Fiche technique sur le romania

 

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Textes romani

a Le pou et le Rom
Grèce, Thrace, Komotini, 2006, Evangelia Adamou

C’est l’histoire amusante d’un anti-héros rom qui épousa la fille du roi (pour avoir reconnu un énorme pou), gagna une guerre au profit de son nouveau royaume (pour avoir suivi un chien qui lui avait volé un morceau de viande) et fut considéré comme un homme sage et érudit (pour avoir parlé en romani à une vieille mendiante rom).

a L'homme-serpent
Grèce, Thrace, Komotini, 2006, Evangelia Adamou

L’histoire de l’homme né sous forme de serpent est contée ici rapidement. L’homme-serpent tue toutes ses épouses successives lors de leur nuit de noces. Grâce à un rêve, la mère d'une future épouse peut indiquer à sa fille comment l'aider à se transformer définitivement en homme. Elle doit s’habiller avec quarante et un vêtements et en enlever un chaque fois que l’homme-serpent enlèvera l'une de ses quarante peaux. Ainsi, après avoir enlevé toutes ses peaux de serpent, il deviendra vraiment un bel homme.

a Le couard et les géants
Grèce, Thrace, Komotini, 2006, Evangelia Adamou

Voici une autre occasion de raconter l’histoire d’un anti-héros rom qui est pris pour un héros. C’est en effet l’histoire du plus peureux du village, celui qui ne peut même pas aller seul aux toilettes une fois la nuit tombée. Un soir, il tue quarante moustiques et tout fier fait inscrire sur une épée : « Celui qui en a tué quarante d’un coup ». Un jour, alors qu’il dort sous un arbre, des géants viennent à lire cette inscription et le kidnappent pour lui faire épouser leur sœur. Mais le Rom se révèle bien fainéant et ils ne cherchent plus que le moyen de s’en débarasser.


Le romani

Le romani est une langue indo-aryenne. Les dialectes parlés aujourd'hui en Grèce appartiennent à deux principaux groupes : le romani balkanique et le romani vlax. La présence des Rom dans les Balkans est documentée depuis le XIe siècle et s'est poursuivie jusqu'à aujourd'hui sans interruption. Les groupes vlax sont arrivés plus récemment, souvent dans les années 1920, après le traité de Lausanne. Le romani du quartier Anahoma de Komotini est très clairement un dialecte vlax.
La ville de Komotini est célèbre dans les études rom, car c'est là que fut écrit le premier document romani des Balkans, en 1668, par Evliya Çelebi, publié dans le recueil Seyahat name "Le livre des voyages" (voir Friedman et Dankoff, 1991)
Aujourd'hui, les hommes, les femmes et les enfants sont trilingues (romani, turc et grec). Le romani est toujours utilisé avec les enfants. Le nom de langue le plus courant est romane (adv.), nom caractérisé par la perte de la finale -s. Les locuteurs distinguent la langue parlée par les anciens, considérée comme une langue pure et "fermée", alors que la jeune génération utilise un parler bilingue, romani-turc, qu'ils considèrent comme une langue "ouverte".

Identité

La communauté rom à Anahoma s'identifie par deux appellations caractéristiques :
      - la première désigne le groupe et est en relation avec le nom de la ville où ils vivent : ainsi, ils se nomment eux-mêmes komotin´ia, d'après le nom grec, Komotini, ou giumurdzjinalia d'après le turc Gümülcine ;
     - la seconde est en relation avec leur religion : ils s'appellent eux-mêmes xoraxan´e roma "Rom musulmans, Rom turcs", un nom très courant dans les Balkans. Xoraxan´e fait référence à leur religion - musulmane, pour se différencier des dasikan´e roma "Rom chrétiens, Rom grecs". Alors que la majorité des Rom appelle les Grecs balam'e, à Komotini on les nomme dasikan'e. Ce nom, généralement réservé aux Slaves, indique que les Roms de Komotini ont sûrement vécu au contact des Slaves (peut-être en Bulgarie), où les Slaves étaient considérés comme les "Chrétiens" face aux Musulmans. Quand les groupes vlax arrivèrent en Thrace, où les Slaves sont musulmans (connus sous le nom de Pomaques), ils donnèrent le nom dasikan´e – qui avait pris pour eux le sens de "chrétien" – à la population chrétienne locale, c'est-à-dire les Grecs.