In Memoriam Jean-Pierre CAPRILE
Notre collègue Jean-Pierre Caprile est décédé le 20 juin 2008.
Sans aucun doute, son départ laissera un grand vide, et son exemple restera dans la mémoire de ceux qui eurent la chance de le connaître. Jean-Pierre était un linguiste de renom, et ses nombreuses publications demeureront comme preuves de la qualité et de l’originalité de son œuvre. Chercheur pluridisciplinaire, il n’hésitait pas à travailler avec des collègues d’autres disciplines (anthropologues, philosophes, musicologues, etc.). Il fut de 1986 à 1999, le rédacteur en chef des Cahiers du LACITO. En dehors de son activité scientifique, on retiendra sa générosité et son humanisme, qui se manifestaient particulièrement avec les personnes qu’il côtoyait sur ses terrains d’enquête, à l’Université ou au CNRS. Il consacrait, par exemple, une grande part de son temps à ses nombreux amis africains, et aux étudiants.
Grand défenseur de la participation de tous dans le développement du savoir et de la valorisation de la recherche dans toutes les couches sociales, il avait durant les dernières années de sa vie, concentré ses efforts dans trois combats qui lui tenaient à cœur :
- Tout d’abord, son activisme syndical avait été remarqué : il soutenait autant qu’il le pouvait le « sauvetage » de la recherche et de l’enseignement (notamment en sciences humaines et sociales), et la protection des droits des chercheurs et des enseignants.
- Ensuite, il ne perdait jamais une occasion de défendre et soutenir les étudiants défavorisés afin qu’ils puissent poursuivre leurs études ou obtenir un poste salarié.
- Enfin, il écrivait et œuvrait en faveur du rééquilibrage des inégalités en matière d’accès aux moyens informatiques et audiovisuels, car il souhaitait que toutes les catégories sociales (du tiers et du quart-monde) puissent elles aussi prendre la parole grâce aux nouveaux moyens d’expression, quelles que soient leurs langues et leurs cultures.
Seule la maladie parvint à lui faire cesser ses combats, auxquels il tenait probablement autant qu’à sa propre vie.
Publié le 16 octobre 2008
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