Rhétoriques du quotidien. Pour une anthropologie de l’interlocution
Depuis Malinowski, l'anthropologue s'efforce de "participer". Il néglige en revanche, le plus souvent, de prendre en compte qu'il ne cesse de poser des questions auxquelles il reçoit des réponses dont se remplissent ses carnets. Ce faisant, il occulte le fait que les données ainsi recueillies l'ont été au sein d'un rapport d'interlocution : la simple compilation des réponses étant souvent présentée comme un "texte" préexistant à l'enquête elle-même, indépendant de la présence de l'observateur, de l'image que peut s'en faire "l'informateur" et des stratégies éventuelles de ce dernier.
L'ensemble des contributions à cet ouvrage participent d'un même projet : libérer l'anthropologie de ce fétichisme de l'énoncé, pour lui faire prendre en compte pratiques discursives et contexte d'énonciation.
Une anthropologie ainsi centrée sur l'interlocution ne pourra esquiver la confrontation avec les postulats du structuralisme ; elle ne pourra esquiver non plus une interrogation sur les conditions de production de son propre savoir.
MASQUELIER Bertrand & J.-L. Siran (sous la dir.), 2000, Pour une anthropologie de l’interlocution. Rhétoriques du quotidien, Paris-Montréal, L’Harmattan (Logiques sociales), 459 p.
Publié en 2000
CR de G. Carrarini paru dans le Journal de la Société des Américanistes 88 (2002) mis en ligne en 2005 (consultable ici)
CR de C.-H. Pradelles de Latour paru dans L'Homme 158-159 (2001), p. 377-382 (pdf ici)
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