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Langues et civilisations
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Opérations de recherche en cours

 

 

 

 

 

"Jeux de Langage"
Séminaire de recherche en anthropologie linguistique
et séminaire doctoral (Lacito/Inalco) validable par les étudiants inscrits
à l'ED 265 (Inalco) ou à l'ED 268 (Paris 3)

 

Sous la direction d'Isabelle Leblic et de Bertrand Masquelier

 

L'expression « jeux de langage » rappelle que tout usage du langage est d'emblée inscrit dans une situation sociale et les rapports sociaux qui la définissent. Une première hypothèse de recherche est qu'un « jeu de langage » opère selon des règles formelles publiques ; leur description permet de montrer comment émerge l'intelligibilité (le sens) d'une situation pour ses participants : du point de vue des rôles qu'ils y jouent ou des positions qu'ils y occupent, grâce à la médiation non seulement des formes langagières qui circulent (en situation) mais aussi d'un ensemble de pratiques communicationnelles (non-discursives) générées en situation. Une seconde hypothèse est que ces « jeux de langage », au sein d'une société donnée ou d'une culture, sont multiples. Ce fait invite à les comparer en interne, comme à les comparer avec les répertoires de pratiques d'autres communautés, voisines ou éloignées. Cette entrée dans la description des usages langagiers et des formes de vie sociales qui leur sont liées permet enfin, de questionner leurs conditions (langagières et sociales) de félicité, comme la pertinence des typologies classiques qui sont proposées, par différents modèles, pour rendre compte de la parole en acte. Les domaines d'enquête pertinents pour un tel projet sont ouverts ; ils peuvent puiser dans plusieurs des thématiques de la recherche en anthropologie ethnographique ; voir, par exemple, quelques pistes dans une liste ouverte :
     - Pratiques rituelles et paroles en situation.
     - L'énonciation de la parenté et les pratiques génératives du lien social.
     - Les interdits langagiers et les interdits de l'échange social.
     - L'énonciation métaphorique ou les ruses de la parole en acte.
     - Etc.

Les séances se déroulent en salle 311 (3e étage, bât. D), Lacito, Campus CNRS de Villejuif, 7 rue Guy Môquet 94800 – Villejuif, de 14h15 à 17h

 

Exposés à venir

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Exposés passés

  • 16 mai 2019, dans le cadre d'un sémaire commun "Terrain, analyse et comparaison des langues (TACOL)" / "Jeux de Langage"
    Exposé de Darja Hoenigman (ANU), sur The significance of the incomprehensible in Awiakay and Meakambut songs
    Résumé en anglais :
    The Awiakay people of East Sepik Province in Papua New Guinea closely identify themselves with a cycle of 42 songs, called Kaunjambi. While much of this cycle is composed in a non-translatable spirit language, the abundance of parallelisms uncovers what the words keep hidden.
    Parallelism is an ordered interplay between repetition and variation, in which the non-repeated elements or variables are associated on the basis of similarity. The logic of these associations is opaque if we look only at the physical or most literal senses of the words/phrases compared. They carry symbolic implications which are 'infused by cultural assumptions' (in the sense used by Roger Keesing 1979), and can only be understood in reference to other aspects of Awiakay lifeworld.
    In this talk, accompanied by subtitled video segments, we will explore various forms of parallelism used in Kaunjambi, and compare them with the ones in Meakambut songs.
    Rérérence :
    -- Keesing, Roger M. 1979. Linguistic Knowledge and Cultural Knowledge: Some Doubts and Speculations. In: American Anthropologist. Vol. 81:1, pp. 14–36.

  • 9 avril 2019
    Exposé de Kristin Vold Lexander (MultiLing Université d'Oslo) sur Jeux de langage et jeux de média dans un cadre familial plurilingue
    Résumé :
    Dans l'ère de « polymedia » (Madianou et Miller 2012), une partie grandissante des populations du monde a accès à des moyens de communication qui facilitent un contact fréquent malgré les distances géographiques. Des applications comme Snapchat, WhatsApp et Facebook messenger permettent d'envoyer des messages écrits, des messages vocaliques, des photos et des vidéos, et de faire des appels sans ou avec vidéo. Dans cet environnement de possibilités d'action (affordances, Hutchby 2001), le choix même d'outil de communication peut avoir une signification sociale ou émotionnelle, car il n'est plus dirigé par des questions d'accès ou d'économie (Madianou et Miller 2012). Ce choix peut également avoir des répercussions linguistiques, par exemple quand le choix de modalité mène vers des choix linguistiques spécifiques, et la communication digitale entraine de nouveaux « jeux de langage ». L'écriture plurilingue est acceptée, des graphies non-conventionnelles sont normalisées dans certaines situations informelles, et la communication devient de plus en plus multimodale. Un tel contexte est favorable à l'expérimentation avec des normes linguistiques et des langues. Ainsi, pour les migrants, non seulement les échanges avec les membres de famille restés au pays d'origine peuvent être intensifiés, mais aussi, la communication digitale constitue un espace important pour le contact avec les langues d'héritage, notamment pour les enfants émigrés. En analysant des données interactionnelles digitales (de WhatsApp, de Facebook Messenger et des SMS) et des données ethnographiques collectées auprès de quatre familles sénégalaises vivant en Norvège, je discute dans cette présentation les rapports entre choix de langues, choix de média et de modalité et rapports familiaux (cf. Diop 1985). Quelles sont les normes qui se construisent dans l'interaction digitale avec les membres de famille dans le pays d'origine ? Quelles sont par exemple les pratiques linguistiques digitales que l'on peut identifier entre grands-parents et petits-enfants, entre tantes/oncles et neveux/nièces ? Quelles sont les effets des choix de modalité et d'outil sur les « jeux de langage » dans les familles migrantes ?

  • 4 avril 2019, dans le cadre d'un sémaire commun "Jeux de Langage" / "Terrain, analyse et comparaison des langues (TACOL)"
    Exposé de Nancy Hawker (Oxford University) sur Only joking? The pragmatics of multilingual humour in Palestinian and Israeli political discourse
    multilingualismRésumé en anglais :
    The problem that will be tackled through Only joking is the reconciliation of the ethnographic collection of speech data with the pragmatics-based discourse analysis of isolated samples. Where does the emic perspective of the speakers end and where does the researcher's etic framing start? Seminar participants will have the chance to read and interpret a few examples of recognisable genres of humour, such as face-threatening jokes (Haugh 2016), self-deprecating jests (Schnurr & Holmes 2009) and parody (Bakhtin 1994; Hawker 2018). The samples were recorded during the researcher's fieldwork on the 2015 Israeli election campaigns, or extracted from archival records. Humour has been put to use for forming, maintaining, and disrupting interpersonal relations (Meyer 2000), in this case with repercussions for the inclusion or exclusion of Palestinian politicians from the Israeli political class. Sometimes, the humourous intent failed, and this revealed the complexity and fragility of humorous interaction especially in a fraught context (Bell 2015). The evidence, analysis and argument are taken from the forthcoming book The Politics of Palestinian Multilingualism: Speaking for citizenship -- however, that book is not at all humorous!
    The polyvalent social effects of humour are brought together in this seminar in order to highlight, ultimately, one point: Though the speakers are caught between two ideologies of monolingualism following parallel and conflictual one-nation-one-language equations, the multilingual practices that they express within multiple discursive constraints and consequences will continue for as long as they are pragmatically useful. The rhetorical attractiveness of humour in particular ("The problem with political jokes is they get elected!") means that ideologies hold power over explicit attitudes, but not so much over tacitly understood practices. If the seminar can confirm that the pragmatic purposes are identifiable beyond the immediate instances of the speakers' tacit intent and/or the interlocutors' laughter, then the evidence from the practices can go beyond enriching the description of discursive patterns towards intervening for the re-evaluation of multilingualism in the double-monolingual context. The empirical counterpoint challenges the policies of Hebrew hegemony and Arabic containment -- but is does this researcher's framing overstep the ethnographic evidential base?
    Références :
    -- Bakhtin, Mikhail. 1994 (1929-1975) The Bakhtin Reader: Selected Writings of Bakhtin, Medvedev, and Voloshinov ed. and trans. by Pam Morris (London: E. Arnold).
    -- Bell, Nancy. 2015. We are not amused: Failed humor in interaction. (Berlin: de Gruyter Mouton).
    -- Haugh, Michael. 2016. "Just kidding": Teasing and claims to non-serious intent. Journal of Pragmatics 95: 120-136.
    -- Hawker, Nancy. 2019 (forthcoming). The Politics of Palestinian Multilingualism: Speaking for citizenship. (London/New York: Routledge).
    -- Hawker, Nancy. 2018. Arabic borrowing of the Hebrew word menahēl 'manager': Articulations and ideologies. In Stefano Manfredi & Mauro Tosco (eds), Arabic in contact. (Amsterdam: John Benjamins) pp. 332-347.
    -- Meyer, John C. 2000. Humor as a double-edged sword: Four functions of humor in communication. Communication theory 10.3: 310-331.
    -- Schnurr, Stephanie, and Janet Holmes. 2009. Using humor to do masculinity at work. In Humor in Interaction ed. by Norrick, Neil R., and Delia Chiaro (Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins) pp.101-123.

  • 12 mars 2019
    Exposé de Paulette Roulon-Doko (LLacan) sur Des couleurs mais pas 'la couleur', le cas du gbaya (langue oubanguienne d'Afrique centrale)
    Résumé :
    Je montrerai à partir de l'emploi en situation des 'couleurs' en gbaya que la langue ne distingue lexicalement pas la couleur de l'aspect visuel qui prend en compte de très nombreux paramètres. J'analyserai ensuite avec attention le rôle joué par les verbes et les adjectifs dans l'appréhension de l'aspect visuel ainsi que leurs spécificités dans cette langue. Enfin, je montrerai que les locuteurs peuvent aussi avoir recours à des éléments types auxquels ils réfèrent pour désigner une couleur, comme l'orange en français par exemple. Donc je montrerai qu'on peut parler de couleurs sans appréhender la couleur comme une entité à part.

  • 12 février 2019
    Exposé de Pierre Diarra (Paris 3) sur Quand le langage ordinaire introduit à la philosophie
    Résumé :
    Les proverbes sont-ils des « jeux de langage » ? Cherchent-ils à former ou à informer ? Recourir au proverbe, est-ce une manière de signifier que le langage, en particulier le langage philosophique comme Wittgenstein semble le suggérer, ne fonctionne pas toujours d'une manière unique ? Tout philosophe et peut-être tout locuteur emprunte, parfois inconsciemment, au langage quotidien ses certitudes, ses évidences et ses structures de pensée. Tendre vers la «bonne philosophie » consisterait à élaborer une pensée dans un langage et dans un « jeu » de langage, en restant dans le langage quotidien.
         Si les proverbes africains invitent à établir des rapports, à dévoiler un logos au-delà de ce qui est dit, ils introduisent surtout une forme de pensée philosophique. « Parler en proverbes », c'est ouvrir des perspectives de recherche, de débat ou même « faire des enquêtes » sur la manière dont les locuteurs élaborent leur pensée à partir du quotidien. Quand je dis, par exemple, « le cochon ne se fatigue pas de (porter) sa tête », j'introduis dans le discours une invitation à observer le cochon d'une certaine manière, à établir des rapports avec le reste du discours, sans oublier le contexte de l'énonciation et la confusion qui peut se glisser entre des « jeux de langages » différents.
         Après avoir essayé de préciser ce que Wittgenstein entend par « jeux de langage », nous ferons un rapprochement avec les proverbes. Nous verrons alors comment ceux-ci dévoilent tout un monde et une manière de penser, d'élaborer des rapports. Il sera alors possible de préciser le cheminement philosophique que l'on peut découvrir à partir d'une analyse de quelques proverbes.
    Quelques textes pour élargir la problématique
    - Pierre Diarra, Proverbe et Philosophie. Essai sur la pensée des Bwa du Mali, Paris, Karthala, 2002
    - Pierre Diarra, « Le proverbe africain en contexte interculturel : une incompréhension systématique », dans Marie-Dominique Popelard (éd.), Moments d'incompréhension. Une approche pragmatique, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007, p. 17-30.
    - Pierre Diarra, « Les proverbes au cœur de la sagesse et de l'esthétique africaines », dans Michel Kouam et Christian Mofor, Philosophies et cultures africaines à l'heure de l'interculturalité. Anthologie, tome 2, Paris, L'Harmattan, 2011, p. 131-154.
    - Pierre Diarra et Cécile Leguy, Le proverbe au risque de l'incompréhension, dans Micheline Lebarbier (éd.), Les ruses de la parole. Dire et sous-entendre. Parler, chanter, écrire, Paris, Karthala, 2017, p. 23-47.

  • 11 décembre 2018
    Isabelle Leblic (Lacito-Cnrs) et Bertrand Masquelier (Lacito), Que nous disent les anthropologues (linguistes ou non) quand ils se réfèrent à leur lecture de Wittgenstein ?
    Cette séance est consacrée à une discussion autour de quelques textes d'anthropologues (linguistes ou non) qui argumentent, explicitement ou implicitement, à partir de leur lecture de Wittgenstein. L'objectif est de prolonger les discussions ouvertes lors des deux précédents séminaires (octobre et novembre).
    Bibliographie :
    -- Affergan Francis, 2007, « L'anthropologie cognitive existe-t-elle ? », L'Homme, n° 184, pp. 85-105. [Accessible via jstor]
    -- Basin Jean, 1998, « Questions de sens », Enquêtes, n° 6, pp. 13-34. [Accessible via revue.org]
    -- Bazin Jean, 1999, « Sciences des mœurs et description de l'action », Le Genre humain, 1999/2, n° 5, pp. 33-58. [Accessible via Cairn)
    -- Duranti Alessandro, 1997, Linguistic Anthropology, Cambridge University Press. [En particulier, pages 236-243]

  • 13 novembre 2018
    Exposé de Nathaniel Gernez (post-doc Fyssen, African Studies Center, Leiden University) sur Se raconter autour d'un verre d'alcool de maïs: jeux de langage et plurilinguisme dans la région d'Iringa en Tanzanie.
    Résumé :
         La Tanzanie est un pays d'une grande diversité linguistique qui a forgé son unité nationale sur la promotion et l'idéologisation d'une langue, le kiswahili. Ce succès indéniable contribue toutefois à un phénomène d'effacement (Irvine et Gal, 2000) des langues locales (il en existe plus de 120 langues) et des pratiques plurilingues entre la langue locale, le kiswahili et plus rarement l'anglais.
         Nous appuyant sur une approche ethnographique des situations d'interlocution et des pratiques plurilingues, nous présenterons l'analyse d'une interaction filmée au village de Wenda, dans la région d'Iringa. Située à bonne distance de la côte, sur les hautes terres du sud du pays, cette région abrite une population les Hehe, dont la langue le kihehe est bien distinct du kiswahili tout en appartenant au même phylum Bantu. Dans un bar d'alcool artisanal de ce village, le propriétaire du bar, Mahavile (environ 70 ans), livre un récit de vie qui porte plus particulièrement sur sa carrière militaire. Autour de lui, d'autres anciens du village sont présents, de même que deux femmes, dont l'une, sa seconde épouse, sert l'alcool. L'analyse de cette interaction sera l'occasion de montrer comment, par son usage du kiswahili et du kihehe, Mahavile relate son engagement pour la défense de la nation, tout en présentant son parcours dans l'armée comme une expérience localement partagée avec ses pairs. Les jeux de regard, les silences, les questions et les prises de parole des autres clients du bar, contribuent également à l'élaboration de ce récit qui se transforme peu à peu en un véritable échange.

  • 16 octobre 2018
    Présentation introductive de Bertrand Masquelier (Lacito) : Que peut apprendre un anthropologue linguiste de la lecture de Wittgenstein ?
    Résumé :
    Le « Wittgenstein » des anthropologues sociaux et des anthropologues linguistes : les raisons pour lesquelles certains anthropologues s'inspirent des recherches de Wittgenstein sur les « usages du langage » et les « formes de vie ». Le tournant pragmatiste en anthropologie sociale et linguistique : remarques à propos de Peirce, Malinowski et Wittgenstein.

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