Mythe de Kuwarori


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Notes
Ina’uké i’michaño rejena awa’a.
Wa’jini nakajmachakano, unká ne’malachano rijló riyukuna.
Ajopana i’jichañono richaje, nemicha rijló :
Kajrú waní Kuwarori apiro’taka ina’uké.
Ejomi yuku i’micha piño : « Kajrú ke wani pejena i’maká meyale kawichini e’iyajé, kajrú nenoka kamejerina. chuwa nakajmojika.».
– E ne’maka pijló nakajmokajla yukuna? Rimicha rijló.
– Unká ne’majla nojló riyukuna.
Kaja keja nojena la’kana nuká wa’jini. Unká ne’malá nojló riyukuna.
chapukana napechu nunaku.
Maarejechami rimichaka riyajalojlo : – Kaja mari ke nojena la’a weká raú, chuwa nujna’jika najwanapala nakiya, wata’chi nawanapa nakiya.
– Ñaké iká.
– Pepo’ta nujnaku karu kama kapa, punama kama kapa wa’té.
E ruli’cha riká.
Ñaké riji’cha kuya jalaka wa’té, e ratánicha riká « Kuwarori juuu juuu » ke richiyaka kuya jalapachú.
chuwaka nuyani ja’lo, nomichachi pamineko.
Ripura’ko ri’jichaka « Kuwarori juuu juuu » richiyaka kuya jalapa chu.
Mari ke yuku i’michaka.
Aú napechu i’micha rinaku kuwarori ja’pi riká waichari raú piyuké neichu pají chiyá meña ta ta.
Riphicha wa’kaphojo, ra’chá riwinuo.
Unká re’malacha namejé.
E ta ra’picha, iphichari pachojo.
E ramicha kajrú najwanapa taricharo kuwela chu. Kajrú jeruna waja i’michaka.
Kaja ra’chako najwanapa wayo’taje. Wayú wayú, pu’té ru’ri chojé, piyu’ké riña’chiyaka nawanapa.
Kaja keja ripichako.
E lainchu nephicha e amichari naña’ata ta nakuwela i’michaka. E ne’micha : « Meké chapú wani naki ta li’chaka weká, ña’chiyari piyu’ké wani wawánapa waliya ».
Unká wayatela tajnalo, nojena. We’jnajika rapumi chojé kulaje.
Ñakeka kaja ne’jichaka piño rapumi chojé, noje piño.
Jupichami yuku i’micha piño :
– E meyale pejena iphá piño kawichini e’iyajemi. Kajrú nenoka piño kamejerina.
chuwa nakajnojika.
– E nemaka pijló riyukuna?
– Unká, ke rimichaka.
Kaja riká piño rejó richuja kaja.
Iphichari rejó. Nemi’cha riká waichaka e neicho piño.
Iphichari piño e amichari kajrú najwanapatami tarichako.
Kaja jrara’chako piño riwayojé wayú, wayú, pu’té kuwála chojé piño.
Lainchu nephicha piño, amichari meñata ta nakuwela chiyá.
Maarejechami apú kemichari : – Na ta chi tani wajwa’té wajini wani sápakaje?
Chuwa nomajika. Nu’majika keja nu’majika rijwa’té nótaje riká ta chuwa.
E kaja ne’jicha piño kawichini e’iyajé.
– Na ka’jná ? Unká chi nupere kalé wakara’ri no’wé wajwanapa ña’jeno ? Rupuraka’lo ta aú waja ri’jnano nakaje ! Chuwa nomajika.
Ne’micha kawichini e’iyajé piño.
Jupichami yuku i’micha piño : – Meyalemi pejena iphaka kawichini eyajemi.
Marí kechami nakajmo’jiko. E ne’maka pijló riyukuna ?
E riká piño rejó, e ne’micha riká waicha piño.
– Chuwa wamajika wanakuwá rijwa’té.
Kaja neicha. E rili’cha ripajewa yenú
Kuwela chu rapári’cha richa palá riká chu.
Riwachiya riká. Rapiñachiya rijijilare chuwá. Majoka rika riwachiyaka ta riká.
Kaja ewaja ramicha riká waichaka iñe’pú punana chuwá. E’iyowá ke ramichaka riká waichaka.
E riphicha waka’phojo.
E ra’cha rijwi wo. Jemi’chari unká nameje i’malacha.
E ta ra’picha.
E ramicha riká yu’rite i’michari ranapi.
E riphicha pachojo.
Ramicha najwanapami tarichako kuwela chu.
E ra’picha rejó.
Kaja rewayochaka riká pu’té kuwala chojé.
Eja ra’cho ra’pejé.
Ají ke rachako ra’pejé.
Eyá rinocha riká “tuta” riparotare pechú kana e’iyaya.
E ritamí i’cho ají ke renochaka wakapojo, eyá rinocha piño riká apela aú.
E ri’cho a’jná une’e panojo pita.
“Ji” ke rimeje reje já’pa chachiya riká.
Riwaicha rejenajlo. « Kaja notacha riká ! »
Ejomi jupichami nephichaka.
E ri’micha najló riyukuna. « Meke ka ramichaka? »
Kaja ne’jichaka ramaje.
Amichari rapumi pitako.
« Meke chi kari ina’uké ke rapomi ? »
Na’picha amichari ritami to’kó.
Na’chá rinakiya riwicho’ta riyajalo epo’chiyaje rinakoje.
Amichari ajeri ke riwanapami pitako.
Nawichachiya rinakiya.
Kaja penaje naje’cha to’ri richaya.
Amichari ne’jwé michú tami ri’michaka.
E nemicha : – Wenochachi ruká ta, wakara’ri no’wé ta kamejeri ña’taje pacha wenocha riká.
– Chuwá wenochachi ruká ta !
Kaja ne’jicha ronoje.
Iphichaño rejó.
E nechiya pají cha. Nemicha :
– Chuwa paso pile’jeru kaje ja’pejé, chuwa nuká pijwa’té nokajo.
Unká.
Kaja ewaja nephicha pachojo, amichari. Unká ramalacha. Mapami ke ruichako keja riká ne’waka.
– Unká meke wala’la. Kaja ruicha. Wa’pajiko.
Kaja keja napi’chako
Marí ketanaja riyukuna.
Un homme vivait près de chez ses frères.
A chaque fois qu’ils faisaient une fête, ils ne lui en parlaient pas.
D’autres personnes vinrent auprès de lui, et lui dirent :
« Kuwarori mange beaucoup de gens »
Plus tard, une autre nouvelle arriva : « Tes frères sont revenus de la forêt depuis deux jours, ils ont tué beaucoup de gibier. Ils vont faire une fête »
– T’ont-ils annoncé qu’ils allaient festoyer ?
– Ils ne m’en ont pas parlé.
C’est toujours ainsi que mes frères me traitent. Ils ne m’avisent jamais.
Ils sont en colère après moi.
Par la suite, il dit à sa femme. – Puisque mes frères nous traitent de cette façon, je vais prendre un peu de leur viande afin que nous puissions y goûter.
– D’accord.
– Attache tout autour de mon corps des feuilles sèches de pui avec des feuilles sèches de milpeso.
Ce qu’elle fit.
En même temps, il prit une calebasse et une râpe à ananas et se mit à chanter « Kuwarori juuu juuu » en râpant la calebasse.
A présent, mère de mes enfants, j’ai d’abord envie d’aller voir.
Il y alla en chantant et en râpant la calebasse « Kuwarori juuu juuu ».
C’est ainsi que l’on raconta cette histoire.
Comme ils pensaient être sous la menace de Kuwarori, ils s’enfuirent de la maloca en vidant les lieux.
Il arriva à l’extérieur en tendant l’oreille.
Il n’entendit aucun bruit.
Il entra dans la maloca.
Et il vit qu’ils avaient laissé beaucoup de viande sur le boucan. Il y avait de nombreux pécaris.
Il alla directement vers le boucan, se servit, remplit son panier en emportant toute la viande.
Ensuite, il s’en retourna.
L’après-midi, ils arrivèrent et virent qu’on avait emporté toute la viande. Et ils dirent : « C’est vraiment très mal de nous voler toute la viande ! »
Mais nos mains n’ont pas disparu pour autant, mes frères. Nous irons [à nouveau] chercher des traces [de gibier]
Ainsi, ils suivirent d’autres traces, et tuèrent à nouveau.
Plus tard, on annonça une nouvelle fois :
– Il y a deux jours tes frères sont revenus de la forêt. Ils ont tué beaucoup de gibier.
Maintenant, ils vont danser.
– Est-ce qu’ils t’ont informé?
– Non, dit-il.
Alors il fit encore la même chose là-bas.
Il arriva. Ils l’entendirent revenir et se sauvèrent de la même façon.
Il rentra à nouveau et vit leur viande étalée sur le boucan.
Il recommença à se servir en remplissant son panier.
L’après-midi, ils revinrent et virent qu’il n’y avait plus de viande sur leur boucan.
Alors l’un des frères se mit à dire : – Qui peut donc bien nous faire toujours le même coup ?
A présent je vais bien voir. Je vais m’affronter avec lui pour le tuer.
Ils retournèrent en forêt.
– Qui peut-il être ? Ne serait-ce pas ma belle-sœur qui envoie mon frère prendre notre gibier ? Au courant de la nouvelle, il est bien capable de faire une chose pareille ! Je vais voir.
Ils retournèrent en forêt.
Plus tard, la nouvelle arriva encore : – Avant-hier, tes frères sont rentrés de forêt.
Alors, ils vont danser. T’ont-ils avisé ?
Il retourna là-bas. Ils l’entendirent revenir.
– Maintenant nous allons le surprendre.
Ils se sauvèrent. Lui [le frère] se fit une cachette en hauteur.
Il se camoufla bien.
En attendant, il envenima ses flèches pour en finir avec lui.
Enfin, il le vit arriver sur le chemin.
Quelqu’un arriva au dehors.
Celui-ci tendit l’oreille. Il n’entendit aucun bruit.
Il poursuivit.
Il tenait un panier.
Il entra dans la maloca.
Il vit leur viande entassée sur le boucan.
Il marcha jusque là.
Il se servit en remplissant son panier.
Il jetait la viande derrière son dos.
C’est comme cela qu’il la jetait.
Alors l’autre lui tira en pleine omoplate.
Son corps s’enfuit, mais avant qu’il ne sorte, l’autre lui tira une seconde flèche.
Et il s’enfuyait toujours, loin de l’autre côté de la rivière.
Mais son souffle s’arrêta quand le curare le gagna.
L’autre appela ses frères : « Ça y est, je l’ai tué ! »
Plus tard, ils arrivèrent.
Il leur raconta ce qui était arrivé. Ils se demandaient de quoi il avait l’air.
Ils allèrent le voir.
Ils regardèrent ses empruntes de pas.
« Comment se fait-il qu’il est des traces humaines? »
Ils continuèrent et virent son corps étendu.
Ils dénouèrent les lianes que sa femme avait nouées sur lui.
Ils virent à côté de lui l’amas de viande.
Ils le dégagèrent.
Enfin ils lui retirèrent son masque.
Ils virent que c’était le corps de leur frère.
Ils dirent : – Allons la tuer ! C’est elle qui a envoyé notre frère prendre le gibier que nous avons chassé.
– Allons tout de suite lui régler son compte !
Ils allèrent la tuer.
Arrivèrent là-bas.
Ils entourèrent la maloca. Ils dirent :
– Prépares-toi dès à présent à mourir.
Mais non.
Quand ils entrèrent dans la maloca, elle avait disparu. Cela faisait un moment qu’elle avait fui leur chef.
– Nous ne pouvons rien y faire. Elle s’est enfuie. Rentrons.
Alors ils s’en retournèrent.
L’histoire s’arrête là.
S1 stop
Ina’uké i’michaño rejena awa’a.

Un homme vivait près de chez ses frères.

S2 stop
Wa’jini nakajmachakano, unká ne’malachano rijló riyukuna.

A chaque fois qu’ils faisaient une fête, ils ne lui en parlaient pas.

S3 stop
Ajopana i’jichañono richaje, nemicha rijló :

D’autres personnes vinrent auprès de lui, et lui dirent :

S4 stop
Kajrú waní Kuwarori apiro’taka ina’uké.

« Kuwarori mange beaucoup de gens »

S5 stop
Ejomi yuku i’micha piño : « Kajrú ke wani pejena i’maká meyale kawichini e’iyajé, kajrú nenoka kamejerina. chuwa nakajmojika.».

Plus tard, une autre nouvelle arriva : « Tes frères sont revenus de la forêt depuis deux jours, ils ont tué beaucoup de gibier. Ils vont faire une fête »

S6 stop
– E ne’maka pijló nakajmokajla yukuna? Rimicha rijló.

– T’ont-ils annoncé qu’ils allaient festoyer ?

S7 stop
– Unká ne’majla nojló riyukuna.

– Ils ne m’en ont pas parlé.

S8 stop
Kaja keja nojena la’kana nuká wa’jini. Unká ne’malá nojló riyukuna.

C’est toujours ainsi que mes frères me traitent. Ils ne m’avisent jamais.

S9 stop
chapukana napechu nunaku.

Ils sont en colère après moi.

S10 stop
Maarejechami rimichaka riyajalojlo : – Kaja mari ke nojena la’a weká raú, chuwa nujna’jika najwanapala nakiya, wata’chi nawanapa nakiya.

Par la suite, il dit à sa femme. – Puisque mes frères nous traitent de cette façon, je vais prendre un peu de leur viande afin que nous puissions y goûter.

S11 stop
– Ñaké iká.

– D’accord.

S12 stop
– Pepo’ta nujnaku karu kama kapa, punama kama kapa wa’té.

– Attache tout autour de mon corps des feuilles sèches de pui avec des feuilles sèches de milpeso.


NOTE : Karu (Yuc.). Pui (Esp.). Lepidocaryum sp. Feuilles permettant de tresser les toitures des maisonnées ainsi que les hottes (esp. ver. catarijana) servant au transport du gibier.
S13 stop
E ruli’cha riká.

Ce qu’elle fit.

S14 stop
Ñaké riji’cha kuya jalaka wa’té, e ratánicha riká « Kuwarori juuu juuu » ke richiyaka kuya jalapachú.

En même temps, il prit une calebasse et une râpe à ananas et se mit à chanter « Kuwarori juuu juuu » en râpant la calebasse.

S15 stop
chuwaka nuyani ja’lo, nomichachi pamineko.

A présent, mère de mes enfants, j’ai d’abord envie d’aller voir.

S16 stop
Ripura’ko ri’jichaka « Kuwarori juuu juuu » richiyaka kuya jalapa chu.

Il y alla en chantant et en râpant la calebasse « Kuwarori juuu juuu ».

S17 stop
Mari ke yuku i’michaka.

C’est ainsi que l’on raconta cette histoire.

S18 stop
Aú napechu i’micha rinaku kuwarori ja’pi riká waichari raú piyuké neichu pají chiyá meña ta ta.

Comme ils pensaient être sous la menace de Kuwarori, ils s’enfuirent de la maloca en vidant les lieux.

S19 stop
Riphicha wa’kaphojo, ra’chá riwinuo.

Il arriva à l’extérieur en tendant l’oreille.

S20 stop
Unká re’malacha namejé.

Il n’entendit aucun bruit.

S21 stop
E ta ra’picha, iphichari pachojo.

Il entra dans la maloca.

S22 stop
E ramicha kajrú najwanapa taricharo kuwela chu. Kajrú jeruna waja i’michaka.

Et il vit qu’ils avaient laissé beaucoup de viande sur le boucan. Il y avait de nombreux pécaris.

S23 stop
Kaja ra’chako najwanapa wayo’taje. Wayú wayú, pu’té ru’ri chojé, piyu’ké riña’chiyaka nawanapa.

Il alla directement vers le boucan, se servit, remplit son panier en emportant toute la viande.

S24 stop
Kaja keja ripichako.

Ensuite, il s’en retourna.

S25 stop
E lainchu nephicha e amichari naña’ata ta nakuwela i’michaka. E ne’micha : « Meké chapú wani naki ta li’chaka weká, ña’chiyari piyu’ké wani wawánapa waliya ».

L’après-midi, ils arrivèrent et virent qu’on avait emporté toute la viande. Et ils dirent : « C’est vraiment très mal de nous voler toute la viande ! »

S26 stop
Unká wayatela tajnalo, nojena. We’jnajika rapumi chojé kulaje.

Mais nos mains n’ont pas disparu pour autant, mes frères. Nous irons [à nouveau] chercher des traces [de gibier]

S27 stop
Ñakeka kaja ne’jichaka piño rapumi chojé, noje piño.

Ainsi, ils suivirent d’autres traces, et tuèrent à nouveau.

S28 stop
Jupichami yuku i’micha piño :

Plus tard, on annonça une nouvelle fois :

S29 stop
– E meyale pejena iphá piño kawichini e’iyajemi. Kajrú nenoka piño kamejerina.

– Il y a deux jours tes frères sont revenus de la forêt. Ils ont tué beaucoup de gibier.

S30 stop
chuwa nakajnojika.

Maintenant, ils vont danser.

S31 stop
– E nemaka pijló riyukuna?

– Est-ce qu’ils t’ont informé?

S32 stop
– Unká, ke rimichaka.

– Non, dit-il.

S33 stop
Kaja riká piño rejó richuja kaja.

Alors il fit encore la même chose là-bas.

S34 stop
Iphichari rejó. Nemi’cha riká waichaka e neicho piño.

Il arriva. Ils l’entendirent revenir et se sauvèrent de la même façon.

S35 stop
Iphichari piño e amichari kajrú najwanapatami tarichako.

Il rentra à nouveau et vit leur viande étalée sur le boucan.

S36 stop
Kaja jrara’chako piño riwayojé wayú, wayú, pu’té kuwála chojé piño.

Il recommença à se servir en remplissant son panier.

S37 stop
Lainchu nephicha piño, amichari meñata ta nakuwela chiyá.

L’après-midi, ils revinrent et virent qu’il n’y avait plus de viande sur leur boucan.

S38 stop
Maarejechami apú kemichari : – Na ta chi tani wajwa’té wajini wani sápakaje?

Alors l’un des frères se mit à dire : – Qui peut donc bien nous faire toujours le même coup ?

S39 stop
Chuwa nomajika. Nu’majika keja nu’majika rijwa’té nótaje riká ta chuwa.

A présent je vais bien voir. Je vais m’affronter avec lui pour le tuer.

S40 stop
E kaja ne’jicha piño kawichini e’iyajé.

Ils retournèrent en forêt.

S41 stop
– Na ka’jná ? Unká chi nupere kalé wakara’ri no’wé wajwanapa ña’jeno ? Rupuraka’lo ta aú waja ri’jnano nakaje ! Chuwa nomajika.

– Qui peut-il être ? Ne serait-ce pas ma belle-sœur qui envoie mon frère prendre notre gibier ? Au courant de la nouvelle, il est bien capable de faire une chose pareille ! Je vais voir.

S42 stop
Ne’micha kawichini e’iyajé piño.

Ils retournèrent en forêt.

S43 stop
Jupichami yuku i’micha piño : – Meyalemi pejena iphaka kawichini eyajemi.

Plus tard, la nouvelle arriva encore : – Avant-hier, tes frères sont rentrés de forêt.

S44 stop
Marí kechami nakajmo’jiko. E ne’maka pijló riyukuna ?

Alors, ils vont danser. T’ont-ils avisé ?

S45 stop
E riká piño rejó, e ne’micha riká waicha piño.

Il retourna là-bas. Ils l’entendirent revenir.

S46 stop
– Chuwa wamajika wanakuwá rijwa’té.

– Maintenant nous allons le surprendre.

S47 stop
Kaja neicha. E rili’cha ripajewa yenú

Ils se sauvèrent. Lui [le frère] se fit une cachette en hauteur.

S48 stop
Kuwela chu rapári’cha richa palá riká chu.

Il se camoufla bien.

S49 stop
Riwachiya riká. Rapiñachiya rijijilare chuwá. Majoka rika riwachiyaka ta riká.

En attendant, il envenima ses flèches pour en finir avec lui.

S50 stop
Kaja ewaja ramicha riká waichaka iñe’pú punana chuwá. E’iyowá ke ramichaka riká waichaka.

Enfin, il le vit arriver sur le chemin.

S51 stop
E riphicha waka’phojo.

Quelqu’un arriva au dehors.

S52 stop
E ra’cha rijwi wo. Jemi’chari unká nameje i’malacha.

Celui-ci tendit l’oreille. Il n’entendit aucun bruit.

S53 stop
E ta ra’picha.

Il poursuivit.

S54 stop
E ramicha riká yu’rite i’michari ranapi.

Il tenait un panier.

S55 stop
E riphicha pachojo.

Il entra dans la maloca.

S56 stop
Ramicha najwanapami tarichako kuwela chu.

Il vit leur viande entassée sur le boucan.

S57 stop
E ra’picha rejó.

Il marcha jusque là.

S58 stop
Kaja rewayochaka riká pu’té kuwala chojé.

Il se servit en remplissant son panier.

S59 stop
Eja ra’cho ra’pejé.

Il jetait la viande derrière son dos.

S60 stop
Ají ke rachako ra’pejé.

C’est comme cela qu’il la jetait.

S61 stop
Eyá rinocha riká “tuta” riparotare pechú kana e’iyaya.

Alors l’autre lui tira en pleine omoplate.

S62 stop
E ritamí i’cho ají ke renochaka wakapojo, eyá rinocha piño riká apela aú.

Son corps s’enfuit, mais avant qu’il ne sorte, l’autre lui tira une seconde flèche.

S63 stop
E ri’cho a’jná une’e panojo pita.

Et il s’enfuyait toujours, loin de l’autre côté de la rivière.

S64 stop
“Ji” ke rimeje reje já’pa chachiya riká.

Mais son souffle s’arrêta quand le curare le gagna.

S65 stop
Riwaicha rejenajlo. « Kaja notacha riká ! »

L’autre appela ses frères : « Ça y est, je l’ai tué ! »

S66 stop
Ejomi jupichami nephichaka.

Plus tard, ils arrivèrent.

S67 stop
E ri’micha najló riyukuna. « Meke ka ramichaka? »

Il leur raconta ce qui était arrivé. Ils se demandaient de quoi il avait l’air.

S68 stop
Kaja ne’jichaka ramaje.

Ils allèrent le voir.

S69 stop
Amichari rapumi pitako.

Ils regardèrent ses empruntes de pas.

S70 stop
« Meke chi kari ina’uké ke rapomi ? »

« Comment se fait-il qu’il est des traces humaines? »

S71 stop
Na’picha amichari ritami to’kó.

Ils continuèrent et virent son corps étendu.

S72 stop
Na’chá rinakiya riwicho’ta riyajalo epo’chiyaje rinakoje.

Ils dénouèrent les lianes que sa femme avait nouées sur lui.

S73 stop
Amichari ajeri ke riwanapami pitako.

Ils virent à côté de lui l’amas de viande.

S74 stop
Nawichachiya rinakiya.

Ils le dégagèrent.

S75 stop
Kaja penaje naje’cha to’ri richaya.

Enfin ils lui retirèrent son masque.

S76 stop
Amichari ne’jwé michú tami ri’michaka.

Ils virent que c’était le corps de leur frère.

S77 stop
E nemicha : – Wenochachi ruká ta, wakara’ri no’wé ta kamejeri ña’taje pacha wenocha riká.

Ils dirent : – Allons la tuer ! C’est elle qui a envoyé notre frère prendre le gibier que nous avons chassé.

S78 stop
– Chuwá wenochachi ruká ta !

– Allons tout de suite lui régler son compte !

S79 stop
Kaja ne’jicha ronoje.

Ils allèrent la tuer.

S80 stop
Iphichaño rejó.

Arrivèrent là-bas.

S81 stop
E nechiya pají cha. Nemicha :

Ils entourèrent la maloca. Ils dirent :

S82 stop
– Chuwa paso pile’jeru kaje ja’pejé, chuwa nuká pijwa’té nokajo.

– Prépares-toi dès à présent à mourir.

S83 stop
Unká.

Mais non.

S84 stop
Kaja ewaja nephicha pachojo, amichari. Unká ramalacha. Mapami ke ruichako keja riká ne’waka.

Quand ils entrèrent dans la maloca, elle avait disparu. Cela faisait un moment qu’elle avait fui leur chef.

S85 stop
– Unká meke wala’la. Kaja ruicha. Wa’pajiko.

– Nous ne pouvons rien y faire. Elle s’est enfuie. Rentrons.

S86 stop
Kaja keja napi’chako

Alors ils s’en retournèrent.

S87 stop
Marí ketanaja riyukuna.

L’histoire s’arrête là.