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Langues et civilisations
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Corpus arabe yéménite

 

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Fiche technique sur l'arabe yéménitea

 

Sanaa

Traditionnellement, les femmes de Sanaa disent des contes au cours de réunions de femmes qui se déroulent tantôt chez l'une, tantôt chez l'autre, de façon quasi quotidienne, entre la prière de l'après-midi et celle du coucher du soleil. Les événements de la vie courante (maladie, mort, naissance, retour de voyage, …) servent de prétexte à ces réunions qui sont surtout l'occasion de régler des litiges familiaux, des conflits de voisinage, ou encore de contracter des alliances.
Lorsque les circonstances s'y prêtent, comme c'est le cas pour une naissance, une partie du temps est consacrée à écouter des contes et à jouer aux devinettes.
Contes et devinettes contribuent à l'apprentissage et à la transmission des règles de sociabilité féminine. À travers eux, les femmes acquièrent l'art de l'échange et de la concession. Avec l'introduction de la télévision dans les foyers, force est cependant de constater que ces pratiques tendent à se raréfier.
En arabe yéménite de Sanaa, les mots qui réfèrent au conte et à la devinette sont fléchis sur la même racine.
Ces deux genres littéraires ont également en commun de se présenter à l'intérieur d'un dispositif formel, ou "cadre", constitué par une formule d'entrée et une formule de clôture.
Dans le conte, auquel les femmes prêtent une vertu pacificatrice, ces formules sont une invocation à la protection divine. Dans la devinette, la formule de clôture est précédée d'un échange dialogué au cours duquel les partenaires de jeu contractent des dettes et en négocient les modalités de règlement. "Les devinettes, disent les femmes, sont souvent cause de séparation, de dispute et de mort. Ce sont les contes qui rapprochent les gens."

 

a Conte yéménite de Sanaa
Yémen, Sanaa, 1989, Samia Naïm

Le conte présenté ici a été recueilli à Sanaa, en 1989, auprès d'une femme âgée d'une quarantaine d'années. L'enregistrement s'est déroulé chez elle, en l'absence de toute autre femme, ce qui explique les commentaires qu'elle a pu faire à mon intention ; ceux-ci présentent le double intérêt de soulever la question de l'intercompréhension dialectale (phénomènes de contacts à l'intérieur d'une même langue, l'arabe) et de renvoyer aux appréciations linguistiques que les locuteurs portent sur leur propre parler
La transcription est rigoureusement fidèle à la bande-son en ce qu'elle note les variantes contextuelles, phonétiques et prosodiques (faits d'accentuation, de pause, de rythme) relevées au niveau du phonème (voisement, dévoisement, allongement, réduction, effacement) et de la syllabe (modification de la structure syllabique).

 

 

Zabid

Zabid est une ville côtière située au sud-ouest du Yémen, dans la plaine qui longe la merRouge, la Tihama. Cette région est surtout connue pour ses palmeraies puisqu'elle représente à elle seule 95% de la superficie totale des palmeraies yéménites.
La ville compte près de 54 000 habitants. Jadis florissante – elle fut la capitale du Yémen du XIIème au XVème siècle – Zabid est aujourd'hui d'un intérêt surtout historique et archéologique, en raison de son architecture domestique et militaire et de son tracé urbain. Les maisons traditionnelles en briques cuites sont construites sur un modèle de base avec une grande pièce donnant sur une cour intérieure à ciel ouvert. Les maisons les plus cossues ont deux ou trois étages et des intérieurs richement décorés avec des murs, des niches et des plafonds sculptés. Depuis le déclin progressif de la ville, une grande partie des habitations traditionnelles est tombée en ruine. Depuis 2000, Zabid est classée au patrimoine mondial en péril, par l'UNESCO.

 

aLe fils du roi et la fille du ramasseur de bois
Yemen, Zabid, 1993 Samia Naïm

Le conte présenté ici a été enregistré en 1993 au domicile de Madame T.H., âgée d'une soixantaine d'années (à l'époque), en présence de ses voisines et de leurs enfants

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