Mythe des démons


Lecture en continu :

Transcription par phrase


Traduction par phrase
fr
Transcription du texte complet


Traduction du texte complet
fr



Notes
Ina’uké i’michari puturu awejata.
Riyajalo jwa’té ri’micha.
E kaja napi’cho lainchú nemi’cha kajrú ina’uké mejé pajimi chu.
Nakakuwá najicha ipatú. Natujli’cha.
E rimicha riyajalojlo : – Nojena ka’jná iphichaño.
Pa najñaka nakakuwá.
Nojicha nukakuwa najwa’té.
E rumicha rijló : – Meke chi kalajeruni waka pejena ajñaka nakakuwá ?
Eta jiñana ta neká. Unká ina’uké kalé.
E rimicha rojló : – Ina’uké neká. Pa ! Ka’jrú napura’ko.
Nojíchako nokakuwá najwa’té. Maare piwata nuká.
E kaja riphicha páchoje. E neki’cha riwilá. E nenocha riká.
E riyajalo iicho.
E ru’jricha yukurupi nakuwa.
E apú iñá i’michari yeno. Maweji ri’michaka.
Kemichari rojló : – Na ke ilé sápatari nujlú chu ! ?
Ejá ruwitúki’cha kawakaje. Rukero’chako akuwanaja.
Naji’cho runaku.
E ru’jrañáicha neká piriyé jiwátaje.
E nemicha : – Maareje ru’jrañáicha weká.
– Meke wala’jika chúwaka ?
– We’kajika ro’piyá. Iji’cha peru.
E kaja ne’micha peru ña’je.
E nemicha : – Marí peru.
Chuwa i’ká ro’piyá.
E kaja rukero’cho rupechu i’micha : « Chuwá jiñana nójika nuká. »
Ji’chi jitami i’michari naperuna.
E kaja jenaji ke ne’makana kemicha : – Meke cha i’kaka ro’piyá ?
Yewichaja mawe’rú waperune.
– Ilere wajé nule’je peru. Iji’cha riká.
E ne’jicha riña’je. E nephachiya marí wajé peru.
E kaja ne’kicha piño ro’piyá.
E jo’o iyamá chojé chami kamú to’kó. E ne’makana kemicha piño : – Meke cha ?
– Yewíchaja ? 
E maka’ni ro’lakachiyako. Ejá ro’lakachiyaka neká.
Ejá ne’icho páchojo. « Juni ja’cho ! juni ja’cho ! »
E kaja nemicha : « E juni ja’chiyako ? »
E kaja ne’jicha piño ro’piyá i’kaje.
Pa’ú kele kamú chu i’michaka. E ne’makana kemicha piño : – Meke cha ?
– Yewíchaja ne’micha.
Ejá ro’lakachiya piño neká.
Eja neicho páchojo piño : « Juni ja’cho ! Juni ja’cho ! »
E kaja jupichami nemicha piño : « E juni ja’chiyako ? »
Kaja ewajá najme’chiya. E kaja luwichi pikare nemicha : « Kaja wajme’chiya, ña’nó we’jnaje piño ro’piyá i’ka’je. »
E kaja na’picho páchojo.
E kaja we’ichami ruwitúki’cha kawakajo.
Ejá ruicho. Iphichayo nañákarejo.
– Rupulapenami kemichaño rojló :
– Na pila’a juwa’kaje nakú ?
E rumicha : – Unká paala kalé we’michaka.
Kaja maapami iñá nocha e’wé michu.
Meka la’je ? ke nemichaka.
Rikakuwa ajñaje ri’jicha najwa’té.
E neka’chiya riwilá.
E nuñáicha kajrú naji’chako nunaku.
Nu’jrañáicha neká yukurupí jiwátaje.
Re apú jiñá i’micha yeno kemichari nojló : ‘Na ke ilé ja’patari nujlú chu majó ?’
E nukero’chako aú nuwitúki’cha kawakajo.
E naji’cha piño nunaku.
E nu’jrañáicha piño neká piriyé jiwataje.
E kaja nemicha : – Maareje rujraña’icha weká.
– Meke wala’jika chúwaka ?
– We’kajika ro’piyá, ke nemicha.
E ne’micha naperune ña’je.
E kaja ne’kicha no’piyá.
Jenají ke ne’makana kemicha najló :
– Meke cha i’kaka ro’piyá ?
– Yewichaja maweru waperune.
Aú rimicha najló : – Iji’cha nule’jé peru wajé riká pu’weni.
Aú ne’micha riña’je. E nephachiya riká.
Rimicha najló : – Marí pu’weni peru.
Kaja ne’jicha i’kaje piño no’piyá.
Iyama chaje kamú to’kó e nemicha piño :
– Meke cha ?
– Yewichaja ke ne’michaka.
E maka’ni nojlakachiya neká.
E neicho páchojo. « Juni ja’cho ! Juni ja’cho. »
E jupichami nemicha piño : « E juni ñáchiyako kaja ? »
E kaja nephicha no’piyá i’kaje piño.
Paú kele chu kamu i’michaka e nemicha piño : – Meke cha ?
– Kaja yewíchaja ?
Ejá no’lakachiya neká piño.
Ketanaja wajme’chiya kemichaño : ‘Jña’no we’kaje piño ro’piyá.’
E kaja nephicha páchojo jwa’to.
Me ño’jó paka nakapicho.
Jwe’ichami nuwitúki’chaka i’michaka.
Eyá nuwitúki’cho majó, ke we’jichaka unká paala.
E nemicha : – Meke chapú waní !
I’jná wamicha rijló ritami.
E ne’jicha. Iphichaño pajimi choje.
Amichaño. E namicha ne’wé michú tami to’kó pají numana.
E nemicha : « Ají tami to’ró. »
E na’chó ritami a’pejé.
Ka’lakuni rinapona i’michaka.
E nemicha : – Meke chapú waní ?
– Ikula meke ka jiñá nóchari riká ?
E namicha ma’pana ja’chako puru ja’pejé.
E nakulicho puru ja’pí.
E nephachiya ipatuwa.
E naji’cha riká aú. E namicha kajrú irá i’michaka rinaku.
E nemicha : « Kají nóchari riká ! »
– Aphota.
E kajrú jiyá lukuni’chako.
E naki’cha jiyá chojé.
E kaja nakapichachiya jiñá.
E kaja na’pachiya ne’wé michú tami nañakaré chojé.
E kaja naicha ritami.
Ketanaja riyukuna.
Un jour, un homme alla imiter des perdrix [pour les chasser].
Il était avec sa femme.
En revenant l’après-midi, ils entendirent des gens qui faisaient beaucoup de bruit dans une vieille maloca délabrée.
Ils mâchaient et pilaient leur coca.
L’homme dit à sa femme : – Mes frères sont peut-être venus.
Ecoute, ils mâchent la coca.
Je vais aller en mâcher avec eux.
Elle dit : – Comment peuvent-ils mâcher dans une telle obscurité ?
Ce sont sûrement des démons, non des humains.
Il lui dit : – Ce sont des gens. Ecoute, on les entend parler.
Je vais aller mâcher avec eux. Tu n’as qu’à rester ici.
Il rentra dans la maloca, et ils lui fracassèrent le crâne.
Sa femme s’enfuit.
Elle grimpa à un arbre inga.
Mais un autre démon vivait là-haut. C’était celui d’une perche à crochet abandonnée.
Il lui dit : – Qui est-ce qui me met le doigt dans l’œil ?
Elle eut peur et redescendit précipitamment.
Les autres démons la suivirent.
Elle grimpa jusqu’à la cime d’un avocatier.
Ils s’écrièrent : – Elle a grimpé tout là-haut.
– Que faire ?
– Nous allons abattre son arbre. Apportez une hache.
Et ils partirent chercher une hache.
– Voici une hache.
Abattez l’arbre.
Terrifiée, elle pensait qu’ils allaient la tuer.
Mais ils n’avaient pour hache qu’un morceau de céramique.
Vers minuit, leur chef dit : – Comment se passe l’abattage ?
Notre hache ne coupe presque plus.
– Allez chercher la mienne, elle est neuve.
Ils allèrent la chercher, puis la ramenèrent.
Et ils coupèrent à nouveau.
Vers deux heures du matin, le chef dit à nouveau : – Alors ? C’est pour quand ?
– Bientôt.
Comme elle avait envie de faire pipi, elle leur urina dessus.
Alors ils coururent jusqu’à la maloca en criant : « Il pleut ! Il pleut ! »
Après, ils dirent : « Il ne pleut déjà plus ? »
Ils retournèrent abattre l’arbre.
Vers quatre heures du matin, le chef dit : – Alors, ça y est ?
– Presque, répondirent-ils.
Et elle leur pissa encore dessus.
Ils retournèrent à leur maloca en vitesse. « Il pleut ! Il pleut ! »
Puis ils dirent encore : « Ça y est ! Il ne pleut plus ? »
Enfin aux premières lueurs du jour, ils dirent : « Le jour se lève. Nous reviendrons plus tard. »
Et ils retournèrent à la maloca.
Quand le soleil fut levé, elle descendit.
Elle fuit, et arriva à la maloca de ses beaux-frères.
Ils lui demandèrent :
– Qu’est-il arrivé ? Où as-tu passé la nuit ?
– Il nous ait arrivé malheur.
Des démons ont tué votre frère.
– Comment est-ce arrivé ?
– Il est aller mâcher la coca avec eux.
Et ils lui ont fracassé le crâne.
Je me suis enfui, mais ils m’ont poursuivie.
J’ai d’abord grimpé à un arbre à inga.
Mais un autre démon qui vivait là-haut s’est écrié : ‘Qui m’a mis le doigt dans l’œil ?’
J’ai pris peur, et je suis descendue.
Mais ils me pourchassaient toujours.
Je suis encore grimpée à la cime d’un avocatier.
Alors ils dirent : – Elle est grimpée tout là-haut.
– Que faire ?
– Nous allons abattre cet arbre.
Et ils partirent chercher leur hache.
Puis ils coupèrent le tronc en dessous de moi.
Vers minuit, leur chef dit :
– Ça va l’abattage ?
– Notre hache ne coupe plus.
Et il dit : – Apportez la mienne, sa lame est fine et neuve.
Ils la ramenèrent.
Il leur dit : ‘Celle-ci, elle coupe’.
Et ils se remirent à abattre mon arbre.
Vers deux heures, le chef leur demanda à nouveau :
– C’est pour bientôt ?
– Presque, dirent-ils.
Comme j’avais envie, je leur ai uriné dessus.
Ils accoururent à leur maloca : « Il pleut ! Il pleut ! »
Après, ils dirent : « Les nuages se sont déjà dégagés ? »
Et ils revinrent abattre mon arbre.
Vers quatre heures, le chef leur redemanda : – Bientôt fini ?
– Presque.
Et je les ai encore arrosés.
A l’aube, ils dirent : ‘Nous reviendrons plus tard.’
Et ils retournèrent à la maloca.
Je ne sais pas comment ils ont disparu.
Quand le soleil s’est levé, je suis descendue.
Puis j’ai suivi le fleuve en aval jusqu’ici.
Alors ils dirent : – C’est terrible.
Allons voir son corps.
Ils partirent, puis arrivèrent à la vieille maloca abandonnée.
Là, ils trouvèrent le corps de leur frère étendu sur le seuil de l’entrée.
Ils dirent : « Il est là, par terre. »
Ils le levèrent.
Son corps était encore mou.
– Quel malheur !
– Trouvez-moi avec quoi les démons l’ont tué !
Ils virent une abeille entrer sous la planche de danse.
Alors ils la soulevèrent pour chercher en dessous.
Ils y trouvèrent un bâton pour piler la coca.
Ils le prirent, et virent qu’il était couvert de sang.
Ils s’écrièrent : « Voilà ce qui l’a tué ! »
– Faites un feu.
Alors ils allumèrent un grand feu.
Et ils y jetèrent le bâton.
Ainsi détruirent-ils les démons.
Ils ramenèrent le corps de leur frère chez eux.
Puis ils l’enterrèrent.
Fin de l’histoire.
S1 stop
Ina’uké i’michari puturu awejata.

Un jour, un homme alla imiter des perdrix [pour les chasser].

S2 stop
Riyajalo jwa’té ri’micha.

Il était avec sa femme.

S3 stop
E kaja napi’cho lainchú nemi’cha kajrú ina’uké mejé pajimi chu.

En revenant l’après-midi, ils entendirent des gens qui faisaient beaucoup de bruit dans une vieille maloca délabrée.

S4 stop
Nakakuwá najicha ipatú. Natujli’cha.

Ils mâchaient et pilaient leur coca.

S5 stop
E rimicha riyajalojlo : – Nojena ka’jná iphichaño.

L’homme dit à sa femme : – Mes frères sont peut-être venus.

S6 stop
Pa najñaka nakakuwá.

Ecoute, ils mâchent la coca.

S7 stop
Nojicha nukakuwa najwa’té.

Je vais aller en mâcher avec eux.

S8 stop
E rumicha rijló : – Meke chi kalajeruni waka pejena ajñaka nakakuwá ?

Elle dit : – Comment peuvent-ils mâcher dans une telle obscurité ?

S9 stop
Eta jiñana ta neká. Unká ina’uké kalé.

Ce sont sûrement des démons, non des humains.

S10 stop
E rimicha rojló : – Ina’uké neká. Pa ! Ka’jrú napura’ko.

Il lui dit : – Ce sont des gens. Ecoute, on les entend parler.

S11 stop
Nojíchako nokakuwá najwa’té. Maare piwata nuká.

Je vais aller mâcher avec eux. Tu n’as qu’à rester ici.

S12 stop
E kaja riphicha páchoje. E neki’cha riwilá. E nenocha riká.

Il rentra dans la maloca, et ils lui fracassèrent le crâne.

S13 stop
E riyajalo iicho.

Sa femme s’enfuit.

S14 stop
E ru’jricha yukurupi nakuwa.

Elle grimpa à un arbre inga.


NOTE : Yukurupi (Yuc.). Guamo (Esp. ver.). Inga sp.
S15 stop
E apú iñá i’michari yeno. Maweji ri’michaka.

Mais un autre démon vivait là-haut. C’était celui d’une perche à crochet abandonnée.


NOTE : Maweji (Yuc.). Garabato (Esp. ver.). Longue perche à l’extrémité de laquelle est noué un bâtonnet pouvant crocheter des fruits.
S16 stop
Kemichari rojló : – Na ke ilé sápatari nujlú chu ! ?

Il lui dit : – Qui est-ce qui me met le doigt dans l’œil ?

S17 stop
Ejá ruwitúki’cha kawakaje. Rukero’chako akuwanaja.

Elle eut peur et redescendit précipitamment.

S18 stop
Naji’cho runaku.

Les autres démons la suivirent.

S19 stop
E ru’jrañáicha neká piriyé jiwátaje.

Elle grimpa jusqu’à la cime d’un avocatier.

S20 stop
E nemicha : – Maareje ru’jrañáicha weká.

Ils s’écrièrent : – Elle a grimpé tout là-haut.

S21 stop
– Meke wala’jika chúwaka ?

– Que faire ?

S22 stop
– We’kajika ro’piyá. Iji’cha peru.

– Nous allons abattre son arbre. Apportez une hache.

S23 stop
E kaja ne’micha peru ña’je.

Et ils partirent chercher une hache.

S24 stop
E nemicha : – Marí peru.

– Voici une hache.

S25 stop
Chuwa i’ká ro’piyá.

Abattez l’arbre.

S26 stop
E kaja rukero’cho rupechu i’micha : « Chuwá jiñana nójika nuká. »

Terrifiée, elle pensait qu’ils allaient la tuer.

S27 stop
Ji’chi jitami i’michari naperuna.

Mais ils n’avaient pour hache qu’un morceau de céramique.

S28 stop
E kaja jenaji ke ne’makana kemicha : – Meke cha i’kaka ro’piyá ?

Vers minuit, leur chef dit : – Comment se passe l’abattage ?

S29 stop
Yewichaja mawe’rú waperune.

Notre hache ne coupe presque plus.

S30 stop
– Ilere wajé nule’je peru. Iji’cha riká.

– Allez chercher la mienne, elle est neuve.

S31 stop
E ne’jicha riña’je. E nephachiya marí wajé peru.

Ils allèrent la chercher, puis la ramenèrent.

S32 stop
E kaja ne’kicha piño ro’piyá.

Et ils coupèrent à nouveau.

S33 stop
E jo’o iyamá chojé chami kamú to’kó. E ne’makana kemicha piño : – Meke cha ?

Vers deux heures du matin, le chef dit à nouveau : – Alors ? C’est pour quand ?

S34 stop
– Yewíchaja ? 

– Bientôt.

S35 stop
E maka’ni ro’lakachiyako. Ejá ro’lakachiyaka neká.

Comme elle avait envie de faire pipi, elle leur urina dessus.

S36 stop
Ejá ne’icho páchojo. « Juni ja’cho ! juni ja’cho ! »

Alors ils coururent jusqu’à la maloca en criant : « Il pleut ! Il pleut ! »

S37 stop
E kaja nemicha : « E juni ja’chiyako ? »

Après, ils dirent : « Il ne pleut déjà plus ? »

S38 stop
E kaja ne’jicha piño ro’piyá i’kaje.

Ils retournèrent abattre l’arbre.

S39 stop
Pa’ú kele kamú chu i’michaka. E ne’makana kemicha piño : – Meke cha ?

Vers quatre heures du matin, le chef dit : – Alors, ça y est ?

S40 stop
– Yewíchaja ne’micha.

– Presque, répondirent-ils.

S41 stop
Ejá ro’lakachiya piño neká.

Et elle leur pissa encore dessus.

S42 stop
Eja neicho páchojo piño : « Juni ja’cho ! Juni ja’cho ! »

Ils retournèrent à leur maloca en vitesse. « Il pleut ! Il pleut ! »

S43 stop
E kaja jupichami nemicha piño : « E juni ja’chiyako ? »

Puis ils dirent encore : « Ça y est ! Il ne pleut plus ? »

S44 stop
Kaja ewajá najme’chiya. E kaja luwichi pikare nemicha : « Kaja wajme’chiya, ña’nó we’jnaje piño ro’piyá i’ka’je. »

Enfin aux premières lueurs du jour, ils dirent : « Le jour se lève. Nous reviendrons plus tard. »

S45 stop
E kaja na’picho páchojo.

Et ils retournèrent à la maloca.

S46 stop
E kaja we’ichami ruwitúki’cha kawakajo.

Quand le soleil fut levé, elle descendit.

S47 stop
Ejá ruicho. Iphichayo nañákarejo.

Elle fuit, et arriva à la maloca de ses beaux-frères.

S48 stop
– Rupulapenami kemichaño rojló :

Ils lui demandèrent :

S49 stop
– Na pila’a juwa’kaje nakú ?

– Qu’est-il arrivé ? Où as-tu passé la nuit ?

S50 stop
E rumicha : – Unká paala kalé we’michaka.

– Il nous ait arrivé malheur.

S51 stop
Kaja maapami iñá nocha e’wé michu.

Des démons ont tué votre frère.

S52 stop
Meka la’je ? ke nemichaka.

– Comment est-ce arrivé ?

S53 stop
Rikakuwa ajñaje ri’jicha najwa’té.

– Il est aller mâcher la coca avec eux.

S54 stop
E neka’chiya riwilá.

Et ils lui ont fracassé le crâne.

S55 stop
E nuñáicha kajrú naji’chako nunaku.

Je me suis enfui, mais ils m’ont poursuivie.

S56 stop
Nu’jrañáicha neká yukurupí jiwátaje.

J’ai d’abord grimpé à un arbre à inga.

S57 stop
Re apú jiñá i’micha yeno kemichari nojló : ‘Na ke ilé ja’patari nujlú chu majó ?’

Mais un autre démon qui vivait là-haut s’est écrié : ‘Qui m’a mis le doigt dans l’œil ?’

S58 stop
E nukero’chako aú nuwitúki’cha kawakajo.

J’ai pris peur, et je suis descendue.

S59 stop
E naji’cha piño nunaku.

Mais ils me pourchassaient toujours.

S60 stop
E nu’jrañáicha piño neká piriyé jiwataje.

Je suis encore grimpée à la cime d’un avocatier.

S61 stop
E kaja nemicha : – Maareje rujraña’icha weká.

Alors ils dirent : – Elle est grimpée tout là-haut.

S62 stop
– Meke wala’jika chúwaka ?

– Que faire ?

S63 stop
– We’kajika ro’piyá, ke nemicha.

– Nous allons abattre cet arbre.

S64 stop
E ne’micha naperune ña’je.

Et ils partirent chercher leur hache.

S65 stop
E kaja ne’kicha no’piyá.

Puis ils coupèrent le tronc en dessous de moi.

S66 stop
Jenají ke ne’makana kemicha najló :

Vers minuit, leur chef dit :

S67 stop
– Meke cha i’kaka ro’piyá ?

– Ça va l’abattage ?

S68 stop
– Yewichaja maweru waperune.

– Notre hache ne coupe plus.

S69 stop
Aú rimicha najló : – Iji’cha nule’jé peru wajé riká pu’weni.

Et il dit : – Apportez la mienne, sa lame est fine et neuve.

S70 stop
Aú ne’micha riña’je. E nephachiya riká.

Ils la ramenèrent.

S71 stop
Rimicha najló : – Marí pu’weni peru.

Il leur dit : ‘Celle-ci, elle coupe’.

S72 stop
Kaja ne’jicha i’kaje piño no’piyá.

Et ils se remirent à abattre mon arbre.

S73 stop
Iyama chaje kamú to’kó e nemicha piño :

Vers deux heures, le chef leur demanda à nouveau :

S74 stop
– Meke cha ?

– C’est pour bientôt ?

S75 stop
– Yewichaja ke ne’michaka.

– Presque, dirent-ils.

S76 stop
E maka’ni nojlakachiya neká.

Comme j’avais envie, je leur ai uriné dessus.

S77 stop
E neicho páchojo. « Juni ja’cho ! Juni ja’cho. »

Ils accoururent à leur maloca : « Il pleut ! Il pleut ! »

S78 stop
E jupichami nemicha piño : « E juni ñáchiyako kaja ? »

Après, ils dirent : « Les nuages se sont déjà dégagés ? »

S79 stop
E kaja nephicha no’piyá i’kaje piño.

Et ils revinrent abattre mon arbre.

S80 stop
Paú kele chu kamu i’michaka e nemicha piño : – Meke cha ?

Vers quatre heures, le chef leur redemanda : – Bientôt fini ?

S81 stop
– Kaja yewíchaja ?

– Presque.

S82 stop
Ejá no’lakachiya neká piño.

Et je les ai encore arrosés.

S83 stop
Ketanaja wajme’chiya kemichaño : ‘Jña’no we’kaje piño ro’piyá.’

A l’aube, ils dirent : ‘Nous reviendrons plus tard.’

S84 stop
E kaja nephicha páchojo jwa’to.

Et ils retournèrent à la maloca.

S85 stop
Me ño’jó paka nakapicho.

Je ne sais pas comment ils ont disparu.

S86 stop
Jwe’ichami nuwitúki’chaka i’michaka.

Quand le soleil s’est levé, je suis descendue.

S87 stop
Eyá nuwitúki’cho majó, ke we’jichaka unká paala.

Puis j’ai suivi le fleuve en aval jusqu’ici.

S88 stop
E nemicha : – Meke chapú waní !

Alors ils dirent : – C’est terrible.

S89 stop
I’jná wamicha rijló ritami.

Allons voir son corps.

S90 stop
E ne’jicha. Iphichaño pajimi choje.

Ils partirent, puis arrivèrent à la vieille maloca abandonnée.

S91 stop
Amichaño. E namicha ne’wé michú tami to’kó pají numana.

Là, ils trouvèrent le corps de leur frère étendu sur le seuil de l’entrée.

S92 stop
E nemicha : « Ají tami to’ró. »

Ils dirent : « Il est là, par terre. »

S93 stop
E na’chó ritami a’pejé.

Ils le levèrent.

S94 stop
Ka’lakuni rinapona i’michaka.

Son corps était encore mou.

S95 stop
E nemicha : – Meke chapú waní ?

– Quel malheur !

S96 stop
– Ikula meke ka jiñá nóchari riká ?

– Trouvez-moi avec quoi les démons l’ont tué !

S97 stop
E namicha ma’pana ja’chako puru ja’pejé.

Ils virent une abeille entrer sous la planche de danse.

S98 stop
E nakulicho puru ja’pí.

Alors ils la soulevèrent pour chercher en dessous.

S99 stop
E nephachiya ipatuwa.

Ils y trouvèrent un bâton pour piler la coca.

S100 stop
E naji’cha riká aú. E namicha kajrú irá i’michaka rinaku.

Ils le prirent, et virent qu’il était couvert de sang.

S101 stop
E nemicha : « Kají nóchari riká ! »

Ils s’écrièrent : « Voilà ce qui l’a tué ! »

S102 stop
– Aphota.

– Faites un feu.

S103 stop
E kajrú jiyá lukuni’chako.

Alors ils allumèrent un grand feu.

S104 stop
E naki’cha jiyá chojé.

Et ils y jetèrent le bâton.

S105 stop
E kaja nakapichachiya jiñá.

Ainsi détruirent-ils les démons.

S106 stop
E kaja na’pachiya ne’wé michú tami nañakaré chojé.

Ils ramenèrent le corps de leur frère chez eux.

S107 stop
E kaja naicha ritami.

Puis ils l’enterrèrent.

S108 stop
Ketanaja riyukuna.

Fin de l’histoire.