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Langues et civilisations
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  Accueil > La recherche au Lacito > Nomination, dénomination et terminologie de parenté
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Opérations de recherche (archives)

 

Nomination, dénomination et terminologie de parenté (termes d’adresse, de référence et teknonymes)

 

Responsables : Isabelle Leblic & Bertrand Masquelier
  • Participants : C. Barraud (CASE-LASEMA) - A. Cadoret (GRASS) - J. Carle (doctorante EHESS - Centre d'études africaines) - I. Daillant (EREA) - J. De Largy Healy (doctorante EHESS) - G. Drettas (LMS) - B.-F. Gérard (IRD) - J.-P. Goulard (EREA) - S. Graff (doctorante UMB Strasbourg) - A. Guillou (CASE-LASEMA) - D. Karadimas (LAS) - N. Krowolski (CASE-LASEMA) - S. Laligant (univ. de Tours) - S. Lallemand (CASE-LASEMA) - M. Lebarbier - C. Legrand (post-doc LAS) - F. Leguennec-Coppens - C. Leguy (Univ. Paris V) - S. Leroy (MoDyCo) - D. Monnerie (UMB Strasbourg) - V. Randa - S. Ruelland - J.-L. Siran (LAU) - C. Taine-Cheikh

Séminaires de 2005-2009

 

     Les travaux ethnographiques sur les différentes aires culturelles du monde ont fréquemment donné lieu à des développements sur la définition de la personne et sur sa dénomination. Cette tradition scientifique est particulièrement remarquable en France depuis le texte fondateur de Mauss. Dans les décennies récentes, les ethnosciences ont élargi à la nature la question de la dénomination et de la classification. Dans de nombreuses sociétés, l’acte de dénomination articule nature et culture selon différentes modalités.

     Que ce soit dans le contexte national ou international, la plupart des études sur les dénominations se sont inscrites dans des projets à caractère soit structuraliste (Lévi-Strauss), soit structuro-fonctionnaliste ou culturaliste (Geertz).

     Certaines de ces orientations semblent perdurer (structuralistes, Zonabend, Macdonald), d’autres ont été abandonnées sous le coup de critiques, et les innovations récentes semblent être liées à des approches davantage centrées sur les usages contextuels des différents registres de noms (Zetlin), même si ces approches contextuelles reprennent des idées déjà proposées dès les années 1960 (cf. les analyses contextuelles de Goodenough).

     La ligne de partage entre approches structuraliste et pragmatique se reflète dans la collecte et le traitement des données ethnographiques. Les premières mettant l’accent sur l’autonomie et la diversité, au sein de chaque communauté culturelle et sociale, de systèmes d’appellations et de noms et le traitement des logiques sous-jacentes ; les secondes cherchant ce qui fait ordre ou les régularités dans l’organisation des échanges et des situations de communication. Par exemple, Geertz, s’il rend compte des différents ordres symboliques du nom dans leurs agencements fonctionnels, ne rend jamais compte dans ses ethnographies de la façon dont les Balinais font entre eux usage des noms (voir Moerman).

     Les approches contextuelles et pragmatiques invitent sans doute à mettre l’accent sur la pluralité des identités ou l’identité plurielle des personnes et donc sur le caractère dynamique, la temporalité biographique, l’incertitude dans le rapport à soi et à l’autre. La variabilité des noms pour une même personne, liée aux différents champs de l’organisation sociale, oblige l’enquêteur à formuler dès lors une problématique qui ne présuppose pas l’unicité de la personne.

     Comment réconcilier l’approche en terme de structures et des approches transactionnelles et pragmatiques ? Cet enjeu se révèle dans certains travaux récents sous différents paradigmes (notamment celui centré sur l’étude de la pratique, voir Bourdieu). On peut noter que les approches de type contextuelle ne signifient pas, contrairement aux apparences, que seule l’étude de situations contingentes est privilégiée. Elles sont, tout autant que celles structuralistes, en mesure de tenir compte de la dimension cognitive et universelle de l’acte de dénomination.

     Notre hypothèse serait, qu’en combinant plutôt qu’en opposant les deux orientations (structuralistes et pragmatiques), nous pourrions revisiter les typologies existantes pour remettre l’accent sur la logique de ce qui fait acte dans l’acte de dénomination et, simultanément, sur ce qui fait sens du point de vue des acteurs.

     Nous nous proposons de mettre en œuvre cette hypothèse en référence à différents terrains : Caraïbe, Amazonie, Amérique centrale, Océanie, Europe, en prenant en compte des communautés de chasseurs-cueilleurs, d’horticulteurs… et des communautés en contexte urbain et industrialisé. Dans les divers cas étudiés, les différentes facettes de la dénomination de la personne seront replacées dans les contextes de la parenté, de la hiérarchie sociale, des systèmes de catégorisation sociale, de l’appartenance à des milieux socio-économiques contrastés et des situations liées à la mondialisation, notamment la déterritorialisation de l’identité dans le phénomène migratoire et les constructions nouvelles de l’identité dans le rapport à l’Autre.

     Ce programme d’ethnographie comparée intègre des données pluridisciplinaires : sociologiques, culturelles et linguistiques.

 

Bourdieu Pierre, 1972, Esquisse d'une théorie de la pratique, précédé de Trois études d'ethnologie kabyle, Paris-Genève, Droz.

Geertz Clifford, 1966. Person, Time and Conduct in Bali: an Essay in Cultural Analysis, Yale, Southeast Asia Program, Cultural Report Series, 14. [Reproduit dans Geertz 1973 : 360-411] ;
1973. The Interpretation of Cultures, New York, Basic Books ;
1984. Personne, temps et comportement à Bali [traduit de l’anglais par D. Paulme], Bali, éd. Gallimard.

Goodenough Ward H., 1965. Personal Names and Modes fo Address in two Oceanic Societies, in M. Spiro (ed), Context and Meaning in Cultural Anthropology, New York, Free Press : 265-276.

Lévi-Strauss Claude, 1962. La pensée sauvage, Paris, Plon, 395 p. [notamment les chapitres VI et VII].

Macdonald Charles, 1999. De l’anonymat au renom. Systèmes du nom personnel dans quelques sociétés d’Asie du Sud-Est (notes comparatives), in J. Massard-Vincent et S. Pauwels (eds), D’un nom à l’autre en Asie du Sud-Est. Approches ethnologiques, Paris, Karthala : 105-128.

Mauss Marcel, 1973. Sociologie et anthropologie, Paris, Presses universitaires de France. [notamment § Une catégorie de l’esprit humain : la notion de personne, celle de "moi" (333-364), Les techniques du corps (365-388)]

Moerman Michael, 1990. Talking Culture: Ethnography and conversation analysis, Philadelphia, University of Pennsylvania Press.

Zeitlin David, 1993. Reconstructing Kinship or the Pragmatics of Kin Talk, Man 28 (2) : 199-224.

Zonabend Françoise, 1977. Pourquoi nommer ? (Les noms de personnes dans un village français : Minot-en-Châtillonnais), L’identité. Séminaire interdisciplinaire dirigé par Claude Lévi-Strauss professeur au collège de France 1974-1975, Paris, Bernard Grasset : 257-279 ;
1979. Jeux de noms. Les noms de personne à Minot, Études rurales 74 : 51-85.

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