary, and of those which mark space, time, accompaniment, or instrument. Adpositions often govern case and are sometimes gradually grammaticalized into case. The author considers the whole set of function markers, including case, that appear as adpositions and, in doing so, throws light on processes of morphological and syntactic change in different languages and language families. His book will be welcomed by typologists and by syntacticians and morphologists of all theoretical stripes.

  • 28 février 2011
    Le professeur Alain Lemaréchal est venu présenter son livre Comparative Grammar and Typology
    La présentation était suivie par une discussion animée par Isabelle Bril et Claire Moyse-Faurie.
    En savoir plus sur l'ouvrage ici.

  • 18 février 2011
    exposé de Patrycja Matera (doctorante au Lacito) – Sujets non-nominatifs dans les langues slaves : essai d'analyse comparative et multifactorielle dans les approches formelles et typologiques
       L'objectif de cette présentation est double. Présenter la problématique des expressions sans argument nominatif dans les langues slaves d'un point de vue des grammaires formelles tout en introduisant les propositions concernant l'inventaire des expressions qui sont considérées comme non canoniques par ces grammaires-là.
       Nous ajouterons à cela des descriptions de type cognitif et typologique afin de dresser un panorama large des idées qui ont émergé autour des notions suivantes : sujet non-nominatif, datif, Datif, impersonnel, Body Parts expressions, possesseur externe, Cause etc.
       Dans la dernière partie de notre présentation, on montera l'avancement de notre recherche basée sur une approche multifactorielle. Ainsi nous étudierons une partie de notre corpus qui montre un lien (en russe et en polonais) entre, d'un côté les constructions décrites dans la première partie de cet exposé et, de l'autre des facteurs comme: la possession externe/interne et la cause externe/interne, le réfléchi, la modalité etc.
    [Un résumé long est consultable en pdf]

  • 25 janvier 2011
    exposé de Manon Capo (doctorante en Anthropologie)Interrogations autour de la production de documents historiographiques kanak
       Dans le cadre de ma thèse sur la transmission du savoir historique à Bayes (Poindimié, côte Est de la Nouvelle-Calédonie) langue paicî), j'étudie un corpus de manuscrits kanak archivés par Alban Bensa et Jean-Claude Rivierre à partir des années 70. La production de ce type de documents avait été initiée par le pasteur ethnologue Maurice Leenhardt, qui demandait à ses élèves kanak de transcrire leurs connaissances et expériences sur des cahiers.
       C'est dans ce cadre que je présenterai l'analyse contextualisée d'un texte, écrit en 1919 à Tibarama, portant visiblement sur un conflit dans la région de Poyes en 1901.
       J'observerai les conditions qui ont présidé à la production de ce texte, envisagée comme un moment dans la formation de l'espace d'écriture suscité par Maurice Leenhardt.
       Puis, j'examinerai les différentes opérations que le missionnaire et ses informateurs ont conjointement effectuées sur le texte afin de le constituer en source de compréhension de situations de guerre.
       Enfin, je m'interrogerai sur le type d'intelligibilité que l'on peut lui conférer en tant que document historiographique, à la lumière de ses conditions de production et de la comparaison avec des récits se rapportant au même sujet.  


En 2010 toup

  • 3 décembre 2010 & 22 octobre 2010
    exposé de Gergina Anguelova (doctorante au LLF, Paris 7) – Aspect lexical et aspect grammatical
       Présentation des théories aspectuelles basée sur l'article de H.-J. Sasse "Recent activity in the theory of aspect : Accomplishments, achievements, or just non-progressive state ?", Linguistic typology 6 (2002), 199-271.
       L'exposé présente en particulier deux points développés par H.-J. Sasse :
    (i) l'aperçu critique des théories aspectuelles et
    (ii) les perspectives théoriques et typologiques.
       Nous présentons le bilan des points en commun et des divergences entre les théories aspectuelles, ainsi que la classification des théories qui en découle ; la classification étant principalement basée sur le rôle historique des distinctions entre aspect grammatical et aspect lexical. Nous présentons également les problèmes auxquels doit répondre, selon H.-J. Sasse, une théorie aspectuelle qui se veut pertinente du point de vue typologique.

  • mohanty26 novembre 2010
    Le professeur Panchanan Mohanty, directeur du Centre for Endangered Languages and Mother Tongue Studies, de l'université de Hyderabad, Inde, a visité le LACITO le 26 novembre 2010. Invité à l'intiative de Christiane Pilot-Raichoor, il venait aussi visiter notre unité d'Archives des langues rares.

    Professor Panchanan Mohanty, coordinator of the Centre for Endangered Languages & Mother Tongue Studies, University of Hyderabad, India, was at LACITO on 26 November 2010. He was invited by Christiane Pilot-Raichoor and has visited our Oral and Rare Language Archive too.

  • 1er octobre 2010
    Exposé-atelier d'Andrew HARDIE (Université de Lancaster) en visite au LACITO,
    "Application aux langues moins documentées d'outils développés pour des corpus immenses: CQPweb et les textes richement annotés"
    Résumé : Il est proposé d'introduire les petits corpus de langues peu documentées, avec leurs riches gloses interlinéaires, dans un format utilisé pour d'immenses bases de données, annotées de façon moins fine. L'exposé-atelier, qui fera une grande place aux échanges de points de vue, comportera une présentation du système d'analyse de corpus CQPweb.
    L'exposé et la discussion auront lieu en anglais.
    Au sujet des outils développés par A. Hardie :
    CQPweb (présentation) – Workshop: Introduction to CQPwebPage personnelle d'A. Hardie

  • 10 juin 2010
    exposé de Martine VanhoveTabous linguistiques et humour poétique ches les Bedja du Soudan

  • 4 mai 2010
    A l'invitation du Sedyl-Celia et du Lacito, exposé de
    Christian DiCanio, « The Phonetics of Tone in Trique »
    Abstract:
    Oto-Manguean languages are well-known for having complex tonal systems which interact with laryngeal features (Silverman, 1997). Phonologically speaking, certain tones may only be allowed to co-occur with specific phonation types (breathiness, creak), or they may be restricted from co-occurring with them. Phonetically speaking, when tones and phonation types do co-occur, their coarticulatory patterns may vary according to language-specific principles (allo-tonic alternations) or general phonetic principles. Yet, despite the complexity of these languages, there are few studies which have investigated the implementation, coarticulation, or perceptibility of the different tonal contrasts (but see Avelino 2004).
    In this talk, I will discuss two sets of studies examining the phonetics of the tonal system of San Martín Itunyoso Trique, an Oto-Manguean language spoken in Oaxaca, Mexico. Itunyoso Trique has 9 tones which co-occur with breathy and creaky phonation types (DiCanio, 2008). In the first study, I examine how tones are coarticulated with different phonation types. While the field of phonetics has made progress understanding how tone and laryngeals are produced and perceived (Brunelle 2009, Edmondson & Esling 2006, Esposito 2006, Michaud 2004, Xu 1994, 2004, among others), little is known as to whether coarticulatory patterns are language-specific or explainable by general constraints on laryngeal mechanics. For Trique, I show that most of the effects of laryngeals on pitch have a general explanation, but the phasing relationship between tones and phonation types is subject to language-specific constraints.
    In the second study, I examine the perception of Trique tones produced in a modal phonation context. The results from AXB discrimination and AXB identification tasks with Trique and French listeners show a quasi-categorical (Hallé et al, 2004) perception for Trique listeners for many of the tonal comparisons. French speakers did not perceive tone categorically. Tonal comparisons not categorically-perceived for Trique listeners were those contrasts which were the most acoustically similar or with the smallest functional load in the linguistic system. These results are discussed in light of a hybrid, multi-store model of perception (Xu, Gandour, and Francis, 2006).
    Bibliography:
    Avelino Becerra, H. (2004) Topics in Yalálag Zapotec, with Particular Reference to its Phonetic Structures. PhD thesis, UCLA.
    Brunelle, M. (2009). Tone perception in Northern and Southern Vietnamese. Journal of Phonetics, 37(1):79–96.
    DiCanio, Christian T. (2008) The Phonetics and Phonology of San Martín Itunyoso Trique. PhD thesis, University of California, Berkeley.
    Edmondson, J. A. and Esling, J. H. (2006). The valves of the throat and their functioning in tone, vocal register, and stress: laryngoscopic case studies. Phonology, 23(2):157–191.
    Esposito, C. (2006). The Effects of Linguistic Experience on the Perception of Phonation. PhD thesis, UCLA.
    Hallé, P. A., Chang, Y. C., and Best, C. T. (2004). Identification and discrimination of Mandarin Chinese tones by Mandarin Chinese vs. French listeners. Journal of Phonetics, 32(3):395–421.
    Michaud, A. (2004). Final consonants and glottalization: New perspectives from Hanoi Vietnamese. Phonetica, 61:119–146.
    Silverman, D. (1997) Laryngeal complexity in Otomanguean vowels. Phonology, 14:235–261.
    Xu, Y. (1994). Production and perception of coarticulated tones. Journal of the Acoustical Society of America, 96(4):2240–2253.
    Xu, Y. (2004). Understanding tone from the perspective of production and perception. Language and Linguistics, 5:757–797.
    Xu, Y., Gandour, J. T., and Francis, A. L. (2006). Effects of language experience and stimulus complexity on the categorical perception of pitch direction. Journal of the Acoustical Society of America, 120(2):1063–1074.

  • 18 février 2010
    exposé d'Anne Behaghel-DindorfLes armes parlantes en héraldique, identité et emblématique des porteurs d'armoiries
    Parmi les armoiries portées à toutes les époques, environ 30% sont des armoiries parlantes. Certains considèrent que les armoiries parlantes sont des créations modernes, idée fausse malheureusement confortée par le recensement de l'Armorial de 1696.
    Notre propos est de montrer combien les armes parlantes ont été présentes dès l'apparition de l'héraldique (vers 1150) et dans toutes les couches de la société et d'expliciter la différence entre armes-rébus et armes allusives (historiques ou politiques), toutes liées à la manière dont chacun se percevait autrefois (individu, membre d'une lignée ou d'un groupe politique...) et toutes majoritairement liées à la langue maternelle du porteur d'armoirie.

  • 21 janvier 2010
    exposé de Galia Valtchinova (Académie bulgare des sciences) – Vidi mi se preko slava [ceci apparaît à moi par la gloire (de Dieu)] : expériences de femmes visionnaires de Macédoine (FYRoM) entre le non-dit et le sous-entendu
    « Vidi mi se preko slava » est une formule spéciale pour exprimer le contact entre un être humain et une ou des entités surnaturelles, contact permettant à celui-ci de fonctionner comme le "conduit" ou la "bouche" de celle(s)-là. Pour les femmes visionnaires orthodoxes du petit pays balkanique qu’est la République ex-yougoslave de Macédoine, où l’enquête a été menée entre 1999 et 2004, cette formule exprime ce qui est au cœur de la relation visionnaire et prophétique. Les entités surnaturelles peuvent être des saints, des anges, la Vierge ou le Christ, mais également des morts appartenant à la famille ou s'étant illustrés pour la Patrie. Leur désignation par le terme collectif d’« entités surnaturelles » est due au fait, relevé sur le terrain, que toutes ces figures sont vues et perçues comme des acteurs d’une volonté extra-humaine intervenant dans le cours de l’existence des hommes jusque dans leur vie quotidienne. Et pourtant, qu’ils soient divins ou non, ces acteurs surnaturels sont nommés rarement ou pas du tout : l’ethnographe aura beau jeu de chercher à surprendre une exclamation comme "Voilà la Vierge", ainsi qu'on l’a souvent rapporté pour les visionnaires de culture catholique. L’entité divine, ou plus généralement surnaturelle, à laquelle la visionnaire se soumet et au nom de laquelle elle "parle" en énonçant des révélations ou des prophéties, n’est identifiable qu’à terme, après un travail patient de mise en rapport, par la visionnaire, des énoncés avec les non-dits culturels qu’elle a intégrés et les éléments évidents à ses yeux, que je désigne ici par le "sous-entendu". La référence explicite, dans la formule visionnaire, à slava, terme slave pour « gloire », et aussi « célébration » et « grâce divine », permettra de chercher une clé de lecture et de compréhension de ces non-dits et des composantes implicites du fait visionnaire dans la culture rituelle locale.

  • 15 janvier 2010
    conférence du Professeur Thomas Stolz (Universität Bremen) – Le redoublement total dans les langues d'Europe (diaporama en ppt ou en pdf)
    Les langues européennes sont-elles dépourvues d’un procédé structural quasi universel comme le redoublement total ? La réponse à cette question que donnent Haspelmath (2001) et Rubino (2005a-b) est affirmative. Haspelmath considère l’absence de redoublement comme un trait typique des langues SAE (comme le français, l’allemand, le néerlandais…). Dans son étude de la distribution globale du redoublement, Rubino va au-delà de l’hypothèse de Haspelmath. Selon la carte géolinguistique que Rubino a publiée dans le WALS, l’Europe entière représente une aire sans redoublement (exception faite du hongrois). Si son interprétation de la situation européenne est juste, le vieux continent serait l’unique région du monde dans laquelle ce phénomène linguistique ne jouerait aucun rôle.
    Dans ma conférence, je me propose de démontrer que, même en Europe, le redoublement total est un phénomène actuel. On peut distinguer deux zones principales : l’une au nord où le redoublement est peu fréquent et s'apparente à la stylistique, et l’autre au sud où le redoublement, plus fréquent, se comporte comme un élément grammatical.
    Références bibliographiques :
    • Haspelmath, Martin. 2001. The European Linguistic Area: Standard Average European, in Haspelmath, Martin; König, Ekkehard; Oesterreicher, Wulf et Raible, Wolfgang (éds.), Language Typology and Language Universals. Berlin: Mouton de Gruyter, 1492-1510.
    • Rubino, Carl (2005a). Reduplication, in Haspelmath, Martin; Dryer, Matthew S.; Gil, David et Comrie, Bernard (éds.), The World Atlas of Language Structures. Oxford: Oxford University Press, 114-117.
    • Rubino, Carl (2005b). Reduplication: form, function and distribution, in Hurch, Bernhard (éd.), Studies on Reduplication. Berlin: Mouton de Gruyter, 11-30.


En 2009 toup

  • 11 décembre 2009
    exposé de Josiane Massard-Vincent (CNRS - Laboratoire d’Anthropologie Urbaine) – La transmission des « prénoms de famille » dans l’Angleterre contemporaine
       Les registres baptismaux de la paroisse (anglicane) de Bakewell, Derbyshire, relatifs à la période 1973/1998 font apparaître un trait récurrent dans le choix des prénoms : près d’un tiers des baptisés de sexe masculin reçoit en premier, deuxième ou troisième prénom, le prénom du père, qu’il s’agisse là encore du premier, deuxième ou troisième prénom. Or, l’incidence de cet usage est bien moindre de mère à fille. Cette observation m’a amenée à entreprendre auprès d’une dizaine de familles de la localité une enquête sur les usages nominaux ainsi qu’un recueil de généalogies. Les données collectées confirment les formes d’homonymie relevées dans les registres paroissiaux. L’interprétation d’une telle pratique renvoie à d’autres registres, en particulier
       – la parenté spirituelle héritée de la Réforme,
       – l'organisation sociale (parenté, héritage),
       – la temporalité.

  • 27 novembre 2009
    exposé de Manon Capo (doctorante en co-direction IRIS-Lacito) – Destins écrits, destins d’écrits. Étude d’un manuscrit comme vecteur de l’histoire des clans à Tibarama, Nouvelle-Calédonie.
       Mon exposé vise à présenter l’état actuel de l’élaboration de mes données de terrain de thèse. Je commencerai par faire un point sur l’objet de ma recherche, la transmission du savoir historique local à Tibarama (district de Bayes, commune de Poindimié, côte est du pays paicî, Nouvelle-Calédonie). Puis, j’élaborerai l’approche que j’en fais à partir du cas d’un manuscrit à caractère historique provenant de Tibarama.
        Par savoir historique local, j’entends une forme d’histoire spécifique à la société kanak, et plus précisément paicî, qui retrace l’implantation des clans dans la région étudiée et les relations entre ces clans et avec leurs "voisins" issus de la colonisation française, agents de l’administration coloniale, colons et missionnaires. On peut s’y référer par le terme générique "histoire des clans". Je la conçois comme un héritage discursif issu des générations précédentes, que les contemporains reçoivent et s’approprient. Il s’agit donc de comprendre comment cet héritage est socialement construit et reconstruit au fil du temps, en fonction des pratiques verbales qui le mettent en œuvre et des enjeux du contexte socio-politique qui l’encadrent.
        Ces choix trouvent un écho dans l’appel de Jean Bazin à aborder les discours historiques par le biais d’une sociologie de leur production[1]. Selon lui, leur sens peut être fructueusement appréhendé en tenant compte « des intérêts du narrateur en fonction de la position sociale qu’il occupe, de ceux aussi qu’il peut supposer chez l’auditeur individuel ou collectif auquel il s’adresse, de l’occasion conjoncturelle du récit… Bref, de tous les traits qui qualifient la situation d’énonciation (…) », ainsi que « des multiples énonciations antérieures dont il est l’héritier, et donc [des] processus d’historisation qui ont engendré le matériau narratif dont il se sert[2] ».
        Vaste programme dont je m’inspirerai pour l’étude d’un manuscrit à caractère historique provenant de Tibarama. L’analyse conjointe de ses dimensions textuelles et sociales visera à élucider le statut de ce manuscrit en tant que vecteur de l’histoire des clans, en prenant pleinement en compte la spécificité de sa nature écrite.
    [1] « La production d’un récit historique », Des clous dans la Joconde, Paris, Ed. Anacharsis, 2008, p. 271-343.
    [2] À ceci près que je préfère "discours" à "récit" car, dans le cas qui m’occupe au moins, l’histoire peut être rappelée verbalement par d’autres biais que le récit (par des listes lignagère par exemple).

  • 23 novembre 2009, conférence en français de Francesca Merlan (Australian National University, School of Archaeology and Anthropology, Canbarra Act Australia) – Nouvelles approches de la deixis
          L’étude de la deixis concerne généralement des phénomènes endophoriques, internes à la langue. La plupart des grammaires contiennent peu ou pas du tout d’informations sur la signification et les usages des démonstratifs ou de tout autre élément déictique. Or, il apparaît nécessaire de comprendre aussi quels sont les emplois de ces déictiques dans le cadre élargi de la société, comme l’ont envisagé certains ethnolinguistes.
          Mon exposé s’emploiera :
          (1) à rappeler ce que l’on connaît, du point de vue linguistique, sur les éléments déictiques, et les limites de l’approche descriptive ;
          (2) à montrer qu’il existe toute une litérature qui va au-delà de cette approche ;
          (3) à passer en revue certains points forts de cette nouvelle perspective ;
          (4) à donner un aperçu d’exemples empiriques qui pourraient tirer bénéfice d’une vision élargie du domaine de la deixis, prenant en compte la ‘deixis sociale’; en outre, à partir de données sur les déictiques en jawoyn, langue parlée dans le nord de l’Australie, je montrerai ce que leur emploi suggère sur le degré de présupposition et sur la connaissance partagée, un thème souvent débattu à propos de ces locuteurs vivant en (originellement) petites communautés isolées.

  • 7 octobre 2009
    tadahikoconférence de M. Tadahiko Shintani (University of Foreign Studies, Tokyo) – Recherches linguistiques sur l’aire culturelle tay (Phonologie historique des langues de la région et signification pour l’histoire)
       L’aire culturelle tay s’étend sur la région frontalière entre le nord de la Thailande, le nord du Laos, le sud-ouest de la province de Yunnan, et le nord et l’est de la Birmanie. Il existait dans cette région, entre le XIIIe et le XXe siècle, des petits royaumes tay (principautés) où les Tay, occupant les bassins, regroupaient dans leur société les non-tay habitant dans les endroits avoisinants montagneux. Une telle situation engendrait le plurilinguisme, et les contacts entre des langues généalogiquement différentes durant des centaines d’années ont donné des occasions à des changements phonétiques typiques de la région.
       La région comprend cinq souches linguistiques différentes: tay-thay, mon-khmer du Nord, tibéto-birman (y compris karen), miao-yao, et chinois. Il existe des langues sans tons à côté des langues à tons qui sont fortement majoritaires. Les données linguistiques recueillies jusqu’à nos jours ne sont pas abondantes dû à la difficulté d’accès de nature politique et géographique. Nous avons essayé tout de même de renouveler les données classiques, recueillies par des missionnaires ou par d’autres non-initiés à la linguistique, afin d’observer de plus près les changements phonétiques qui ont eu lieu dans la région. Au cours de nos enquêtes menées sur place, nous avons trouvé un certain nombre de langues tout à fait nouvelles et réussi à améliorer la situation des données, surtout à propos des langues karen et mon-khmer du Nord.
       En nous fondant sur les données nouvellement recueillies, nous sommes arrivés à classifier plus correctement les langues et dialectes karen. Nous avons pu développer l’idée que les langues karen ont subi deux phases d’assourdissement, étant donné que nous avons trouvé une langue, le monebwa, où l’assourdissement des initiales est conditionné par la catégorierie tonale à laquelle appartenait le mot en karen commun.
       Parmi les langues mon-khmer du Nord, nous avons trouvé deux langues à tons ponctuels, siam (hsem) et va (en), où l’origine des tons est l’opposition aspirée / non-aspirée. Nous avons trouvé, en même temps, que les tons de ces deux langues sont inversés pour les syllables à initiales occlusives.
        Les données linguistiques ainsi recueillies nous suggèrent de développer certaines idées sur les éventuels contacts inter-ethniques qui auraient eu lieu dans la région au cours de l’histoire.

  • 11 juin 2009
    exposé de Jean-Marie Privat (université de Metz) – Ethnocritique de Toine de Maupassant - Entre anal et carnaval

  • 27 mai 2009
    conférence du Professeur David Bradley (Université de La Trobe, Melbourne) – Evidence and certainty in Lisu
    Lisu is a language of the Ngwi (Yi, Loloish) subgroup of Tibeto-Burman with a category of markers that occur in clause-final position in sentence-final clauses. These include a question marker, various imperative/hortative markers and various epistemic and evidential markers. There are very substantial internal differences in the epistemic and evidential systems of different varieties of Lisu; other areas of Lisu structure show much greater similarity across varieties (Bradley 1994, 1999, 2003; Bradley et al. 2006). The usual pattern is for a final clause to have only one such marker, though in some varieties there are possible sequences.
    This paper briefly notes the question and imperative/hortative markers and discusses the epistemic and evidential systems found in six subvarieties of Lisu: Northern Lisu, three types of Central Lisu, Southern Lisu and the literary compromise Lisu first used in Christian translations but now also becoming a spoken lingua franca among Christian Lisu. It should be noted that over the last sixty years there has been considerable contact between the various varieties. Some speakers are thus aware of the forms in other varieties, but usually do not fully understand their meanings or the differences in meaning of apparently similar forms. The most restricted system is found in the literary compromise variety, which uses only the strong assertion epistemic and the universal quotative marker found in all other varieties. Some epistemics have an alternative form used as a pair word in song language.

  • 14 mai 2009
    exposé de Bertrand Masquelier (université d'Amiens et Lacito) – Comment s'excuser d'une fausse note : petite dramaturgie d'un événement musical un soir de décembre 1946, sur la scène du Town Hall de New York

  • james6 mai 2009
    conférence du Professeur James A. Matisoff (Université de Californie, Berkeley) – Les initiales laryngales en Tibéto-birman
    Vidéo en Flash (320 Mo) à consulter ici.


  • 30 avril 2009
    exposé de Nicole Belmont (LAS) – Le jeu de la variation dans les contes merveilleux : lacunes ou non-dit ?

  • 30 avril 2009
    exposé de Régis Ollomo-Ella (doctorant au Lacito) – L'analyse linguistique du shiwa (bantou, Gabon) : état des travaux (phono-logie, détermination nominale, ...) (présentation en pdf ici)

  • 6 février 2009
    exposé de Sû-tôôg-nooma Kukka Kabore (Paris 3 et Lacito) et Odile Issa (Inalco et Lacito) – Les relations intriquées dans les constructions impliquant un troisième argument en swahili standard
    [version française d'une communication presentée au colloque Bantu languages, analysis description and theory, Göteborg, Suède, en octobre 2007]

  • 26 janvier 2009
    exposé de Katia Chirkova (CRLAO) – Les langues qianguiques de Muli (Sichuan, Chine) : phylogénie et systèmes tonals
    Cette présentation porte sur un projet ANR "What defines Qiang-ness: Towards a phylogenetic assessment of the Qiangic languages of Muli" (2008-2012).
    Ce projet vise à une documentation approfondie des langues tibéto-birmanes parlées dans le comté autonome tibétain de Muli (province du Sichuan, Chine), et à un examen de leurs relations phylogénétiques. La présentation sera divisée en deux parties. Dans un premier temps, je présenterai le projet, l'équipe de recherche, les objectifs, la méthodologie et l'apport scientifique attendu. Dans un deuxième temps, je parlerai des principaux résultats de la première mission de terrain (mars-avril 2008) et des travaux en cours sur le système tonal de la langue shixing (avec Alexis Michaud).

  • 14 janvier 2009
    exposé de Jean-Louis Dessales (ParisTech) – Les facteurs de l’intérêt dans la narration spontanée
    Les êtres humains consacrent près d’un tiers de leur temps conversationnel (soit près de deux heures par jour !) à partager des épisodes de leur vie. Le défi, pour le narrateur, est d’intéresser ceux qui l’écoutent. La théorie que je propose pour prédire l’intérêt narratif des événements est issue de l’analyse de dizaines d’heures de conversations spontanées enregistrées. Deux facteurs se révèlent essentiels pour l’intérêt : l’inattendu et l’émotion. Les événements inattendus sont ceux qui apparaissent plus simples à décrire qu’à produire (la complexité se mesurant à la taille de la description minimale). L’inattendu se combine à l’intensité émotionnelle pour produire l’intérêt narratif. Je montrerai que cette théorie est conforme aux observations et permet de faire de nombreuses prédictions sur le comportement narratif spontané. Bibliographie
    Bibliographie
    Dessalles, J-L. (2008). La pertinence et ses origines cognitives - Nouvelles théories. Paris: Hermes-Science Publications (ouvrage présenté ici).


En 2008 toup

  • 19 décembre 2008, dans le cadre du programme Ergativité (Fédération TUL)
    conférencedu Professeur William Foley (université de Sydney) – Split Ergativity and Direct versus Inverse in the Lower Sepik Family
    Direct versus inverse inflectional systems are a commonplace feature of languages which signal their grammatical relations primarily by verbal agreement, such as many Amerindian languages or Tibeto-Burman languages of the Himalayas. Direct versus inverse systems are characterized by one inflectional pattern when a speech act participant (first or second person) functions as actor to a non-speech act participant (third person) as patient and another inflectional pattern when the opposite situation holds. Scenarios in which the speech act participants (first and second person) act on each other pose particular problems (Heath 1991, 1998). The Algonkian languages of North America are the paradigm case of this grammatical inflectional pattern. As the Lower Sepik languages are morphologically complex languages which express grammatical information predominantly through verbal morphology, they, not unexpectedly, exhibit direct-inverse inflectional systems, and such a system was unquestionably a feature of Proto-Lower Sepik. The direct versus inverse system is crosscut by a verbal agreement system that exemplifies split ergativity and the actual realization of ergativity in these languages is sensitive to the direct versus inverse parameter. However, while all six currently extant languages have such systems, each is different to a greater or lesser extent from the others, particularly in dealing with the pragmatically complex scenario in which the speech act participants (first and second person) act on each other. This paper will look at the direct-inverse systems and split ergativity in detail in two languages of the family (with a glance at two others) with a view to understanding both diachronic developments within the family and enriching the typological understanding of direct-inverse systems and split ergativity more generally.
    References
    Heath, J. 1991. Pragmatic disguise in pronominal-affix paradigms. In Plank, F., ed, Paradigms: The Economy of Inflection, 75-89. Berlin: Mouton de Guyter.
    Heath, J. 1998. Pragmatic skewing in 1 ↔ 2 pronominal combinations in Native American languages. International Journal of American Linguistics 64.83-104.

  • 2 octobre 2008
    conférence du Professeur Brian Joseph (Ohio State University) – On the Need for History in Doing Balkan Linguistics
    The field of Balkan Linguistics is concerned with the patterns of structural and lexical convergence that can be found to hold in and among various languages of Southeastern Europe. It is in some sense quintessentially an historically oriented discipline, since virtually all of the convergence to be noted represents a divergence in each language away from an earlier quite different state. At the same time, though, many investigators into matters of the Balkan "Sprachbund" convergence seem to take a purely synchronic typological approach, measuring the languages against one another with regard to various existing structural features they may show. It is argued here that while such a line of inquiry into the Balkan languages is useful, it cannot be done without some sense of history accompanying it. Several examples are discussed here in which a failure to take into account the historical background of a given convergent feature leads to quite erroneous results. In the end, history is vindicated, and is shown to play a key role in understanding Balkan convergences, in all their dimensions.
    Exemplier en pdf ici.
    videoVidéo en Flash (255 Mo) à consulter ici.

  • 12 juin 2008
    exposé d'Injoo Choi-Jonin (Professeur à l'université de Toulouse le Mirail et Lacito) – Parfait en coréen
         Il est fréquent d’observer dans beaucoup de langues qu’une même marque représente à la fois l’aspect résultatif, l’aspect accompli et le temps passé. Le terme « parfait » désigne généralement cette marque.
         Le coréen dispose d’un suffixe verbal aspectuo-temporel –as’, que les manuels de grammaire coréenne signalent comme une marque du temps passé, à l’aspect accompli. Combiné avec certains prédicatifs, ce suffixe indique effectivement l’antériorité d’un événement par rapport au moment de l’énonciation ; l’accent est mis dans ce cas sur l’accomplissement d’un procès dans le passé. Or, le même suffixe peut également être utilisé pour mettre en relief un état résultant d’un procès accompli, lequel état étant présent au moment de l’énonciation. Un cas semblable se trouve aussi en français ; on peut dire Tiens ! Il a neigé, en découvrant un paysage enneigé ; pour représenter la même situation, le verbe coréen équivalent à neiger doit être accompagné du suffixe –as’. L’emploi du suffixe dit accompli en coréen est cependant plus large que celui du passé composé en français. En effet, un état qui ne suppose a priori aucun procès préalablement accompli peut être décrit à l’aide du suffixe –as’ : dans un énoncé équivalent à Il ressemble à son père, le verbe coréen doit être flanqué de ce suffixe. Ce type d’emploi ne s’explique aisément ni par la valeur temporelle « passé », ni par la valeur aspectuelle « accompli ». Enfin, le suffixe en question peut également être utilisé dans un récit comme « passé narratif ».
         Afin de rendre compte des différentes valeurs du suffixe –as’ en coréen, il me semble particulièrement éclairant de distinguer, à la suite de Creissels (1999), statif, statif-résultatif, antérieur et antérieur-rémanent. Par ailleurs, selon Lee Ki-Kap (1982), le morphème –as’ proviendrait de la contraction de la forme verbale périphrastique –a is’ta, utilisée en coréen contemporain pour exprimer un état résultant d’un procès. Cette dernière aurait vu restreindre ses emplois, à cause de la création du premier, après le 16e siècle. Si cette explication historique est juste, on comprend mieux comment un même suffixe peut être utilisé à la fois pour exprimer les différentes valeurs brièvement décrites ci-dessus. Ceci étant, il conviendra de préciser aussi la distribution entre la forme verbale périphrastique –a is’ta et le suffixe verbal –as’, pouvant exprimer tous deux l’état résultant d’un procès. La présente étude montrera par ailleurs que le suffixe –as’ en coréen illustre parfaitement le processus diachronique du parfait (cf. Benveniste 1966) et la théorie universelle aspectuo-temporelle proposée par Bybee et Dahl (1989).
    Références
    Benveniste, E. (1966), Les relations de temps dans le verbe français, Problèmes de linguistique générale I, Paris : Gallimard.
    Bybee, J. & Ö. Dahl (1989), The creation of tense and aspect systems in the languages of the word, Studies in Language 13.1: 51-103.
    Creissels, D. (1999), Parfait et statif en Tswana, Cahier Chronos 4, La modalité sous tous ses aspects, Amsterdam : Editions Rodopi, 185-202.
    Lee, Ki-Kap (1982, écrit en coréen), Etude historique des suffixes –a et –ko, In : Nam Ki-Sim & Ko Young-Kun (eds), La sémantique de la syntaxe en coréen, Séoul : Editions Tap.

  • 6 juin 2008
    exposé de Christine Jourdan (Concordia University, Montréal, Canada) – Termes de parenté et transfert des catégories sémantiques dans le pijin des Iles Salomon
    La terminologie de parenté utilisée en pijin, la langue véhiculaire des Iles Salomon, est une version simplifiée du système de parenté de type hawaïen et est, en général, plus simple que les systèmes de parenté trouvés dans les sociétés salomonaises. Deux observations peuvent être faites : premièrement, les catégories de parenté du pijin ne semblent pas être calquées complètement sur celles des langues vernaculaires. Deuxièmement, cette terminologie a subi des changements récents, particulièrement en ville. Une série de questions servira de guide à l’analyse présentée dans cet exposé : Quelle est la nature des ressemblances et différences existant entre les terminologies de parenté du pijin et des langues vernaculaires locales ? Comment peut-on rendre compte de ces différences et ressemblances ? Quels sont les changements sociaux culturels qui sous-tendent les changements dans la terminologie de parenté du pijin ? Finalement, à la lumière de l’étude de cas présentée ici, quelle est la place de la dimension culturelle dans le transfert des catégories sémantiques ?

  • 5 juin 2008
    exposé de Catherine Taine-CheikhLe dit de la poésie maure et l'indicible des sentiments

  • 29 mai 2008
    conférences du Professeur Matthew Dryer (State University of New York at Buffalo) – Functionalist Arguments Against Nondiscrete Word Classes
    et du Professeur Walter Bisang (Johannes Gutenberg University, Mainz) – Precategoriality in Late Archaic Chinese

  • 16 mai 2008
    exposé de Denis Monnerie (université Marc Bloch à Strasbourg) – Nomination à Arama (Nouvelle-Calédonie). Les structures et les choix
    À Arama, le monde social est marqué par la prééminence de relations – ce qui est classique en Mélanésie. Celles-ci sont valorisées de façon différentielle mais aussi, plus spécifiquement peut-être, marquées par une forte sémantisation. Que les noms doivent être associés à cette sémantisation des relations sociales peut surprendre car, pour l'Occident, nombre de linguistes opposent les noms communs porteurs de sens et les noms propres qui ne le seraient pas. Mais ici, que ce soit dans leur formation ou dans les gloses qui les accompagnent, les noms des personnes et des ensembles sociaux condensent des significations. Outre ces considérations sur la sémantisation des relations et des noms et donc des liens forts avec des usages de la langue, cette étude fera apparaître d'autres principes importants du système de nomination. La dynamique temporelle des générations est un vecteur de valorisation. En contraste, les parties du système de nomination qui sont les moins valorisées dégagent des espaces de choix et de créativité. Le système de nomination est constitué de ces deux extrêmes.

  • 13 mai 2008
    markconférence de Mark Post (La Trobe University, Bundoora, Australia) – Tyranny of the trochee: The phonology and grammar of Galo "words"
    "Words" may be independently defined and identified in Galo (Tibeto-Burman > Tani) according to relatively consistent and functionally well-motivated sets of phonological and grammatical criteria. The problem is that these criteria very often fail to converge upon identification of the same formal unit; instead, we often find grammatical "words" which consist of two phonological "words", and phonological "words" which consist of two grammatical "words", etc. The resulting mismatch between "phonological words" and "grammatical words" in Galo is argued to be theoretically non-trivial, in that its existence is capable of explaining a variety of otherwise seemingly disparate facts in the synchronic and diachronic organization of Galo grammar. The facts from Galo thus support a view of language in which "word" is independently defined in phonological and grammatical terms, and in which neither type of "word" necessarily corresponds to (or is projected by) the other. Although there might be said to exist a very generalized functional pressure towards "unification" of "phonological words" and "grammatical words", such a pressure would not be expressible as a formal constraint on language grammar.

  • 18 avril 2008
    exposé de Nicolas Tournadre (Université d'Aix-Marseille et Lacito) – Typologie et problèmes d'étiquetage : "ergativité morphologique" et "conjunct/disjunct" dans les langues tibétiques

  • 15 avril 2008
    exposé de Gilles Authier (INALCO) – Un (ou deux) aoriste(s) en turc et azéri

  • 3 avril 2008
    exposé de Corinna Anderson (doctorante, Yale University) –Towards a grammar of Nepali correlatives
    Correlatives are internally-headed finite relatives which are semantically construed with an independent Determiner Phrase in the main clause. In Nepali, an Indo-Aryan language spoken in a largely Tibeto-Burman context, correlatives are a specialized and limited relativization strategy, in contrast to the default strategy of participial modification. This talk will focus on the discourse conditions, functions, and mechanisms of interpretation involved in correlative constructions, with an emphasis on the possible interactions between semantics and information structure.

  • 27 mars 2008
    exposé de Sandra Bornand (LLACAN) – “Quand raconter c’est prendre au piège” : l’implicite dans les narrations de griots généalogistes et historiens zarma du Niger
          Une nuit, alors que j’assistais à un mariage à Niamey, je vis le jeune marié se mettre à trembler       à l’écoute de sa généalogie. On m’expliqua que c’était là un effet naturel du discours. J’ai alors       voulu comprendre les causes de cette réaction.
    Cet exposé a pour objet l’analyse d’un récit émis lors d’un mariage, où le narrateur – griot généalogiste et historien (jasare) de son état – instaure implicitement un rapport de force avec le destinataire de son discours qui, pourtant, lui est supérieur dans la hiérarchie sociale zarma.
    Pour expliquer comment un « faible » retourne une situation qui lui est a priori défavorable, j’ai cherché à démasquer les pièges qu’il tend aux destinataires, et me suis intéressée à l’implication personnelle, implicite ou explicite, du narrateur dans sa narration.

  • 28 février 2008
    exposé de Bertrand Masquelier (université d'Amiens et Lacito) – Double entendre, structuration dialogique du discours : la parole chantée du calypso (Trinidad)
    Le « calypso » grivois est une chanson qui illustre selon les Trinidadiens le « double entendre » : le récit anodin chanté se double ici d'un sens « érotique ». La poétique du « double entendre » (d'un calypso grivois) repose sur différents procédés : sonores, sémantiques, pragmatiques ou communicationnels ; mais, du point de vue de la réception, entendre et comprendre ces procédés ne pose guère de problèmes du moment où l'on est passé maître dans les manières de parler locales. Que faut-il savoir pour entendre et comprendre les jeux de sens que propose un calypso grivois ? Certainement beaucoup à propos des codes linguistiques locaux (anglais trinidadien standard, créoles anglophones urbains ou ruraux, etc.), plus encore sur l'art du discours indirect qu'illustrent les rhétoriques du quotidien à Trinidad. L'exposé est construit autour de quelques exemples de calypso. Il propose de revisiter au passage quelques idées de Mikhaïl Bakhtine.

  • 24 janvier 2008
    exposé d' Assia PopovaQuand faire c'est dire, ou fonction énonciative de la performance rituelle
    Présentation de l'extraction ritualisée du fer et de la fabrication des outils métalliques en pays sukuma par les fondeurs-forgerons longo (Tanzanie, Afrique Orientale). La fonte du minerai et la production des outils sont considérées et exécutées par les protagonistes comme une seule activité thaumaturge assimilée à une procréation "magiquement assistée" de la matière vivante du fer ainsi que des pioches métalliques. Seront examinés les gestes symboliques de ce rituel muet.

  • 10 janvier 2008
    exposé de Lionel Galand - L'aoriste en berbère


En 2007 toup

  • 21 décembre 2007
    exposé de Florence Dupré – Nominations et relations à Sanikiluaq : anthroponymie dynamique dans une communauté inuit nord-canadienne
    Objet de recherche prisé des études inuit depuis plus d'un demi-siècle, l'éponymie demeure aujourd'hui un étonnant lieu de contact entre une anthroponymie en mutation et un univers parental mouvant. Liée à la permanence de certaines modalités de transmission des noms personnels d'une génération à l'autre, la reproduction de ce système régi par le statut et l'aura du dernier porteur d'"atiq" (l'instance nominale) est impliquée dans un ensemble de pratiques parentales encore peu étudiées.
    Cette présentation, qui concernera un ensemble de données recueillies au cours de deux séjours à Sanikiluaq (communauté inuit du Nunavut canadien), tentera de démontrer l'existence d'un véritable maillage relationnel créé autour de l'enfant, au sein duquel la nomination contemporaine et la terminologie parentale occupent un rôle majeur. Nous considérerons le système éponymique comme un système relationnel structurant l'organisation et la pratique d'une parenté inuit en mutation, et participant de la mise en place de réseaux dynamiques rejouant le rapport biologique de la parenté et initiant un mode d'identification possible grâce à la dynamique d'inclusion-exclusion.

  • 20 décembre 2007
    exposé de Jean-Michel Charpentier Tabous langagiers dans quelques langues océaniennes

  • 13 décembre 2007
    exposé de Jean-Michel Charpentier Colonisation et naissances des pidgins ou créoles
    Se basant sur l’exemple du pidgin/créole bichelamar, code vieux de deux siècles seulement, J.-M. Charpentier étudie l’influence déterminante des facteurs démographiques et socio-économiques sur le lexique. La complexification morphologique et l’enrichissement sémantique de ce parler se sont faits parallèlement à l’évolution de la société et au changement de statut politique : passage d’une double colonisation (anglaise et française) à un État indépendant. Toutes ces transformations se sont opérées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale; de ce fait ils sont relativement faciles à étudier. C’est une situation sociolinguistique tout à fait originale.

  • 29 novembre 2007
    exposé d'Evangelia Adamou Taire le nom d'une langue : l'embarras des locuteurs des langues en voie de disparition en Grèce
    Lorsqu'on se penche sur le discours épilinguistique des locuteurs et sur les noms qu'ils emploient pour désigner « la langue qu'ils parlent », on dégage des dénominations elliptiques, signalant le tabou sur l'existence de ces langues. C'est le cas par exemple du nashta, parler slave du sud et de l'arvanite qu'on n'évoque dans les discours qu'en parlant de « lui » (le parler) : « il ne le (les) connaît pas », en grec dhen ta kseri ou en arvanite nuk e di ; « tu ne le (les) comprends pas ? », en grec ta katalavenis ?
    On peut s'interroger : s'agit-il là d'une intériorisation du silence du discours officiel et de l'idéologie dominante ? Ou bien de plaies non cicatrisées causées par l'interdiction bien réelle d'emploi de ces langues ? Il peut également s'agir d'un positionnement prudent en attendant de voir quelles sont les intentions de l'interlocuteur et le nom qu'il emploiera pour désigner ces langues.

  • 29 novembre 2007
    exposé de Élisabeth Motte-Florac (Université de Montpellier) – Problèmes posés par l’étude des zoonymes et phytonymes ; de Kantharis à cantharide, plusieurs millénaires d’apparente stabilité lexicale
    Pendant plusieurs millénaires, la cantharide a été l’insecte médicinal le plus utilisé en Europe et dans les pays méditerranéens. Jusqu’à une date récente, ce coléoptère était particulièrement recherché comme vésicatoire (appliqué sur la peau pour produire rougeurs et vésicules), diurétique, etc. De nos jours, ses vertus aphrodisiaques continuent à être vantées sur de nombreux sites Internet, malgré son caractère létal.
    Nous suivrons la dénomination de cette drogue, du “kantharis” de la Collection hippocratique écrite au Ve siècle av. J.-C. à la “cantharide” de l’édition 2007 du Littré. La remarquable stabilité de cette dénomination n’est qu’apparente et cache de nombreuses fractures imposées par les contextes et les enjeux des histoires locales, qu’il est nécessaire de prendre en compte lors de l’étude des produits médicinaux.
    Cet exemple nous permettra d’aborder différents problèmes posés par les études diachroniques et synchroniques portant sur les zoonymes et phytonymes.

  • 25 octobre 2007
    exposé de Maurice CoyaudJaponais, coréen : des isolats ?
    Selon Samuel Martin et Roy Andrew Miller (1972), le japonais serait à rattacher à la famille Altaïque ; selon Shichirô Murayama (Nihongo no gogen, Tokyo, 1974), le japonais serait une langue mixte constituée d'un substrat austronésien et d'un superstrat altaïque.
    Nous examinerons les arguments avancés par chacun de ces auteurs.

  • 25 octobre 2007
    exposé de Vladimir RandaTermes de substitution pour nommer les animaux chez les Inuit (niveaux de langue profane, chamanique et poétique)
    Chez les Inuit divers procédés sociaux et langagiers régissaient autrefois l'utilisation de la parole dans des contextes rituels qui exigeaient une vigilance particulière : gestation, ménorrhée, fausse couche, accouchement, maladie, mort ; première capture d'un gibier ; initiation chamanique. L'un de ces procédés consistait à utiliser des termes de substitution pour nommer les réalités les plus diverses, notamment les animaux, enjeu majeur pour une société de chasseurs. Ces termes constituent ce qu'on a coutume d'appeler le « lexique chamanique », même si celui-ci n'était en aucun cas réservé aux seuls chamanes. Il s'agit de termes descriptifs véhiculant des valeurs sémantiques pertinentes pour la culture inuit.
    Un mécanisme similaire avec, toutefois, une finalité différente (visée esthétique et émotionnelle), est à l'œuvre dans les créations poétiques (chants personnels).
    Dans la mesure où il est possible d'en juger à travers ses formes non figées, la langue profane utilise les mêmes procédés.
    On constate que des passerelles existent entre ces niveaux de langue : un terme « chamanique » dans un dialecte peut refaire surface comme terme profane dans un autre dialecte. Le même terme peut désigner deux animaux différents selon qu'il est utilisé dans le langage rituel ou dans les chants personnels.
    Se pose également la question de la motivation des dénominations utilisées, en d'autres termes de leur ancrage dans l'expérience naturaliste des locuteurs inuit.

  • 27 septembre 2007
    exposé de Jean-de-Dieu Karangwa – Lexicographie swahili et diachronie
    Les premiers travaux de lexicographie swahili remontent au milieu du 19è siècle. Tous étaient bilingues (swahili-anglais et anglais-swahili et, plus tard, swahili-français et français-swahili). Cette tradition bilingue dominera le paysage lexicographique swahili jusqu'en 1981, date de la parution du premier dictionnaire monolingue swahili, le premier du genre en langue africaine.
    Mon exposé, inscrit dans une perspective diachronique, se propose d'étudier l'histoire des mots en rapport avec l'environnement culturel en constantes mutations. La réflexion se nourrira entre autres d'exemples tirés du dictionnaire swahili-français que je suis en train d'élaborer.

  • 21 septembre 2007
    exposé de Juliette Carle (doctorante EHESS) – Quels sont les noms des enfants « abandonnés » au Burkina-Faso ?
    L’étude des diverses pratiques de nomination qui entourent les enfants « abandonnés » au Burkina-Faso permet, comme à travers une loupe, d’appréhender les représentations identitaires dont l’enfant est investi et les processus d’effacement et de « remplissage » identitaire qu’elles engagent. Je tenterai de rendre compte de ces pratiques de nomination mais aussi de l’absence de nomination voire de la renomination de ces enfants en m’appuyant sur des entretiens menés auprès de familles s’apprêtant à remettre leur enfant en adoption, du personnel des orphelinats et des membres des services sociaux. Je présenterai ainsi les différents donneurs de nom, les relations de pouvoir qui sous-tendent certaines pratiques de renomination dans le cadre des orphelinats, l’affiliation religieuse qu’elle engagent, la signification que les parents biologiques accordent à la transmission de leur patronyme à l’enfant, les raisons qui conduisent certaines familles à refuser de nommer leur enfant, mais aussi ces prénoms « cachés » donnés par les mères.

  • 28 juin 2007
    exposé de Pierre Diarra & Cécile LeguyLe proverbe au risque de l'incompréhension
    Le non-dit est, dans certains contextes, institué dans des formules qui permettent aux interlocuteurs de parler tout en restant dans le registre de l’implicite ; c’est le cas en Afrique de l’Ouest, où l’on fait encore aujourd’hui grand usage des proverbes. Partant de nos situations différentes – l’un étant d’origine malienne et l’autre française – et interrogeant cette interculturalité dans une approche pragmatique de la communication, nous chercherons à savoir ce que dit le recours au discours proverbial quand il prend le risque de l’incompréhension.

  • 15 juin 2007
    exposé de Catherine Taine-Cheikh –  Noms d’ego, noms de groupe et noms propres en Mauritanie
    Travaillant sur les sociétés arabes et berbères, et plus spécifiquement sur la société arabophone de Mauritanie, elle envisage de poursuivre sa recherche sur la signification des noms d’ego, en l’orientant plus particulièrement, d’une part sur le rapport entre les noms d’ego et les noms de groupe (famille ou tribu) – dans quelle mesure y a-t-il émergence de noms autres que le nom d’ego et sur quelle base ? –, d’autre part sur l’évolution récente observable dans le choix des noms d’ego. Il s’agira également, par ces recherches, de contribuer à une réflexion plus générale sur la spécificité proprement linguistique des noms propres.

  • 31 mai 2007
    exposé de Françoise QuinsatQue dit-on (ou ne dit-on pas) du Sarrasin dans la Chanson de Roland ?
    La Chanson de Roland est un fleuron de la littérature épique française médiévale. Elle met en scène des personnages, dont certains sont clairement identifiables et d'autres imaginaires. Elle relate des événements historiques datant de la fin du VIIIe siècle. Le manuscrit, dit d'Oxford, qui en conserve le texte, est daté du XIIe siècle. La langue du texte est considérée par les philologues et les linguistes comme devant remonter à la fin du XIe siècle. Le discours tenu tout au long des quatre mille et un vers qui le composent décrit les représentants du peuple sarrasin comme des ennemis, des païens, des traîtres, des possesseurs de grandes richesses matérielles, des fourbes, des puissants, des mécréants, etc. Comment les propos, à la fois anciens et pérennes, s'inscrivent-ils dans la problématique du dit, du non-dit et de l'implicite ? On exposera la teneur de ce qui est dit en se fondant à la fois sur la forme et la sémantique. Par ailleurs, l'analyse s'appuiera sur des travaux d'anthropologie historique sur les Sarrasins pour dégager l'image de l'Autre et des Musulmans révélée dans les chansons de geste. Le discours sera examiné afin de vérifier une éventuelle cohérence entre le dit et l'implicite ou bien, le cas échéant, un hiatus entre ce dit et ce non-dit.

  • 15 mai 2007
    exposés, conjointement avec le groupe "Typologie de l’aire Caucase, Iran, Anatolie" de l'INALCO (resp. Anaïd Donabédian et Gilles Authier)
    Alain Christol (Rouen) – Le domaine du subjonctif en védique et en latin
    Gilles Authier (INALCO) – Le domaine de l'optatif/subjonctif en azéri (et turc) et en persan (et tat)

  • 27 avril 2007
    exposé de Sarah Leroy (UMR 7114 MoDyCo - Paris X) – Prénommer, c’est classer. Un exemple dans la presse française
    La linguistique aborde le nom de personne (de même que le nom de lieu, autre représentant majeur de la catégorie), en tant que nom propre, sous-catégorie du nom aux fonctionnements assez particuliers, et dont la question du sens constitue un aspect crucial. Les approches linguistiques du sens du nom propre peuvent être d’ordre historique, étymologique et philologiques, comme dans la perspective onomastique, ou d’ordre philosophique et référentiel, comme dans la perspective logico-grammaticale (en tant que telle ou en tant qu’« héritage » théorique). Or l’une et l’autre ont leurs limites. La première, tout en exploitant le fait que le nom propre est un objet riche, relevant à la fois de la linguistique et d’autres sciences humaines, comme l’histoire et l’archéologie, a en fait pour but de « remonter » au lexème initial et donc à un état antérieur au nom propre lui-même. La seconde, associant étroitement nom propre et référent (unique, qui plus est), peine à se dégager d’une conception « encyclopédique » du sens du nom propre (comme somme de descriptions définies, par exemple), et ne peut prendre en compte les rôles classifiant et signifiant du nom de personne. Par ailleurs, quelle que soit l’approche, l’hétérogénéité des différents noms de personne est peu soulignée alors que, pour le français par exemple, prénoms, patronymes, nominations complètes, surnoms et pseudonymes, sans parler des différents titres et appellatifs qui peuvent s’y agglomérer, relèvent de fonctionnements linguistiques et sociaux particuliers.
    L’observation du fonctionnement des noms de personnes dans des discours et dans des textes fait au contraire apparaître, à côté de la fonction désignative, qui ne peut s’exercer que lorsque le nom propre est associé à un référent précis, d’autres fonctions, d’ordre classificatoire, comme par exemple celles par lesquelles l’anthroponyme inscrit dans des systèmes sociaux de classement et peut indiquer une appartenance religieuse ou une origine ethnique. C’est dans cette optique, en distinguant nettement le cas où l’anthroponyme est associé à un référent du celui où il ne l’est pas, que nous envisagerons le nom propre, et plus précisément le prénom, comme pourvu, ainsi que tout autre nom, d’un potentiel sémantique dont les possibles sont toutefois un peu différents de ceux des noms communs de la langue, et dont la signification, liée à un acte de nomination, est liée à des paramètres sociaux et identitaires spécifiques. Cette proposition sera appuyée sur (et illustrée par) une étude de cas fondée sur un recueil d’articles de presse écrite.

  • 26 avril 2007
    exposé de Nicolas FasseurLe dessous des plaques ou les non-dits des plaques commémoratives de la Libération de Paris
    Que se cache-t-il derrière les mots inscrits sur les plaques commémoratives de la Libération de Paris ? Certes, les indications, sur ces plaques, d'un nom et d'une date et surtout d'un "ici est tombé...", nous parlent d'un événement mortel, mais comment faisons-nous le lien avec celui de la Libération de Paris ? Aussi, derrière ce "mort tombé ici", il y a bien la vie d'une femme ou d'un homme. Alors, une plaque commémorative est-elle l'ébauche d'une nécrologie ou bien une histoire de vie sous sa forme minimale ? D'autre part, la dénomination de l'ennemi évolue selon la période d'apposition d'une plaque commémorative : du Boche au nazi en passant par l'Allemand. Quelle est cette évolution implicite de la diplomatie française avec l'Allemagne ? Enfin, la situation et l'environnement d'une plaque commémorative nous donnent des informations implicites sur l'événement, alors, comment les interpréter ?

  • 6 avril 2007
    exposé de Pascal Boyeldieu et Pierre Nougayrol (LLACAN) – Présentation et démonstration du 'Lexique comparatif historique des langues sara-bongo-baguirmiennes'
    Le Lexique SBB est une base de données comparatives illustrant des séries de cognats (termes historiquement apparentés) pour trente langues d’un même groupe généalogique, parlées en Afrique centrale et constitutives d’une branche du soudanique central (phylum nilo-saharien de Greenberg).
    Cette base de données, initialement constituée dans Shoebox, a été réaménagée par G. Segerer (Llacan) pour être consultable et praticable sur Internet (http://sumale.vjf.cnrs.fr/SBB/).
    L’ensemble comporte
    • un texte introductif (langues et situation, sources, généalogie, correspondances, indices de profondeur historique, biblio, etc.)
    • un fichier « lexique » (cognats et formules de reconstruction), doublé d’un fichier « commentaires » (traductions, observations formelles, etc.)
    • un fichier « correspondances », détaillant l’ensemble des correspondances consonantiques, vocaliques et tonales qui fondent l’identification des cognats présentés dans le lexique. Les fichiers « lexique » et « correspondances » sont assortis de fonctions de sélection de champs, de filtrage et de tri permettant de circonscrire les données en fonction de critères spécifiques.
    Le Lexique SBB n’est pas un logiciel de reconstruction automatique (les cognats, établis selon les principes du comparatisme historique, sont identifiés de façon classique, par recherche manuelle sur lexiques et dictionnaires). Il a pour objectif de présenter des données comparatives élaborées à des fins de documentation et de recherche portant sur le lexique et son histoire.
    On présentera le Lexique SBB en illustrant les principales fonctions de recherche et de tri et en détaillant les principes de la stratigraphie lexicale.

  • 29 mars 2007
    exposé de Dominique SewaneFaçon de ne pas nommer chez les Batammariba (Togo, Bénin)
    Les Batammariba du Togo et du Bénin font preuve d'une extrême prudence dans leur manière  d'énoncer leur propre nom, celui de leurs proches ou de leurs défunts. Chaque personne, dès la naissance et tout au long de sa vie, se voit attribuer plusieurs noms. Certains, assimilés à des surnoms ou sobriquets, sont formulés sans hésitation, de même que les "noms d'ordre" : Aîné, Benjamin ; ou les "noms d'adresse" : Père, Mère ; ou encore les "noms de joie", donnés par un étranger ou un allié de la famille. À l'inverse, le vrai nom ou "nom de souffrance" d'une personne n'est formulé qu'en de rares occasions, car il correspond à son "souffle" ou âme. À sa mort, il sera tenu secret.

  • 23 mars 2007
    exposé de Georges Drettas (LMS) – Un prototype de la glottonymie : les Grecs pontiques et leur vernaculaire en tant qu'objet verbalisable
    Les grecs pontiques ont été déplacés de Turquie orientale en Grèce entre 1924 et 1926. La majorité de cette population a été installée en Grèce du Nord, Macédoine et Thrace, dans des habitats ruraux. Le dialecte gréco-pontique est excessivement différent des variétés qui sont à la base de la langue nationale actuelle (appellée parfois dhimotiki). Je me propose de présenter le fonctionnement des nomenclatures qui désignent aussi bien les Pontiques eux-mêmes que leur langue. Je partais de l'expérience première du terrain où je formulais la demande : parlez-moi en pontique, s'il vous plaît... À l'examen de ce genre de situation, on s'aperçoit que le rapport qui peut exister entre l'ethnonyme et le (ou les) glottonyme(s) constitue une réalité discursive reflétant des stratégies d'identification complexes où se rencontrent l'hétéronymie d'une part et la défense du groupe d'autre part. Le marquage symbolique présent dans les usages des nomenclatures reflète dans le cas présent des relations très conflictuelles entre les "déplacés" et le pays dit d'accueil. Dans la discussion, nous esayerons de voir si certains traits ne sont pas généralisables, soit dans l'espace proche-oriental, soit plus largement dans les cas de groupes de réfugiés.

  • 13 mars 2007
    conférence de Vladimir Plungian (Université de Moscou) - Vers une typologie du passé.

  • 22 février 2007
    exposé d'Evelyne Larguèche (LAS) – La relation d'injure
    Replacer l'injure dans la situation de communication où elle se produit, considérer l'énoncé de l'injure dans son énonciation, situer la position statutaire des actants, représentent les trois principes qui permettent de circonscrire la "relation d'injure" ou le non-dit de ce qui est dit.

  • 16 février 2007
    exposé de Dimitri Karadimas (LAS) – Nommer les personnes, classer les noms chez les Miraña d’Amazonie colombienne 
    L’exposé se propose de présenter les processus sociaux et classificatoires à l’œuvre lors de la nomination des personnes, mais aussi la nature des liens qui unissent entre eux ces noms issus, pour la plupart, d’espèces et d’éléments de l’environnement ».

  • 13 février 2007
    exposé de Margaret DunhamAutour du parfait en langi

  • 25 janvier 2007
    exposé de Claire Moyse-FauriePolitesse et violence verbale en Océanie
    La violence verbale, qu'elle s'exprime directement ou, de façon plus insidieuse, par le non-respect des règles de politesse lors des échanges verbaux, est souvent perçue comme étant plus agressive que la violence physique.
    En Océanie, cette violence verbale prend des formes particulières de par le choix des insultes, des jurons, des menaces, ou par l’utilisation de mots-tabous. Par exemple, en Polynésie, les insultes relèvent surtout de deux champs sémantiques bien précis : celui des odeurs et celui du rang de naissance, alors qu’en Nouvelle-Calédonie les insultes les plus courantes sont celles à caractère sexuel.

  • 23 janvier 2007
    exposé de Linda Bellahsene (doctorante au Lacito) – Analyse d'un marqueur aspectuo-temporel en kabyle : le cas de la particule ad

  • 12 janvier 2007
    exposé de Maurice Coyaud Termes d'adresse en japonais, coréen, vietnamien, chinois, siamois
    En vietnamien, il est bien connu que les "pronoms personnels" n'existent pas. Dans le cadre de la famille ou des relations proches, on emploie les noms de parenté. Exemple, si je suis frère aîné et que je m'adresse à ma petite sœur, je dis anh ; inversement, si je suis sa petite sœur, je dis em. M'adressant à mes parents, je dis con (petit enfant) pour le "je" français ; et je m'adresse à mon père en l'appelant du nom de "père".
    En coréen, on ne compte pas moins de onze degrés de politesse, et les infixes et suffixes dans le verbe indiquent la place du locuteur par rapport à l'interlocuteur. On trouve en japonais une situation similaire à celle du coréen, en un peu moins compliqué.
    En chinois, la diversité des "pronoms personnels" était jadis fort grande. À l'époque récente, on assiste à une simplification. Par exemple, il n'existe plus qu'un degré de politesse pour la seconde personne : ni "tu, vous" (neutre) s'oppose à nin "vous" (politesse).
    En siamois, les termes d'adresse répondent à divers critères comme proximité/éloignement (formet/intime), supériorité/infériorité.


En 2006 toup

  • 21 décembre 2006
    exposé de Rachida El Ghannami (université de Montréal) – Les différentes façons du détour de la parole dans la société maghrébine
    L’exposé fait suite à celui présenté le 29 juin dernier, sous le titre «Traduire l'implicite -Tradition arabe marocaine». Il portera sur les différentes façons du détour de la parole dans la société maghrébine. Seront notamment examinés les exemples reliés à la sexualité et l'amour,à la peur de l'invisible et à la protection à son égard, la magie des mots, la malédiction... Seront analysés les procédés par lesquels ces détours de la parole prennent forme. L'implicite dans la traduction sera abordé sous ces différentes facettes.

  • 15 décembre 2006
    exposé de Caroline Legrand (LAS) –  Se nommer dans une communauté irlandaise du Québec francophone
    L'exposé propose de faire le point sur une recherche actuellement en cours. Il repose sur l'analyse systématique d'un vaste corpus de données biographiques (Actes de baptême, de mariage et de sépulture enregistrés pour les habitants de la paroisse de Sainte-Catherine de la Fossembault sur la période 1832-1922) et de quelques témoignages oraux. Une fois présentés, ces matériaux nous permettront de dégager les modalités de transmission en matière de prénoms, et ce notamment chez les migrants et descendants de migrants irlandais établis dans cette paroisse. Ils nous permettront aussi d'identifier en quoi leurs pratiques différent et/ou se rapprochent de celles observées chez les "familles-souches" de Sainte-Catherine. C'est donc toute la question des pratiques de nomination lue sous l'angle des dynamiques migratoires et de l'interculturalité qui guidera notre reflexion dans ce séminaire.

  • 30 novembre 2006
    Fatima Guketlova (université de de Kabardino-Balkarie à Nalchik) – Les zoo-métaphores en tcherkesse-kabarde et en russe
    La zoo-métaphore possède des signifiants polysémiques fondés sur des liens métaphoriques. Leur étude permet d'analyser non seulement les problèmes linguistiques des langues comparées (kabarde-tcherkesse, russe, français) mais aussi le contexte culturel lié à ces langues et à leur vision particulière du monde. Nous tenterons de comprendre quel moyen utilise la langue pour transmettre une réalité extralinguistique, et de quelle façon les unités de langues peuvent produire une image cognitive.
    On abordera les questions suivantes :
    - Quel rôle joue la zoo-métaphore dans la langue secrète des chasseurs, dans celle des chevaliers tcherkesses ?
    - Quelles sont les causes du tabou, du non-dit dans le langage des chasseurs tcherkesses ?
    - Les zoo-métaphores sont-elles, de nos jours, utilisées souvent dans la langue quotidienne ?
    - Quel est le potentiel évocateur de la métaphore ?

  • 24 novembre 2006
    exposé d'Anne Guillou (CASE-LASEMA) – Noms personnels et termes d'adresse au Cambodge. L'individu et ses sphères d'appartenance.
    Sur la base d'une recherche effectuée au Cambodge dans les années 1990-1995 (enquête qualitative et quantitative à partir de corpus de noms)  je décrirai d'abord les différents noms personnels (nom personnel officiel, "patronyme" d'introduction post-coloniale, diminutif familier, surnom intime) et la façon dont ils nous informent sur la structuration des différents mondes sociaux de l'individu khmer (ethnie majoritaire au Cambodge). Je m'arrêterai en particulier sur les évolutions perceptibles dans le Cambodge de l'après-Pol Pot (1975-1979) qui ont vu naître quelques Lenine - un nom dont la consonance convient bien à l'euphonie khmère - et sur les importantes informations que nous livre par elle-même la longueur des noms personnels, en tant que marqueur social. Les termes d'adresse, de référence et d'auto-désignation fournissent l'occasion d'un complément d'analyse sur l'évolution socio-politique cambodgienne (chaque régime politique successif a instauré ses propres termes) et l'expression très fine des sentiments que permet, dans l'échange de face-à-face, le choix de telle appellation plutôt qu'une autre, puisée dans les différents registres possibles.

  • 23 novembre 2006
    conférence du Professeur Rajasekharan Nair (Centre for Advanced Studies in Linguistics, Annamalai University, Inde) – Tribal languages of Kerala (India)

  • 23 novembre 2006
    exposé de Nicolas Fasseur Les plaques commémoratives de la Libération de Paris, des objets ritualisés dans l'espace public

  • 30 octobre 2006
    exposé de Marijana Petrovic-RignaultLe préverbe -do en vallaque (roumain de Serbie)

  • 27 octobre 2006
    exposé de Jessica De Largy Healy (LAS) – De la structure à la performance. La modélisation de la parenté 'Murngin' selon les Yolngu de Terre d'Arnhem orientale (Australie ). Quelques exemples de dénomination des grands-mères maternelles
    Une présentation basée sur un des chapitres de sa thèse consacré à la parenté telle qu'elle est vécue et représentée par les Yolngu (plus connus sous le nom de Murngin dans le corpus anthropologique). Je m'appuierai en particulier sur un diagramme peint par un dirigeant Yolngu en 2002 pour représenter l'accès au savoir par différentes catégories de parents (les clans dits "mères", "enfants", "grands-mères maternelles", "soeurs") et illustrer le rôle de l'organisation sociale dans la classification et les responsabilités liées au patrimoine rituel. Chaque clan possède son propre répertoire de mots legué par les ancêtres créateurs et l'attribution de noms individuels participe de stratégies d'alliances rituelles qui trouvent leur enjeu dans la géographie sacrée du paysage. J'explorerai en particulier les tenants de la relation märi-gutharra, entre grands-mères maternelles et petits enfants, qu'on appelle aussi la colonne vertébrale.

  • 26 octobre 2006
    exposé et et présentation d'un film de Ming Anthony (UMR 5145) – L'implicite, l'oubli et la réinterprétation dans les rituels afro-brésiliens
    La vidéo montre une fête de caboclos dans un centre de candomblé de Salvador. Après la manifestation des orixás accompagnée de chants en yoruba, les caboclos viennent, au son de cantiques en portugais, chasser les miasmes à l'aide de bouquets de feuilles sacrées. L'analyse portera sur ce qu'il y a d'implicite dans le déroulement de la cérémonie et dans les chants qui l'accompagnent. Le yoruba n'étant plus parlé au Brésil, les cantiques en cette langue font l'objet de réinterprétations.

  • 29 juin 2006
    deux exposés :
    Élisabeth Motte-Florac (université de Montpellier) – Pactes avec le diable chez les Purhépecha (Mexique) ; implicites et non-dits
    Chez les Purhépecha (Mexique), les textes de tradition orale qui relatent le passage de la pauvreté à l'opulence, font apparaître trois modes récurrents d'enrichissement immédiat : i) capturer un « être surnaturel » (familiar-japínhwa) ; ii) sceller un pacte avec le diable ; iii) trouver un trésor. C'est à la deuxième partie de ce triptyque que nous nous intéresserons ici pour considérer non-dits et présupposés (le premier mode a été exploré dans une étude précédente sur le passage et l'initiation).
    Dans les histoires de pacte avec le diable, la parole qui lie narrateur et auditeurs, diable et débiteurs, est stratégie ; elle se joue de chacun, l'oriente dans une recréation de la parole interrompue, de la parole suggérée, de la parole absente. À partir de l'une de ces histoires, nous aborderons ces différentes formes de silence, en particulier, dans un premier temps, les présupposés qui fondent les usages culturels et donnent sens au monde, puis, grâce aux divers textes qui font écho à ce récit, les non-dits dont nous considérerons quelques uns des multiples fondements : censure, pertinence, image de soi, interprétation, imagination, intentionnalité, expérience, mise en acte, etc. Le diable, figure historique de l'altérité radicale, nous permettra d'apprécier toute l'ambiguïté de ces occultations ou oublis, de l'essentiel ou de l'accessoire, volontaires ou non, conscients ou inconscients.
    Rachida  El Ghannami (université de Montréal) – Traduire l'implicite - tradition arabe marocaine
    Le corpus étudié est le résultat de textes oraux collectés au Maroc, auprès de femmes âgées. La traduction de ces textes a soulevé les questions suivantes :
    Comment traduire des récits sachant qu'ils correspondent à un univers socioculturel particulier et que les traduire, c'est aussi traduire simultanément une réalité implicite mais présente ? Comment ensuite traduire l'oral ? Autrement dit, comment traduire la parole qui s'élabore, se corrige et se complète au fur et à mesure de son déroulement ? Comment interpréter puis traduire tout ce qui n’a pas été dit mais sous-entendu ou tout simplement ce qui a été dit mais autrement ?
    Puisque le sens naît de l'explicite et de l'implicite, il fallait que ma traduction restitue non seulement ce qui est dit mais aussi ce qui est évoqué et sous-entendu. Il était inconcevable de traduire sans donner un aperçu du contexte socioculturel et sans faire cas des implications qui lui sont  rattachées. Car deux interlocuteurs de même culture qui communiquent, ont toujours un certain nombre d'hypothèses communes sur le monde. Leur savoir mutuel (sur la religion, les faits culturels, les faits sociaux, les systèmes de croyances,...) leur permet de coder comme de décoder un message.
    Une grande partie de mon corpus n'avait de sens qu'en fonction de l'implicite culturel. Une traduction appuyée exclusivement sur le contenu linguistique et sans prise en considération de certains facteurs aurait été incompréhensible et non authentique à l'original. Cependant, même si le passage d’une langue à une autre implique une réinterprétation du texte initial pour aboutir au texte traduit, ce dernier ne peut que redonner incomplètement un « implicite culturel ». Ont été abordés certains procédés pour exprimer cet implicite et  l’étude en cours se poursuivra selon cette orientation.

  • 23 juin 2006
    exposé de Jean-Pierre Goulard (EREA) – “Quel est ton nom ?” ou “Comment t'appelles-tu ?” La nomination chez les Ticuna d'Amazonie

  • 15 juin 2006
    exposé de Martine Mazaudon – Problèmes sémantiques pour une reconstruction automatique informatisée

  • 13 juin 2006
    exposé de Jacqueline Leroy - Concordance modo-temporelle en mankon (langue bantou des Grassfields)

  • 2 juin 2006
    exposé de Lorenzo Brutti (CNRS) – Les anthroponymes informels comme indice de la bilinéarité à Ciago (Trentin italien)
    Le système anthroponymique de cette société villageoise des Alpes italiennes consiste en un ensemble de marqueur des limites dans l'espace social. L'analyse de ce système permet d'éclaircir certains points obscurs et plusieurs malentendus concernant les sociétés du Trentin italien et de jeter un regard nouveau sur les sociétés classiquement définies comme patrilinéaires et notamment de relire le mécanisme de filiation par le biais de la dénomination. Les groupes de parenté, plutôt que les lignages, sont des groupes de noms, prénoms, surnoms, sobriquets, noms d'hommes et noms de femmes que les membres du groupe attribuent à leurs successeurs, en les perpétuant à travers les générations. L'appartenance à l'un de ces groupes locaux va de pair avec certains droits: transmission des biens et des propriétés foncières, transmission du nom, transmission de la maison. L'hypothèse est donc de démontrer que la reproduction de l'ordre culturel et la transmission du patrimoine foncier passent, dans la société étudiée, par la nomination plutôt que par la filiation.

  • 1er juin 2006
    exposé de Vladimir Randa Dire autrement, langage chamanique inuit, lexique, sémantique, métaphore

  • 9 mai 2006
    exposé de Danh Thanh Do-Hurinville – Etude de da et dang. Ordre des procès et localisation temporelle en vietnamien. Comparaison avec le français

  • 5 mai 2006
    exposé de Juliette Carle (doctorante à l'EHESS, Centre d'études africaines) – Changements de nom chez les Senufo de Côte d'Ivoire

  • 4 mai 2006
    exposé de Gladys Guarisma Comment dire autrement ? Les proverbes bafia (Cameroun)
    Le proverbe est un cadre de choix pour l'étude de la communication indirecte, qui permet au locuteur de transmettre un message fort sans trop s'impliquer. Pour cela, les proverbes bafia (Cameroun) utilisent toutes sortes de détours. D'une part, ils peuvent privilégier la forme impersonnelle ("on") qui désigne tout le monde et personne en particulier et qui permet d'affirmer des évidences en accord avec les conventions sociales. D'autre part, ils peuvent soit attribuer la parole à un tiers qui peut être un personnage particulier ou une entité choisie dans l'environnement naturel propre à la société (fréquemment un animal), soit faire allusion à un trait ou à un comportement saillant de ces individus, ce qui est une façon implicite de s'exprimer. Enfin, une symbolique est mise en œuvre, ce qui implique un processus de décodage du sens pour pouvoir saisir le message du proverbe. A partir d'un schéma commun apparaissent, comme complément au détour, des variations de forme et de sens qui dépendent de la situation dans laquelle ils sont dits.

  • 4 mai 2006
    exposé de Sybille de Pury (CELIA) – Les outils informatiques en diachronie lexicale, avec pour exemple une base de données en nahualt, comparant celles du 16ème et 17ème siècle aux actuelles

  • 31 mars 2006
    exposé d'Angela Meinerzag (université d'Heidelberg) –  Donation du nom personnel chez les Hinihon dans l'Adelbert Range (Papouasie Nouvelle-Guinée)
    "Pourquoi seulement deux personnes vivantes chez les Hinihon ont le droit de porter le même nom? Le transfert et l’usage des noms personnels sont strictement réglementés, entre autres on évite fort de prononcer les noms. En analysant ces règles et aussi comment le don du nom est décrit dans la langue locale, nous pouvons comprendre quels aspects personnels et sociaux contiennent les noms."

  • 23 mars 2006
    exposé de Ioana Andreesco (INALCO) – Le Jugement dernier : évolution des croyances populaires en Olténie (Roumanie)

  • 7 mars 2006
    exposé d'Estella Del BonTemps vs Aspect : problème de définition des trois prétérits du cachemiri

  • 3 mars 2006
    exposé de Suzanne Lallemand (LASEMA) – Nom, nomination et filiation chez des bilinéaires, les Gouin-tyerma du Burkina Faso

  • 23 février 2006
    exposé d'Ileana Gaïta (MNHN) – La parole ou le silence ? Rencontres avec le surnaturel chez les Roumains du Banat

  • 16 février 2006
    exposé de Catherine Taine-Cheikh – Problèmes de lexicologique diachronique en arabe et en berbère, langues à racines consonantiques 'apparentes'
    L'exposé comporte deux parties.
    Dans la première, nous discutons de la notion de racine telle qu'elle s'impose dans les langues chamito-sémitiques. Nous expliquons l'expression utilisée (faute de mieux) dans le titre : « langues à racines consonantiques 'apparentes' ». Cette expression renvoie notamment à la distinction établie par David Cohen entre « langues à mots » et « langues à racines », distinction selon laquelle beaucoup de langues n'ont pas de racines (contrairement à ce que l'on peut penser si l'on assimile « racine » et « étymon »). Nous montrons le fonctionnement de la racine dans une langue comme l'arabe, son rôle dans l'organisation du lexique et les liens étroits que la racine entretient avec les formes (plus ou moins fixes) appelées schèmes dans la tradition arabisante occidentale.
    Dans une seconde partie, nous étudions les évolutions subies par les racines et les schèmes à travers quelques exemples puisés aussi bien en arabe qu'en berbère. Alors qu'en arabe les changements consonantiques sont presque toujours réguliers, ceux constatés en berbère (par comparaison des dialectes entre eux) le sont beaucoup moins. La comparaison pose alors des problèmes, non seulement d'évolution sémantique et d'histoire de mots (lexicologie historique) mais encore de reconstruction.

  • 7 février 2006
    exposé d'Evangelia AdamouL’aspect en nashta

  • 27 janvier 2006
    exposé d'Anne Cadoret (GRASS) – Le passage de la famille à la parenté : ce que nous dit les familles homoparentales

  • 26 janvier 2006
    exposé de Micheline Lebarbier, compte rendu du livre de Claude Olievenstein, « Le Non-dit des émotions »

  • 25 janvier 2006
    exposé de Françoise Quinsat – Lexicologie historique de l'arabe
    La lexicologie historique de l'arabe relève de règles et de méthodes identiques à celles qui guident des travaux de type semblable dans d'autres langues possédant un important patrimoine écrit, élaboré sur la longue durée. C'est le cas, par exemple, des domaines roman et germanique.
    Cependant, l'histoire et le fonctionnement de la langue arabe confèrent aux méthodes historiques pour étudier le lexique des particularités dont les contours sont dessinés par les points suivants :
    a) la recension tardive des textes réputés être les plus anciens, notamment, par exemple, la poésie dite préislamique et le Coran ;
    b) la diglossie entre l'arabe écrit, dit littéral ou classique…, et les parlers vernaculaires, appelés dialectes, les uns et les autres faisant, ensemble et de façon indissociable, partie intégrante de l'histoire de la langue ;
    c) l'absence d'une tradition historique d'étude de la langue qui est conjuguée avec un nombre pléthorique de dictionnaires et de travaux lexicographiques et lexicologiques dont presque aucun, à l'exception particulièrement de deux dictionnaires récents mais grandement inachevés, ne fournit des données chronologiques fiables et explicites qui permettraient d'établir les strates de mise en place et d'évolution du lexique. En effet, les dictionnaires de l'arabe et les études lexicologiques de cette langue ne bénéficient que de manière partielle et fragmentée des méthodes rigoureuses et éprouvées de la lexicologie historique.
    De ce fait, les particularités de la lexicologie historique de l'arabe amène à se demander en quoi elle peut rejoindre les méthodes et les processus de reconstruction qui président à l'étude diachronique des langues à tradition orale. Pour répondre à cette question des études de cas seront présentées pour illustrer les questions qui se posent et les problèmes que l'on doit résoudre au cours de l'étude lexicologique approfondie de quelques unités lexicales arabes représentatives. Unités dont on souhaite décrire l'étymologie, l'apparition dans la langue, les variations chronologiques, géographiques, morphologiques, phonétiques, sociolinguistiques, etc., dans une perspective diachronique. Ainsi les méthodes historiques accompagnant ici l'étude dans la diachronie de l'objet linguistique qu'est le lexique seront comparées à terme, sinon confrontées, aux questionnements et aux méthodes de la diachronie sans histoire, celle des situations où l'on ne dispose pas de ressources historiographiques.

  • 10 janvier 2006
    exposé d'Ibrahim AydoganTemps verbaux du kurde


En 2005 toup

  • 6 décembre 2005
    exposé de Catherine Taine-CheikhLes formes d'aoriste et d'aoriste intensif en berbère : entre aspect et mode

  • 2 décembre 2005
    exposé de Cécile BarraudIdentité ou relation ? Réflexions sur la multiplicité des noms associés aux unités sociales dans les sociétés des îles Kei (Moluques, Insulinde)

  • 24 novembre 2005
    exposé de Sylvie Mougin (université de Reims) – Les chansons traditionnelles à sous-entendu : ne pas dire pour mieux dire et comment le chanter (Vendée)

  • 28 octobre 2005
    exposé de Cécile LeguyQue signifient les noms-messages ? À partir d’un corpus recueilli chez les Bwa du Mali
    Chez les Bwa comme dans de nombreuses sociétés africaines, les noms individuels sont souvent à entendre comme des messages adressés à une tierce personne. À partir d’exemples, nous chercherons à comprendre ce qui se joue derrière cette pratique langagière.

  • 30 septembre 2005
    exposé de Marie Treps (LAU) – Le romeno lap, un révélateur identitaire
    Le romeno lap est le système onomastique utilisé à l’intérieur de certaines communautés tsiganes. Sans être un nom secret, le lap est secrété par la communauté. Des enquêtes de terrain menées en Lorraine ont permis de mettre à jour les usages actuels de ce qu’on appelle aussi le « nom manouche ». Quelles sont ses fonctions, son mode d’attribution, sa pérennité au cours de l’existence, ses motivations sémantiques ? Il apparaît que l’usage du romeno lap, et notamment sa non-transmissibilité, sont en relation profonde avec la culture manouche. L’analyse des usages contemporains permet de déceler des évolutions, qui, étant liées à des phénomènes de grande amplitude comme le Pentecôtisme, sont transcommmunautaires. Il n’en reste pas moins que chaque communauté contribue à l’évolution du romeno lap selon des modalités qui lui sont propres, renforçant ainsi sa singularité.

  • 30 juin 2005
    exposé de Bertrand-F. Gérard (IRD) – De la parole au discours en psychanalyse

  • 23 juin 2005
    exposé d'Assia PopovaUn sacrifice pour conjurer la mort (Bulgarie)

  • 17 juin 2005
    exposé de Micheline LebarbierÊtre ou ne pas être sorcière
    Dans les villages du nord de la Roumanie, la magie est encore très présente dans les mentalités malgré les progrès de la modernité. Elle est souvent une affaire de femmes. Si on se protège plus facilement du mauvais œil (protections, rituels, incantations), l’envoûtement est infiniment plus dangereux pour les personnes, leurs mariages, leurs biens, leurs bêtes, leur santé. Celle à qui l’on s’adresse pour envoûter et/ou désenvoûter est affligée de la dénomination de "sorcière" (bosoarca), terme qu’elle se refuse à porter et rôle qu’elle n’accepte d’endosser que face à ceux/celles qui ont recours à elle, sous le sceau du secret et dans un circuit d’échange (type don/contre-don). Je propose l’analyse de discours de deux "sorcières", leur fuite et leur déni (face à l’ethnologue), face au discours du village et de ceux/celles qui ont eu recours à elles.

  • 6 juin 2005
    exposé de Nicolas TournadreTypologie des aspects verbaux : introduction au modèle ‘Configuration et Perspective’

  • 26 mai 2005
    exposé de Marijana Petrovic-RignaultL'implicite lors d'un rituel non respecté : l'exemple d'une "pomana" chez les Roumains de Serbie
    Le travail se base sur un enregistrement de terrain effectué en Serbie orientale à l’occasion d’une pomana (repas donné au bénéfice de l’âme d’un défunt, le jour anniversaire de sa mort). A cette occasion, un grand nombre de rituels et de règles précises doivent être respectés afin d’assurer le bien-être de l’âme du défunt dans l’au-delà. Ce jour-là justement certains rituels ont été omis. L’extrait étudié montre la réaction de deux vieilles dames, garantes de la tradition. Or, il est interdit de critiquer en ce jour particulier, sous peine de faire du tort à la défunte. Comment ces dames arrivent-elles à condamner le déroulement de la pomana, sans pour autant transgresser à leur tour les règles ancestrales ? L’analyse linguistique porte sur les stratégies énonciatives mises en place pour dire, sans le dire.

  • 13 mai 2005
    exposé de Bertrand Masquelier (université d'Amiens) – Notion de personne et pragmatique des catégories de parenté - commentaires de textes et discussion

  • 9 mai 2005
    exposé de Catherine Taine-CheikhLe système aspectuel et l'expression grammaticalisée du futur en arabe

  • 28 avril 2005
    exposé de Ming Anthony (CNRS, UMR 5145) – L'implicite dans les rituels thérapeutiques afro-brésiliens et projection de film
    Une vidéo tournée à Salvador (Brésil), « Le travail d’un devin afro-brésilien », présente la réalisation d’une série d’offrandes à but thérapeutique. L’analyse des images montre que la composition de l’offrande, la gestuelle qui accompagne sa préparation, le choix du lieu, du jour et de l’heure où elle est déposée, répondent à des règles implicites précises liées au système de croyance afro-brésilien.

  • 21 avril 2005
    exposé de Véronique de Colombel – Lexique naturaliste du tchadique central et diachronie
    Le lexique botanique et zoologique du tchadique central ne nous fait pas remonter d'emblée aux Akkadiens et aux Araméens, pour lesquels il n'y a pas d'information, comme le fait la comparaison des pronoms personnels de forme standardisée et figée, pour laquelle l'information existe. Mais il est, malgré tout, possible de reconstruire des racines ou des formes communes de noms de végétaux et d'animaux permettant d'atteindre des troncs communs intra-tchadique ou extra-tchadique avec un point de vue sémantique. Pour ce, la prise en compte des racines, des transformations phonétiques, des plages de termes identiques permet de détecter les emprunts anciens et les plus récents dans un cadre culturel. En effet, pour comprendre la dynamique des contacts il est nécessaire de prendre en considération les usages des végétaux et des animaux qui ont une implication technique et culturelle dans les échanges entre sociétés. C'est donc avec une perspective ethnolinguistique et une analyse de la diachronie en un synchronie dynamique, que nous avons recherché les caractéristiques des héritages et des échanges du groupe tchadique central, en nous basant essentiellement sur des travaux de terrain dans les monts du Mandaras et en bordure du lac Tchad.

  • 18 avril 2005
    exposé de Christiane Pilot-RaichoorTemps et aspect en badaga

  • 15 avril 2005
    exposé d'Isabelle Daillant (EREA) – L'onomastique chimane entre deux eaux (Amazonie bolivienne)

  • 24 mars 2005
    exposé d'Yves Moñino (LLACAN) – Évolution lexicale et histoire culturelle : le cas du proto-gbaya
    Dans l'évolution linguistique, il importe de bien distinguer, par des critères méthodologiques rigoureux, les ressemblances qui proviennent d'une filiation commune de celles qui proviennent de contacts (respectivement la « parenté généalogique » et la « parenté génétique » de Manessy). L'application des seules méthodes lexico-statistiques ne permet pas cette distinction en ce qu'il n'est rien de plus voyageur que le vocabulaire, même celui dit « fondamental ». Cette exigence de distinction est particulièrement importante dans le cas de langues apparentées par filiation mais dont les locuteurs sont également en situation de contact ancien. On se propose de présenter sommairement la méthode utilisée, à partir de la comparaison et de la reconstruction des structures linguistiques du proto-gbaya, et les déductions que l'on peut tirer de l'analyse du vocabulaire reconstruit quant au lieu, au temps et aux traits culturels de la communauté des locuteurs de cette langue hypothétique.

  • 11 mars 2005
    exposé d'Isabelle LeblicLes divers registres de noms kanak chez les Paicî de Ponérihouen (Nouvelle-Calédonie)
    À partir d’enquêtes de terrain menées dans la région paicî de Ponérihouen, I. Leblic montrera quels sont les différents registres de noms, leurs contextes d’utilisation, leur dation et leur transmission, en liaison avec les terminologies de parenté. On peut en effet être nommé, à part ses différents noms, prénoms kanak et chrétiens et surnoms, par toute une série de noms circonstanciés : en fonction de son lieu de résidence, de sa situation dans sa parenté (père de, grand-père de…), de surnoms pour certaines catégories de parents dont on ne peut prononcer les noms (marmite, terre, esprit… pour la tante paternelle par exemple qui, en dehors de cet usage très précis, sont plutôt du registre des insultes), etc. Le “pourquoi” et le “comment” passe-t-on d’un registre à l’autre sera l’objet de cette recherche.

  • 7 mars 2005
    exposé de Samia NaïmL’aspect grammatical et l’aspect lexical dans quelques dialectes arabes

  • 24 février 2005
    exposé d'Assia  Popova La bru zélée transformée en hirondelle (étude d'un rite d'abstinence verbale, Bulgarie)

  • 3 février  2005
    deux exposés de :
    Véronique de Colombel, compte rendu du livre  de Oswald Ducrot : « Dire et ne pas dire, Principes de sémantique linguistique »
    Micheline Lebarbier, compte rendu du livre de Sophie Caratini : « Les non-dits de l'anthropologie »

  • 1er février 2005
    exposé de Laurence Goury (CELIA) – Créole en Guyane

  • 28 janvier 2005
    présentation du séminaire « Nomination, dénomination et terminologie de parenté »
    par Isabelle Leblic, commentaires de textes et discussion

  • 3 janvier 2005
    exposé de Margaret DunhamL’aoriste en langi


En 2004 toup

  • 16 décembre 2004
    exposés de :
    Arlette RothPeut-on considérer qu'il y a un système de 'convenance'  qui régirait la profération d'injures en milieu maghrébin musulman traditionnel ?
    Evelyne Larguèche (LAS) – L'injure par et au-delà des mots
    Présentation générale de la recherche et des ouvrages (L’Effet injure, 1983, Paris, PUF. L’injure à fleur de peau, 1993, Paris, L’Harmattan. Injure et sexualité, 1997, Paris, PUF) qui constituent une sorte de théorie de l’effet injure dans laquelle l’injure retrouve sa dimension fondamentalement relationnelle alors que la priorité généralement donnée au lexique (du fait de la séduction et de l’attraction qu’il produit) la fait totalement oublier. Présentation de l’ouvrage collectif : L’injure, la société, l’islam, 2004, REMMM 103-104, qui représente l’ébauche d’une “Anthropologie de l’injure”, dans cette même perspective pragmatique.

  • 25 novembre 2004
    exposé de Catherine Taine-Cheikh L'injure et le non dit dans la société mauritanienne

  • 25 octobre 2004 (??)
    exposé d'Alexandre FrançoisL’Aoriste en mwotlap : Problèmes de polysémie aspectuelle

  • 8 octobre 2004
    exposé d'Anne DaladierQuelques remarques sur la morphosyntaxe et l’ontologie des TAM en amwi

  • 17 juin 2004
    Discussion de l'article de Micheline Lebarbier – « Les dires du conte, L'exemple de quelques contes facétieux roumains », afin de lancer le thème sur le « dit, le non-dit  et l’implicite ».
    L'étude d'un corpus de 97 contes facétieux roumains a permis de mettre en lumière des différences dans le discours que les narrateurs tenaient à l'intérieur d'un même conte (situations complaisamment décrites chez les uns, à peine évoquées chez les autres). Au point que sous le même conte on peut "entendre" une autre histoire, celle du narrateur qui affleure, peut-être à son insu.
    Il est apparu également que certaines situations, l'adultère notamment - féminin qui plus est, était toujours représenté métaphoriquement. Ces variations, détours et "dire-autrement" sont autant de révélateurs de la société, de celui qui conte et de la place qu'il occupe dans le groupe.

  • 14 juin 2004
    deux exposés sur l'aoriste :
    Zlatka Guentchéva L’aoriste en bulgare
    Gulia Ramazanova L’aoriste en azéri

  • 28 mai 2004
    exposé de Catherine Taine-CheikhLa théorie de l’aspect verbal chez David Cohen

 

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