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| Accueil > La recherche au Lacito > Etudes océaniennes | ||||||||||||||||||||||||||||||||
Aires linguistiques de spécialité
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III. Contribution des langues océaniennes à la linguistique typologique
VII. Diffusion des connaissances (organisation de colloques, enseignement et direction de thèses)
Les langues océaniennes forment un ensemble cohérent aussi bien du point de vue géographique que génétique. En effet, le groupe océanien correspond à la branche orientale de la grande famille des langues austronésiennes.
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Cet ensemble océanien comprend plus de 450 langues, dont la plupart sont des langues en danger, et qui, pour beaucoup, n'ont jamais été décrites. |
Ces descriptions de langues prennent la forme de monographies, qu'il s'agisse de grammaires, de dictionnaires, d'atlas linguistiques ou encore de recueils de littérature orale.
| BRIL Isabelle, 2000, Dictionnaire nêlêmwa-français-anglais, Louvain-Paris, Peeters (SELAF LCP 14), 510 p. (présenté ici) |
FRANÇOIS Alexandre, 2002, Araki: A disappearing language of Vanuatu, Canberra, Australian National University (Pacific Linguistics 522), XX-355 p. (présenté ici) |
BRIL Isabelle, 2002, Le nêlêmwa (Nouvelle-Calédonie) : Analyse syntaxique et sémantique, Louvain-Paris, Peeters (SELAF LCP 16), 528 p. (présenté ici) |
FRANÇOIS Alexandre, 2003, La sémantique du prédicat en mwotlap (Vanuatu), Louvain, Peeters (coll. Linguistique de la Société de Linguistique de Paris lxxxiv), XX-388 p. (présenté ici) |
RIVIERRE Jean-Claude, S. Ehrhart (avec la coll. de R. Diéla),2006, Le bwatoo et les dialectes de la région de Koné (Nouvelle-Calédonie), Louvain-Paris, Peeters, (SELAF 435 - LCP 17), 502 p. (présenté ici) |
Nous travaillons en particulier sur deux grandes aires linguistiques au sein de la famille océanienne, à savoir la Mélanésie et la Polynésie.

Une des régions de Mélanésie qui constitue depuis longtemps la spécialité du Lacito est le pays d'outremer français de la Nouvelle-Calédonie, où sont parlées pas moins de 28 langues (dites langues kanak), ainsi qu'un créole.

Quatre décennies de recherches dans cette région ont permis au Lacito de couvrir la majeure partie de ce territoire.

Aujourd'hui, l'équipe continue son travail de description sur des langues de cette région, qui n'ont encore jamais été décrites.

Ceci prend notamment la forme de "Dictionnaires comparatifs et thématiques des langues du nord de la Grande Terre", un programme mis en œuvre conjointement par le Lacito et la Province Nord de la Nouvelle-Calédonie, pour six années (2005-2010) :
Si l'on remonte un peu plus au nord, on trouve l'archipel du Vanuatu, anciennes Nouvelles-Hébrides, qui possède la plus haute densité linguistique au monde, avec un total de 110 langues.

Les travaux d'A. François portent en particulier sur la région du nord de l'archipel, où sont parlées 17 langues différentes.
Là aussi, nous nous efforçons de toujours décrire ces langues dans une perspective typologique, de manière à s'assurer que ces précieuses données puissent servir à la réflexion de nos collègues linguistes.
Encore un peu plus haut vers le nord, se trouve l'archipel des îles Salomon, qui soulève actuellement des débats particulièrement intéressants du côté des archéologues et des historiens.

Le groupe des îles Santa Cruz possède une douzaine de langues particulièrement diverses, et mal connues.
Dans le cadre de recherches internationales en cours, A. François s'est intéressé en particulier aux trois langues qui sont encore parlées dans l'île de Vanikoro (teanu, lovono, tanema).
L'autre grand ensemble linguistique au sein de la famille océanienne constitue les langues polynésiennes.

A. Djoupa, doctorant à l'Inalco, prépare une thèse sur le fagauvea, une langue polynésienne parlée dans l'aire mélanésienne, à Ouvéa (îles Loyauté) ; C. Moyse-Faurie étudie actuellement le wallisien, langue parlée dans le territoire de Wallis et Futuna.
Un vaste projet d'Atlas linguistique permet de présenter un panorama dialectologique de la Polynésie française, dont la diversité linguistique est encore méconnue (J.-M. Charpentier et A. François ; Lacito-Université de Polynésie française ; 20 dialectes ; 2200 entrées).
Historiquement parlant, les langues d'Océanie possèdent un ancêtre commun, le proto-océanien.
Les archéologues et les linguistes s'accordent à considérer que le proto-océanien était la langue parlée par la fameuse civilisation Lapita, dont l'expansion dans l'océan Pacifique a commencé il y a environ 3500 ans.
Les travaux de comparatisme historique peuvent contribuer à une meilleure compréhension du peuplement du Pacifique, dont l'histoire est encore mal connue. À ce titre, nos recherches de linguistes intéressent les archéologues, les historiens et les généticiens.
Par ailleurs, la linguistique historique présente un intérêt pour la réflexion sur le langage lui-même, dans la mesure où elle contribue à une meilleure connaissance du changement linguistique. Il s'agit de dégager les tendances universelles d'évolution des langues, dans une perspective qu'A.-G. Haudricourt appelait "panchronique".
• Changements phonologiques (Nouvelle-Calédonie, Vanuatu)
• Évolution des constructions syntaxiques (Nouvelle-Calédonie, Vanuatu)
Cet axe est celui de la linguistique typologique et des questions de linguistique générale auxquelles les langues océaniennes, qui sont encore relativement peu connues, peuvent apporter une contribution importante.
• Les prédicats complexes
À l'issue d'un symposium européen, le groupe des Océanistes a publié, chez Mouton, un ouvrage collectif sur le thème des prédicats complexes et des séries verbales dans les langues d'Océanie.
Bril I. & F. Ozanne-Rivierre (eds), 2004, Complex Predicates in Oceanic Languages: Studies in the Dynamics of Binding and Boundness. Berlin: Mouton de Gruyter. 409 p.
(ouvrage présenté ici)
• L'expression du réfléchi, du réciproque et du moyen
Cinq articles récents ont été publiés sur ce thème :
Bril (2), Moyse-Faurie (2) et König & Moyse-Faurie (1)
• Relations spatiales et deixis
• Ergativité
• Polysémie lexicale
• Les emprunts lexicaux dans le Pacifique ancien et contemporain
Moyse-Faurie, Claire, 2008, Borrowings from Romance languages in Oceanic Languages, in Thomas Stolz, Dik Bakker and Rosa Palomo (eds), Aspects of language contact. New theoretical, methodological and empirical findings with special focus on Romanisation processes, Berlin and New York: Mouton de Gruyter, p. 325-348.
• Histoire du bislama et des langues de contact (pidgins/créoles) en Océanie
C'est la naissance, au XIXe siècle, de plusieurs langues de contacts qui sont aujourd'hui parlées en Océanie, langues nées de la rencontre des langues océaniennes, avec les langues européennes de la colonisation – en particulier le bislama.
Un ouvrage est consacré à la genèse historique de ces pidgins et créoles du Pacifique.
Tryon, D. & J.-M. Charpentier (2004). Pacific Pidgins and Creoles: Origins, Growth and Development. Mouton de Gruyter. 578 pp. (ouvrage présenté ici)
• Les langues polynésiennes parlées dans l’aire mélanésienne (“outliers”) : phénomènes aréaux et contacts de langues
Les phénomènes de contacts linguistiques ne datent pas de l'ère coloniale, et peuvent également résulter de la rencontre de langues océaniennes entre elles.
C'est ainsi que les langues polynésiennes dites “outliers”, situées géographiquement dans les aires mélanésiennes et micronésiennes, présentent des traces linguistiques de leur cohabitation avec des langues non polynésiennes.
(participation au programme norvégien “The Oceania Project” (université d’Oslo) portant sur les «outliers» polynésiens et au programme “Contacts de langues” de la Fédération Typologie et Universaux Linguistiques)
• Phénomènes de diffusion aréale au nord Vanuatu : dialectique entre la diffusion aréale et l'héritage génétique
Parfois les phénomènes de contact méritent d'être observés entre des langues étroitement apparentées, comme cela peut être observé au nord Vanuatu. De telles situations soulèvent d'ailleurs la problématique de la distinction entre, d'une part, les faits de diffusion aréale et, d'autre part, les traits hérités d'un ancêtre commun.
• Filiation et adoption
Des études comparatives de parenté kanak sur plusieurs aires linguistiques.
Des études thématiques :
a. Captation d'enfants et enfance en danger ;
b. Nomination, dénomination et terminologie de parenté. (voir ici)
• Parenté, organisation sociale et systèmes politiques (Nouvelle-Calédonie)
– Parenté, adoption et structure sociale à Ponérihouen (aire paicî), Nouvelle-Calédonie Bensa A. & Isabelle Leblic (eds), 2000, En pays kanak. Ethnologie, linguistique, histoire, archéologie en Nouvelle-Calédonie, Paris, Mission du Patrimoine ethnologique/Éd. de la Maison des sciences de l’homme (Ethnologie de la France), 368 p. |
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Leblic Isabelle (ed.), 2004, De l’adoption : des pratiques de filiation différentes, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal (Anthropologie), 336 p. (présenté ici) |
– Le thème "Nomination, dénommination et terminologies de parenté" est l'objet de recherches personnelles pour les années à venir et fait l'objet de diverses missions en Nouvelle-Calédonie depuis décembre 2004.
• Anthropologie historique : la construction des identités et du passé
Depuis vingt ans passés qu'I. Leblic poursuit ses recherches sur les sociétés kanak de Nouvelle-Calédonie (île des Pins, Goro et Ponérihouen), elle mène aujourd'hui une réflexion sur la construction de(s) l'identité(s) kanak dans le nouveau cadre notamment que constituent les accords de Matignon et de Nouméa et la construction en cours d'une citoyenneté calédonienne.
Plusieurs thèmes ont été ainsi abordés : – Identité culturelle et transformation sociale en Nouvelle-Calédonie |
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Elle a en outre coordonné en 2003 le JSO 117 : Nouvelle-Calédonie, 150 ans après la prise de possession. Leblic I. (éd.), 2003. "Nouvelle-Calédonie : 150 ans après la prise de possession", JSO 117/ 2, 213 p. |
Ce qui a initié une série sur les territoires français du Pacifique. Leblic I. et H. Guiot (eds), 2006, "Spécial Wallis-et-Futuna', JSO 122-123, 224 p. |
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– Appropriation et utilisation de l'environnement par les clans pêcheurs, savoirs, techniques et représentations liés à l'exploitaiton du milieu maritime
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Leblic Isabelle, 2008. Vivre de la mer, vivre avec la terre… en pays kanak. Savoirs et techniques des pêcheurs kanak du sud de la Nouvelle-Calédonie, Paris, Société des Océanistes (Travaux et documents océanistes 1), 288 p., bibliographie, glossaires, index, 600 ill. en n. & bl. et en coul. (présenté ici) |
– Représentations de l'environnement Trichet Jean et Isabelle Leblic (eds), 2008. "Spécial Environnement dans le Pacifique Sud", JSO 126-127, 381 p. |
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– Micro-histoire, autochtonie, identité kanak et citoyenneté : des études d'anthropologie politique calédonienne
• La littérature orale narrative
C'est une tradition, pour les linguistes du Lacito, de constituer un corpus linguistique de référence pour chaque langue. Ce corpus est le plus souvent constitué de récits de littérature orale, qui possèdent une valeur non seulement linguistique, mais aussi littéraire et culturelle.
Au total, pour la zone océanienne, plus d'une centaine d'enregistrements a été recueillie, dans une quarantaine de langues différentes.
• Archivage et diffusion
Ces textes sont destinés à être archivés et diffusés, en profitant du développement récent des technologies numériques. En amont, c'est un long travail de transcription, de traduction, de numérisation et d'archivage, qui précède la diffusion sous forme imprimée ou électronique.
A été ainsi intégrée au programme "Archives orales" du Lacito plus d'une centaine de textes océaniens (présentés ici). Et grâce à un financement de l'ADCK (Agence de développement de la culture kanak), une collection de cédéroms de littérature orale a pu être réalisée dans 15 langues de Nouvelle-Calédonie.
Voir également ce qui est présenté sur le site "Corpus de la parole", issu de la collaboration de la TUL (Fédération Typlogoie et Universaux linguistiques) et de la DGLF (Délégation à la Langue Française et aux langues de France).
• La poésie chantée
De 2004 à 2007, un projet ACI "Jeunes chercheurs" de nature pluridisciplinaire a été mis en place, dont l'objectif était la documentation et la description du chant et de la poésie orale traditionnelle au Vanuatu.
A. François, linguiste (LACITO)
M. Stern, ethnomusicologue (postdoc)
É. Wittersheim, anthropologue & réalisateur (postdoc)
« Rythmes à danser, poèmes à chanter en Mélanésie ». Esthétique, transmission et impact social des arts musicaux au Vanuatu
50 h d’archives audio
40 h d’archives vidéo
un film documentaire (ici ou ici)
un livre-cédérom (en préparation)
Pour faire connaître toutes ces recherches et les diffuser, cela peut se faire sous forme de publications comme on l'a déjà vu, mais aussi par le biais de colloques internationaux :
– 7ème colloque international de linguistique océanienne (COOL7) Nouméa, 2-6 juillet 2007 coorganisé par J. Vernaudon (U. Nelle-Calédonie) et C. Moyse-Faurie (ici)
– 11ème colloque international de linguistique austronésienne (11-ICAL), Aussois, 22-26 juin 2009. coorganisé par L. Sagart (EHESS), I. Bril et A. François (ici)
La diffusion des connaissances s'effectue également grâce à l'enseignement, que ce soit dans les universités parisiennes ou celles du Pacifique.
– Paris 3-ILPGA : Syntaxe et diachronie
– Paris 4-Sorbonne : Typologie et syntaxe des langues océaniennes
– INALCO : Le comparatisme austronésien – Initiation aux méthodes de terrain en linguistique – Linguistique océanienne
– Université de la Nouvelle-Calédonie : Langues et cultures océaniennes – Comparatisme austronésien et typologie syntaxique – Linguistique océanienne – Méthodes d’enquêtes linguistiques
– IUFM de Wallis et Futuna : Linguistique océanienne – Syntaxe et phonologie du wallisien et du futunien
– Université de la Polynésie Française
Enfin, il est indispensable de former de futurs chercheurs et ce sous la forme de direction de thèses (celles-ci sont dirigées ou co-dirigées par C. Moyse-Faurie)
– Suzie Bearune : L’expression linguistique de l’espace en nengone (Maré, Îles Loyauté, Nouvelle-Calédonie)
– Manon Capo : Voix et voies du passé à Tibarama (Nouvelle-Calédonie). Dynamiques discursives et construction sociale de l’histoire locale
– Alexandre Djoupa : Analyse de quelques marqueurs et de quelques opérations en langue fagauvea (Ouvéa, îles Loyauté)
– Émile Taine : Analyse du système de repérage spatial en langue drehu (Lifou, îles Loyauté)
– Fabrice Wacalie : Description morpho-syntaxique du nââ numèè (langue de Yaté, Extrême-Sud de la Nouvelle-Calédonie)
– Madeleine Wetta-Gurrera : La représentation animale dans les textes de tradition orale paicî (Nouvelle-Calédonie)
Projet : " A typology of clausal complementation in Oceania" (.doc) et CV de Frantisek Lichtenberk (.doc)
(créé le 12 janvier 2010 ; màj 11/10/2010)