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Fieldworks
L'indéfini
Métaphore(s)
Problèmes d'analyse et de comparaison des langues

Current research programs

 

 

 


Problèmes d'analyse et de comparaison des langues [PACOL]
[Description and Typology]
(some parts in French)

 

 

Coordination: Alexandre François et Jiayin Gao

 

Presentation in French

     Depuis décembre 2012, le LACITO propose un nouveau séminaire de recherche, intitulé "Problèmes d'analyse et de comparaison des langues".
     Ce séminaire accueille des exposés visant à décrire les données recueillies sur le terrain, tout en permettant de réfléchir ensemble à la meilleure manière de les analyser dans le cadre d'une approche typologique des langues.
     Les réunions se tiennent généralement le vendredi après-midi. L'exposé dure une heure, suivi d'une discussion. Ce séminaire est ouvert à tous : étudiants, jeunes chercheurs ou chercheurs confirmés, attachés ou non au LACITO.

     Au sujet des références fournies : L'orateur principal d'une séance associe son exposé à une ou deux références bibliographiques essentielles. Ces références sont données, d'une part, pour que chercheurs et (en particulier) doctorants puissent les consulter avant l'exposé, et ainsi se familiariser avec les principales problématiques du domaine. D'autre part, à l'occasion, ces références partagées devraient permettre à d'autres participants de concevoir et proposer des exposés portant sur le même thème dans d'autres langues, pour les séances ultérieures.

Les séminaires ont lieu habituellement au Lacito de 14h30 à 16h30 :
      Centre A.-G. Haudricourt - bât D - 3e étage - s. 311
      7 rue Guy Môquet - 94800 Villejuif

 

Upcoming Seminars

  • Thursday 13 April 2017 14.30-17.00
    Les structures clivées en kabyle (berbère), by Fatima Leham (PhD Student at INALCO, under supervision of Kamal Naït-Zerrad)
    Abstract in French:
    Parmi la typologie des relatives en kabyle (berbère), un des types les plus récurrents est la structure clivée. Les clivées affirmatives sont bien plus fréquentes que les clivées négatives. Nous avons établi plusieurs protocoles et expériences pour enquêter sur l'utilisation des clivées négatives chez des locuteurs natifs kabyles. Nous avons également testé leur capacité à distinguer les différentes significations de ces clivées à travers leurs profils intonatifs.

      Structure d'une clivée affirmative                                  Structure d'une clivée négative
      d aγṛum i nečča                                                                    d aγṛum ur nečča ara
      copule pain celui nous-manger (accompli)                   PP pain celui ? nous-manger (accompli)
      c'est du pain que nous avons mangé                             c'est du pain que nous n'avons pas mangé

    Dans la clivée affirmative, la présence d'un relateur est obligatoire. À l'inverse, les clivées négatives n'ont pas de relateur. Le but de notre analyse est de fournir des preuves empiriques de ce type de relative dites clivées kabyles. Nous montrerons le gabarit complexe de leurs structures syntaxiques, chargées de valeurs sémantiques atypiques qui leurs sont propres. Enfin, nous observerons comment les différents contours intonatifs peuvent désambiguïser les énoncés.

Past seminars

  • Tuesday 21 février 2017
    Midterm PhD Defence by
    Komi Simnara (PhD Student at Paris 3, co-dir. S. Naïm, Lacito & P. Boyeldieu, Llacan)
    on "L'expression des émotions en lama (​​Gur, Togo)"
    Abstract in French:
    Le lama n'a pas de terme pour traduire "émotion" mais les locuteurs de cette langue reconnaissent l'existence des émotions basiques (colère, joie, tristesse, peur, surprise, dégoût), qu'ils peuvent décrire et exprimer à travers différents procédés. Ma présentation s'articulera autour de trois chapitres de ma thèse :
        1. Structure sémantique et syntaxique du lexique émotionnel
        2. Métaphores émotionnelles
        3. Codage grammatical de l'expérient
    Les termes dénotant les émotions relèvent essentiellement des catégories du nom, du verbe, des idéophones, et dans une moindre mesure, de l'adjectif et de l'adverbe. Le lexique dénotatif est relativement pauvre, mais bénéficie d'un enrichissement sémantique grâce à la combinatoire lexicale qui permet d'exprimer, entre autres, les variantes d'une émotion, l'intensité, l'aspect, ou la polarité.
        Par ailleurs le lama utilise un grand nombre d'expressions figurées pour l'expression des émotions, reposant principalement sur la corporéité. Les métaphores cognitives présentent les émotions comme des contenus de la personne, des localisations géographiques ou comme des agents externes. En ce qui concerne les psycho-collocations, elles utilisent des supports corporels pour décrire les manifestations internes et externes des ressentis émotionnels, au moyen de verbes statifs et dynamiques.
        Lorsque l'expression émotionnelle implique le participant de l'émotion ou expérient, celui-ci est grammaticalement codé comme sujet, objet ou possesseur. Comme sujet du procès, il dénote une agentivité potentielle dans laquelle il est présenté comme /-cause/ et /-contrôle/. On le retrouve comme objet dans des constructions ayant comme sujet une émotion ou un stimulus. Enfin, la stratégie de l'expérient comme possesseur marque la possession inaliénable entre l'expérient et le possessum, ou la possession de l'émotion par l'expérient. Ce domaine de la grammaire relève manifestement de l'idiosyncrasie.
  • 17 January 2017
    Constructions en avoir (possessives et à support) dans le dialecte libyen de Benghazi, by Aisha Saad (Sorbonne Nouvelle-Paris 3)
    Abstract in French:
    Cet exposé vise à présenter deux parties de ma recherche de thèse :
              1. La construction synthétique et la construction analytique
              2. Les pseudo-verbes et leurs valeurs possessives et non-possessives
         Le dialecte de Benghazi, comme les autres dialectes arabes, ne dispose pas de verbe avoir comme en français. Pour exprimer la possession, il a recours à deux systèmes linguistiques différents : l'un est la ʔiðāfa, nommé aussi l'annexion ; le second est l'usage de prédicatoϊdes dénommés aussi pseudo-verbes.
         L'annexion est le produit de la juxtaposition de deux noms sous deux types de constructions : la construction directe (synthétique) et la construction indirecte (analytique). Ces deux constructions génitives sont en usage dans le dialecte de Benghazi avec une prédominance de la construction synthétique. Le choix de recourir à l'une de ces deux constructions s'explique par des critères variés : formels, narratifs et pragmatiques. Certains domaines sémantiques acceptent l'emploi d'une construction, et pas de l'autre.
         Tout comme les autres dialectes maghrébins, le dialecte de Benghazi emploie le relateur-prédicatoïde ʕind. Cependant, il exprime aussi la possession par plusieurs autres relateurs qui sont d'origines différentes (comitative, dative, directionnelle ou locative). Ces relateurs ont subi un processus de grammaticalisation qui leur permet d'être employés comme modaux (ʕind, ʃōr), existentiels (fi, ʕind), attributifs (ʕind, ʃōr, bi, fi) et expérientiels (ʕind, fi, bi). Le recours à tel ou tel relateur dépend de facteurs sémantiques et syntaxiques.

  • 7 December 2016
    Les constructions à extraction en wolof : ​​focalisation et relatives, by Maximilien Guérin (Sorbonne Nouvelle-Paris 3, ​LLACAN​, Mondes Iranien​ et ​Indien)
    Abstract in French:
    En wolof, la conjugaison s'articule autour d'un nombre limité de constructions que nous appelons "constructions prédicatives". Chacune de ces constructions exprime un tiroir verbal de la langue (elles sont donc comparables aux temps/modes des langues romanes). Les constructions prédicatives du wolof diffèrent les unes des autres par leur marqueur et par la position respective des éléments indispensables à la prédication (ce que nous appelons "schème de prédication").
    L'une des particularités du wolof est d'encoder la structure informationnelle au sein de la conjugaison. En effet, quatre constructions prédicatives encodent des traits liés à la focalisation : Focalisation du Sujet, Présentatif, Focalisation du Complément et Focalisation du Verbe. Par ailleurs, la plupart des auteurs identifie une construction "minimale", caractérisée par une absence de marqueur et employée essentiellement dans les propositions injonctives, complétives ou relatives. De fait, il est possible de distinguer deux constructions "minimales". Une utilisée dans les propositions injonctives et complétives, que nous appelons "Subjonctif" ; et une autre utilisée dans les propositions relatives, que nous appelons "Relatif".
    Les constructions Focalisation du Sujet, Présentatif, Focalisation du Complément et Relatif présentent plusieurs caractéristiques communes. On constate que toutes ces constructions présentent le même schème de prédication. De plus, elles sont toutes compatibles avec la même construction négative. Il s'agit de constructions dans lesquelles un élément est extrait de sa position canonique pour être placé en première position. Afin de rendre compte de toutes ces similitudes formelles, nous pouvons considérer que ces constructions constituent un type particulier de constructions au sein de la langue : les constructions à extraction.
    References:
    -- Diouf, Jean-Léopold. 2009. Grammaire du wolof contemporain. Paris : L'Harmattan.
    -- Ginzburg, Jonathan & Ivan A. Sag. 2000. Interrogative Investigations: the Form, Meaning, and Use of English Interrogatives. Stanford : CSLI Publications.
    -- Guérin, Maximilien. 2016. Les constructions verbales en wolof : Vers une typologie de la prédication, de l'auxiliation et des périphrases. Thèse de doctorat. Paris : Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3.
    -- Robert, Stéphane. 1991. Approche énonciative du système verbal : Le cas du wolof. Paris : CNRS Éditions.
    -- Sall, Adjaratou Oumar. 2005. La subordination en wolof : description syntaxique. Thèse de doctorat. Dakar : Université Cheikh Anta Diop.
    -- Torrence, Harold. 2013. The Clause Structure of Wolof: Insights into the Left Periphery. Amsterdam : John Benjamins.
  • 29 June 2016, soutenance de doctorat à mi-parcours.
    M. Ahmad Hassan, inscrit sous la co-direction d'Injoo Choi-Jonin (Toulouse 2) et de Samia Naïm (Paris 3), nous a présenté l'avancement de sa thèse : ​Les complément​s​ de manière en français et en syrien de Tartou​s
    Abstract:
    Le dialecte syrien de Tartous, comme l'arabe standard, ne dispose pas d'adverbes dérivés d'un adjectif, comme c'est le cas en français, pouvant fonctionner comme adverbes de manière ou comme adverbes de phrase. Il a recours, par conséquent, à des moyens particuliers, tels que la flexion de l'accusatif et la marque de l'indéfini. Il s'agit des aspects linguistiques empruntés à l'arabe standard, qui ne sont pas usuels en syrien de Tartous. Ceci peut paraître tout à fait normal étant donné qu'il s'agit de deux langues génétiquement et typologiquement différentes : le français est une langue indo-européenne et le dialecte syrien appartient à l'arabe qui est une langue sémitique.
    Cependant, les deux langues utilisent également deux autres moyens similaires pour exprimer la manière. Le premier concerne la construction introduite par la préposition avec en français et par la préposition bə ('associatif') en syrien de Tartous, et le second, l'objet interne en français et l'objet dit absolu en syrien de Tartous. Compte tenu de la différence entre les systèmes linguistiques des deux langues, nous pourrons faire l'hypothèse que même dans les cas des deux moyens comparables dont disposent les deux langues pour exprimer la manière, ils ne sont pas soumis aux mêmes types de contraintes syntaxiques et sémantiques en français et en syrien de Tartous. Cette étude comparative nous permettra de comprendre le fonctionnement de chacun des moyens utilisés dans les deux langues pour exprimer la manière, et par là de faire ressortir les différences syntaxique et sémantique qui séparent les compléments de manière dans les deux langues.
    Le jury de cette soutenance à mi-parcours était composé de:
    -- Samia Naïm (Paris 3, LACITO)
    -- Injoo Choi-Jonin (Toulouse 2, LACITO)
    -- Georgine Ayoub (INALCO)
    La séance était publique. Elle s'est déroulée, pour l'essentiel, dans les conditions d'une soutenance de thèse.

  • 23 May 2016
    Typologie de l'évidentialité dans les langues tibétiques
    , by Nicolas Tournadre (University of Ax-Marselle, Lacito-CNRS.)
    Abstract in French:
    L'objectif de cette communication est de proposer une typologie des catégories évidentielles présentes dans les langues tibétiques. Le terme 'tibétique' désigne une famille compacte de langues dérivées du vieux tibétain (Tournadre 2008, 2014). Ces langues possèdent des systèmes évidentiels qui sont parmi les plus complexes au monde avec ceux de certaines langues d'Amazonie et de Papouasie Nouvelle Guinée (cf. DeLancey 1992 ; Aikhenvald et LaPolla 2007 ; Tournadre et LaPolla 2014). Mais cette famille tibétique est aussi l'une des très rares familles au monde, voire la seule, disposant à la fois d'un riche système évidentiel et d'une longue tradition écrite qui s'est développée sur plus d'un millénaire.
         L'évidentialité est définie comme "la représentation de la source et de l'accès à l'information selon la perspective et la stratégie du locuteur" (Tournadre et LaPolla, 2014). Après avoir rappelé les origines de l'évidentialité en tibétain, cette communication se concentrera sur les systèmes attestés dans les langues modernes.
         Contrairement à ce que l'on pourrait retenir des nombreux travaux publiés depuis une quarantaine d'années, l'évidentialité dans les langues tibétiques est intimement liée aux modalités épistémiques et il serait plus approprié de parler de systèmes évidentiels / épistémiques (ci-après : E/E). D'une part, les marqueurs évidentiels et épistémiques constituent un même paradigme mais d'autre part, ils sont parfois marqués par les mêmes auxiliaires qui interviennent dans des constructions différentes. Enfin, certains marqueurs véhiculent à la fois une valeur épistémique et une valeur évidentielle.
         Alors que les marqueurs évidentiels de certaines langues tibétiques ont été relativement bien étudiés (tibétain standard, amdo, ladakhi, dzongkha, sherpa, etc.), les marqueurs épistémiques ont souvent été délaissés et ne sont pas ou peu décrits à quelques exceptions près (cf. Vokurková, 2008).
         Les systèmes E/E des langues tibétiques, qui sont génétiquement proches, ont donné lieu à des descriptions très diverses selon les modèles théoriques, laissant penser que ces systèmes étaient extrêmement divers. Ainsi en se basant sur des sources de seconde main, certains typologues comme Aikhenvald (2004) ont été amenés à conclure que les systèmes tibétiques étaient radicalement différents : certains systèmes étaient qualifiés d'« évidentiels » tandis que d'autres relevaient du type « conjoint/ disjoint » (conjunct/ disjunct). Or l'opposition conjoint/disjoint qui a connu son heure de gloire est de plus en plus abandonnée (cf. Tournadre 2008). S. DeLancey (à paraître) qui comptait parmi les principaux thuriféraires de cette approche syntaxique binaire a finalement abandonné la notion de conjunct et a adopté la notion d'égophorique.
         Nous verrons que les systèmes E/E des langues tibétiques ne peuvent être correctement appréhendés que grâce à une approche cognitive et pragmatique. Lorsque l'on s'efforce de décrire ces systèmes avec un même appareil théorique, on constate qu'ils présentent en réalité certaines caractéristiques fondamentales communes, même s'ils ont, dans certains cas, développé des innovations tout à fait spécifiques. Nous aborderons les catégories évidentielles et épistémiques fréquemment attestées dans les langues tibétiques et évoquerons notamment les types sensoriels (visuel, non visuel et endopathique), inférentiels, assomptifs, égophoriques et épistémiques. Ajoutons que dans certaines langues l'intentionnalité a été fortement grammaticalisée. Enfin, nous évoquerons la règle d'anticipation qui joue un rôle important dans les systèmes verbaux de cette famille de langues.

  • 13 April 2016
    L​es tons en tamang ​:​ ​variation synchronique et évolution diachronique, by Jiayin Gao (Labex & LACITO postdoctoral student) & Martine Mazaudon
    Abstract in French:
    Le tamang est une langue de la famille tibéto-birmane parlée au centre du Népal. C'est une langue tonale avec quatre tons, caractérisés par des variations de contour et hauteur de fréquence fondamentale (F0), de voisement des consonnes initiales, de qualité de voix et de durée vocalique. Ces différents indices sont utilisés à des degrés divers dans les dialectes tamang ainsi que les langues voisines du groupe TGTM (Tamang-Gurung-Thakali-Manangke). Une hypothèse historique a été proposée pour expliquer ces variations synchroniques: les langues du groupe TGTM se situent à différentes étapes d'une évolution tonale, ou d'évolutions tonales parallèles (Mazaudon, 2012). Cet exposé commencera par donner un aperçu sur les systèmes tonals de quelques langues tonales parfois appelées "pures", telles que le chinois mandarin, c-à-d dont les tons sont caractérisés essentiellement par la fréquence fondamentale (F0). Nous présenterons ensuite l'hypothèse largement acceptée sur la tonogénèse dans ces langues et les mécanismes phonétiques qui motivent la tonogénèse, avant de comparer avec l'évolution tonale en tamang. Enfin, nous présenterons la problématique actuelle et quelques données sur le dialecte tamang de Taglung, collectées en novembre 2015 au Népal.

  • 13 January 2016
    Nous entendrons ​deux exposé​s, sur des thèmes similaires : les récits et l'art de la narration.
    -- D'abord, François Jacquesson nous dressera un bilan du projet Narrativité, en cours au LACITO [cf. présentation; annonce des Journées d'études des 25-26 novembre derniers ; entrée du blog de C. Boulaire narrant ce colloque]
    ​​"Narrativité : Qu'est-ce qui fait une histoire ?"
    Le projet Narrativité, sur trois ans, s'achèvera en juin 2016. Il aura été consacré à un thème simple "Qu'est-ce qui fait une histoire ?" Nous voulions comparer différents media racontant la "même histoire" ; en fait, nous avons surtout discuté des textes et des images, et des images où l'on trouve des textes. On pense à la BD, bien sûr, mais cela existe depuis très longtemps, sous des formes très diverses. J'essaierai de présenter une partie de notre voyage à travers les images et les histoires.
    -- Nous entendrons également une présentation par Aimée Lahaussois (CNRS–HTL) et Séverine Guillaume, qui toutes deux représenteront le projet "HimalCo", ANR hébergée chez nous :
    ​"​​​Himalco : Corpus parallèles en langues himalayennes"
    Cette présentation porte sur la constitution d'un corpus comparable de récits mythologiques pour trois langues du groupe kiranti de la famille sino-tibétaine, actuellement en cours dans le cadre du projet ANR HimalCo. Les langues étudiées partagent un cycle mythologique, ce qui permet d'aligner les histoires recueillies sur la base d'un contenu narratif similaire (et parfois même identique). L'alignement et l'outil développé pour sa visualisation doivent à terme permettre la mise en évidence de tournures morphosyntaxiques propres à chaque langue. L'avantage de cette approche est un gain en authenticité narrative (et donc a priori linguistique) par rapport à ce qu'il est possible d'obtenir par le biais d'élicitations contrôlées du type Pear Story.

  • 19 October 2015
    L​e​​s évolutions aspecto-temporelles et modales du système verbal persan. Acquis et perspectives, by Agnès Hotz (UMR7528 Mondes iranien et indien)
    Abstract in French:
    Le système verbal du persan contemporain ne repose pas sur les mêmes paradigmes ni sur les mêmes oppositions que celui des premiers siècles (Xe-XIe siècles). Lors de cet exposé, nous analyserons les processus d'évolution qu'a connus le système verbal persan et nous tenterons d'en saisir les causes. Pour cela, au-delà des seules données des textes persans, nous aurons recours aux conclusions apportées par les recherches typologiques, tout en inscrivant certaines de ces évolutions dans le cadre plus général des invariants diachroniques.

  • 24 September 2015
    Les interactions entre le ton et l'intonation en tib​éto-birman : ​c​onséquences pour la description et la typologie, by Amos Teo (PhD Student, University of Oregon)
    Abstract:
    Typological studies of tone in the languages of Asia have often been concerned with features of tone systems, independent of intonational systems, classifying languages according to the domain of tone, the phonetic correlates of tone (Hildebrandt 2007); phonological processes such as tone spreading (Evans 2008); and historical origins of tone (Michaud 2011).
    In this talk, I consider some of the diversity of lexical tone systems in Tibeto-Burman languages, using data from three Tibeto-Burman languages spoken in NE India and Nepal: Sumi (Nagaland); Karbi (Assam); and Yolmo (Nepal). A brief description of the lexical tone systems of these languages will first be given, as per Teo (2014) for Sumi; Konnerth & Teo (2014) for Karbi; and Hari (2010) for Yolmo.
    Importantly, I look at different ways in which post-lexical intonation might interact with lexical tone in these languages, using data from repetition tasks. A preliminary analysis from Yolmo suggests that a description of the tone system of the language must also take the intonational system into account (Teo et al 2015). Finally, it will be proposed that data from such basic repetition tasks may already indicate important typological differences in tone systems.
    References:
    -- Evans, Jonathan (2008). "'African' tone in the Sinosphere." Language and Linguistics 9(3): 463-490.
    -- Hari, Anna Maria (2010). Yohlmo Sketch Grammar. Kathmandu: Ekta books.
    -- Hildebrandt, Kristine (2007). "Tone in Bodish languages: Typological and sociolinguistic contributions." In Matti Miestamo & Bernhard Wälchli (Eds.), New Challenges in typology: Broadening the horizons and redefining the foundations. (pp. 77-100). Berlin: Walter de Gruyter.
    -- Konnerth, Linda and Amos Teo (2014). "Acoustic-statistical and perceptual investigations of Karbi tones: A peculiar case of incomplete neutralisation of F0." In Gwendolyn Hyslop, Stephen Morey & Mark W. Post. (Eds.), North East Indian Linguistics, Volume 6. (pp13-37). Canberra: Asia Pacific Linguistics.
    -- Michaud, Alexis (2011). Les systèmes de tons en Asie orientale: typologie, schémas évolutifs et modélisation. Faits de langues 37: 247-261.
    -- Teo, Amos (2014). A phonological and phonetic description of Sumi, a Tibeto-Burman language of Nagaland. Canberra: Asia Pacific Linguistics.
    -- Teo, Amos; Lauren Gawne and Melissa Baese-Berk (2015). A case study of tone and intonation in two Tibetic language varieties. In Proceedings of the 18th International Congress of Phonetic Sciences, edited by The Scottish Consortium for ICPhS 2015. Glasgow, UK: the University of Glasgow.

  • 15 June 2015
    Où sont partis les adjectifs en Ye'kwana (Venezuela) ?, by Natalia Cáceres Arandia (DDL)
    Abstract in French
    Cette présentation illustre un système de classes lexicales typique de la famille Caribe dont il n'est pas question dans les typologies constructionnelles. En ye'kwana, langue de la famille Caribe parlée au Venezuela et au Brésil, la plupart des mots qui fonctionnent comme modificateurs d'un référent —une des fonctions typiquement attribuées aux adjectifs— ont besoin d'une marque morphologique (1a). Ces mots font partie d'une classe lexicale distincte des verbes et des noms. Ils s'utilisent aussi dans leur forme marquée en fonction de référence (1c), mais dans leur forme non-marquée dans la prédication d'une propriété (1b). […] See more on pdf.

  • 21 April 2015
    Quand les marques d'accord reprennent un fonctionnement anaphorique : le cas du français, by René Lacroix
    -- Abstract in French
    Ce qu'on peut appeler, au sens large du terme, accord du verbe recouvre trois types de phénomènes. Tout d'abord, les marques de personne peuvent être en distribution complémentaire avec le syntagme nominal dont elles représentent le même argument sémantique. En arabe littéraire, par exemple, le patient du verbe « frapper » peut être représenté par un SN, comme en (1), ou par un suffixe verbal, comme en (2). En revanche, la cooccurrence du suffixe et du SN n'est pas possible (*ḍaraba-hu r-raʒulu l-kalba).
    (1) ḍaraba                      r-raʒul-u                        l-kalb-a
         frapper.acp.s3sm   def-homme.sg-nom   def-chien.sg-acc
         « L'homme a frappé le chien. »
    (2) ḍaraba-hu                           r-raʒul-u
         frapper.acp.s3sm-o3sm   def-homme.sg-nom
         « L'homme l'a frappé. »
    Dans un second type de langue, les marques de personne sont toujours présentes sur le verbe, que le SN correspondant apparaisse dans la proposition ou non. C'est le cas du latin, où l'on peut dire puer clama-t (enfant crier-s3s) « l'enfant crie », ou simplement clama-t « il crie ». Enfin, dans un troisième type de langue, les marques verbales sont toujours présentes et la proposition contient obligatoirement un SN coréférent. Ainsi, en allemand, la phrase er sing-t (il chanter-s3s) « il chante » est grammaticale, ce qui n'est pas le cas de *singt. Le français est généralement considéré comme appartenant à ce dernier type (Creissels 2006, Haspelmath 2001, Siewierska 1999, 2006, Spencer et Luís 2012). Ces trois types de langue représentent différentes étapes d'un chemin de grammaticalisation dont le dernier stade, selon certains auteurs, serait celui qu'illustrent l'allemand et le français.
    Dans cet exposé, je voudrais tout d'abord proposer une autre analyse du français, qui semble relever du type 2 et non du type 3. C'est ce qui apparaît si l'on prend en compte non pas seulement les désinences verbales, mais également les pronoms conjoints (je, tu, il...), que plusieurs tests suggèrent de considérer comme des affixes.
    Dans un second temps, j'aimerais montrer que l'histoire du système verbal du français illustre une évolution particulièrement rare au niveau des langues du monde. Dans cette langue, en effet, les désinences, qui fonctionnaient autrefois comme de pures marques d'accord (type 3), ont retrouvé un fonctionnement anaphorique (type 2). L'histoire du français montre donc que l'évolution du fonctionnement des marques d'accord se fait selon un schéma cyclique et non linéaire.
    L'exposé sera également l'occasion de présenter les données du laze, langue caucasique du sud offrant un système complexe de marquage de la personne, et de déterminer où se situe cette langue dans la typologie tripartite évoquée ci-dessus.
    -- Abreviations in French
    acc : accusatif ; acp : accompli ; def : défini ; nom : nominatif ; o3sm : indice d'objet, 3ème personne singulier masculin ; sg : singulier ; s3sm : indice de sujet, 3ème personne singulier masculin
    -- References
    Creissels, Denis. 2006. Syntaxe générale, une introduction typologique, volume 1. Lavoisier.
    Haspelmath, Martin. 2001. The European linguistic area: Standard Average European. In: Haspelmath, Martin, Ekkehard König, Wulf Oesterreicher et Wolfgang Raible (éds). Language typology and language universals, volume 2. Walter de Gruyter.
    Siewierska, Anna. 1999. From anaphoric pronoun to grammatical agreement marker: Why objects don't make it. Folia Linguistica 33/2, p. 225-251.
    Siewierska, Anna. 2004. Person. Cambridge University Press. Spencer, Andrew et Ana R. Luís. 2012. Clitics. An Introduction. Cambridge University Press.

  • 23 March 2015
    La polydéfinitude en romani d'Albanie by Aurore Tirard (INALCO, LACITO)
    -- Abstract in French
    L'article défini du romani est un morphème libre qui occupe en principe la première place dans le syntagme nominal (Matras 2002:165-166). Cependant, il est grammaticalement correct d'employer deux articles définis identiques pour déterminer un nom-tête unique – à l'instar de l'accord en définitude des langues sémitiques (Rubin 2005:83) et de la « polydéfinitude » (Kolliakou 2004) du grec moderne (Lekakou & Szendrői 2012). Contrairement aux premières mais comme en grec, il s'agit d'un phénomène à caractère purement optionnel, présent à notre connaissance principalement dans les variétés d'Albanie, de Grèce, de Hongrie, de Roumanie et de Serbie.
         Pour des raisons structurelles et pragmatiques, le phénomène n'est pas fréquent dans la langue spontanée : pour pouvoir l'étudier, nous avons conçu une expérience linguistique qui permette son émergence et son étude systématique. Elle a été réalisée lors d'une mission de terrain monolingue dans une famille rom en Albanie.
         Après avoir présenté cette expérience et ses résultats, nous verrons que deux types de facteurs influencent ce phénomène : des variables 'internes', d'ordre linguistique (ordre des constituants, statut de l'information), mais également des variables 'externes', d'ordre socio-linguistique (genre, âge, niveau d'éducation, militantisme linguistique). Il s'agira notamment de déterminer quels individus emploient cette structure et quelle est la part de la variation libre.
    -- References
    Kolliakou, D. (2004). "Monadic definites and polydefinites: their form, meanning and use". Journal of Linguistics, vol. 40, pp 263-333.
    Lekakou, M. & K. Szendrői. (2012). "Polydefinites in Greek: Ellipsis, close apposition and expletive determiners". Journal of Linguistics, vol. 48, pp 107-149.
    Matras, Y. (2002). Romani: A Linguistic Introduction. Cambridge: Cambridge University Press.
    Rubin, A. D. (2005). Studies in Semitic grammaticalization, Harvard Semitic Studies, vol. 57. Winona Lake, Indiana: Eisenbrauns.

  • 9 February 2015
    Prédominance du marquage sur le dépendant et développement d'une attirance sur la tête en purepecha by Claudine Chamoreau (CNRS – CEMCA / SeDyL-CELIA)
    -- Abstract in French
    En purepecha (isolat parlé à l'ouest du Mexique), les relations sont généralement marquées sur le dépendant : le génitif apparaît sur le possesseur, il y a un système de cas et de postpositions, les arguments sont indiqués par des enclitiques de seconde position, etc. A côté de cette prédominance du marquage sur le dépendant, il existe trois contextes dans lesquels le purepecha montre des caractéristiques d'une langue à marquage sur la tête (Nichols 1986) : l'absence de marque pour la troisième personne du singulier (et parfois pour la première personne du singulier), le suffixe objet de troisième personne du pluriel et le suffixe applicatif – encodant un bénéficiaire ou un possesseur – apparaissent sur le prédicat. Récemment, la position des enclitiques personnels montre des variations puisqu'ils peuvent apparaître sur le prédicat. Dans cet exposé, j'examinerai les différents types de marquage et montrerai la complexité de leur coexistence. De plus, je discuterai deux explications complémentaires pour les variations de position des enclitiques personnels. Ces variations semblent relever, d'une part, d'une attirance sur la tête (Chamoreau 2014) – tendance dont les prémices sont attestées au XVIème siècle, et qui rappelle des stratégies connues dans d'autres langues, notamment les langues romanes (Vincent 2001) – et d'autre part de l'influence de l'espagnol, langue en contact avec le purepecha.
    -- Réferences
    Chamoreau, Claudine. 2014. Enclitics in Purepecha: Variation and split localization. In Jean-Léo Léonard & Alain Kihm (eds). Patterns in Meso-American Morphology. 119-143. Paris: Michel Houdiard Editeur.
    Nichols, Johanna. 1986. Head-marking and dependent marking grammar. Language 62 (1): 56–119.
    Vincent, Nigel. 2001. Latin. Martin Harris and Nigel Vincent (eds). The Romance Languages. 26-78. Oxford: Oxford University Press.

 

2014 seminars

  • 24 November 2014
    How would one set about investigating the use of gender and/or classifiers in reference tracking? by Benjamin Touati (Paris-4, LACITO)
    &
    Démonstratifs et deixis: Identifier et repérer les entités et les procès en mwerlap (Vanuatu) by Agnès Henri (INALCO, LACITO)

  • 3 October 2014
    Analyse multimodale du langage spatial chez les Mayas yucatèques (Mexique) by Olivier Le Guen (CIESAS, Mexico)
    Abstract in French
    En général, dans la plupart des études concernant l'influence du langage sur la cognition, le langage parlé (speech) est toujours l'unique canal considéré. Dans le domaine de l'espace, les études conduites chez les Mayas yucatèques (Mexique) qui ont eu pour but de déterminer le cadre de référence préféré dans cette communauté n'ont pas généré de consensus (Bohnemeyer & Stolz, 2006; Levinson, 2003 vs. Le Guen, 2006, 2009).
    Dans cette présentation, je considère une analyse multimodale du langage qui comprend le langage parlé et les gestes, et montre comment le cadre de référence spatial préféré chez les Mayas yucatèques est uniquement détectable à travers l'analyse des gestes co-verbaux.
    Une série de tâches expérimentales compare la connaissance du sens des termes spatiaux, les performances dans des tâches non-verbales et la production gestuelle entre les hommes et les femmes. Les résultats montrent qu'il existe une forte différence entre hommes et femmes dans la connaissance des termes spatiaux mais des performances similaires et un usage préférentiel du cadre de référence géocentrique dans des tâches non-verbales. Finalement, dans une tâche de localisation spatiale les participants ont utilisé des stratégies variées dans le langage parlé, mais malgré cela, tous ont fait un usage systématique du cadre de référence géocentrique dans la production de leurs gestes spatiaux.
    Je montrerai comment l'information présente dans les gestes est inclue tant syntaxiquement que sémantiquement au langage parlé, et ce de façon obligatoire en maya yucatèque.
    olgDeux locuteurs yucatèques en grande discussion (photo © O. Le Guen)
    References
    Bohnemeyer, J., & Stolz, C. (2006). Spatial reference in Yukatek Maya: a survey. In S. C. Levinson & D. P. Wilkins (Eds.), The Grammar of Space (pp. 273–310). Cambridge: Cambridge University Press.
    Le Guen, O. (2006). L'organisation et l'apprentissage de l'espace chez les Mayas Yucatèques du Quintana Roo, Mexique, Unpublished Ph.D dissertation Thesis. Université Paris X-Nanterre.
    Le Guen, O. (2009). Geocentric gestural deixis among Yucatecan Mayas (Quintana Roo, México). In G. Aikaterini & K. Mylonas (Eds.), 18th IACCP Book of Selected Congress Papers (pp. 123–136). Athens, Greece: Pedio Books Publishing.
    Le Guen, O. (2011). Speech and Gesture in Spatial Language and Cognition Among the Yucatec Mayas. Cognitive Science, 35(5), 905–938.
    Levinson, S. C. (2003). Space in language and cognition : explorations in cognitive diversity. Cambridge: Cambridge University Press.

  • 6 June 2014
    Polysynthèse, système aspecto-temporel et suffixes itératifs de l'inuktitut by Marc-Antoine Mahieu (Inalco - Lacito)
    Abstract in French
    Cet exposé vise à présenter clairement plusieurs caractéristiques essentielles de l'inuktitut, langue inuit (eskimo-aléoute) de l'Arctique oriental canadien. Il s'appuie sur les données recueillies au Nunavik et aborde successivement trois questions de spécificité croissante.
    • La première concerne le statut de la polysynthèse. Il est courant de présenter ce phénomène comme définissant un type, mais ce type réunit des langues très différentes. Comment définir le sous-type représenté par l'eskimo, y compris sur le plan diachronique ?
    • La deuxième question porte sur le système aspecto-temporel de l'inuktitut. Bien moins connu que celui du groenlandais, tout indique qu'il en diffère nettement. L'objectif est de mettre à jour ses propriétés principales en détruisant quelques idées fausses.
    • Enfin, l'exposé se concentrera sur une donnée aussi patente que peu étudiée : la multiplicité des suffixes à valeur purement ou principalement itérative en inuktitut. Il s'agit à ce stade d'en établir une première liste exhaustive. Mais peut-on y dégager un ordre ?

  • 6 May 2014
    Le marquage de l'objet en hiw (Vanuatu): Variation et réanalyse by Alexandre François
    -- Abstract in French
    Le hiw, langue océanienne du Vanuatu, présente un ordre SVO, ainsi qu'un Marquage Différentiel de l'Objet (MDO) : un objet [+humain] [+spécifique] y sera introduit par un morphème /i/, contrastant avec zéro pour les autres types d'objets (ex. Hapet yëar i Sipo 'Hapet cherche Sipo'). Mais le statut de cette marque /i/ est morpho­logiquement ambigu : s'agit-il d'une préposition, une marque de cas portée par le SN objet? ou bien d'un suffixe sur le verbe ? d'un clitique ? Différents tests donnent des conclusions différentes, favorisant tantôt l'hypothèse d'un clitique, tantôt celle d'un suffixe verbal, ou encore d'une préposition introduisant l'objet. À cela s'ajoute un certain degré de variation entre verbes, et aussi, pour un même verbe, une variation entre locuteurs. Dans cet exposé, je montrerai que la situation complexe du hiw s'explique en partie par un processus de réanalyse en cours : un ancien suffixe verbal, tout en fonctionnant encore comme un suffixe pour une vingtaine de verbes, se trouve actuellement en cours de réanalyse, notamment auprès des plus jeunes générations, qui le traitent désormais comme une préposition.

  • 4 April 2014
    L'emprunt de syntagmes en berbère : ses causes et ses effets by Lameen Souag
    -- Abstract in French
    L'emprunt de syntagmes est souvent négligé dans l'étude du contact linguistique, mais il est parfois néanmoins une source de changement syntaxique. Ainsi, l'emprunt des syntagmes <numéral + mesure> en berbère a souvent introduit des règles productives de l'arabe, comme en siwi. Or un cas semble aller plus loin : dans le parler des Beni-Snous, l'emprunt des syntagmes <numéral + nom> a été décrit comme général pour tous les numéraux au-dessus de dix (Destaing 1907). Ce phénomène, refusé par les monolingues, n'a aucun parallèle connu sauf le « bilingual suppletion » que Matras (2012) décrit en domari. Une recherche plus approfondie montre que ce phénomène est assez variable mais statistiquement réel, et que dans les deux cas il peut être expliqué comme l'effet d'une interférence chez les bilingues – en vertu de la «Embedded Language Island Hypothesis» formulée par Myers-Scotton (1997:250). Si c'est bien ce phénomène d'interférence qui explique l'emprunt sélectif de tels syntagmes dans les cas de contact moins intensif, on peut en déduire quelques prédictions sur la typologie des langues qui empruntent les syntagmes <numéral + nom>.
    -- References
    Destaing, Edmond. 1907. Etude sur le dialecte berbère des Beni-Snous. Paris: Ernest Leroux.
    Matras, Yaron. 2012. A grammar of Domari. (Mouton Grammar Library 59). Berlin: De Gruyter.
    Myers-Scotton, Carol. 1997. Duelling Languages: Grammatical Structure in Codeswitching. Oxford: Oxford University Press.

  • 28 February 2014
    Structure du syntagme nominal en amskad et en salar (Tibet) by Camille Simon (PhD student, Paris III)
    -- Abstract
    L'aire linguistique Amdo, située dans l'ouest de la République Populaire de Chine (provinces du Qinghai et Gansu), est une union linguistique comprenant dix à quinze langues, appartenant à trois familles distinctes : sino-tibétaine, turcique et mongolique (Janhunen 2007). Les locuteurs de salar, langue turcique, et des dialectes d'agriculteurs du tibétain de l'Amdo partagent une longue histoire de contact. Elle débute au quatorzième siècle, lorsque les Salars s'installent en Amdo (Dwyer 2007: 3-4) et prennent pour épouses des femmes tibétaines de la vallée de Wimdo. Isolé pendant plusieurs siècles des autres langues de sa famille, le salar a développé des traits typologiques qui la distinguent des autres langues de sa famille, en particulier sous l'influence du tibétain de l'Amdo, mais aussi des autres langues présentes dans la région. Les dialectes tibétains d'agriculteurs, parlés dans la région, et qui constituaient la lingua franca régionale jusqu'aux années 1950, apparaissent moins comme la cible des copies linguistiques que comme langue modèle. Dans cette présentation, il s'agira de mettre en évidence les catégories grammaticales indexées dans le syntagme nominal, en salar et en tibétain de l'Amdo. Nous nous demanderons quelles sont les similitudes générales, et les différences des deux familles de langue, dans ce domaine. Nous verrons ainsi dans quelle mesure les caractéristiques du SN dans ces deux langues sont caractéristiques des familles turciques et tibétiques respectivement ou bien sont attribuables à un effet de convergence au sein de l'aire linguistique Amdo. Dans le second cas, nous mettrons en lumière les mécanismes de copie qui amènent à la reproduction des catégories originellement absentes dans l'une ou l'autre des deux langues.
    -- References
    Dwyer, A. M. (2007) Salar: A Study in Inner Asian Language Contact Processes. Part I: Phonology. Wiesbaden: Harrassowitz.
    Janhunen, J. (2007) Typological interaction in the Qinghai Linguistic Complex. Studia Orientalia vol. 101 (pp. 85-103).

 

2013 seminars

  • 19 December 2013
    A Case-study in the Failing of the Family Tree Model - Unlocking a new Classification and Reconstruction for Quechua, and a new (Pre)History for the Andes by Professor Paul Heggarty (Department of Linguistics, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, Leipzig)
    -- Abstract
    Our greatest surviving link to the speech of the New World before European conquest is, by number of speakers, the Quechua language family, spread from southern Colombia to north-west Argentina. Early classifications drew a Quechua 'family tree' based on two deep primary branches, dubbed QI vs. QII. These, and further sub-branches within QII, were also then taken to support corresponding migrations in Andean prehistory. Many classificatory criteria and intermediate dialects fail to align neatly on a QI~QII split, but have been invoked only to argue for alternative branching structures, still wedded to the tree model. Recent quantitative analyses, however — of both traditional data and my own comparative fieldwork data — yield no basic binary split, and a more continuum-like picture instead.
    Ultimately, the case for a QI~QII split is founded on just one key criterion, supposedly unchallengeable. To mark first person subject and possessor, prototypical QI lengthens the final vowel of the verb or noun stem; QII, meanwhile, has no vowel length, and instead suffixes [ni  ] to most verbs, and [j  ] to nouns. How did such radically different forms arise? From an ancestor with vowel length, or without? For all the hypotheses proposed, there has been no progress for decades on this issue, so fundamental to the case for QI~QII. That, indeed, is precisely the stumbling-block: conceiving of solutions framed only within a QI~QII 'tree'. Lesser-known Quechua varieties in fact register a range of variant first person markings, intermediate between the prototypical ones. And they are not inconveniences to downplay and explain away, but the key to solving the conundrum. As soon as one prioritises sound changes that are phonetically natural, rather than ones that align with preconceptions of a sharp split, a very different reconstruction of first person emerges, entailing also a revised phoneme inventory for Proto-Quechua. With it, a raft of other outstanding puzzles, hitherto presumed unconnected, also start falling into place, and unravel the QI~QII 'split' still further. A new, dialect continuum model likewise rewrites the prehistory of Quechua expansion and divergence, and the correspondences with archaeology. Population movements in the Spanish colonial era, it turns out, conspired to give the impression of a deep QI~QII split that never really was.
    -- Publications on Academia.edu.

  • 22 November 2013
    La part de subjectivité dans le choix de ser et estar dans des constructions adjectivales en espagnol spontané du Mexique by Yekaterina García (talk on her thesis, just finished, which subject is on Mexico Spanish)
    -- Abstract in French
    Il a été observé dans la variation diatopique mexicaine de l'espagnol une certaine variation libre des verbes copules ser et estar avec certains adjectifs, notamment en langue spontanée. Nous avons testé certains types de contextes pour confirmer lesquels sont plus susceptibles d'avoir une variation plus libre avec une tâche contextualisée de préférence comparative entre locuteurs espagnols et mexicains. Les résultats nous montrent que la variation interne concernant le choix de la copule est plus importante parmi les locuteurs mexicains que les espagnols. Nous décrivons ensuite nos données empiriques en explicitant la possible motivation de la présence d'une copule ou de l'autre dans les occurrences peu "standard" -déviantes- mais courrantes dans cette variété de l'espagnol. Nos données empiriques nous montrent que la distinction des types de prédicats de Milsark (1974), reprise par Carlson (1977), en termes d'Individual Level Predicates et de Stage Level Predicates, très utilisée pour expliquer l'opposition entre ser et estar en espagnol, ne peut pas s'appliquer à toutes les occurrences observées. Il apparaît en effet un suremploi de la copule estar dans des contextes réservés à ser. La variation libre ainsi observée ne peut s'expliquer qu'en prenant en compte plusieurs facteurs d'analyse, comme le registre de langue, la modalisation de l'énonciation et la focalisation du locuteur vis-à-vis de l'entité référée.

  • 11 October 2013
    Pragmatic vs. Grammatical Mode: Utterance Internal Hierarchy (UIH) in Hebrew and beyond by Pablo Kirtchuk
    -- Abstract
    Through examples in Hebrew (classical and late Biblical; Mishnaic; Contemporary) as well as Arabic, Quechua, Spanish, Badaga, Basque and English I point at: (a) the iconic correlations between intonation-prosody and pragmatic constituent order as far as UIH is concerned; (b) those factors and their linguistic expressions precede and override grammatical forms and roles, not the other way round; (c) hence grammar is not the starting point of speech, i.e. that the grammar-first hypothesis is dead wrong and therefore (d) UIH implies no dislocation; (e) the relative importance attributed to each part of the utterance, as well as its communicative and expressive values, depend first and foremost on the speaker's intention, idiosyncrasy, state of mind, context, relative urgency etc.; a corollary is that (f) we are dealing neither with In(formation) as such nor with Str(ucture) as such since the communication mode we are dealing with is pragmatic, not grammatical. Structure in linguistics is structuralist- and generative-connoted (respectively: 'la langue comme structure'; 'surface / deep structure'). Now UIH is not about grammar, i.e. rules, i.e. structure, but about efficient, context-bound, dialogic and real-time communication. As for 'information', an increase of UIH importance corresponds to an increase of subjectivity and decrease of objectivity: inasmuch as UIH gains in subjectivity, 'information' as such loses relevance and is negotiated between parties, not given a priori. Hence the more intense is the phenomenon under study, the less relevant is the term InStr. This analysis is part and parcel of LUIT: Language – a Unified and Integrative Theory, which I've been developing ever since 1987 when I noticed the importance of Deixis in Pilagá (Guaykurú ; Amerind), presented in my PhD (1993) then my HDR (1994) and in a first sketch of LUIT published in 2007. It considers language not as a list of elements belonging to distinct domains but as a multi-dimensional puzzle, and proposes a hopefully coherent and consistent model thereof. Some conclusions are that grammar is but a part of language, and not the most important one, and, more specifically, that in the dichotomies deixis - conceptualization, parole vs. langue, discourse vs. grammar, non-segmentals vs. segmentals, diachrony vs. synchrony, iconic vs. symbolic, pragmatics vs. morphosyntax, communication vs. catergorization, it is the first element that primes, precedes and is more central than the second, at the opposite of the claims of classical structural linguistics and its apotheosis with generative grammar, to our day. Now Language being the defining property of Homo sapiens sapiens, a theory of language is a theory of our species.
    -- Reference
    KIRTCHUK Pablo. 2008. LUIT : Language, a Unified and Integrative Theory. Ms., 100 p. (link)

  • 20 June 2013
    Les propositions complétives régies par des verbes de perception: exemples australiens et papous by Karell Marchand (PhD student, EPHE)
    -- Abstract
    Dans beaucoup de langues du monde, les arguments propositionnels régis par les verbes de perception semblent se comporter différemment des autres constructions complétives : soit par la possibilité d'employer plusieurs constructions, soit par une stratégie particulière, soit par les deux. Les langues australiennes et papoues illustrent parfaitement ce problème en mettant en jeu un grand panel de stratégies (marquage spécifique du verbe, possibilité d'une construction relative, infinitive ou nominalisée…) : il s'agit donc d'étudier ces différentes stratégies et de tenter d'expliquer la spécificité de ces complétives régies par les verbes de perception.
    -- Reference
    ​NOONAN, Michael. 1985. Complementation. In Language Typology and Syntactic Description, vol. 2, edited by T. Shopen. Cambridge: Cambridge University Press. Pp.42-140

  • 4 June 2013
    Topic-marking constructions in Central Kurdish by Ergin Öpengin ((PhD student, Paris III & University of Bamberg)
    Talk given in English.
    -- Abstract
    In this presentation, I intend to present a preliminary corpus-based analysis of topicalisation in Central Kurdish (CK), a western Iranian language spoken in Iranian and Iraqi parts of Kurdistan. I will illustrate topic-marking constructions and the way person marking is used to distinguish topics from other elements.
    There are mainly two types of topicalisation in CK. In the first one, an additive enclitic =īš (a clausal and adnominal conjunction) is employed, parallel to the topic-marking elements in languages such as Xibe (Jang and Payne 2012) and Amharic (Demeke and Meyer 2008), as well as a number of Nakh-Dagestanian languages. Subjects, direct objects and some prepositional oblique arguments can be topicalised in this manner. Because intonation break and word order are prime candidates for differentiating topics from other elements, these should logically provide a good way for distinguishing between the two functions of the additive clitic, namely grammatical conjoining vs topicalisation. However, the subject of past-tense transitive constructions in CK is believed to have grammaticalized from a hanging-topic (Bynon 1979), which makes the test difficult (i.e. via clitic placement, etc.). I will make a proposal on this problem, relying on Chafe (1976).
    In the second type of topic-marking, an adnominal possessor expressed by bound forms (clitic or affixal person markers) is further expressed as a fronted NP (free pronoun or a noun); this is similar to the oblique argument topicalisation mentioned above, except that in this type there is no intonation break following the topic. This is a typical topiccomment construction.
    Three main questions will be investigated in this presentation: (a) how to differentiate between a clausal conjunction function of additive =īš from its topicaliser function, especially when the argument is not copied in the clause; (b) how to distinguish a topic from a focused argument or a subject when there is no intonation break following the sentence-initial element; (c) and finally, how to determine when a topicalised element is clause-external, given that generic subjects (of past-transitive constructions) and topics respond in the same way to the placement of clitic subject-markers.
    -- References
    BYNON, Theodora. 1979. The ergative construction in Kurdish. Bulletin of the School of Oriental and African Studies, 42 (2): 211-224.
    CHAFE, Wallace. 1976. Givenness, Contrastiveness, Definiteness, Subjects, Topics, and Point of View. In Charles N. Li (ed.), Subject and Topic. New York: Academic Press. p. 25-55.
    DEMEKE, Girma A. and MEYER, Ronny. 2008. The enclitic -mm in Amharic: re-assessment of a multifunctional morpheme. Linguistics 46(3): 607-628.
    JANG, Taeho and PAYNE, E. Thomas. 2012. Topic marking and the construction of narrative in Xibe. In Pirkko Suihkonen, Bernard Comrie and Valery Solovyev (eds.) Argument structure and grammatical relations. Amsterdam: John Benjamins. p. 51-176.

  • 24 May 2013
    Exploring language contact effects on the expression of focus by Evangelia Adamou (Lacito)
    -- Abstract
    The present study explores the ways in which language contact may affect the expression of focus. Evidence is provided from ongoing research on two unrelated languages, Romani (Indo-European, Greece) and Ixcatec (Oto-Manguean, Mexico). The study is based on natural data, including conversations and narratives, and on elicited data collected with the tasks of the Questionnaire on Information Structure (Skopeteas et al. 2006). The analysis indicates that the intensity of language contact correlates to language contact effects at the level of information structure. On the one hand, the long-term, intensive and extensive contact with Turkish (Adamou 2010) has affected Thrace Romani through addition of new focus marking strategies, such as stress shift and the use of the focus particle da, while sharing with both Turkish and Greek a L+H* accent on the focused constituent (Arvaniti & Adamou 2011). On the other hand, the abrupt shift of Ixcatec speakers to Spanish has probably contributed to the weakening of Ixcatec's focus particle na2 and the reinforcement of prosodic marking (Adamou 2012).
    -- References
    ADAMOU, E. 2010. Bilingual speech and language ecology in Greek Thrace: Romani and Pomak in contact with Turkish. Language in Society 39/2: 147-171.
              – 2012. La expresión de foco en ixcateco. Coloquio sobre lenguas otomangues y vecinas 5, Oaxaca (México), Centro Académico y Cultural San Pablo.
    ARVANATI, A. & E. ADAMOU. 2011. Focus Expression in Romani. In M. Byram Washburn et al. (eds). Proceedings of the 28th West Coast Conference on Formal Linguistics, 240-248. Somerville, MA: Cascadilla Proceedings Project.
    SKOPETEAS, S., I. FIEDLER, S. HELLMUTH, A. SCHWARZ, R. STOEL, G. FANZELOW. 2006. Questionnaire on Information Structure. Potsdam: Audiovisuelles Zentrum der Universität Potsdam und sd:k Satz Druck GmbH Potsdam.

  •  19 April 2013
    ​L'expression linguistique de l'espace en fagauvea (Ouvéa, Kanaky – Nouvelle-Calédonie) by Alexandre Djoupa (Post-doctoral member, Inalco)
    -- Abstract in French

         Cette étude portera sur l'expression linguistique de l'espace en fagauvea, l'une des deux langues austronésiennes de l'île d'Ouvéa, parlée par quelques 2000 locuteurs. Il s'agit de présenter les différents moyens d'expression dont dispose le locuteur pour faire état d'une localisation ou d'une orientation. Depuis les travaux pionniers sur l'espace de F. Ozanne-Rivierre (1994, 1997), on sait que la plupart des langues austronésiennes, comme par exemple le malgache ou le némi, tendent à privilégier certains repères géocentriques – axe des vents, topographie du lieu – par rapport aux repères anthropocentriques (voir aussi François 2003, 2004, ss presse). Les locuteurs océaniens n'utilisent pas – ou alors très rarement – les termes de latéralisation (gauche ou droite) pour localiser.
         Nous verrons que le fagauvea n'échappe pas à ces principes. Dans une première partie, nous proposons de passer en revue les principales catégories syntaxiques mobilisées dans le discours pour gérer l'espace. Dans une deuxième partie, nous présenterons les principaux cadres de référence (au sens de Levinson, 1996, 2003) utilisés dans l'île d'Ouvéa. Enfin, en troisième partie nous parlerons des possibles interconnexions que reflètent certaines structures syntaxiques entre le domaine de l'espace et d'autres domaines d'expression dont entre autres ceux de la possession ou de la comparaison.
    -- References

    FRANÇOIS, Alexandre. 2003. Of men, hills and winds: Space directionals in Mwotlap. Oceanic Linguistics 42-2: 407-437. Dec 2003. Honolulu: University of Hawai'i Press.
              – 2004. Reconstructing the geocentric system of Proto Oceanic. Oceanic Linguistics 43 (1), 1-32. June 2004.
              – sous presse, The ins and outs of up and down:Disentangling the nine geocentric space systems of Torres and Banks languages. In The Languages of Vanuatu: Unity and Diversity, ed. by A. François, S. Lacrampe, S. Schnell & M. Franjieh. Studies in the Languages of Island Melanesia. Canberra: Asia Pacific Linguistics Open Access.
    LEVINSON, Stephen, 1996. Frames of reference and Molyneux's question: Crosslinguistic evidence. In Language and space, P. Bloom, M. Peterson, L. Nadel & M. Garrett (eds). Cambridge, MA: The MIT Press. p.109-170.
              – 2003, Space in Language and Cognition. Explorations in Linguistic Diversity, Cambridge: Cambridge University Press.
    OZANNE-RIVIERRE, Françoise. 1987. L'expression linguistique de l'orientation dans l'espace : quelques exemples océaniens, Cahiers du Lacito 2, p. 129-155.
              – 1994, L'orientation dans l'espace à travers les langues kanak, Cahiers des conférences de l'Agence de développement de la culture kanak, Nouméa : ACDK-CDP.
              – 199a7. Spatial references in New Caledonian languages. In Referring to space : Studies in Austronesian and Papuan Languages, G. Senft (ed.). Oxford : Clarendon Press, p. 83-100.
              – 1997b. Systèmes d'orientation : quelques exemples austronésiens. In Diversité des langues et représentations cognitives, C. Fuchs & S. Robert (eds), Paris/Gap : Ophrys, p. 81-92.

  • 22 March 2013
     Les syntagmes prépositionnels ablatifs (od/ot, z/s, iz + GEN) en polonais et en russe : Emplois spatio-temporels et causatifs by Patrycja Matera (Ph.D student, EPHE)
    -- Abstract in French
         Récemment, il a été observé que les propositions avec un verbe anticausatif se combinent avec des syntagmes prépositionnels de cause ("from-phrases": Kallulli 2006, 2007 ; Kayne 2006 ; Schäfer 2008). Les enjeux de cette observation se sont révélés multiples : les constructions passives et les constructions anticausatives ont pu être mises sur le même plan. En effet, les premières se caractérisent par une possible présence d'un SP agentif (demoted agent: Malchukov and Siewierska 2011) qui dans la voix active occupe la place de l'argument externe et les secondes sous sujettes à une alternance comparable si l'on s'accorde sur le fait qu'il existe un lien entre une construction causative et anticausative (Haspelmath 1993). Nous avons observé (Matera 2012) que ce constat pouvait être tenu également pour les propositions impersonnelles en polonais et en russe à une différence près, à savoir que les propositions impersonnelles se combinent avec la cause prépositionnelle surtout lorsqu'il est impossible d'exprimer la cause par un SN au nominatif. 
         Notre attention portera ici seulement sur un aspect de cette dernière observation à savoir sur la nature précise des syntagmes prépositionnels. Nous passerons en revue les occurrences où le SP a une lecture spatio-temporelle et nous les comparerons aux emplois causatifs. D'un point de vue typologique, le russe et le polonais présentent des similitudes en ce qui concerne leurs emplois spatio-temporels mais divergent sur un point très important et révélateur en ce qui concerne l'emploi causatif. Le polonais, contrairement au russe semble distinguer les emplois où le SN régi par la préposition est un déverbal, en leur réservant la préposition od, des autres. Le fait que le SN dans les syntagmes prépositionnels de cause est un déverbal en polonais constitue le socle de notre future réanalyse des expressions de cause prépositionnelle. 
    -- References
    HASPELMATH, Martin. 1993. More on the typology of inchoative/causative verb alternations. Causatives and transitivity, ed. by Bernard Comrie and Maria Polinsky, 87-120. John Benjamins.
    KALLULLI, Dalina. 2006. A unified analysis of passives, anticausatives and reflexives. Empirical Issues in Syntax and Semantics, ed. by O. Bonami and Patricia Cabredo-Hofherr, 201–225.
              – 2007. Rethinking the Passive/Anticausative Distinction. Linguistic Inquiry 38. The MIT Press.770–780.
    KAYNE, Richard. 2006. Expletives, Datives, and the Tension between Morphology and Syntax. The Limits of Syntactic Variation, ed. by Theresa Bibernauer, 175–217. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins.
    MALCHUKOV, Andrej, and Anna SIEWIERSKA. 2011. Impersonal Constructions: A Cross-Linguistic Perspective. Studies in Language Companion Series. John Benjamins Publishing Company.
    MATERA, Patrycja. 2012. Non-Selected Arguments in Polish Impersonal Body-Sensation Expressions: Datives vs. Causer-PPs. Current issues in Generative Linguistics: Syntax, Semantics, and Phonology, ed. by Joanna Błaszczak, Bozena Rozwadowska, and W Witkowski, 172–189. Wrocław, Poland: Wrocław: Pracownia Językoznastwa Porównawczego.
    SCHÄFER, Florian. 2008. The Syntax of (Anti-)Causatives. Linguistik Aktuell - Linguistics Today. John Benjamins.

  • 22 February 2013
    On est tous pareils: Syncrétisme pronominal et référence impersonnelle dans les langues de Vanikoro by Alexandre François (Lacito)
    -- Abstract
    The island of Vanikoro (eastern Solomons) is home to three languages, of the Temotu subgroup of Oceanic:‌ Teanu, Lovono, Tanema. Their systems of personal pronouns share the same structural properties, which do not seem to be found anywhere else in the surrounding languages.
    First, their paradigms of subject prefixes show systematic syncretism in non-singular numbers, between 1st exclusive and 2nd person, as well as between (1st) inclusive and 3rd person. This syncretism is found for both dual and plural, and both realis and irrealis:‌ thus Tanema has ba‑ '1ex/2:‌Du', la‑ 'incl/3:‌Du:‌R', ti‑ '1ex/2:‌Pl:R', ja‑ 'incl/3:‌Du:‌Irr', tu‑ '1ex/2:‌Pl:‌Irr', etc. Individual cases of similar pronoun syncretism are scattered around the world (Cysouw 2005), but nowhere else does one find such a regular and complete system. I will illustrate the patterns of syncretism found in Vanikoro, explore their functional motiva­tion, and observe the effects and limits of resulting ambiguities.
    A second feature shared by the three Vanikoro languages is the existence of an extra category of person, referring to generic, non-specific referents (Teanu idi 'one/​people', ≈French on). While its form is distinct from other pronouns for most syntactic functions, this pronominal category triggers subject agreement using the 'incl/3:Pl' prefixes. The semantics and pragmatics of this impersonal pronoun will be illustrated, based on naturalistic examples taken from my 20,000-word corpus. I will raise the question whether this pronoun category should be analysed as a subtype of 3rd plural, a subtype of 1st inclusive, or a person category in its own right.
    -- References
    CYSOUW, Michael. 2005. Syncretisms involving clusivity. In Filimonova (ed.), 73-111.
    DANIEL, Michael. 2005. Understanding inclusives. In Filimonova (ed.), 3-48.
    FILIMONOVA, Elena (ed.) 2005. Clusivity: Typology and case studies of the inclusive-exclusive distinction. Typological Studies in Language. New York: Benjamins.
    MALCHUKOV, Andrej, & Akio Ogawa. 2011. Towards a typology of impersonal constructions: A semantic map approach. In Impersonal Constructions: A Cross-Linguistic Perspective, edited by A. Malchukov & A. Siewierska. Studies in Language Companion Series, 124. New York: Benjamins. p.19-56.

  • 11 January 2013
    L'intonation en korandjé by Lameen Souag (Lacito)
    -- Abstract
    Korandjé is a geographically isolated Songhay language, spoken more than a thousand kilometres north of its nearest relatives and very heavily affected by Berber and Arabic. While the effects of contact are evident in its lexicon, grammar, and segmental phonology, the historical development of its intonational system presents more challenges. At the lexical level, the loss of phonemic tone can fairly securely be related to contact with Berber. At the phrase level, however, intonation has not previously been studied for Korandjé, and remains poorly studied for Songhay as a whole. This talk will examine the forms and functions of phrase-level intonation in Korandjé within the popular ToBI framework, and discuss how they compare to Zarma and to Moroccan Arabic.
    -- References
         Sur le thème de l'intonation, nous proposons un article de Himmelmann:
    HIMMELMANN, N. & D.R. Ladd, 2008. Prosodic Description: An introduction for Fieldworkers. LD&C 2(2): 244-274.
         Nous encourageons également à explorer le système de notation de l'intonation nommé ToBI. Il existe en ligne des manuels du système ToBI pour une dizaine de langues, à commencer par l'anglais. Nous vous conseillons particulièrement l'application de ToBI au catalan (didacticiel méthodologique + atlas linguistique), particulièrement réussie.

  • 7 December 2012
    Particules énonciatives : comment y voir clair ? Topicalisation, focalisation et marques cadratives en sakao (Vanuatu) by Benjamin Touati (Ph.D. Student ,Paris IV-).

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