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Langues et civilisations
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  Accueil > Annuaire > Maurice Coyaud

Disparition de notre collègue Maurice Coyaud (par Alexandre François, le 6 janvier 2016)

fourmis-haikuEn cette nouvelle année, nous avons eu la tristesse d'apprendre le décès de notre collègue Maurice Coyaud, qui a succombé à un infarctus le 28 décembre 2015, à l'âge de 81 ans. Quoique retraité officiellement depuis 1999, Maurice Coyaud continuait souvent à fréquenter son bureau au LACITO, et c'est d'ailleurs là qu'il venait encore, ce jour-là, de passer la matinée.

En tant que chercheur, Maurice Coyaud a eu une carrière prolifique : prolifique par le nombre de langues qu'il maîtrisait – chinois, japonais, coréen, mongol, birman, tagalog, entre autres… – mais aussi par le nombre de ses publications. Le site du LACITO en recense 118, dont 73 ouvrages ! La plupart d'ailleurs publiés dans la maison d'édition qu'il avait lui-même fondée, Pour l'Analyse du Folklore. Ce dévouement à la recherche mérite tout notre respect.

Mais si sa disparition nous attriste, c'est aussi parce que nous connaissions Maurice comme un homme doux, humble, passionné par les langues et les cultures du monde, par la poésie, la musique.

Martine Mazaudon, qui avait bien connu Maurice, a choisi d'évoquer plus en détail sa vie et sa carrière, ci-dessous.

 

En souvenir de Maurice Coyaud (par Martine Mazaudon, le 6 janvier 2015)

Notre collègue et ami Maurice Coyaud nous a quittés lundi 28 décembre 2015, sur le chemin de retour de son bureau au Lacito où il mettait la dernière main à son prochain ouvrage.

coyaudAuteur prolifique et esprit curieux, Maurice Coyaud a publié pas moins de 73 ouvrages et de nombreux articles portant sur les langues et cultures de l'Asie – ouvrages scientifiques portant sur de grandes langues comme la grammaire du chinois publiée en 1976 avec Marie-Claude Paris, ou témoignages d'un amoureux du folklore universel comme Contes et Légendes des Inuit en 2006.

Ses travaux de linguistique ont commencé par quelques études sur les langages documentaires, et les articulations logiques du discours. Mais très vite, Maurice Coyaud a été repris par son amour de l'Orient où il était né. Ses principaux travaux ont porté sur le chinois – langue pour laquelle il a même été inspecteur d'académie – mais aussi sur le coréen, le japonais, le tagalog, le birman, sur les systèmes d'écriture d'Extrême-Orient dans leur relation à la phonétique. Il s'est aussi attaché à l'étude de petites langues en Nouvelle-Calédonie. Mais les langues l'intéressaient aussi pour les cultures et traditions qu'elles portent. Commençant par une étude sur le lexique japonais de l'histoire naturelle et de la biologie, il s'est très vite attaché à connaître et faire connaître les littératures écrites et orales des peuples qu'il visitait. Car Maurice était aussi un grand voyageur, pour la science et pour le plaisir.

Maurice Coyaud était un grand polyglotte : traduire l'amusait. Il recherchait en français des expressions quelquefois rares, désuètes ou burlesques pour évoquer l'impression que lui avait faite un récit traditionnel de Nouvelle-Calédonie, de Thaïlande, du Vietnam ou d'ailleurs. Il était un collaborateur régulier de la Quinzaine littéraire où il présentait aussi les traductions des autres ; son dernier article paru dans la Quinzaine en octobre 2015 était consacré à la publication récente d'une traduction française des entretiens de Confucius, faite au XVIIe siècle, à partir du latin, par un médecin-explorateur. Maurice y trouvait l'occasion d'apprécier des traductions de traductions. La petite maison d'édition qu'il a fondée Pour l'analyse du folklore (P.A.F.) a fait connaître à un large public des contes et légendes totalement inédits. Il poursuivait son œuvre, inlassablement, quand il nous a quittés pour rejoindre « l'homme qui volait au-dessus des arbres ».

 

Des publications importantes :

• COYAUD Maurice (textes réunis et traduits par —), 2009, Chants des saisons. Anthologie bilingue de la poésie coréenne, Paris : Les Belles Lettres (Architecture du verbe), 231 p.

• COYAUD Maurice (textes réunis et traduits par —), 2009 [1997], Anthologie bilingue de la poésie chinoise classique, Paris : Les Belles Lettres, 1997, 350 p. [réédition en 2009 sous le titre "Anthologie de la poésie chinoise classique"]

• COYAUD Maurice, 1996, Tanka, haïku, renga. Le triangle magique (anthologie bilingue de la poésie japonaise), Paris : Les Belles-Lettres (Architecture du verbe), 332 p.

• COYAUD Maurice, 1981, L'empire du regard : mille ans de peinture japonaise, Paris : Phébus, 258 p.

• COYAUD Maurice, 1978, Fourmis sans ombre : le livre du haïku, Paris, Phébus, 315 p. [réédité plusieurs fois]

 

†Maurice COYAUD Retraité CNRS (décédé le 28 décembre 2015)
coyaud
Thèmes de recherche • Rédaction d'une nouvelle édition de contes populaires des Philippines.
• Etude des pictogrammes naxi (peuple du Yunnan-nord)
Programmes de recherche Opérations de recherche au Lacito :
Langues de la zone tibéto-birmane
Mots-clés littérature orale

birman - chinois - coréen - japonais - mongol - russe - tagalog

Publications récentes ou majeures

— 2013 (recueil et traduction), Contes et légendes des pays de l'Inde, Paris, Flies France, 190 p.

— 2009, Samsara, Paris, P.A.F., 139 p. (présenté ici).
— 2008, Roses-Œillets d'Inde (Ilang-ilang de Luzon, mourons birmans). Fictions, Paris, P.A.F. (présenté ici).
— 2007, Forêts d'Osmanthes, Paris, P.A.F., 240 p. (présenté ici)
— 2005, Sous la banquise - Triches de vent / tranches de vie, Paris, Maurice Nadeau, 159 p. (présenté ici)
— 2004, Nageurs parmi les coraux (Altaïr de l’Aigle et Véga de la Lyre – Le Bouvier et la Tisserande), Paris, P.A.F., 400 p. (présenté ici)
— 2003, L'homme qui volait au-dessus des arbres, Maurice Nadeau, 235 p. (présenté ici)

aa Publications

Autres pages web sur le site des Editions P.A.F. (Pour l'Analyse du Folklore)
sur le site BiblioMonde
sur le site Wikipedia
Image de la semaine
Image du bandeau (droits de reproduction) Calligraphie naxi tirée de : He Pinzheng (ed.), Appreciation of Classic Naxi Dongba Sayings, Kunming (Chine), 1999, Yunnan Minzu Chubanshe.
© He Pinzheng

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